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	<title>L’oreille tendue &#187; Accent &amp; prononciation</title>
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	<description>« Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler » (André Belleau).</description>
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		<title>Tabarnac ? Tabarnac !</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 09:37:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Dicos]]></category>
		<category><![CDATA[Divergences transatlantiques]]></category>
		<category><![CDATA[Jurons]]></category>
		<category><![CDATA[Numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[J’aime beaucoup sacrer, et sacrer beaucoup. Je me targue d’un répertoire étendu de jurons, dans lequel «Tabarnac» et ses variantes occupent la place d’honneur.
J’aime les dictionnaires, en papier et en numérique, de toutes les variétés de français.
J’aime Apple, ses ordinateurs, ses iPods, ses iPhones, son iPad.
Je ne pouvais donc qu’être attiré par Tabarnac !, le dictionnaire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’aime beaucoup sacrer, et sacrer beaucoup. Je me targue d’un répertoire étendu de jurons, dans lequel «Tabarnac» et ses variantes occupent la place d’honneur.</p>
<p>J’aime les dictionnaires, en papier et en numérique, de toutes les variétés de français.</p>
<p>J’aime Apple, ses ordinateurs, ses iPods, ses iPhones, son iPad.</p>
<p>Je ne pouvais donc qu’être attiré par <em>Tabarnac !</em>, le dictionnaire numérique français du Québec / français hexagonal disponible sur l’App Store. (Selon la fenêtre où on se trouve, on voit aussi <em>Tabarnac</em>, sans point d’exclamation.)</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/09/tabarnac_02.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-1990" title="Le logiciel Tabarnac !" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/09/tabarnac_02.png" alt="" width="192" height="288" /></a></p>
<p>Déceptions.</p>
<p>Déception typographique. Chaque apostrophe est précédée d’une espace : «d’accord» devient «d ’accord».</p>
<p>Déception graphique. Certaines définitions débordent du cadre de l’écran de mon iPhone et sont illisibles.</p>
<p>Déception orthographique. Le pluriel demande le <em>s</em> dans «ses responsabilité». En revanche, ce <em>s</em> ne devrait pas apparaître dans «sois-même» ou dans «sacrer son camps». L’«air d’aller» est une «erre». Il est le plus souvent préférable de «prendre le mors aux dents», plutôt que «le mort».</p>
<p>Déception de la nomenclature, enfin et surtout. Elle compte environ 240 mots; ce n’est pas beaucoup. C’est encore moins quand on s’aperçoit qu’il y a quatre entrées au mot <em>gras</em>, mais pour une seule définition, et que les mots commençant par <em>c</em> et par <em>j</em> apparaissent à leur place dans l’ordre alphabétique, puis de nouveau après la lettre <em>z</em>. Il faut de l’imagination pour découvrir que l’entrée «Sulption» renvoie à l’expression «<a href="http://oreilletendue.com/2010/07/26/des-pitons/">sul ’piton</a>» et «Wague», à «waque» (cri). À «charge», on lit «combien tu prend» (sans <em>s</em>) à côté d’une fleur de lys, et «combien tu prend» (toujours sans <em>s</em>) à côté d’un drapeau de la France, alors que ce devrait être l’inverse. Il vaut mieux ne pas confondre «crouser» («faire la cour») et «creuser» une fille (parfois appelée «chicks», au pluriel, même s’il n’y en a qu’une, parfois «chique», ce qui est plus dur à avaler). «Mornifle» et «couper les cheveux en quatre», pour prendre deux exemples au hasard, sont au <em>Petit Robert</em>; pourquoi les mettre ici ? Le logiciel s’appelle <em>Tabarnac !</em>, mais la nomenclature préfère <em>Tabernac</em>. Enfin, j’avoue avoir ignoré jusqu’à ce jour qu’un «coupe crotte» était un string, que «câler l’orignal» supposait un vomissement et qu’avoir «ses embacles [sans accent circonflexe] de lady» signifiait «avoir ses règles».</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/09/tabarnac_01.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-1989" title="La définition de crouser dans le logiciel Tabarnac !" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/09/tabarnac_01.png" alt="" width="192" height="288" /></a></p>
