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	<title>L’Oreille tendue &#187; À il et à elle</title>
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	<description>« Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler » (André Belleau).</description>
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		<title>Désaccord en genre et en nombre</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Mar 2012 09:23:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[À il et à elle]]></category>
		<category><![CDATA[À tu et à toi]]></category>

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		<description><![CDATA[Les parents du Québec ne s’en étonnent plus : tu y est un pronom de la deuxième personne du pluriel. Exemple : Les amis de la garderie, es-tu prêt ? Les Suédois, pas moins troublés, abordent la question d’un point de vue différent. Selon le site Génét(h)ique (merci à @FabienTrecourt pour le lien), «une crèche municipale de Stockholm [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les parents du Québec ne s’en étonnent plus : <em>tu</em> y est un pronom de la deuxième personne du pluriel. Exemple : <em>Les amis de la garderie, es-tu prêt ?</em></p>
<p>Les Suédois, pas moins troublés, abordent la question d’un point de vue différent. Selon le site <a href="http://www.genethique.org/revues/revues/2012/Mars/20120320.1.asp">Génét(h)ique</a> (merci à <a href="https://twitter.com/#!/FabienTrecourt">@FabienTrecourt</a> pour le lien), «une crèche municipale de Stockholm a décidé de bannir de son vocabulaire les pronoms “<em>il</em>” (<em>han) </em>et “<em>elle</em>” <em>(hon) </em>et d’utiliser un pronom neutre, <em>hen</em>, lorsque le personnel éducatif s’adresse aux enfants».</p>
<p>Plus de pluriel, plus de singulier : c’est réglé.</p>
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		<title>Aide à la prononciation demandée</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 10:22:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[À il et à elle]]></category>
		<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[École]]></category>
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		<description><![CDATA[Chez M éditeur, Robert Cadotte vient de publier un livre intitulé Lettre aux enseignantEs. Le E majuscule serait là, féminisation mécanique oblige, pour indiquer que le livre s’adresse «aux enseignants et aux enseignantes», mais qu’il y a plus d’enseignantes que d’enseignants. Question un peu bête (l’Oreille en convient) : comment demande-t-on ce titre à son libraire ? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chez M éditeur, Robert Cadotte vient de publier un livre intitulé <em>Lettre aux enseignantEs</em>. Le E majuscule serait là, féminisation mécanique oblige, pour indiquer que le livre s’adresse «aux enseignants et aux enseignantes», mais qu’il y a plus d’enseignantes que d’enseignants.</p>
<p>Question un peu bête (<em>l’Oreille</em> en convient) : comment demande-t-on ce titre à son libraire ? Doit-on tenir compte de la majuscule ? Faut-il y faire sentir l’accent tonique ?</p>
<p>Ça ne va pas de soi. La preuve ? Entendu <a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/desautels/2011-2012/">à la radio hier soir</a>, l’auteur lui-même ne sait pas quoi faire avec son propre titre.</p>
<p>Référence</p>
<p>Cadotte, Robert, <em>Lettre aux enseignantEs. L’école publique va mal ! Les solutions dont on ne veut pas parler</em>, M éditeur, coll. «Mobilisations», 2012.</p>
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		<title>Continuons le combat</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Nov 2011 10:38:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[À il et à elle]]></category>
		<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Épistolarité]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de la langue]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
		<category><![CDATA[Numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[En 1988, Marina Yaguello faisait paraître son Catalogue des idées reçues sur la langue. Vingt-trois ans plus tard, voici Parlez-vous français ? Idées reçues sur la langue française de Chantal Rittaud-Hutinet. De ces idées reçues, il y en quatorze, regroupées en quatre parties : «Le “bon français”», «Les usagers», «Langue et histoire» et «Norme et variétés». On [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En 1988, Marina Yaguello faisait paraître son <em>Catalogue des idées reçues sur la langue</em>. Vingt-trois ans plus tard, voici <em>Parlez-vous français ? Idées reçues sur la langue française</em> de Chantal Rittaud-Hutinet.</p>
