Cas de conscience

Le syndicaliste Michel Arsenault, qui préside la Fédération des travailleurs du Québec, passe à autre chose. Ce qu’on entend à son sujet à la Commission d’enquête sur l’industrie de la construction, dite Commission Charbonneau, l’a sûrement aidé à prendre sa décision. Ce n’est pas jojo.

Pourtant, il ne semble pas avoir de remords. C’est du moins ce que rapporte la Presse : «Arsenault quitte “la conscience libre”» (26 novembre 2013, p. A6).

Le journal, lui, en aura, des remords, dès le lendemain. La caricature de Serge Chapleau est en effet intitulée «Michel Arsenault part “la conscience libre”» (p. A26).

Le dessinateur sait qu’il ne faut pas confondre le verbe transitif quitter et le verbe partir; ce ne sont pas des synonymes. Malheureusement, les correcteurs de la Presse l’ignorent.

P.-S. — Autre lecture possible du même titre : il a quitté sa conscience ? Mais ça explique tout !

 

[Correction]

Grâce au commentaire ci-dessous, l’Oreille tendue apprend que les correcteurs de la Presse, après la mise en ligne de ce billet ce matin, ont décidé d’ajouter une faute à la caricature de Chapleau. Il avait écrit, correctement, «part». On a remplacé ce «part» par un «quitte» fautif. Beau travail, la Presse !

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

2 thoughts on “Cas de conscience”

  1. Vous frémirez d’apprendre qu’à à 15h33, aujourd’hui vendredi, votre lien vers la caricature de Chapleau permet de constater que les correcteurs de La Presse ont sévi et rectifié l’en-tête du dessin. Là non plus Arsenault ne part pas, il ne fait plus que quitter.

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