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	<title>L’oreille tendue &#187; Accent &amp; prononciation</title>
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	<description>« Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler » (André Belleau).</description>
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		<title>Question existentielle du jeudi matin</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Jan 2012 10:17:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Divergences transatlantiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Pourquoi, s’agissant des mathématiques, les Québécois disent-ils «matsss» et les Français «mat» ? P.S.—Je sais je sais je sais : tous les Québécois ne disent pas «matsss». Je sais je sais je sais.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi, s’agissant des mathématiques, les Québécois disent-ils «matsss» et les Français «mat» ?</p>
<p>P.S.—Je sais je sais je sais : tous les Québécois ne disent pas «matsss». Je sais je sais je sais.</p>
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		<title>Mais comment l’écrire ?</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Dec 2011 10:17:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Bande dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[Lumières]]></category>

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		<description><![CDATA[Cela va de soi : en sa version soft, le mot désigne une personne habile, rusée, malicieuse, sous des apparences anodines; en sa version hard, il peut signifier «quelqu’un à qui on ne confierait pas ses enfants». Mais comment l’écrire ? L’Acadien Jean Babineau choisit «snoreau» dans son roman Gîte (1998, p. 29). Le Petit Robert (édition [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cela va de soi : en sa version <em>soft</em>, le mot désigne une personne habile, rusée, malicieuse, sous des apparences anodines; en sa version <em>hard</em>, il peut signifier «quelqu’un à qui on ne confierait pas ses enfants». Mais comment l’écrire ?</p>
<p>L’Acadien <a href="http://oreilletendue.com/2011/10/15/conjugaison-autogenealogique/">Jean Babineau</a> choisit «snoreau» dans son roman <em>Gîte</em> (1998, p. 29). <em>Le Petit Robert</em> (édition électronique de 2010) et Léandre Bergeron (1980, p. 460) font de même; l’un et l’autre disent du «snoreau» que c’est un «enfant espiègle» (ça se discute). Pour le premier, le mot est <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pic%C3%A8ne">épicène</a>; pour le second, il est masculin.</p>
<p>D’autres préfèrent <em>snorrot</em>, <em>snoro</em>, voire <em>snôro</em> ou <em>snôrô</em>, ce qui serait peut-être plus juste sur le plan phonétique.</p>
<p>Ainsi, en page B4 du <em>Devoir</em> du 12 août 2005, la notice nécrologique d’Arthur Prévost (1910-2004) commençait par ces mots : «“Cric ! Crac ! Couteau ! Cuiller à pot !… Plus je vous en dirai plus je vous mentirai…” Sans en faire un plat, pas question d’oublier, d’enterrer notre héros, notre “snoro, en trois coups de cuiller à mots” à la Ducharme.» L’allusion renvoie à l’incipit du roman <em>Gros mots</em> (1999) de l’écrivain québécois Réjean Ducharme : «Ça n’a pas l’air de s’arranger mais je ne vais pas me ronger. C’est mon histoire. On est ici chez moi. On ne va pas me déloger comme ça. Se débarrasser du héros en en trois coups de cuiller à mots» (p. 9).</p>
<p>Ledit Ducharme emploie lui aussi la graphie <em>snoro</em>. Mieux encore, il donne une étymologie au mot : «du yiddish <em>shnoerer</em>, bourdon, parasite enjôleur» (p. 283). Il n’est pas sûr, cependant, que le yiddish des personnages ducharmiens soit tout à fait au point.</p>