<p>Trois remarques pour conclure.</p>
<p>On peut voter pour chaque définition, entre «C’est l’fun !» et «C’est plate !». C’est une catégorie de trop.</p>
<p>L’équipe qui revoit les logiciels soumis au <a href="http://www.applicationiphone.com/2010/07/ostie-dciboire-de-sainte-viarge-les-sacres-quebecois-ne-passent-pas-la-porte-de-lappstore-cette-fois/">App Store</a> a retardé le lancement de <em>Tabarnac !</em> Pas assez.</p>
<p>C’est bien ce qui s’appelle «Butcher son travail» (que l’on doit prononcer «Botcher», ce que ne dit pas le logiciel), soit «Faire un travail avec négligence». <em>Tabarnac !</em> coûte 0,99 $. Ça ne les vaut pas.</p>
<p>P.S.—Ai assisté hier à la conférence d’Artiom Koulakov sur les jurons québécois qui précédait la pièce <a href="http://oreilletendue.com/2010/08/29/cuisine-quebeco-russe/"><em>Sauce brune</em></a> de Simon Boudreault à l’Espace libre et ai suivi les conseils placardés sur les murs : ai acheté «Le tabarnak de livre», le texte de la pièce. (Ce que j’ai pensé de tout ça ? Ce sera pour demain.)</p>
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		<title>Défense des diacritiques</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2010/08/31/defense-des-diacritiques/</link>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 09:39:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>

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		<description><![CDATA[«Signe diacritique : signe graphique (point, accent, cédille) portant sur une lettre ou un signe phonétique, et destiné à en modifier la valeur ou à empêcher la confusion entre homographes» (le Petit Robert, édition numérique, 2010).
Quand on s’appelle Benoît (accent circonflexe souhaité) Melançon (cédille obligatoire), les diacritiques ont leur importance.
C’est ce que je me disais hier, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>«<em>Signe diacritique : </em>signe graphique (point, accent, cédille) portant sur une lettre ou un signe phonétique, et destiné à en modifier la valeur ou à empêcher la confusion entre homographes» (<em>le Petit Robert</em>, édition numérique, 2010).</p>
<p>Quand on s’appelle Benoît (accent circonflexe souhaité) Melançon (cédille obligatoire), les diacritiques ont leur <a href="http://oreilletendue.com/2009/12/14/la-disparition-du-con/">importance</a>.</p>
<p>C’est ce que je me disais hier, après avoir expliqué à une employée de ma banque que je comptais leur retourner plein de carnets de chèques pour cause de circonflexe et de cédille omis, malgré ma demande expresse. (Explication possible de ladite employée : l’imprimeur est anglophone.)</p>
<p>C’est ce que je me disais aussi il y a quelques semaines, à la lecture d’un article de Frédérick Lavoie dans <em>la Presse</em> du 31 juillet, «<a href="http://www.cyberpresse.ca/international/europe/201007/31/01-4302817-mettre-les-points-sur-le-e.php">Mettre les points sur les Ë</a>» (p. A21). Il y fait le portrait de Viktor Tchoumakov, ce croisé de la septième lettre de l’alphabet cyrillique (<em>ë</em>, prononcée <em>yo</em>), qui veut voir revenir systématiquement le tréma sur le <em>e</em> dans les cas où il est aujourd’hui facultatif. Précision historique : «Le <em>ë</em> a connu son âge d’or entre 1942 et 1953, en raison d’un puissant partisan des deux points : le dictateur soviétique Joseph Staline.»</p>
<p>Je l’avoue : j’aurais préféré être en meilleure compagnie.</p>
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		<title>De la plogue</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2010/08/27/de-la-plogue/</link>
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		<pubDate>Fri, 27 Aug 2010 09:22:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[L’ami Antoine Robitaille se demandait récemment quelle graphie préférer, de plogue ou de plugue. À l’Assemblée nationale du Québec, on a tranché pour le u. Débat ici.