<p>De ces idées reçues, il y en quatorze, regroupées en quatre parties : «Le “bon français”», «Les usagers», «Langue et histoire» et «Norme et variétés». On y trouve des intitulés de chapitres tels «L’ordre des mots est : sujet-verbe-complément», «Les mots à la mode envahissent la langue française», «Autrefois, on savait le français !» ou «Il n’y a qu’à Paris qu’on n’a pas d’accent». Voilà les lieux communs à démonter.</p>
<p>Sur cette structure se greffent des encadrés et des annexes. Si certains encadrés sont particulièrement utiles — «À quoi sert la linguistique ?» (p. 36-38), «Le français vu par les Français» (p. 76), «L’Académie française» (p. 81) —, toutes les annexes n’ont pas le même intérêt. Le «Glossaire» contient des mots d’usage commun, pour lesquels aucune définition n’est nécessaire, mais aussi des termes spécialisés; il peut donc être utile. «Pour aller plus loin» est une courte bibliographie commentée; là encore, cela est justifié. En revanche, «Les sons et leurs différentes graphies» et «Piège de la langue française : l’accord du participe passé» ne paraissent avoir été retenus que pour faire la démonstration, une fois de plus, que les supposées «règles» de la langue française sont d’une incohérence qui défie parfois l’entendement. (Cette incohérence s’explique : «toutes les langues ayant une longue histoire présentent un système non homogène» [p. 127].) De la section «Enseigner le français langue étrangère», on aurait pu faire l’économie.</p>
<p>L’auteure est une spécialiste de l’oralité et de l’enseignement du français langue étrangère. Sans plaider «pour un laisser-faire illimité, pas plus que pour une réglementation féroce» (p. 10), elle décrit, explique, commente, met en contexte, ce qui vaut beaucoup mieux que les déclarations d’amour et les impressions linguistiques. Elle «n’a pas vocation à donner des leçons ni des recettes» (p. 26), même si elle n’apprécie pas le discours des «censeurs» (p. 16). Elle est sensible aux situations d’énonciation et à ce qui les distingue : oral / écrit, cadre formel / cadre informel, expression préparée / expression «spontanée» (mais elle montre que ce qui est en apparence spontané est toujours préparé [p. 19]). Ses exemples sont bien choisis : ils proviennent des médias aussi bien que de la littérature. (<em>L’Oreille tendue</em> sait reconnaître une oreille tendue quand elle en rencontre une.) «<em>Forwardé</em>» vous dérange ? Allez lire l’analyse proposée p. 114-115.</p>
<p>Le chroniqueur du <em>Devoir</em>, dans sa <a href="http://www.ledevoir.com/culture/livres/335255/essais-contre-les-idees-recues-sur-le-francais">recension de l’ouvrage</a> (5 novembre 2011), écrivait : «L’essai de Chantal Rittaud-Hutinet, qui n’évoque toutefois pas la situation québécoise comme telle, vient donc mettre un peu de rigueur scientifique dans une discussion qui en manque singulièrement.» En effet, la «rigueur scientifique» est au rendez-vous, mais la «situation québécoise», si elle n’est pas étudiée «comme telle», n’est pas absente du propos. Il est question de l’«inventivité [canadienne] en matière de langage» (p. 52), et des variétés lexicales (p. 105 et p. 119) et phonétiques (p. 139) du Québec. Cela étant, il est vrai que sur une question comme celle de la féminisation (p. 101-102) une réflexion sur l’expérience québécoise aurait pu nourrir la discussion.</p>
<p>Quelles conclusions retenir de la lutte de Chantal Rittaud-Hutinet contre les préjugés ? Que le «rêve […] d’un français unique» est «utopique» (p. 112). Qu’en matière de langue, «la diversité est la seule réalité» (p. 116), malgré ce que l’on entend et lit trop souvent en France :</p>
<blockquote><p>la vision uniformiste du français conserve en France une extension et une ampleur toutes particulières; plus que nulle part ailleurs, on y est convaincu que la pluralité est néfaste, et que l’état idéal d’une langue est de n’avoir qu’un seul visage (p. 116).</p></blockquote>
<p>Que, «face aux nouveautés langagières, le seuil de tolérance varie selon les personnes» (p. 128). Que le français est une langue comme les autres :</p>
<blockquote><p>L’évolution n’est nulle part un long fleuve tranquille. Toutes les langues sont semblables sur ce point, et le français n’a donc rien d’original dans ses irrégularités (p. 127).</p></blockquote>
<p>Roboratif.</p>
<p>P.S.—Dans la même collection, il existe un fort bien fait petit livre sur <em>l’Édition</em> (2009). <em>L’Oreille tendue</em> l’a prêté à son éditeur; elle ne l’a jamais revu.</p>
<p>Références</p>
<p>Legendre, Bertrand, <em>l’Édition</em>, Paris, Éditions Le cavalier bleu, coll. «Idées reçues», 2009, 126 p.</p>
<p>Rittaud-Hutinet, Chantal, <em>Parlez-vous français ? Idées reçues sur la langue française</em>, Paris, Le cavalier bleu éditions, coll. «Idées reçues», 2011, 154 p. Ill.</p>
