Divergences transatlantiques 002

Vous n’arrivez plus à vous contrôler ?

Au Québec, on dira de vous que vous avez sauté ou pété une coche. Exemple : «J’ai suggéré à mon ex-conjointe de partir pour le bien-être des enfants, poursuit-il. Je ne voulais pas sauter une coche, perdre la carte et ne plus arriver à me contrôler» (la Voix de l’Est, 6 avril 2001).

En France, on remarquera que vous avez pété un câble. Exemple : Vivianne Kovess-Masfety, N’importe qui peut-il péter un câble ?, Paris, Odile Jacob, 2008, 272 p.

Ce n’est pas mieux.

Divergences transatlantiques 001

Le fils aîné de l’Oreille tendue grandit. (Elle s’en réjouit.) Son pantalon ne suit pas. (Elle s’en réjouit moins.)

Réflexe québécois : Tiens, il a de l’eau dans la cave.

Réflexe français : Tiens, il a un feu de plancher.

Le Québec et la France, l’eau et le feu ? (En matière de langue, bien sûr.)

 

[Complément du 26 août 2014]

Une image (publicitaire) vaut mille mots. (Source : la Presse+, 16 août 2014)

Publicité de Qualinet, la Presse+, 16 août 2014

Citation transatlantique du jour

Danielle Phaneuf, la Folle de Warshaw, 2004, couverture«Un Français l’avait larguée pour des raisons grammaticales. Scandalisé par sa parlure, il lui reprochait, ainsi qu’à l’ensemble des Québécois, son inaptitude à accorder les compléments d’objet direct avec l’auxiliaire avoir. Désaccordée, la Folle avait rompu les relations franco-québécoises en quittant brusquement la couche de l’académicien.»

Danielle Phaneuf, la Folle de Warshaw, Montréal, Marchand de feuilles, 2004, 193 p., p. 78.

Géographie urbaine

Il n’y a pas que le Plateau Mont-Royal dans la vie (montréalaise). Il y a aussi Notre-Dame-de-Grâce.

Ce quartier est souvent désigé par les lettres NDG prononcées à l’anglaise : enne-dee-djee. C’est plus à l’Ouest, plus anglophone — et nettement plus exotique. La narratrice de Flora Balzano l’a bien vu : «Elle habitait N’Didji — ça m’avait plu. Ça me rappelait mon pays» (p. 97). Ce pays ? L’Algérie.

 

[Complément du 26 septembre 2015]

Il fut un temps où certains prétendaient que «NDG» signifiait «No Damn Good». À l’ère du hipster, on peut se demander s’il ne renvoie pas plutôt à «No Damn Gluten».

 

[Complément du 6 février 2016]

Version illustrée et romanesque (à paraître).

Nathalie Petrowski, Un été à NDG, 2016, couverture

(Merci à @revi_redac.)

 

Référence

Balzano, Flora, Soigne ta chute, Montréal, XYZ, coll. «Romanichels», 1991, 120 p.

Fredonner sans fin

Vous vous réveillez le matin avec un petit air en tête : Joe Dassin, Renée Martel, Stockhausen. Vous ne pouvez plus vous en défaire de toute la journée. Comment appeler cela ?

Monique Giroux, de Radio-Canada, proposait, à une certaine époque, chanson poison.

Sur le modèle de music worm, une fidèle lectrice de l’Oreille tendue, @PimpetteDunoyer, utilise ver sonore. Elle dirige ses lecteurs vers une bande dessinée en ligne, sur le blogue BD de cul, qui illustre bien l’affaire.

Quel que soit le terme retenu, une chose est sûre : c’est bien peu appétissant. Ça peut même être mortel.