Le mot, lui, ne pose pas de problème : il est d’usage courant.
Il peut désigner la promotion (ploguer un spectacle), voire l’autopromotion (autoplogue). L’expression «Pure plogue promotionnelle» (le Devoir, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’ami Antoine Robitaille se demandait récemment quelle graphie préférer, de <em>plogue</em> ou de <em>plugue</em>. À l’Assemblée nationale du Québec, on a tranché pour le <em>u</em>. Débat <a href="http://carnetsdudevoir.com/index.php/motsetmaux/commentaires/plugue_ou_plogue/">ici</a>.</p>
<p>Le mot, lui, ne pose pas de problème : il est d’usage courant.</p>
<p>Il peut désigner la promotion (<em>ploguer</em> un spectacle), voire l’autopromotion (<em>autoplogue</em>). L’expression «Pure plogue promotionnelle» (<em>le Devoir</em>, 10 septembre 2001) est donc pléonastique.</p>
<p>Il désigne aussi une prise — de courant, pour les écouteurs, etc. Exemple (ça ne s’invente pas) : «Ploguez vos écouteurs» (vol Air Canada AC 945, Orlando =&gt; Montréal, 11 août 2010).</p>
<p>Puisqu’on peut <em>ploguer</em>, on peut aussi <em>déploguer</em>, voire <em>tirer la plogue</em>, au sens littéral comme au figuré. L’expression signifie alors <em>mettre fin à</em> : «Autant tirer la plogue moi-même avant que les gens me déploguent» (<em>la Presse</em>, 20 mars 1999).</p>
<p>On l’aura compris : quoi qu’en pense l’Assemblée nationale, <em>l’Oreille tendue</em> préfère la graphie en <em>o</em>, histoire d’être fidèle à la prononciation du mot et de ses dérivés.</p>
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		<title>Du typewriter</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2010/07/30/du-typewriter/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Jul 2010 09:36:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Lumières]]></category>

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		<description><![CDATA[En 1927, Alfred DeCelles fils entre en croisade linguistique. Son opuscule la Beauté du verbe (Entretiens sur la langue française au Canada) est une entreprise d’«épuration». De quoi faut-il protéger la langue française d’ici ? De l’anglicisme, cette plaie.
DeCelles mène l’attaque sur quatre fronts. Il étale volontiers, citations à l’appui, sa culture française (Du Bellay, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En 1927, Alfred DeCelles fils entre en croisade linguistique. Son opuscule <em>la Beauté du verbe (Entretiens sur la langue française au Canada)</em> est une entreprise d’«épuration». De quoi faut-il protéger la langue française <a href="http://oreilletendue.com/2009/06/24/une-fete-nationale-d%E2%80%99ici/">d’ici</a> ? De l’anglicisme, cette plaie.</p>
<p>DeCelles mène l’attaque sur quatre fronts. Il étale volontiers, citations à l’appui, sa culture française (Du Bellay, Descartes, Molière, Racine, Voltaire, Vigny, Hugo). Il donne des extraits de ses prédécesseurs croisés, qu’ils soient canadiens-français (Dunn, Buies, Roullaud, Clapin, Ricard, <a href="http://oreilletendue.com/2010/01/26/une-image-vaut-2000-mots/">Blanchard</a>, Camille Roy), français (Rémy de Gourmont, Brunetière, Bonnaffé, Thérive) ou belges (D’Harvé). Il enfile les formes (qu’il juge) fautives, avec leur transcription «plus ou moins phonétique» (p. 19 n.). Ce «réformateur» (p. 54) propose de revoir les programmes de l’école primaire et de lancer «une vigoureuse campagne de presse» (p. 52).</p>
<p>Quelques constatations à la lecture de cette «collection de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cacographie">cacographies</a>» (p. 37).</p>
<p>Un catalogue non raisonné de fautes supposées, sur le modèle «Dites / Ne disez pas», c’est rarement intéressant et c’est toujours barbant à lire.</p>
<p>Plus ça change, plus c’est pareil : <a href="http://oreilletendue.com/2009/10/01/trekking-linguistique/">l’emprunt</a> est dangereux et il empêche la langue de conserver sa «pureté liliale» (p. 48).</p>
<p>On ne peut parler de langue au Québec sans parler du rapport à «notre ancienne mère-patrie» (p. 42) : ses anglicismes, son argot, ses néologismes.</p>
<p>Malgré tout, on trouve de jolies choses sous la plume de DeCelles, dont celle-ci :</p>