<p>Yaguello, Marina, <em>Catalogue des idées reçues sur la langue</em>, Paris, Seuil, coll. «Points», série «Point-virgule», V61, 1988, 157 p.</p>
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		<title>L’échelle de la bêtise</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Nov 2011 10:28:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[À il et à elle]]></category>
		<category><![CDATA[Jurons]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Soit les deux phrases suivantes. «Bon, Landquist vient de s’enfarger dans le juge de ligne, maudit sacrament de gnochon, pardonnez-moi mon Père» (William S. Messier, Townships, p. 38). «Il a un sourire un peu niochon» (Éric McComber, la Solde, p. 137). Laissons de côté le fait, pour Landquist, d’avoir trébuché («s’enfarger») à cause d’un officiel [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Soit les deux phrases suivantes.</p>
<blockquote><p>«Bon, Landquist vient de s’enfarger dans le juge de ligne, maudit <em>sacrament</em> de <em>gnochon</em>, pardonnez-moi mon Père» (William S. Messier, <em>Townships</em>, p. 38).</p>
<p>«Il a un sourire un peu niochon» (Éric McComber, <em>la Solde</em>, p. 137).</p></blockquote>
<p>Laissons de côté le fait, pour Landquist, d’avoir trébuché («s’enfarger») à cause d’un officiel («juge de ligne»); les amateurs de hockey savent que cela ne se fait pas. Laissons aussi de côté ce «<em>sacrament</em>», <a href="http://oreilletendue.com/category/jurons/">juron d’inspiration religieuse</a> («sacrement»), comme il y en a tant au Québec. Concentrons-nous sur le «gnochon» / «niochon», ces deux mots, nom ou adjectif, renvoyant à la même réalité : le peu doué.</p>
<p>Dans la Belle Province, l’échelle de la bêtise est d’une grande subtilité. Comment distinguer l’épais du moron, le nono du tarla, le toton du twit, le deux de pique du ti-coune et du niaiseux — et tous ceux-là du gnochon / niochon ? Comme c’est si souvent le cas en matière de langue, l’unanimité serait difficile à obtenir sur pareille hiérarchie de la nigauderie.</p>
<p>À titre d’hypothèse, <em>l’Oreille tendue</em> postule que, dans la litanie des tarés, seul «moron» est rédhibitoire. Il est possible de trouver des circonstances atténuantes à l’épais, au nono, au tarla, au toton, au twit, aux deux de pique, au ti-coune, au niaiseux et au gnochon / niochon. Le moron n’en a jamais : sa bêtise est profonde, et incorrigible.</p>
<p>P.S.—La féminisation de ces qualificatifs est complexe. Deux de pique et ti-coune sont <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pic%C3%A8ne">épicènes</a>. C’est probablement le cas aussi pour tarla et twit, encore que les attestations soient rares (<em>une twitt</em> ?). Nono et toton ne sont pas épicènes et, sauf erreur, n’ont pas de forme féminine. D’autres mots construisent leur féminin sur les modèles connus : épais / épaisse, moron / moronne, niaiseux / niaiseuse, gnochon / gnochonne, niochon / niochonne. Ça fait désordre.</p>
<p>Références</p>
<p>McComber, Éric, <a href="http://www.editionslameche.com/p/la-solde.html"><em>la Solde</em></a>, Montréal, La mèche, 2011, 218 p. Ill.</p>
<p>Messier, William S., <a href="http://www.marchanddefeuilles.com/marchanddefeuilles_038.htm"><em>Townships. Récits d’origine</em></a>, Montréal, Marchands de feuilles, 2009, 111 p.</p>
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		<title>Conjugaison autogénéalogique</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Oct 2011 09:17:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[À il et à elle]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson]]></category>

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		<description><![CDATA[Lisant un article de Jean Morency (2006) sur les tensions entre «l’Acadie territoriale» et l’«Acadie généalogique», dite aussi «Acadie diasporale», l’Oreille tendue tombe (p. 504) sur ce passage d’un roman de Jean Babineau intitulé Gîte (1998) : Dimanche dernier, on a été à Melanson Settlement pour les Retrouvailles des Melanson. Là, on a chanté l’Hymne des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lisant un article de Jean Morency (2006) sur les tensions entre «l’Acadie territoriale» et l’«Acadie généalogique», dite aussi «Acadie diasporale», <em>l’Oreille tendue</em> tombe (p. 504) sur ce passage d’un roman de Jean Babineau intitulé <em>Gîte</em> (1998) :</p>
<blockquote><p>Dimanche dernier, on a été à Melanson Settlement pour les Retrouvailles des Melanson. Là, on a chanté l’Hymne des Melanson : Je me melansonne, Tu te melansonnes / Il/Elle se melansonne / Nous nous melansonnons / Vous vous melansonnez / Ils/Elles se melansonnent (p. 36).</p></blockquote>
<p>À une cédille près, cet «hymne» aurait pu être celui de <em>l’Oreille</em>.</p>
<p>Références</p>