<p>Le féminin du mot se construisant parfois en <em>-de</em>, il vaudrait peut-être mieux préférer quelque chose comme «snauraud» — à l’exemple <a href="http://oreilletendue.com/2011/10/12/modeste-contribution-a-l%e2%80%99histoire-du-juron-au-quebec/">de Claude-Henri Grignon et Albert Chartier</a> (éd. 2010, p. 118 et p. 149) — ou «snoreaud» — d’où la phrase suivante : «elle a pris le menu, a appelé la réception, et a dit : “apportez-moi un de chaque”, la snoreaude» (<em>le Devoir</em>, 8 mai 2003).</p>
<p>En cette matière comme en tant d’autres, Léandre Bergeron ne sait où faire son lit. En 1980, il dit de «snoreaude» que c’est le féminin de «snoreaud», mais il n’y a pas d’entrée à ce mot; il faut aller à «snoreau» (p. 460). En 1981, le féminin de «snoreau» est désormais «snoroune» (p. 152), ce qui a l’avantage, il est vrai, de bien s’insérer dans la série des québécismes en <a href="http://oreilletendue.com/2011/12/03/ounes/"><em>-oune</em></a>.</p>
<p>Proverbe du jour, en hommage à Pascal : «L’homme est un snôro pensant» (<a href="http://fides.qc.ca/dictionnaire_quebecois/">Pierre Popovic</a>).</p>
<p>P.S.—On le croira ou non : dans la sixième livraison des <a href="http://societe-voltaire.org/cv5.php"><em>Cahiers Voltaire</em></a> (2007), <em>l’Oreille tendue</em> a longuement analysé la notice nécrologique d’Arthur Prévost.</p>
<p>Références</p>
<p>Babineau, Jean, <em>Gîte</em>, Moncton, Perce-Neige, coll. «Prose», 1998, 124 p.</p>
<p>Bergeron, Léandre, <em>Dictionnaire de la langue québécoise</em>, Montréal, VLB éditeur, 1980, 574 p.</p>
<p>Bergeron, Léandre, <em>Dictionnaire de la langue québécoise précédé de la Charte de la langue québécoise. Supplément 1981</em>, Montréal, VLB éditeur, 1981, 168 p.</p>
<p>Ducharme, Réjean, <em>Gros mots</em>, Paris, Gallimard, 1999, 310 p.</p>
<p>Grignon, Claude-Henri et Albert Chartier, <em>Séraphin illustré</em>, Montréal, Les 400 coups, 2010, 263 p. Préface de Pierre Grignon. Dossier de Michel Viau.</p>
<p>Melançon, Benoît, contribution au dossier «Enquête sur les voltairiens et les anti-voltairiens (IV). Coordonnée par Gérard Gengembre», <em>Cahiers Voltaire</em>, 6, 2007, p. 215-216.</p>
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		<title>Arrive cet instant…</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Nov 2011 10:19:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme ailleurs dans la francophonie, on entend souvent au Québec l’expression «à un moment donné». Plus fréquemment encore, c’est «à un m’ment d’nné». Jusqu’à hier, l’Oreille tendue ne connaissait pas la version suivante, découverte sur Twitter : «Amendonné, quand tu prépares tes valises, pense aux bouquins pour le trajet !» Il n’est jamais trop tard pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme ailleurs dans la francophonie, on entend souvent au Québec l’expression «<a href="http://oreilletendue.com/2010/07/31/la-detente-de-l%e2%80%99oreille/">à un moment donné</a>». Plus fréquemment encore, c’est «à un m’ment d’nné». Jusqu’à hier, <em>l’Oreille tendue</em> ne connaissait pas la version suivante, découverte sur <a href="http://twitter.com/#!/Jartagnan/status/141532250952048641">Twitter</a> : «Amendonné, quand tu prépares tes valises, pense aux bouquins pour le trajet !» Il n’est jamais trop tard pour apprendre.</p>
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		<title>Continuons le combat</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Nov 2011 10:38:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[À il et à elle]]></category>
		<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Épistolarité]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de la langue]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