<blockquote><p>Je connais un rond de cuir qui se donne, tous les jours, un mal infini pour articuler : <em>taprater</em> ! N’avons-nous pas le mot dactylographe, ou encore l’expression machine à écrire ? (p. 20)</p></blockquote>
<p><em>Taprateur</em> ou <em>tapratère</em> auraient probablement été de meilleurs choix, mais il est trop tard pour cela.</p>
<p>Référence</p>
<p>Decelles fils, Alfred, <em>la Beauté du verbe (Entretiens sur la langue française au Canada)</em>, Ottawa, Imprimerie Beauregard, 1927, 58 p.</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/07/decelles_1927.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1946" title="Alfred DeCelles, 1927" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/07/decelles_1927.jpg" alt="" width="405" height="599" /></a></p>
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		<title>D’hier à today</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2010/06/28/d%e2%80%99hier-a-today/</link>
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		<pubDate>Mon, 28 Jun 2010 09:54:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Ronald King, dans la Presse du 26 juin 2010 :
Dites Roger…
Vous avez peut-être remarqué, comme moi, que dans la publicité de Coca-Cola traduite dans une maison québécoise, on nous parle de Roger Milla, avec Roger prononcé à l’anglaise. Or, Milla est camerounais et francophone. À la télé française, on parle de Roger à la française.
Il s’agit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ronald King, dans <em>la Presse</em> du 26 juin 2010 :</p>
<blockquote><p>Dites Roger…</p>
<p>Vous avez peut-être remarqué, comme moi, que dans la publicité de Coca-Cola traduite dans une maison québécoise, on nous parle de Roger Milla, avec Roger prononcé à l’anglaise. Or, Milla est camerounais et francophone. À la télé française, on parle de Roger à la française.</p>
<p>Il s’agit d’un cas de paresse et d’ignorance crasses. On aurait pensé que quelqu’un dans la maison aurait fini par comprendre et fait la correction avant la Fête nationale du Québec. Mais non.</p>
<p>Colonisés…</p></blockquote>
<p>André Belleau, dans la revue <em>Liberté</em> en mai-juin 1980 :</p>
<blockquote><p>pourquoi <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Derome">Bernard Derome</a> tient-il tant à montrer qu’il sait l’anglais ? Pour être plus précis, qu’est-ce qui le fait, au <em>Téléjournal</em>, prononcer infailliblement «Rââbeurte Enn’drusse» les mots «Robert Andras» écrits sur une dépêche ? Ou «Pi-ss-bi-dji-mm» pour P.S.B.G.M. ? Et «Aille-âre-ré» toutes les fois qu’il lit I.R.A. ? C’est à ce point que ma mère, qui ignore l’anglais, manque chaque soir la moitié du <em>Téléjournal</em>.</p>
<p>[…]</p>
<p>Peu importe comment on essaie d’élucider l’effet Derome, il demeure, vu son caractère général, constant, et la façon dont il modifie la relation transactionnelle émetteur-auditeur, une manifestation indubitable de colonisation culturelle (éd. de 1986, p. 109 et p. 114)</p></blockquote>
<p>Plus ça change…</p>
<p>Références</p>
<p>Belleau, André, «L’effet Derome ou Comment Radio-Canada colonise et aliène son public», <em>Liberté</em>, 129, 22 : 3, mai-juin 1980, p. 3-8; repris sous le titre «L’effet Derome» dans <em>Y a-t-il un intellectuel dans la salle ?</em>, Montréal, Primeur, coll. «L’échiquier», 1984, p. 82-85; repris sous le titre «L’effet Derome» dans <em>Surprendre les voix</em>, Montréal, Boréal, coll. «Papiers collés», 1986, p. 107-114.</p>
<p>King, Ronald, «<a href="http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/ronald-king/201006/26/01-4293443-en-route-vers-les-octavos-de-final.php">En route vers les octavos de final…</a>», <em>la Presse</em>, 26 juin 2010, cahier Sports, p. 5.</p>
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		<title>Un accent chanté</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2010/06/16/un-accent-chante/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Jun 2010 09:22:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Divergences transatlantiques]]></category>
		<category><![CDATA[Jurons]]></category>

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		<description><![CDATA[Elle est née en France, elle vit au Québec, elle pousse la chansonnette : Gaële.