<p>Babineau, Jean, <em>Gîte</em>, Moncton, Perce-Neige, coll. «Prose», 1998, 124 p.</p>
<p>Morency, Jean, «Perdus dans l’espace-temps : figures spatio-temporelles et inconscient diasporal dans les romans de France Daigle, Jean Babineau, Daniel Poliquin et Nociolas Dickner», dans Martin Pâquet et Stéphane Savard (édit.), <em>Balises et références. Acadies, francophonies</em>, Sainte-Foy (Québec), Presses de l’Université Laval, coll. «Culture française d’Amérique», 2006, p. 487-509.</p>
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		<title>De la crosse au Québec</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Oct 2011 09:30:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[À il et à elle]]></category>
		<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
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		<description><![CDATA[Crosse et ses dérivés sont populaires au Québec. Démonstration. Réglons tout de suite une chose : au hockey, on joue avec un bâton, pas avec une crosse, quoi qu’en pense le traducteur de la Dague de Cartier de John Farrow (2009, p. 28 et 114), pour ne prendre qu’un exemple. Restons un instant dans le monde [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Crosse</em> et ses dérivés sont populaires au Québec. Démonstration.</p>
<p>Réglons tout de suite une chose : au hockey, on joue avec un <em>bâton</em>, pas avec une <em>crosse</em>, quoi qu’en pense le traducteur de <a href="http://oreilletendue.com/2011/06/14/experience-notulienne/"><em>la Dague de Cartier</em></a> de John Farrow (2009, p. 28 et 114), pour ne prendre qu’un exemple.</p>
<p>Restons un instant dans le monde du sport : un des deux sports nationaux du Canada est <a href="http://www.pointstreaksites.com/view/cla-fr/propos/la-crosse-1/la-crosse-sport-national-d-t-du-canada">la crosse</a>. C’est une <a href="http://www.pch.gc.ca/pgm/sc/legsltn/n-16-fra.cfm ">loi du 12 mai 1994</a> qui le dit. Croyons-la.</p>
<p>Passons au sexuel. <em>Se crosser</em> désigne alors le geste de s’autosatisfaire. La forme réfléchie du verbe le dit clairement : cette activité s’exerce sur soi-même. La forme non réfléchie existe aussi : l’activité vise alors le plaisir de l’autre. Un exemple ? <a href="https://www.bookeenstore.com/fr/ebook/4d6e73ca86b5ec921a00097b/j%26#039irai-me-crosser-sur-vos-tombes"><em>J’irai me crosser sur vos tombes</em></a>, le roman d’Édouard H. Bond dont le titre rappelle celui de Boris Vian, <em>J’irai cracher sur vos tombes</em>.</p>
<p>Allons maintenant voir du côté de l’invective : dire de quelqu’un que c’est un <em>crosseur</em> signifie que cette personne est fourbe. Les exemples abondent.</p>
<blockquote><p>«Le président du Conseil de la souveraineté [Gérald Larose] traite Layton d’“imposteur”, les autres de “crosseurs professionnels”» (<em>le Devoir</em>, 28 avril 2011, p. A1).</p>
<p>«T’as assez d’misère à être pompiste, tu f’ras pas long feu comme crosseur» (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_Bar_Blues "><em>Gaz Bar Blues</em></a>, film de Louis Bélanger, 2003).</p>
<p>«Si [Dieu] a vraiment fait l’homme à son image, ça m’a l’air d’être un joyeux “crosseur”» (Jean-François Mercier, <em>l’Actualité</em>, 34, 12, 1er août 2009, p. 6).</p>
<p>«“Je ne veux surtout pas que tu penses que je suis un crosseur”» (Nadine Bismuth, <em>Scrapbook</em>, p. 141).</p></blockquote>
<p>S’agissant de <em>crosseur</em> en ce sens, que le mot soit un substantif ou un adjectif, le rapport à l’anglais est tout probable, où le verbe <em>to cross</em> désigne le fait se mettre sur le chemin de quelqu’un et où <em>double cross</em> signifie rouler, doubler ou trahir une personne. (<em>L’Oreille tendue</em> croit se souvenir que le dramaturge Jean-Claude Germain a naguère traduit <em>to double cross</em> par «double crosser», mais elle n’en mettrait sa main au feu.) Le verbe <em>crosser</em> est d’ailleurs attesté en ce sens. L’émission <em>Tout le monde en parle</em>, dans le cadre de sa spéciale du 31 décembre 2009, a monté une parodie, par le groupe Rock et belles oreilles, d’une chanson des Beatles (Les Bidules) : les fraudeurs (Vincent Lacroix, Earl Jones, Bernard Madoff, etc.), ces «<a href="http://oreilletendue.com/2009/12/31/le-temps-maudit-des-retrospectives/">criminels à cravate</a>», y «crossent l’univers».</p>
<p>La prononciation <em>crosseux</em> pour <em>crosseur</em> s’entend, mais elle est rare. Elle se lit aussi, mais pas plus souvent. On en trouve néanmoins une occurrence dans la revue littéraire <em>l’Inconvénient</em> (numéro 17, mai 2004, p. 125).</p>