		<category><![CDATA[Numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[En 1988, Marina Yaguello faisait paraître son Catalogue des idées reçues sur la langue. Vingt-trois ans plus tard, voici Parlez-vous français ? Idées reçues sur la langue française de Chantal Rittaud-Hutinet. De ces idées reçues, il y en quatorze, regroupées en quatre parties : «Le “bon français”», «Les usagers», «Langue et histoire» et «Norme et variétés». On [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En 1988, Marina Yaguello faisait paraître son <em>Catalogue des idées reçues sur la langue</em>. Vingt-trois ans plus tard, voici <em>Parlez-vous français ? Idées reçues sur la langue française</em> de Chantal Rittaud-Hutinet.</p>
<p>De ces idées reçues, il y en quatorze, regroupées en quatre parties : «Le “bon français”», «Les usagers», «Langue et histoire» et «Norme et variétés». On y trouve des intitulés de chapitres tels «L’ordre des mots est : sujet-verbe-complément», «Les mots à la mode envahissent la langue française», «Autrefois, on savait le français !» ou «Il n’y a qu’à Paris qu’on n’a pas d’accent». Voilà les lieux communs à démonter.</p>
<p>Sur cette structure se greffent des encadrés et des annexes. Si certains encadrés sont particulièrement utiles — «À quoi sert la linguistique ?» (p. 36-38), «Le français vu par les Français» (p. 76), «L’Académie française» (p. 81) —, toutes les annexes n’ont pas le même intérêt. Le «Glossaire» contient des mots d’usage commun, pour lesquels aucune définition n’est nécessaire, mais aussi des termes spécialisés; il peut donc être utile. «Pour aller plus loin» est une courte bibliographie commentée; là encore, cela est justifié. En revanche, «Les sons et leurs différentes graphies» et «Piège de la langue française : l’accord du participe passé» ne paraissent avoir été retenus que pour faire la démonstration, une fois de plus, que les supposées «règles» de la langue française sont d’une incohérence qui défie parfois l’entendement. (Cette incohérence s’explique : «toutes les langues ayant une longue histoire présentent un système non homogène» [p. 127].) De la section «Enseigner le français langue étrangère», on aurait pu faire l’économie.</p>
<p>L’auteure est une spécialiste de l’oralité et de l’enseignement du français langue étrangère. Sans plaider «pour un laisser-faire illimité, pas plus que pour une réglementation féroce» (p. 10), elle décrit, explique, commente, met en contexte, ce qui vaut beaucoup mieux que les déclarations d’amour et les impressions linguistiques. Elle «n’a pas vocation à donner des leçons ni des recettes» (p. 26), même si elle n’apprécie pas le discours des «censeurs» (p. 16). Elle est sensible aux situations d’énonciation et à ce qui les distingue : oral / écrit, cadre formel / cadre informel, expression préparée / expression «spontanée» (mais elle montre que ce qui est en apparence spontané est toujours préparé [p. 19]). Ses exemples sont bien choisis : ils proviennent des médias aussi bien que de la littérature. (<em>L’Oreille tendue</em> sait reconnaître une oreille tendue quand elle en rencontre une.) «<em>Forwardé</em>» vous dérange ? Allez lire l’analyse proposée p. 114-115.</p>
<p>Le chroniqueur du <em>Devoir</em>, dans sa <a href="http://www.ledevoir.com/culture/livres/335255/essais-contre-les-idees-recues-sur-le-francais">recension de l’ouvrage</a> (5 novembre 2011), écrivait : «L’essai de Chantal Rittaud-Hutinet, qui n’évoque toutefois pas la situation québécoise comme telle, vient donc mettre un peu de rigueur scientifique dans une discussion qui en manque singulièrement.» En effet, la «rigueur scientifique» est au rendez-vous, mais la «situation québécoise», si elle n’est pas étudiée «comme telle», n’est pas absente du propos. Il est question de l’«inventivité [canadienne] en matière de langage» (p. 52), et des variétés lexicales (p. 105 et p. 119) et phonétiques (p. 139) du Québec. Cela étant, il est vrai que sur une question comme celle de la féminisation (p. 101-102) une réflexion sur l’expérience québécoise aurait pu nourrir la discussion.</p>
