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	<title>L’oreille tendue &#187; À tu et à toi</title>
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	<description>« Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler » (André Belleau).</description>
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		<title>Merci</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Jul 2010 09:17:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[À il et à elle]]></category>
		<category><![CDATA[À tu et à toi]]></category>

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		<description><![CDATA[Les occasions de se réjouir linguistiquement ne sont pas aussi fréquentes qu’on le souhaiterait. En voici une; saisissons-la.

Pas Sois prudent, ce qui n’aurait étonné personne au Québec. Pas Soyez prudents, ce qui aurait eu valeur collective. Pas Soyez prudent(e)s, ce qui aurait été politiquement correct. Soyez prudent : c’est bien à une personne qu’on s’adresse, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les occasions de se réjouir linguistiquement ne sont pas aussi fréquentes qu’on le souhaiterait. En voici une; saisissons-la.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/07/prudence.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1922" title="Montréal, juillet 2010" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/07/prudence.jpg" alt="" width="576" height="432" /></a></p>
<p>Pas <em>Sois prudent</em>, ce qui n’aurait étonné personne au Québec. Pas <em>Soyez prudents</em>, ce qui aurait eu valeur collective. Pas <em>Soyez prudent(e)s</em>, ce qui aurait été politiquement correct. <em>Soyez prudent</em> : c’est bien à une personne qu’on s’adresse, à <em>vous</em> — «Ô Passant, soyez prudent.»</p>
<p>Ce vouvoiement singulier me ravit.</p>
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		<title>Banlieue linguistique</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2010/07/22/banlieue-linguistique/</link>
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		<pubDate>Thu, 22 Jul 2010 09:34:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Publicité]]></category>
		<category><![CDATA[À tu et à toi]]></category>

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		<description><![CDATA[Un lecteur de la Presse (21 juillet 2010, p. A15) en a contre une nouvelle publicité pour la sécurité routière à Repentigny, en banlieue de Montréal. (Du temps où j’y grandissais, il n’y avait pas de telles publicités. Il est vrai que des vaches paissaient près chez nous.) Celle-ci :

René Saint-Pierre, de Laval (autre banlieue montréalaise), [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un lecteur de <em>la Presse</em> (<a href="http://www.cyberpresse.ca/place-publique/courrier-des-lecteurs/201007/20/01-4299886-slaque-la-pub.php">21 juillet 2010</a>, p. A15) en a contre une nouvelle publicité pour la sécurité routière à Repentigny, en banlieue de Montréal. (Du temps où j’y grandissais, il n’y avait pas de telles publicités. Il est vrai que des vaches paissaient près chez nous.) Celle-ci :</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/07/slaque_la_pedale.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1910" title="Repentigny, 2010" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/07/slaque_la_pedale.jpg" alt="" width="435" height="290" /></a></p>
<p>René Saint-Pierre, de <a href="http://oreilletendue.com/2010/06/12/trafic-d%E2%80%99enfants/">Laval</a> (autre banlieue montréalaise), s’en prend à ce «bel exemple de pollution visuelle» et il déplore l’utilisation du verbe <em>slaquer</em>.</p>
<p>Les autorités municipales avaient prévu le coup. On peut lire sur le site <a href="http://www.ville.repentigny.qc.ca/ralentissement/index.html">ralentircheznous.com</a> cette fine remarque linguistique : «Pour ceux et celles qui se questionneraient sur la validité du verbe slaquer, ils peuvent être rassurés, car cet emprunt nuancé de la langue anglaise est aujourd’hui reconnu comme un verbe bien de chez nous.» Traduction proposée (malgré tout) de ce «langage imagé» : «Relâcher l’accélérateur.»</p>
<p>Tout cela appelle une brève explication de texte.</p>
<p>«Rassurés» ? Je ne le suis pas.</p>
<p>«Emprunt nuancé» ? Où ça, la nuance ? C’est un emprunt, point à la ligne.</p>
<p>«Reconnu» ? Par qui ? J’aimerais beaucoup le savoir. Il existe peut-être un dictionnaire du bon usage repentignois.</p>
<p>«Bien de chez nous» ? Quel est-il ce «chez nous» ? Y aurait-il un microclimat linguistique dans la couronne nord de Montréal ? Le président de la Commission de la sécurité publique et de la circulation de la Ville de Repentigny, Raymond Hénault, paraît le croire : «c’est une expression couramment utilisée et comprise par tous».</p>
<p>«Slaque», pas «slaquer» ? Voilà une administration proche de ses contribuables : elle les tutoie. (D’autres slogans sont à venir : <em>Roule la pédale douce et Perds pas les pédales</em><em>.)</em></p>
<p>«La pédale» : je vois d’ici s’épanouir le sourire du graffiteur s’apprêtant à déposer sa virgule sur une des affiches.</p>
<p>«Slaque la pédale» ? Je suis sceptique. Un mécanicien pourrait, j’imagine, «slaquer une pédale»; il suffirait qu’il s’assure qu’elle soit plus facile à relâcher. Mais, s’agissant de ralentir, la formulation retenue par les fortes autorités linguistiques repentignoises m’étonne : «Slaque su’a pédale» aurait mieux fait l’affaire, du moins à mes oreilles.</p>
<p>Il est vrai que j’ai quitté la banlieue depuis longtemps.</p>
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		<title>Fil de presse 008</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2010/07/02/fil-de-presse-008/</link>
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		<pubDate>Fri, 02 Jul 2010 09:39:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Langue de Shakespeare]]></category>
		<category><![CDATA[Lumières]]></category>
		<category><![CDATA[Néologie]]></category>
		<category><![CDATA[À tu et à toi]]></category>