<p>Le mot <em>crosseur</em> existait en français hexagonal, d’abord dans un sens sportif : «<em>crosseur</em> (XVIIe s., au sens de “personne qui joue à la crosse, qui chasse la balle avec une crosse”, enregistré par Acad. 1re; XIXe s., au sens de “querelleur”.)». Il a cependant été <a href="http://www.academie-francaise.fr/dictionnaire/supprimes.html ">supprimé du dictionnaire de l’Académie française</a>.</p>
<p>Le <em>crosseur</em> se livre évidemment à la <em>crosse</em> : «Il venait d’une tribu de voleurs pis de restants de crosse de la route Madoc qui défonçaient les chalets pis les garages à environ cent milles à la ronde» (p. 86), écrit par exemple Samuel Archibald dans une des «histoire» de son <a href="http://oreilletendue.com/2011/09/02/d%e2%80%99arvida/"><em>Arvida</em></a> (2011). C’est en pensant à ce sens du mot que <a href="http://blogues.cyberpresse.ca/lagace/2010/06/07/la-manchette-du-jour-et-peut-etre-meme-de-lannee/ ">Patrick Lagacé</a> relève la manchette suivante, en effet riche d’ambivalence : «<a href="http://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/general/fraude-a-l-association-canadienne-de-crosse/515425">Fraude à l’Association canadienne de crosse.</a>»</p>
<p>Beaucoup des dictionnaires de la langue parlée au Québec, les sérieux comme les autres, connaissent ce mot et ses dérivés. Léandre Bergeron (1980) aligne «crosse» (le sport), «crossage» («Masturbation» ou «Saloperie»), «crosser», «crosser (se)», «crossette» («Éjaculation provoquée par soi-même ou par un ou une autre», ce qui ouvre beaucoup de possibilités) et «crosseur» («Salaud») (p. 160-161). Ephrem Desjardins (2002) a «crosse», «crosser» (et notamment «crosser un client») et «crossette» (p. 72). Le <em>Dictionnaire québécois d’aujourd’hui</em> (1992, p. 279) de Jean-Claude Boulanger retient «crosser», «crossage» (notamment pour désigner une «perte de temps inutile»; exemple : «C’est du crossage de mouches», au pluriel), de même que «crosseur ou crosseux, euse» (exemple : «C’est un crosseur, mais pas un bandit»). Selon lui, le mot est toujours «vulgaire»; c’est assez peu contestable.</p>
<p>Le <em>Dictionnaire québécois français. Mieux se comprendre entre francophones</em> (1999) de Lionel Meney est le plus généreux des dictionnaires consultés par <em>l’Oreille tendue</em> en cette matière. Sous quatre entrées — «crosse», «crosser», «crossette» et «crosseur, crosseux» (p. 597-598) —, il multiplie les exemples et les sources. Il puise aussi bien dans la littérature (Jacques Renaud, Jean-Marie Poupart, Victor-Lévy Beaulieu, Réjean Ducharme, Yves Beauchemin, Gérald Godin, Francine Noël) et à la radio (Radio-Canada) que chez les chanteurs (Raymond Lévesque) et les humoristes (Claude Blanchard). Les synonymes pleuvent sous sa plume gaillarde.</p>
<p>En revanche, ni le <em>Dictionnaire historique du français québécois</em> (1998) publié sous la direction de Claude Poirier ni le <em>Multidictionnaire de la langue française</em> (2009) de Marie-Éva de Villers ne le définissent; c’est plus étonnant dans le premier cas que dans le second.</p>
<p>Résumons : <em>crosse</em> et ses dérivés font bel et bien partie du patrimoine linguistique québécois, qu’on les juge vulgaires — ce qui est le plus souvent le cas — ou pas. Il serait dès lors difficile de s’en passer, du moins dans certaines situations, qu’on choisira avec soin.</p>
<p>P.S.—Le mot pourrait paraître n’être que québécois. Si l’on en croit Pierre Foglia, il existe pourtant une telle chose que la «<a href="http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/pierre-foglia/201101/19/01-4361753-un-travail-comme-un-autre.php">crossette espagnole</a>» (<em>la Presse</em>, 20 janvier 2011).</p>
<p>Références</p>
<p>Archibald, Samuel, <em>Arvida. Histoires</em>, Montréal, Le Quartanier, coll. «Polygraphe», 2011, 314 p. Ill.</p>
<p>Bergeron, Léandre, <em>Dictionnaire de la langue québécoise</em>, Montréal, VLB éditeur, 1980, 574 p.</p>
<p>Bismuth, Nadine, <em>Scrapbook</em>, Montréal, Boréal, coll. «Boréal compact», 176, 2006 (2004), 393 p.</p>
<p>Boulanger, Jean-Claude, <em>Dictionnaire québécois d’aujourd’hui. Langue française, histoire, géographie, culture générale</em>, Saint-Laurent, Dicorobert, 1992, xxxv/1269/343/lxi p. Cartes. Avant-propos de Gilles Vigneault.</p>
<p>Desjardins, Ephrem, <em>Petit lexique de mots québécois à l’usage des Français (et autres francophones d’Europe) en vacances au Québec</em>, Montréal, Éditions Vox Populi internationales, 2002, 155 p.</p>
<p>Farrow, John, <em>la Dague de Cartier</em>, Paris, Grasset, coll. «Grand format», 2009, 619 p. Pseudonyme de Trevor Ferguson. Traduction de Jean Rosenthal.</p>
<p>Meney, Lionel, <em>Dictionnaire québécois français. Mieux se comprendre entre francophones</em>, Montréal, Guérin, 1999, xxxiv/1884 p.</p>
<p>Poirier, Claude (édit.), <em>Dictionnaire historique du français québécois. Monographies lexicographiques de québécismes</em>, Sainte-Foy (Québec), Presses de l’Université Laval, 1998, lx/640 p. Ill.</p>