<p>Quelles conclusions retenir de la lutte de Chantal Rittaud-Hutinet contre les préjugés ? Que le «rêve […] d’un français unique» est «utopique» (p. 112). Qu’en matière de langue, «la diversité est la seule réalité» (p. 116), malgré ce que l’on entend et lit trop souvent en France :</p>
<blockquote><p>la vision uniformiste du français conserve en France une extension et une ampleur toutes particulières; plus que nulle part ailleurs, on y est convaincu que la pluralité est néfaste, et que l’état idéal d’une langue est de n’avoir qu’un seul visage (p. 116).</p></blockquote>
<p>Que, «face aux nouveautés langagières, le seuil de tolérance varie selon les personnes» (p. 128). Que le français est une langue comme les autres :</p>
<blockquote><p>L’évolution n’est nulle part un long fleuve tranquille. Toutes les langues sont semblables sur ce point, et le français n’a donc rien d’original dans ses irrégularités (p. 127).</p></blockquote>
<p>Roboratif.</p>
<p>P.S.—Dans la même collection, il existe un fort bien fait petit livre sur <em>l’Édition</em> (2009). <em>L’Oreille tendue</em> l’a prêté à son éditeur; elle ne l’a jamais revu.</p>
<p>Références</p>
<p>Legendre, Bertrand, <em>l’Édition</em>, Paris, Éditions Le cavalier bleu, coll. «Idées reçues», 2009, 126 p.</p>
<p>Rittaud-Hutinet, Chantal, <em>Parlez-vous français ? Idées reçues sur la langue française</em>, Paris, Le cavalier bleu éditions, coll. «Idées reçues», 2011, 154 p. Ill.</p>
<p>Yaguello, Marina, <em>Catalogue des idées reçues sur la langue</em>, Paris, Seuil, coll. «Points», série «Point-virgule», V61, 1988, 157 p.</p>
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		<title>S’en garder une, mais petite</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Nov 2011 10:17:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Gastronomie & décoration]]></category>
		<category><![CDATA[Radio]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Soit les tweets suivants. Le premier est de l’excellent @cynocephale : «Les femelles macaques se gardent une petite gêne lorsque leurs enfants les regardent s’ébattre.» L’autre est du non moins excellent @Ant_Robitaille : «Charest lance que opposition à croissance est position d’A. Khadir “des souverainistes”. Marois rétorque : “garde-toi une petite gêne !”». En temps normal, l’Oreille [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Soit les tweets suivants. Le premier est de l’excellent <a href="http://twitter.com/cynocephale/statuses/133967227396431872">@cynocephale</a> : «Les femelles macaques se gardent une petite gêne lorsque leurs enfants les regardent s’ébattre.» L’autre est du non moins excellent <a href="http://twitter.com/Ant_Robitaille/statuses/134300148753903617">@Ant_Robitaille</a> : «Charest lance que opposition à croissance est position d’A. Khadir “des souverainistes”. Marois rétorque : “garde-toi une petite gêne !”».</p>
<p>En temps normal, <em>l’Oreille tendue</em> n’aurait pas accordé une attention excessive à leur contenu, la sexualité des macaques, même en famille, et les débats à l’Assemblée nationale du Québec n’occupant pas une grande place dans ses pensées.</p>
<p>C’est l’expression «se garder une petite gêne» qui a mis la puce à l’oreille de <em>l’Oreille</em>. Pour elle, jusqu’à tout récemment, cette expression allait de soi. Or deux lecteurs de ce blogue — appelons-les <em>l’Oreille québecquoise</em> et <em>l’Acéricultrice</em> — lui ont écrit pour lui soumettre leurs réflexions sur cette «petite gêne», voire leur gêne devant icelle.</p>
