Ne quittez pas
Publié le 18 juin 2009
Chacun choisit ses batailles, celles qu’il aimerait gagner et celles qu’il est sûr de perdre. Parmi mes batailles perdues d’avance, il y a celle du verbe quitter.
Pour des raisons obscures, probablement liées à l’inconscient linguistique des Québécois francophones, plus personne ne semble vouloir partir; quitter, employé absolument, le remplace un peu partout. Un seul exemple de ce barbarisme, entre mille : «“Je quitte à regret”», titrait le Devoir le 25 février 2006 (p. A25).
D’où un sentiment (bien temporaire) de satisfaction, hier, devant un commentaire d’usager lu à la Bibliothèque des lettres et sciences humaines de l’Université de Montréal. «Faute !», pouvait-on lire sur une affichette qui comportait les mots «quitter pour l’été».

Université de Montréal, 17 juin 2009
Y aurait-il de l’espoir ?
11 réactions sur Ne quittez pas
Je pleurais il y a quelques jours mon combat perdu contre l’emploi absolu du verbe quitter. Je me réjouis de me (re)trouver des [...]
Le 18 juin, je notais qu’à l’Université de Montréal je n’étais pas le seul à regretter l’emploi intransitif du verbe quitter. Un usager de la Bibliothèque des lettres et sciences humaines — c’est pas moi, je le jure — avait écrit «faute !» sur une affichette qui comportait les mots «quitter pour l’été». [...]
Un lecteur a eu la preuve que l’utilisation intransitive de quitter peut à l’occasion traverser les frontières québécoises. […]
Les occasions ne me manquent jamais de déplorer l’emploi de quitter sans complément. [...]
[...] Les membres de l’Église qui croit possible d’utiliser le verbe quitter sans complément d’objet direct. [...]
[...] Exemples : «Céline a alors dit qu’elle quittait [sic]». [...]
[...] sa bête noire : l’usage absolu du verbe quitter [...]
[...] L’ex-animatrice d’Indicatif présent n’hésitait pas à utiliser le verbe quitter sans complément. [...]
[...] On s’y servait depuis quelques années d’un billet de sortie où le verbe quitter était utilisé intransitivement (ce crime contre nature). [...]
[...] Qui en souffrira ? Le pauvre verbe quitter, abandonné de tout complément. [...]
[...] Un peu plus, et elle dirait que «L’Oreille tendue quitte pour les vacances.» [...]