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		<description><![CDATA[L’anglais serait-il en crise ? (Je ne parle pas de l’Anglais, cette créature protéiforme.)
The Queen’s English Society, fondée en 1972 pour défendre le bon usage dans la langue de Shakespeare, souhaite créer une Académie anglaise, l’Academy of English, ou English Academy, sur le modèle de la française. (Erin McKean, dans les pages du Boston Globe, montre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’anglais serait-il en crise ? (Je ne parle pas de l’Anglais, cette créature protéiforme.)</p>
<p>The Queen’s English Society, fondée en 1972 pour défendre le bon usage dans la langue de Shakespeare, souhaite créer une Académie anglaise, l’Academy of English, ou English Academy, sur le modèle de la <a href="http://www.academie-francaise.fr/">française</a>. (Erin McKean, dans les pages du <a href="http://www.boston.com/bostonglobe/ideas/articles/2010/06/27/language_police/"><em>Boston Globe</em></a>, montre pourquoi ça ne peut pas marcher, et elle a bien raison.)</p>
<p>Le 7 juin, <em>The Economist</em> crée un nouveau blogue (collectif) linguistique, <a href="http://www.economist.com/blogs/johnson"><em>Johnson</em></a> :</p>
<blockquote><p>In this blog, named for the dictionary-maker Samuel Johnson, our correspondents write about the effects that the use (and sometimes abuse) of language have on politics, society and culture around the world.</p></blockquote>
<p>Au menu : des questions pointues (Tromso ou <a href="http://www.economist.com/blogs/johnson/2010/06/foreign_letters">Tromsø</a> ?), des débats (faut-il accepter <a href="http://www.economist.com/blogs/johnson/2010/06/jargon_watch"><em>deplane</em></a> pour <em>descendre de l’avion</em> ?), des révélations (Vladimir Poutine <a href="http://www.economist.com/blogs/johnson/2010/06/politics_pronouns">tutoie</a> Dmitri Medvedev, qui le vouvoie), des réflexions sur la <a href="http://www.economist.com/blogs/johnson/2010/06/verbing_france">néologie</a> (en français), des interrogations étymologiques (d’où viennent <a href="http://www.economist.com/blogs/johnson/2010/07/political_slogans"><em>right to choose</em></a> et <a href="http://www.economist.com/blogs/johnson/2010/06/sport_slang"><em>my bad</em></a> ?), etc. (On y est aussi sceptique que dans le <em>Boston Globe</em> devant la création d’une <a href="http://www.economist.com/blogs/johnson/2010/06/english_academy">académie</a>.)</p>
<p>Il y a donc plus intéressant à faire que de s’inventer une crise.</p>
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		<title>Voyage dans le temps</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2010/06/19/voyage-dans-le-temps/</link>
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		<pubDate>Sat, 19 Jun 2010 09:11:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[À tu et à toi]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis entré, il y a un certain temps déjà, dans mon second demi-siècle. L’autre jour, un garçon à peine dans son premier quart de siècle retient la porte de l’ascenseur et me crie «T’embarques-tu ?». Ça aurait pu me rajeunir. Ça ne l’a pas fait.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis entré, il y a un certain temps déjà, dans mon <a href="http://oreilletendue.com/2010/03/26/une-weltanschauung-dans-un-adjectif/">second</a> demi-siècle. L’autre jour, un garçon à peine dans son premier quart de siècle retient la porte de l’ascenseur et me crie «T’embarques-tu ?». Ça aurait pu me rajeunir. Ça ne l’a pas fait.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Toi, mon associé</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2010/06/09/toi-mon-associe/</link>
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		<pubDate>Wed, 09 Jun 2010 09:33:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
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		<category><![CDATA[À tu et à toi]]></category>