<p>Que signifie-t-elle ? «Faire preuve de retenue», ou «de pudeur», notamment en public. Deux exemples tirés de <em>la Presse</em>, le premier portant sur le hockey, le second sur le rugby : «il serait si facile de parler de jeu d’impuissance, mais on va se garder une petite gêne pour l’instant» (19 octobre 2011, cahier Sports, p. 1); «Pour demain, il nous reste à espérer que les All Blacks vont se garder une petite gêne et ne nous infligeront pas un 68-3, comme ils le font parfois» (30 septembre 2011, cahier Sports, p. 7). Exemple proposé par <em>l’Oreille québecquoise</em> : «À propos de ses enfants, Céline se garde une petite gêne.»</p>
<p>Comment se prononce-t-elle ? <em>L’Acéricultrice</em> suggère «une p’tite gêne». Il faut la suivre.</p>
<p>Pourquoi pas simplement «se garder une gêne» ? Car les Québécois aiment gros l’adjectif «petit». Ils n’hésitent jamais, par exemple, à prendre un «petit café» et un «petit dessert» dans un «petit restaurant» avec leur «petite famille» avant de faire «un petit bout de chemin».</p>
<p>D’où vient l’expression ? Mystère.</p>
<p>Est-elle récente ? Encore là, mystère, mais aucun des lexiques ou dictionnaires que <em>l’Oreille</em> a sous la main ne la connaît.</p>
<p>[Complément du 24 novembre 2011]</p>
<p>Monique Cormier consacre sa chronique du jour à l’émission <em>Médium large</em> de la radio de Radio-Canada à cette expression et à son origine (voir les commentaires ci-dessous). On peut l’entendre <a href="http://moniquecormier.ca/2011/10/07/les-mots-qui-courent/">ici</a>.</p>
<p>[Complément du 26 novembre 2011]</p>
<p>Entendu à France-Culture le 21 novembre dans «<a href="http://www.franceculture.fr/emission-la-chronique-de-jean-louis-ezine-la-chronique-de-jean-louis-ezine-2011-11-21">La chronique de Jean-Louis Ézine</a>» : «une petite gêne subsiste».</p>
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		<title>Restons religieux</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2011/11/09/restons-religieux/</link>
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		<pubDate>Wed, 09 Nov 2011 10:27:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Jurons]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>

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		<description><![CDATA[L’Oreille tendue, au cours des dernières semaines, a consacré quelques textes au sacre québécois d’inspiration religieuse et à ses richesses, d’«hostie» à «crisse», en passant par «tabarnak», son favori. À cet herbier lexical, il manquait «calice» et ses variantes. Ce mot pose la même question que «ciboire», celle de sa prononciation. Il y a ceux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>L’Oreille tendue</em>, au cours des dernières semaines, a consacré quelques textes au sacre québécois d’inspiration religieuse et à ses richesses, d’«<a href="http://oreilletendue.com/2011/10/10/hostie/">hostie</a>» à «<a href="http://oreilletendue.com/2011/09/26/crissement-riche/">crisse</a>», en passant par «<a href="http://oreilletendue.com/2011/10/12/modeste-contribution-a-l%e2%80%99histoire-du-juron-au-quebec/">tabarnak</a>», son favori.</p>
<p>À cet herbier lexical, il manquait «calice» et ses variantes.</p>
<p>Ce mot pose la même question que «<a href="http://oreilletendue.com/2011/10/17/une-fois-n%e2%80%99est-pas-coutume-2/">ciboire</a>», celle de sa prononciation.</p>
<p>Il y a ceux qui défendent «calisse».</p>
<blockquote><p>«Calice d’hostie de tabernacle !», «Calice de ciboire d’hostie !» et «Christ de calice de tabernacle !» (Roch Carrier, <em>la Guerre, yes sir !</em>, p. 18, 77 et 108).</p>
<p>«Nom de Dieu ! ils feraient mieux de chier dans leur potage ! Maudit calice ! On va leur vomir dans la gueule, leur clouer le bec et les faire dégueuler par les trous de nez, ces enculés !» (John Farrow, <a href="http://oreilletendue.com/2011/06/14/experience-notulienne/"><em>la Dague de Cartier</em></a>, p. 252).</p>