<p>Villers, Marie-Éva de, <em>Multidictionnaire de la langue française</em>, Montréal, Québec Amérique, 2009 (cinquième édition), xxvi/1707 p.</p>
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		<title>La langue (du débat) des chefs</title>
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		<pubDate>Thu, 14 Apr 2011 09:45:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[À il et à elle]]></category>
		<category><![CDATA[Bilinguisme(s)]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
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		<description><![CDATA[Le Canada votera pour élire ses députés fédéraux le 2 mai. Mardi soir, les chefs des quatre principaux partis politiques canadiens — on avait choisi de ne pas inviter la chef du Parti vert, Elizabeth May — ont participé à un débat télévisé en anglais. Hier soir, mercredi, rebelote, en français. L’Oreille s’est tendue la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Canada votera pour élire ses députés fédéraux le 2 mai. Mardi soir, les chefs des quatre principaux partis politiques canadiens — on avait choisi de ne pas inviter la chef du Parti vert, Elizabeth May — ont participé à un débat télévisé en anglais. Hier soir, mercredi, rebelote, en français.</p>
<p><em>L’Oreille</em> s’est <em>tendue</em> la première fois le 14 juin 2009 pour commenter «<a href="http://oreilletendue.com/2009/06/14/le-francais-de-michael-ignatieff/">Le français de Michael Ignatieff</a>», le chef du Parti libéral. Elle a aussi eu l’occasion de parler de la langue de <a href="http://oreilletendue.com/2009/06/24/une-fete-nationale-d%E2%80%99ici/">Gilles Duceppe</a>, lui qui dirige le Bloc québécois. Si elle a mentionné, par exemple <a href="http://oreilletendue.com/2011/04/10/le-double-zeugme-du-dimanche-matin-5/">ici</a>, le nom de Stephen Harper, le premier ministre sortant, ce n’est jamais pour des questions linguistiques. Elle n’avait pas eu l’occasion, à ce jour, de parler du leader du Nouveau parti démocratique, Jack Layton. Elle a donc décidé de profiter du débat d’hier soir pour rassembler quelques réflexions sur le français des quatre dirigeants, réflexions de groupe ou spécifiques à chacun.</p>
<p>(Elle aurait aussi pu dire un mot d’Anne-Marie Dussault, une des coanimatrices, affirmant, au début de la soirée, «Notre rôle sera de s’assurer», mais elle s’en abstiendra : la maîtrise du pronom réfléchi est chose bien délicate, semble-t-il.)</p>
<p>On peut s’amuser à regrouper les chefs selon divers facteurs. En matière de féminisation automatique («Les Québécois et les Québécoises, les hommes et les femmes»), Gilles Duceppe l’emporte haut la main, suivi par Jack Layton, puis loin derrière par Stephen Harper; Michel Ignatieff ne s’y est pas livré une seule fois. Si le leader du Bloc québécois n’a pas de problème d’accord en genre ou en nombre ni de concordance des temps — c’est la moindre des choses —, les autres ont du mal : constamment (Layton), très souvent (Harper), à l’occasion (Ignatieff).</p>
<p>Sur le plan individuel, des tendances se manifestent chez les uns et les autres.</p>
<p>Gilles Duceppe, pour qui la langue est <a href="http://oreilletendue.com/2009/08/27/de-l%E2%80%99ame-linguistique/">l’«âme» de la nation</a>, faisait des efforts évidents pour ne pas utiliser trop de tours populaires; voilà pourquoi il préférait nettement «cela» à «ça» et qu’il employait des tournures peu naturelles au Québec à l’oral («qui plus est», «dirais-je», «devrais-je dire», «or cela»). Le débat était découpé en six segments — la gouvernance, l’économie, les valeurs, les politiques sociales, la place du Québec dans le Canada, la place du Canada dans le monde — et c’est pendant l’avant-dernier que le registre duceppien a changé : «ben sûr», «han», «ben beau», «djiaime» (GM), «eh ! Seigneur !», «pis». De toute évidence, le sujet lui tenait tellement à cœur qu’il en venait à influencer sa façon de parler. Pour le plaisir, on notera qu’il est le seul à avoir eu recours (volontairement) à des phrases en anglais : «<em>Father knows best</em>», «<em>My way or no way</em>».</p>