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		<description><![CDATA[J’aime bricoler, ce qui fait que je fréquente plus souvent qu’à mon tour les grandes surfaces du genre Réno-dépôt. J’y étais samedi dernier.
Je passe à la caisse. Ma facture m’invite à visiter le site labonnejob.ca si je suis à la recherche d’un emploi. J’y vais, bien évidemment — mais pas pour l’emploi. J’y trouve ceci :


Une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’aime bricoler, ce qui fait que je fréquente plus souvent qu’à mon tour les grandes surfaces du genre Réno-dépôt. J’y étais samedi dernier.</p>
<p>Je passe à la caisse. Ma facture m’invite à visiter le site <a href="http://labonnejob.ca/">labonnejob.ca</a> si je suis à la recherche d’un emploi. J’y vais, bien évidemment — mais pas pour l’emploi. J’y trouve ceci :</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/06/reno_depot1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1727" title="labonnejob.ca" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/06/reno_depot1.jpg" alt="" width="677" height="738" /></a></p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/06/reno_depot.jpg"><br />
</a>Une question et une remarque.</p>
<p>La question : pourquoi ainsi passer du <em>tu</em> au <em>vous</em> ? On se croirait dans un magasin de <a href="http://oreilletendue.com/2009/07/29/a-tu-et-a-vous-et-a-toi-et-a-vous-et-a-tu/">jeux électroniques</a>.</p>
<p>La remarque : appeler <em>associé</em> celui qui n’est qu’un <em>commis</em> relève de l’euphémisation généralisée dans laquelle nous baignons, de ce refus d’appeler les choses par leur nom qui a conquis tant de sphères de la vie sociale.</p>
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		<title>Hésitation pronominale</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2010/05/12/hesitation-pronominale/</link>
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		<pubDate>Wed, 12 May 2010 09:26:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[À tu et à toi]]></category>

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		<description><![CDATA[Il entre dans un bar pour la première fois, regarde la serveuse, en tombe amoureux. Il ne sait comment l’interpeller. Il lui dit : «Je vous aime.» Elle lui répond : «Tu peux me dire tu», puis se détourne de lui et va servir un autre client.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il entre dans un bar pour la première fois, regarde la serveuse, en tombe amoureux. Il ne sait comment l’interpeller. Il lui dit : «Je vous aime.» Elle lui répond : «Tu peux me dire tu», puis se détourne de lui et va servir un autre client.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les mécontents urbains</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2010/05/03/les-mecontents-urbains/</link>
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		<pubDate>Mon, 03 May 2010 09:30:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Capitale(s)]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>
		<category><![CDATA[À tu et à toi]]></category>