<p>«Criss de tabarnak d’hostie de calice de ciboire d’étole de viarge, oussé kié le sacramant de calice de morceau de casse-tête du tabarnak !» (François Blais, <em>Vie d’Anne-Sophie Bonenfant</em>, p. 124).</p>
<p>«Han ? Tu m’prends-tu pour un cave, des fois ? Qu’ess’ tu veux ? Jus’ m’donner ton cash pis ta mont’, ou ben tu veux-tu qu’on t’en calisse une en plus ?» (<a href="http://oreilletendue.com/2010/09/13/un-assassin-linguiste-sur-la-banquise/"><em>le Tueur</em></a>, p. 40).</p></blockquote>
<p>Il y a ceux qui préfèrent un «a» fermé, pour faire «câlisse», voire «colisse».</p>
<blockquote><p>«le règne d’Alice-ma-câlisse était bel et bien terminé» (Sophie Létourneau, <em>Polaroïds</em>, p. 33).</p>
<p>«Aujourd’hui Maurice s’en câlisse» (Arseniq33, «Boîte à malle»).</p>
<p>«Dans l’intervalle, y a douze crisses de Tamouls qui ont hijacké des avions pour les câlicer un peu partout sur la gueule de l’oncle Sam» (Samuel Archibald, <a href="http://oreilletendue.com/2011/09/11/le-11-septembre-2001%e2%80%a6/"><em>Arvida</em></a>, p. 84).</p>
<p>«C’est mon ostie d’job d’être la tabarnaque de chef-cook, câlisse» (Simon Boudreault, <a href="http://oreilletendue.com/2010/09/02/tabarnak-et-tabarnaque/"><em>Sauce brune</em></a>, p. 81).</p></blockquote>
<p><em>L’Oreille tendue</em>, qui est de cette seconde école, irait même jusqu’à proposer la graphie «cââlisse», mais c’est affaire de goût personnel.</p>
<p>Au-delà de ce débat ouvert, on notera que le mot est une interjection («Câlisse !») et un nom («Viens ici, mon câlisse»). Il apparaît dans plusieurs expressions superlatives : «Il vente en câlisse», «C’est un câlisse de malade», «Câlisse que c’est beau», «Un bruit du câlisse» (Léandre Bergeron, <em>Dictionnaire de la langue québécoise</em>, p. 108). Il se transforme aisément en verbe : «Je vais lui câlisser une volée», «Il s’est fait câlisser dehors».</p>
<p>L’adverbe «câlissement» est attesté, par exemple chez Ephrem Desjardins (<em>Petit lexique</em>, p. 62).</p>
<p>On entend aussi «décâlisser». Le verbe est synonyme de «partir», en version moins polie : «Ouais, chus sûre, décâlisse, vieux puant» (Sophie Bienvenu, <em>Et au pire, on se mariera</em>, p. 28). Il a alors le même sens que «câlisser son camp». Son participe évoque la décrépitude, physique aussi bien que morale («Il est pas mal décâlissé»). On peut l’utiliser pour des personnes comme pour des choses («Mon aide maritale est décâlissée»).</p>
<p>Il ne faut jamais perdre de vue cet axiome, que <em>l’Oreille tendue</em> emprunte (c’est le cas de le dire) à Chantal Bouchard : en matière de langue, on n’emprunte qu’aux riches.</p>
<p>Références</p>
<p>Archibald, Samuel, <em>Arvida</em>, Montréal, Le Quartanier, coll. «Polygraphe», 2011, 314 p.</p>
<p>Arseniq33, «Boîte à malle», <em>Courtepointes</em>, 2005, étiquette Indica Records.</p>
<p>Bergeron, Léandre, <em>Dictionnaire de la langue québécoise</em>, Montréal, VLB éditeur, 1980, 574 p.</p>
<p>Bienvenu, Sophie, <em>Et au pire, on se mariera</em>, Montréal, La mèche, 2011, 151 p.</p>
<p>Blais, François, <em>Vie d’Anne-Sophie Bonenfant</em>, Québec, L’instant même, 2009, 241 p.</p>
<p>Bouchard, Chantal, <em>On n’emprunte qu’aux riches. La valeur sociolinguistique et symbolique des emprunts</em>, Montréal, Fides, coll. «Les grandes conférences», 1999, 40 p.</p>
<p>Boudreault, Simon, <em>Sauce brune</em>, Montréal, Dramaturges éditeurs, 2010, 137 p.</p>
<p>Carrier, Roch, <em>la Guerre, yes sir !</em>, Montréal, Éditions du Jour, coll. «Les romanciers du Jour», R-28, 1970 (1968), 124 p.</p>