<p>Quand Stephen Harper parle français, on a fréquemment l’impression de voir les pages de sa grammaire défiler dans sa tête. Le débat du 13 avril ne faisait pas exception, encore que le premier ministre ait souvent paru moins guindé — toutes choses étant relatives par ailleurs — qu’au débat en anglais : le fait d’avoir à tourner plusieurs fois sa langue dans sa bouche avant de parler l’empêchait d’exercer l’autocontrôle qui lui donnait l’air, la veille, d’un robot (pas très bien programmé il est vrai). À un moment, quand il a été question de la caisse de l’assurance-emploi, on l’a même vu ne plus trouver ses mots. Il s’est essayé à quelques québécismes, certains communs («<a href="http://oreilletendue.com/2009/12/01/ne-pas-confondre/">broche-à-foin</a>», «des djobbes», «tannés»), d’autres de son cru («des peines [de prison] de bonbon»). Les tournures anglaises étaient nombreuses chez lui : «on tente de s’adresser à des problèmes», «par 2015» (<em>by 2015</em>), «notre militaire» (<em>our military</em>). Pancanadianisme oblige, il est le seul à avoir salué les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Brayons">Brayons</a>; le remercieront-ils en votant pour lui ?</p>
<p>La chef du Parti libéral, qui lui aussi en a appelé à son «âme» en matière de langue, a fait moins de fautes que les autres anglophones du plateau : sa maîtrise des normes linguistiques, sans être parfaite, est nettement meilleure que la leur. Il était moins porté qu’eux sur les formules populaires (à l’exception d’un «Ils sont pus capables»). Il se servait de moins d’anglicismes ou de tournures venues directement de l’anglais («alternative», «une instance claire»). Il a eu du mal avec quelques pronoms («lui aider») et quelques accords («C’est moi qui va»), mais il était en bonne compagnie. En revanche, et contrairement aux autres, il était obsédé par certains mots, notamment «clair», qu’il ne cessait de répéter au début de la soirée; ça s’est calmé par la suite. Il est le seul à avoir parlé de «vivre-ensemble», et du «bâton magique» de Stephen Harper en matière de répression de la criminalité (on s’en est beaucoup gaussé sur Twitter).</p>
<p>Des trois participants anglophones, Jack Layton est celui qui a le moins d’inhibition en français. Il aime bien dire qu’il est né au Québec et on peut légitimement penser qu’il en a appris la langue officielle dans la rue plutôt que sur les bancs d’école. Il n’a aucune idée ni du genre ni du nombre, il utilise des anglicismes sans état d’âme («un cap», «le carjacking»), il aime les tournures populaires («Ça n’a pas de bon sens») et il n’hésite pas à inventer des mots («le prononcement») ou à les employer de travers («le promouvoir de la paix»). Cette absence d’inhibition explique peut-être qu’il soit le seul à avoir tenté de faire de l’humour («On commence à s’amuser», a-t-il lancé au second coanimateur, Paul Laroque), à proposer des métaphores (quand il faisait du Bloc québécois une équipe de hockey composée uniquement de défenseurs) et à emprunter des formules à d’autres formations politiques (il a évoqué trois fois «les conditions gagnantes pour le Canada au Québec», prenant ces «conditions gagnantes» à l’arsenal rhétorique des souverainistes). On se demande cependant comment il a pu appeler la Loi 101 (la Charte de la langue française) la Loi 102; ce n’était pas le bon soir pour ça, le débat s’adressant pour l’essentiel à la population francophone du Québec.</p>
<p>Quelles conclusions tirer de ces remarques sur le vif ? Que le bilinguisme des aspirants premiers ministres existe, mais qu’il est plus laborieux chez certains que chez d’autres. On ne peut pas dire que ce soit une grande surprise<!-- @font-face {   font-family: "Verdana"; }@font-face {   font-family: "Cambria"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: "Times New Roman"; }div.Section1 { page: Section1; } -->. Ni bon signe pour l’état du français au Canada.</p>
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		<title>Merci</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Jul 2010 09:17:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
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		<category><![CDATA[À tu et à toi]]></category>

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		<description><![CDATA[Les occasions de se réjouir linguistiquement ne sont pas aussi fréquentes qu’on le souhaiterait. En voici une; saisissons-la. Pas Sois prudent, ce qui n’aurait étonné personne au Québec. Pas Soyez prudents, ce qui aurait eu valeur collective. Pas Soyez prudent(e)s, ce qui aurait été politiquement correct. Soyez prudent : c’est bien à une personne qu’on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les occasions de se réjouir linguistiquement ne sont pas aussi fréquentes qu’on le souhaiterait. En voici une; saisissons-la.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/07/prudence.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1922" title="Montréal, juillet 2010" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/07/prudence.jpg" alt="" width="576" height="432" /></a></p>
<p>Pas <em>Sois prudent</em>, ce qui n’aurait étonné personne au Québec. Pas <em>Soyez prudents</em>, ce qui aurait eu valeur collective. Pas <em>Soyez prudent(e)s</em>, ce qui aurait été politiquement correct. <em>Soyez prudent</em> : c’est bien à une personne qu’on s’adresse, à <em>vous</em> — «Ô Passant, soyez prudent.»</p>
