Archives mensuelles : mai 2010

Aimer être

Croisés l’autre jour, plusieurs camions d’un couvreur montréalais. Slogan : «L’étanchéité demeure notre priorité.» L’étonnement de l’Oreille tendue, toujours, devant le refus d’employer le verbe le plus simple et le mieux approprié : être.

L’art du portrait : et de cinq

«Elle joua du klaxon et zigzagua avec aisance parmi ces albatros, avant de s’arrêter à la hauteur d’un type d’une quarantaine d’années en parka boutonnée, qui fumait sur le bas-côté en se caressant la joue sans concession ni complaisance.»

Jean-Philippe Toussaint, l’Appareil-photo, Paris, Éditions de Minuit, 1988, 126 p., p. 26.

L’art du portrait, prise quatre

«À l’arrière de la motocyclette, dont le pot d’échappement continuait à pétarader et à expédier dans nos jambes un malodorant petit nuage de fumée maigrelet et noirâtre, se tenait une Japonaise vêtue d’un large débardeur blanc qui laissait deviner la courbe dénudée de ses seins, Japonaise qui, sans paraître vouloir le moins du monde descendre de sa monture, toujours assise de profil à l’arrière du scooter avec des allures de créature mythologique non répertoriée (ni sirène ni hippocampe : le haut, une Japonaise, et le bas, un scooter), portait précieusement sous son bras une planche de surf jaune vif.»

Jean-Philippe Toussaint, Autoportrait (à l’étranger), Paris, Éditions de Minuit, 2000, 119 p., p. 33-34.

Lost in translation

Avant

The Vinopak™ container, is the simple and agreeable name given to this revolutionary packaging for high quality wines !

Après

Le contenant Vinopakmc, c’est le nom tout simple et amical que l’on donne à ce tout nouvel emballage révolutionnaire pour le vin de grande qualité.

Trouver le nom Vinopak «agréable», selon la version anglaise de ce texte autopublicitaire, est étrange, mais on laissera passer : tous les (dé)goûts sont dans la nature.

En revanche, le trouver «amical» ne me paraît guère concevable.

Oreille malheureusement tendue

Ver sonore, ver d’oreille, chanson poison : à cette nomenclature déjà évoquée, ajoutons chanson obsédante.

Et rassurons-nous : suivant le journal Forum, une doctorante en psychologie à l’Université de Montréal, Andréane McNally-Gagnon, sous la direction de Sylvie Hébert, enquête afin de savoir pourquoi certains airs (musicaux) nous empoisonnent la vie.

Première conclusion : le pire ver d’oreille est «Ça fait rire les oiseaux» de La compagnie créole. (Classement complet ici, avec juste assez d’écoute pour être contaminé.)