Sur son album Diamant de papier (Productions de l’onde, 2010), elle chante «L’accent d’icitte», avec Richard Desjardins, en ouverture et en clôture, dans le rôle de l’accent.
Cet accent, elle déplore ne pas le maîtriser : «J’aurai jamais l’accent d’icitte / Pourtant c’est pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Elle est née en France, elle vit au Québec, elle pousse la chansonnette : <a href="http://www.gaele.net/">Gaële</a>.</p>
<p>Sur son album <em>Diamant de papier</em> (Productions de l’onde, 2010), elle chante «L’accent d’icitte», avec <a href="  http://www.richarddesjardins.qc.ca/">Richard Desjardins</a>, en ouverture et en clôture, dans le rôle de l’accent.</p>
<p>Cet accent, elle déplore ne pas le maîtriser : «J’aurai jamais l’accent d’icitte / Pourtant c’est pas faute d’avoir essayé.» En effet : elle parsème ses paroles de «tout p’tit boutte» (trois fois), de «pas pantoute», de «vingt-cinq cennes» et de «pis».</p>
<p>Comme il se doit, les jurons ont leur place :</p>
<blockquote><p>De la bouche serrée</p>
<p>À la mâchoire slaque</p>
<p>Du putain d’merde</p>
<p>À l’ostie d’tabarnak</p>
<p>Au fil des années</p>
<p>J’ai tissé les trésors</p>
<p>De ma langue bric-à-brac</p></blockquote>
<p>Linguistiquement, c’est assez prévisible. Musicalement, plus d’entrain aurait été bienvenu. Bref, on ne peut pas tout avoir.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les mécontents urbains, bis</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Jun 2010 09:32:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>

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		<description><![CDATA[ 
Je le disais le 3 mai : les membres du Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal ne sont pas contents, d’où une première campagne de publicité (négative) sur le thème «Montréal, fais une ville de toi !».
Rebelote, avec des panneaux-réclames et un encart dans la Presse du 9 juin. «Quesséçâ ?», «çapâdallure» et «brochafoin» y sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em> </em></p>
<p>Je le disais <a href="http://oreilletendue.com/2010/05/03/les-mecontents-urbains/">le 3 mai</a> : les membres du <a href="http://www.sfmm429.qc.ca/">Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal</a> ne sont pas contents, d’où une première campagne de publicité (négative) sur le thème <a href="http://www.montrealfaisunevilledetoi.com/">«Montréal, fais une ville de toi !»</a>.</p>
<p>Rebelote, avec des panneaux-réclames et un encart dans <em>la Presse</em> du 9 juin. «<em>Quesséçâ ?</em>», «<em>çapâdallure</em>» et «<em>brochafoin</em>» y sont toujours, mais ils sont rejoints par «<em>friforâll</em>» — comme dans «20 administrations municipales, c’est le friforâll».</p>
<p>«<em>Friforâll</em>» ? De l’anglais <em>Free for all</em> : un laisser-faire extrême, <em>genre</em>, voire le bordel. Pour les syndiqués, ce ne serait pas une bonne chose (c’est le moins qu’on puisse dire).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/06/friforall.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1750" title="Le friforâll" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/06/friforall.jpg" alt="" width="696" height="188" /></a></p>
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		<title>Du qui qui</title>
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		<pubDate>Fri, 21 May 2010 09:34:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de la langue]]></category>

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		<description><![CDATA[Quiconque prête l’oreille dans la Belle province aura entendu des interrogations en double qui, en construction simple ou complexe. Exemple (classique) de construction simple : «Les amis de la garderie, qui qui veut des beignes à matin ?» Complexe : «De qui qui a peur ?»