<p>Ce vouvoiement singulier me ravit.</p>
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		<title>De Liège à Ajaccio</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Oct 2009 10:53:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[À il et à elle]]></category>
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		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[L’Oreille tendue a déjà eu l’occasion de citer ce souvenir de Christian Vandendorpe : L’orateur s’éclaircit la gorge et commença : «Les Québécois et les Québécoises, les Français et les Françaises, les Suisses et les Suissesses ainsi que les Belges ont en commun une langue…». Ma voisine gloussa : «Qu’est-ce que c’est que ce peuple qui n’est même [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>L’Oreille tendue</em> a <a href="http://oreilletendue.com/2009/06/29/citation-ultra-outaouaise-du-jour/">déjà</a> eu l’occasion de citer ce souvenir de Christian Vandendorpe :</p>
<blockquote><p>L’orateur s’éclaircit la gorge et commença : «Les Québécois et les Québécoises, les Français et les Françaises, les Suisses et les Suissesses ainsi que les Belges ont en commun une langue…». Ma voisine gloussa : «Qu’est-ce que c’est que ce peuple qui n’est même pas fichu d’avoir les deux genres ?» (p. 143).</p></blockquote>
<p>Découvrant les exquises <em>Notules dominicales de culture domestique</em> de Philippe Didion, elle tombe sur ceci, où l’auteur parle d’une soirée électorale hexagonale à la radio et à la télévision :</p>
<blockquote><p>j’aime les camemberts et les fourchettes, les estimations, les projections et les simulations, j’aime l’application politiquement correcte, c’est le cas de le dire, avec laquelle les candidats adressent leurs remerciements aux électrices et aux électeurs, aux Françaises et aux Français, aux Lorraines et aux Lorrains, aux Rhône-alpines et aux Rhône-alpins, aux Corses et aux Corses (p. 106).</p></blockquote>
<p>Belges et Belges, Corses et Corses, unissez-vous !</p>
<p>Références</p>
<p>Didion, Philippe, <a href="http://www.publie.net/tnc/spip.php?article120"><em>Notules dominicales de culture domestique</em></a>, livre numérique, Saint-Cyr sur Loire, publie.net, coll. «Temps réel», 2008, 355 p.</p>
<p>Vandendorpe, Christian, <a href="http://www.lettres.uottawa.ca/vanden/pc.htm">«Du fondamentalisme linguistique ou de la tentation de rectifier la pensée par le langage»</a>, <em>Discours social / Social Discourse</em>, vol. 7, no 1-2, hiver-printemps 1995, p. 135-152.</p>
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		<title>Six détestations du lundi matin</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2009/10/26/six-detestations-du-lundi-matin/</link>
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		<pubDate>Mon, 26 Oct 2009 14:51:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[À il et à elle]]></category>
		<category><![CDATA[Problématique]]></category>
		<category><![CDATA[Quitter]]></category>

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		<description><![CDATA[1. Quitter employé sans complément. «Je dois quitter.» 2. S’attarder sur un sujet. «Je voudrais bien m’attarder sur ce sujet, mais je dois quitter.» (Non : s’attarder, c’est «Se mettre en retard» ou «Ne pas avancer, ne pas progresser normalement».) 3. La féminisation automatique. «Je voudrais bien m’attarder sur le sujet des Québécois et des Québécoises, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>1. <em>Quitter</em> employé sans complément. «Je dois quitter.»</p>
<p>2. <em>S’attarder</em> sur un sujet. «Je voudrais bien m’attarder sur ce sujet, mais je dois quitter.» (Non : <em>s’attarder</em>, c’est «Se mettre en retard» ou «Ne pas avancer, ne pas progresser normalement».)</p>
<p>3. La féminisation automatique. «Je voudrais bien m’attarder sur le sujet des Québécois et des Québécoises, mais je dois quitter.»</p>
<p>4. <em>Faire en sorte</em>. «Je voudrais bien m’attarder sur le sujet des Québécois et des Québécoises, mais je dois quitter, pour faire en sorte d’arriver à temps au salon funéraire.»</p>
<p>5. <em>Décéder</em>. «Je voudrais bien m’attarder sur le sujet des Québécois et des Québécoises, mais je dois quitter, pour faire en sorte d’arriver à temps au salon funéraire, parce que mon beau-frère est décédé.» (Non : les gens <em>meurent</em>.)</p>
<p>6. <em>Problématique</em>. «Je voudrais bien m’attarder sur le sujet des Québécois et des Québécoises, mais je dois quitter, pour faire en sorte d’arriver à temps au salon funéraire, parce que mon beau-frère est décédé. C’est ma problématique aujourd’hui.»</p>
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