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		<description><![CDATA[Les membres du Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal ne sont pas contents. Ils considèrent que la fusion municipale imposée par le gouvernement du Québec il y a une dizaine d’années n’a pas donné les fruits escomptés à Montréal : à cause du trop grand nombre de «structures municipales» (20 !), d’«administrations municipales» (20 !) et de maires [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les membres du <a href="http://www.sfmm429.qc.ca/">Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal</a> ne sont pas contents. Ils considèrent que la fusion municipale imposée par le gouvernement du Québec il y a une dizaine d’années n’a pas donné les fruits escomptés à Montréal : à cause du trop grand nombre de «structures municipales» (20 !), d’«administrations municipales» (20 !) et de maires (20 !), la zizanie règne(rait). Résultat : une campagne publicitaire, celle-ci.</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/05/sfmm429_01.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1522" title="Publicité du SFMM, 2010" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/05/sfmm429_01.jpg" alt="" width="591" height="138" /></a><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/05/sfmm429_02.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1523" title="Publicité du SFMM, 2010" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/05/sfmm429_02.jpg" alt="" width="591" height="140" /></a><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/05/sfmm429_03.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1524" title="Publicité du SFMM, 2010" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/05/sfmm429_03.jpg" alt="" width="591" height="137" /></a></p>
<p>L’Oreille tendue se régale.</p>
<p>Les membres du SFMM apostrophent leur ville à la deuxième personne du singulier : «Montréal, fais une ville de toi !» C’est bien <em>leur</em> ville; ils en sont proches.</p>
<p>Ils utilisent une tournure ambiguë. Qui dit <em>Fais un homme de toi</em> valorise un type de comportement supposé (<em>Impose-toi</em>). En revanche, qui dit <em>Fais un fou de toi</em> est plus critique (<em>Couvre-toi de ridicule</em>). Les fonctionnaires municipaux, on l’espère, sont du côté de la valorisation.</p>
<p>Ils demandent à Montréal de se comporter comme une ville. Que pourrait-on lui souhaiter d’autre ? «Montréal, fais un village de toi !» ? «Montréal, fais un arrondissement de toi !» ? «Montréal, fais une région de toi !» ? «Montréal, fais une <a href="http://oreilletendue.com/2009/07/24/capitales/">capitale</a> de toi !» ?</p>
<p>Ils ont été prudents : deux hommes, une femme; deux Blancs, un Noir.</p>
<p>Ils ont recours, dans deux cas sur trois, à la phonétique. <em>Quesséçâ ?</em> pour <em>Qu’est-ce que c’est que ça ?</em> <em>Çapâdallure</em> pour <em>Ça n’a pas d’allure</em> (<em>Ça n’a pas de sens</em>). Au passage, on soulignera l’accent circonflexe dans les deux cas : un fonctionnaire municipal, ça cause grave — ou ça s’inspire (vaguement) de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Titeuf"><em>Titeuf</em></a>.</p>
<p>Le troisième cas est plus intéressant : <em>brochafoin</em>. De quoi s’agit-il ? Dans le <a href="http://fides.qc.ca/dictionnaire_quebecois/"><em>Dictionnaire québécois instantané</em></a>, en 2004, nous proposions la définition suivante de <em>broche à foin</em> : «Très déficient, faible.» Nous offrions un exemple : «Il aime Montréal […]. Il aime son caractère broche à foin, mal foutu, parfois quétaine et déglingué» (<em>la Presse</em>, 8 février 2002, p. E1). Le sociologue Alain Médam — c’est de lui qu’il s’agit — a manifestement une tolérance plus élevée au <em>brochafoin</em> que les syndiqués montréalais.</p>
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		<title>De la pudeur</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2010/03/30/de-la-pudeur/</link>
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		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 09:23:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
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		<category><![CDATA[À tu et à toi]]></category>