<p>Desjardins, Ephrem, <em>Petit lexique de mots québécois à l’usage des Français (et autres francophones d’Europe) en vacances au Québec</em>, Montréal, Éditions Vox Populi internationales, 2002, 155 p.</p>
<p>Farrow, John, <em>la Dague de Cartier</em>, Paris, Grasset, coll. «Grand format», 2009, 619 p. Pseudonyme de Trevor Ferguson. Traduction de Jean Rosenthal.</p>
<p>Létourneau, Sophie, <em>Polaroïds. Récits</em>, Montréal, Québec Amérique, coll. «Littérature d’Amérique», 2006, 166 p.</p>
<p><em>Le Tueur. Volume 8. L’ordre naturel des choses</em>, Casterman, coll. «Ligne rouge», 2010, 56 p. Dessins de Luc Jacamon. Scénario de Matz.</p>
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		<title>L’Oreille se fait entendre</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Oct 2011 09:26:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Divergences transatlantiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Soit le tweet suivant, de @simoncarreau, du 26 octobre dernier : «Underrated: les rides de vélos les soirs d’automne…» Qu’est-ce qui est sous-estimé («underrated») ? S’agit-il vraiment de cette ride qui est un «Petit sillon cutané (le plus souvent au front, à la face, au cou) dû au froncement, à l’âge ou à l’amaigrissement» (le Petit Robert, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Soit le tweet suivant, de <a href="http://twitter.com/#!/simoncarreau/statuses/129204827497562112">@simoncarreau</a>, du 26 octobre dernier : «Underrated: les rides de vélos les soirs d’automne…» Qu’est-ce qui est sous-estimé («underrated») ?</p>
<p>S’agit-il vraiment de cette ride qui est un «Petit sillon cutané (le plus souvent au front, à la face, au cou) dû au froncement, à l’âge ou à l’amaigrissement» (<em>le Petit Robert</em>, édition électronique de 2010) ? D’une «Légère ondulation, [de] cercles à la surface de l’eau» (bis) ? Il faudrait alors prononcer ainsi :</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/10/ride.mp3"><img class="aligncenter size-thumbnail wp-image-4312" title="Entendre un enregistrement" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/04/sound_icon-150x150.jpg" alt="Entendre un enregistrement" width="150" height="150" /></a></p>
<p>Non. Il s’agit plutôt d’une promenade à vélo, le mot «ride», au Québec, étant prononcé (presque) à l’anglaise :</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/10/raiiades.mp3"><img class="aligncenter size-thumbnail wp-image-4312" title="Entendre un enregistrement" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/04/sound_icon-150x150.jpg" alt="Entendre un enregistrement" width="150" height="150" /></a></p>
<p>Les oreilles du cru ne s’y trompent pas. Les autres, plus, à l’avenir, du moins on l’espère.</p>
<p>P.S.—On parle parfois de «<a href="http://oreilletendue.com/2010/06/21/recit-de-voyage/">ride à l’os</a>». Ce n’est pas indispensable, surtout «les soirs d’automne».</p>
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		<title>Une fois n’est pas coutume</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Oct 2011 09:25:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Bande dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[Jurons]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
		<category><![CDATA[Ma cabane au Canada]]></category>

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		<description><![CDATA[Les voyageurs européens qui débarquent au Québec n’ont pas toujours l’oreille heureuse; c’est l’objet des textes de la rubrique «Ma cabane au Canada». Il arrive pourtant qu’un étranger ait meilleure oreille que les autochtones. Soit les quatre citations suivantes. Calice de ciboire d’hostie ! (Roch Carrier, la Guerre, yes sir !, p. 77) maudit ciboire de Christ ! [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les voyageurs européens qui débarquent au Québec n’ont pas toujours l’oreille heureuse; c’est l’objet des textes de la rubrique «<a href="http://oreilletendue.com/category/ma-cabane-au-canada/">Ma cabane au Canada</a>». Il arrive pourtant qu’un étranger ait meilleure oreille que les autochtones.</p>