On aurait tort de penser qu’il s’agit d’une tournure récente. On la trouvait déjà [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quiconque prête l’oreille dans la Belle province aura entendu des interrogations en double <em>qui</em>, en construction simple ou complexe. Exemple (classique) de construction simple : «Les amis de la garderie, qui qui veut des beignes à matin ?» Complexe : «De qui qui a peur ?»</p>
<p>On aurait tort de penser qu’il s’agit d’une tournure récente. On la trouvait déjà (au moins) au début du XXe siècle.</p>
<p>Soit une brochure de 1922 : <em>le Parler de chez nous. Conférence donnée à l’Hôtel de ville de Québec, sous le patronage de la Société des arts, sciences et lettres, par M. Joseph Dumais. Professeur de diction française, directeur du Conservatoire de Québec, membre de la Société des auteurs canadiens et de la Société des arts, sciences et lettres</em>. L’auteur y traite surtout de phonétique, à la fois française et canadienne (comme on disait à l’époque). Non sans humour, il transcrit des phrases, de France et du Québec, «en gardant l’orthographe qui correspond à la prononciation» (p. 29).</p>
<p>L’une de ces transcriptions est datée du 18 mai 1918. Elle rapporte le difficile parcours scolaire d’un garçon appelé Nicole. Le texte se termine par une interrogation de la mère du petit : «Pou’ez-vous m’dir’ de qui qui quien ?» (p. 31)</p>
<p>«Pouvez-vous me dire de qui il tient ?» n’aurait certes pas eu le même charme.</p>
<p>Référence</p>
<p>Dumais, Joseph, <em>le Parler de chez nous. Conférence donnée à l’Hôtel de ville de Québec, sous le patronage de la Société des arts, sciences et lettres, par M. Joseph Dumais. Professeur de diction française, directeur du Conservatoire de Québec, membre de la Société des auteurs canadiens et de la Société des arts, sciences et lettres</em>, Québec, Chez l’auteur, 1922, ii/41 p. Préface d’Alphonse Désilets, B.A., Homme de lettres, etc.</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/05/Dumais_1922.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1636" title="Le parler de chez nous (1922)" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/05/Dumais_1922.jpeg" alt="" width="467" height="684" /></a></p>
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		<title>Divergences transatlantiques 010</title>
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		<pubDate>Tue, 18 May 2010 09:18:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Divergences transatlantiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Aller aux eaux était une activité jadis réservée aux gens aisés. Aller au zoo est beaucoup plus démocratique.
En France, on aurait pu confondre les deux expressions. Pas au Québec, où le zô est le plus souvent un zou.
P.S.—Sauf peut-être chez les paléontologues, je ne sache pas de besoin pressant d’aller aux os.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Aller aux eaux</em> était une activité jadis réservée aux gens aisés. <em>Aller au zoo</em> est beaucoup plus démocratique.</p>
<p>En France, on aurait pu confondre les deux expressions. Pas au Québec, où le <em>zô</em> est le plus souvent un <em>zou</em>.</p>
<p>P.S.—Sauf peut-être chez les paléontologues, je ne sache pas de besoin pressant d’<em>aller aux os</em>.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Du polar et de l’exotisme</title>
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		<pubDate>Mon, 17 May 2010 09:22:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Jurons]]></category>
		<category><![CDATA[Ma cabane au Canada]]></category>

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		<description><![CDATA[«Une enquête du commissaire Léon, le flic qui tricote», les Fantômes de Mont-Tremblant, polar de Nadine Monfils : du nouveau dans la rubrique Ma cabane au Canada.