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		<description><![CDATA[Publicité télévisée pour la bière Coors.
On lit : «T’en veux une froide ?»
On entend : «T’en veux-tu une froide ?»
Cache ce «tu» que je ne saurais voir.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Publicité télévisée pour la bière Coors.</p>
<p>On lit : «T’en veux une froide ?»</p>
<p>On entend : «T’en veux-tu une froide ?»</p>
<p>Cache ce «tu» que je ne saurais voir.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Exorcismes</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2010/01/28/exorcismes/</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Jan 2010 10:21:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[À tu et à toi]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le quotidien montréalais la Presse, il y a quelques jours, ceci : «George W. Bush, sors de ce corps…» (16 janvier 2010, p. A31).
L’Oreille tendue s’interroge. Quelles sont les personnes qu’il faut faire «sortir» de tel ou tel corps ? Ne s’agit-il que de personnes réelles ? Ce troublant phénomène identitaire — quelqu’un squattant le corps de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le quotidien montréalais <em>la Presse</em>, il y a quelques jours, ceci : «George W. Bush, sors de ce corps…» (16 janvier 2010, p. A31).</p>
<p>L’Oreille tendue s’interroge. Quelles sont les personnes qu’il faut faire «sortir» de tel ou tel corps ? Ne s’agit-il que de personnes réelles ? Ce troublant phénomène identitaire — quelqu’un squattant le corps de quelqu’un d’autre — est-il propre au Québec ?</p>
<p>Enquête dans des périodiques parus depuis un an. (Merci à <a href="http://www.eureka.cc/">Eureka.cc</a>.)</p>
<p>Première constatation : les personnes à chasser viennent d’un peu partout. Outre Bush junior, il y a eu, dans les douzes derniers mois, Flaubert, J-Lo, Jean Perrault, Ray Manzarek, Normand L’Amour, Stephen King, Arnold Schwarzenegger.</p>
<p>Deuxième constatation : les personnes réelles dominent, mais il peut parfois s’agir de personnages fictifs (Jack Bauer ou l’héroïne éponyme du film <em>Jennifer’s Body</em>), voire d’un comportement. «Démon de l’adultère, sors de ce corps…» peut-on lire dans <em>le Soleil</em> du 17 octobre 2009.</p>
<p>Troisième constatation : le phénomène paraît surtout québécois, mais pas uniquement. La presse française et belge a aussi ses menaces internes, réelles et fictives : Warren Beatty (<em>Marianne</em>), Katharine Hepburn (<em>Libération</em>), François Pignon (<em>le Soir</em>).</p>
<p>Quatrième et dernière constatation : le tutoiement est de rigueur. Il n’y aucune occurrence de «Sortez de ce corps».</p>
<p>Nos démons nous sont familiers.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Résolution du nouvel an</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Jan 2010 14:19:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[À tu et à toi]]></category>

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		<description><![CDATA[Je ne prends pas de résolution du nouvel an, mais cela ne m’empêche pas d’en suggérer aux autres, par exemple aux dirigeants du secteur radio de la Société Radio-Canada. La voici : que l’on y étouffe dans l’œuf la pratique du tutoiement en ondes.
Pendant longtemps, le tutoiement a été absent de la langue radio-canadienne, à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne prends pas de résolution du nouvel an, mais cela ne m’empêche pas d’en suggérer aux autres, par exemple aux dirigeants du secteur radio de la Société Radio-Canada. La voici : que l’on y étouffe dans l’œuf la pratique du tutoiement en ondes.</p>
<p>Pendant longtemps, le tutoiement a été absent de la langue radio-canadienne, à l’exception bien évidemment des dramatiques et, parfois, des émissions sportives (l’élégance des hockeyeurs devant les micros est inégalement répartie). Ce choix est parfaitement illustré les fins de semaine quand les Garneau, Richard et Stéphane, le père et le fils, se vouvoient en ondes, alors qu’on peut croire que ce n’est pas le cas le reste du temps. C’est la tradition à la SRC : la distance, la politesse — le vouvoiement.</p>
<p>Depuis quelque temps, ça se gâte. La semaine dernière, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Peoplisation">pipolisation</a> oblige, Catherine Perrin et Isabelle Boulay n’avaient que le <em>tu</em> à la bouche, de même que Patrick Masbourian et un de ses collaborateurs. Le cas le plus extrême est celui de Dominique Poirier, dont le passage de la chaîne télévisée d’information continue RDI à la radio de la Première chaîne de Radio-Canada s’est accompagné d’une montée en flèche de la deuxième personne du singulier. À l’écouter, on a l’impression que son émission est enregistrée dans sa cuisine.</p>
<p>On s’étonne devant pareille transformation de la langue à la SRC. Sans être le sanctuaire de la correction linguistique que l’on imagine chez certains, c’était malgré tout un lieu où l’on était tenu à un certain nombre de règles, dont le refus de la familiarité. Contrairement au pompiste, à la caissière ou à quelques-uns de mes étudiants, on savait, chez les annonceurs de Radio-Canada, qu’on ne tutoie pas tout le monde en tout temps. Cela est-il en train de changer ?</p>
<p>Il est vrai que l’on ne devrait peut-être plus s’étonner de rien d’une société d’État qui nous permet de tout savoir des <a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/lautre_midi_a_la_table_da_cote/2009-2010/chronique.asp?idChronique=99499">érections</a> de Paolo Noël.</p>
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