Le cadre. Un peu Montmartre et Montréal, mais surtout Mont-Tremblant (46o 12’ 25” Nord, 74o 35’ 40” Ouest). Plus exotiquement : le «pays du sirop d’érable» (p. 18 et p. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>«Une enquête du commissaire Léon, le flic qui tricote», <em>l</em><em>es Fantômes de Mont-Tremblant</em>, polar de Nadine Monfils : du nouveau dans la rubrique <em>Ma cabane au Canada</em>.</p>
<p><em>Le cadre</em>. Un peu Montmartre et Montréal, mais surtout Mont-Tremblant (46<sup>o</sup> 12’ 25” Nord, 74<sup>o</sup> 35’ 40” Ouest). Plus exotiquement : le «pays du sirop d’érable» (p. 18 et p. 40), là où l’on mange des «crêpes au sirop d’érable» (p. 47) et des «pâtisseries à base de sirop d’érable» (p. 57-58), voire «ces grands espaces enneigés où le cœur des hommes est si chaud qu’il brise la glace» (p. 229).</p>
<p><em>L’intrigue</em>. Meurtres (deux) dans la neige, évidemment ouatée. Deux policiers parisiens, l’un né en Belgique, l’autre au Québec, enquêtent à titre officieux. Les indices se promènent avec des pancartes sur lesquelles on a inscrit «Attention : indices !».</p>
<p><em>Le suspense</em>. Bien réussi à la fin, notamment grâce à l’alternance de chapitres consacrés à des personnages différents.</p>
<p><em>L’accent québécois</em>. Quand il n’est pas «savoureux» (p. 46), il est «à couper au couteau» (p. 77).</p>
<p><em>Langue</em>. Un mélange d’argot parigot, de belgicismes (l’auteure est belge) et de québécismes, supposés ou réels. Des choses bien vues : les <a href="http://oreilletendue.com/2010/04/14/jurons-en-choeur/">jurons</a>, des tournures interrogatives (p. 109), l’utilisation de «méchants» (p. 115), la féminisation de «job» (p. 206). D’autres, moins.</p>
<p>Il y a des notes pour les pauvres lecteurs québécois qui n’auraient pas de dictionnaire; ainsi, ils n’auront pas besoin de se demander ce que sont les <em>santiags</em> (p. 21) et les <em>rades</em> (p. 24). Quelques expressions ne paraissent pas particulièrement courantes : «fourrer le chien» (p. 48) — là où on aurait attendu «fucker le chien» —, «cracher l’cash» (p. 68) — pour «flôber l’cash» —, avoir l’air d’avoir «mangé de l’ours» (p. 70 et p. 95) — <em>avoir l’air de ne pas se sentir dans son assiette</em> —, «renifler» un suspect (p. 80), passer dans une vie «comme un pet sur une tringle à rideau» (p. 140). Je ne suis pas sûr que la paix des ménages soit assurée quand un mari appelle sa femme «ma picouille» (p. 229). Il y a même des maximes du cru : «Va conter ça à un Chinois, il va te donner un lunch !» (p. 95).</p>
<p>Pour Nadine Monfils et ses personnages, «le langage coloré des Québécois était un délice» (p. 25). Cela ne suffit pas toujours.</p>
<p>Référence</p>
<p>Monfils, Nadine, <a href="http://www.quebec-amerique.com/00_TITRE/HTML_1100C/1174.html"><em>les Fantômes de Mont-Tremblant</em></a>, Montréal, Québec Amérique, coll. «QA compact», 2010, 229 p.</p>
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