<p>Soit les quatre citations suivantes.</p>
<blockquote><p>Calice de ciboire d’hostie ! (<a href="http://oreilletendue.com/2011/02/10/prolegomenes-a-une-encyclopedie-inutile-du-perifecal-en-hockey/">Roch Carrier</a>, <em>la Guerre, yes sir !</em>, p. 77)</p>
<p>maudit ciboire de Christ ! (Roch Carrier, <em>la Guerre, yes sir !</em>, p. 78)</p>
<p>Criss de tabarnak d’hostie de calice de ciboire d’étole de viarge, oussé kié le sacramant de calice de morceau de casse-tête du tabarnak ! (<a href="http://oreilletendue.com/2010/02/28/un-heritage-a-transmettre/">François Blais</a>, <em>Vie d’Anne-Sophie Bonenfant</em>, p. 124).</p>
<p>Cindy. — As-tu écouté l’<a href="http://oreilletendue.com/2011/10/10/hostie/">estie</a> de grande finale hier soir ? Sarah. — <a href="http://oreilletendue.com/2011/09/26/crissement-riche/">Crissement</a>, ciboire. (<a href="http://oreilletendue.com/2010/09/02/tabarnak-et-tabarnaque/">Simon Boudreault</a>, <em>Sauce brune</em>, p. 9)</p></blockquote>
<p>Si l’on se fiait à Roch Carrier, à François Blais ou à Simon Boudreault, on pourrait croire que le juron québécois «ciboire» rime avec le verbe «boire». Or il n’en est rien, comme l’ont bien vu (entendu) André-Paul Duchateau et Christian Denayer dans leur album <em>les Casseurs</em> (1988, p. 42).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/10/ciboire.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5542" title="ciboire" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/10/ciboire.jpg" alt="" width="562" height="260" /></a></p>
<p>«Ciboire» ? Non. «Cibouère» ? Oui. (Merci.)</p>
<p>P.S.—Cela dit, tout n’est pas également réussi dans cet album; voir <a href="http://oreilletendue.com/2010/12/29/croisements-selectifs/">ici</a>.</p>
<p>Références</p>
<p>Blais, François, <em>Vie d’Anne-Sophie Bonenfant</em>, Québec, L’instant même, 2009, 241 p.</p>
<p>Boudreault, Simon, <em>Sauce brune</em>, Montréal, Dramaturges éditeurs, 2010, 137 p.</p>
<p>Carrier, Roch, <em>la Guerre, yes sir !</em>, Montréal, Éditions du Jour, coll. «Les romanciers du Jour», R-28, 1970 (1968), 124 p.</p>
<p>Duchateau, André-Paul et Christian Denayer, <em>les Casseurs. Match-poursuite. Une histoire du journal Tintin</em>, Bruxelles et Paris, Éditions du Lombard, coll. «Les casseurs», 15, 1988, 48 p. Repris dans Denayer &amp; Dûchateau, <em>les Casseurs. L’intégrale</em>, Bruxelles, Le Lombard, 2010, vol. 5.</p>
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		<title>Euphémisme sacré</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Oct 2011 09:22:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Jurons]]></category>

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		<description><![CDATA[D’une part, l’existence — peu documentée, il est vrai — d’un courant musical québécois appelé l’«arab’n’roll». De l’autre, la tendance, aussi québécoise, à euphémiser les jurons, comme si le fait de masquer, sans la masquer vraiment, l’origine religieuse de ces jurons en atténuait la portée sacrilège. Au lieu de «hostie», «hostin». Au lieu de «criss», [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>D’une part, l’existence — peu documentée, il est vrai — d’un courant musical québécois appelé l’«<a href="http://oreilletendue.com/2010/07/27/deux-regrets/ ">arab’n’roll</a>».</p>
<p>De l’autre, la tendance, aussi québécoise, à euphémiser les jurons, comme si le fait de masquer, sans la masquer vraiment, l’origine religieuse de ces jurons en atténuait la portée sacrilège. Au lieu de «<a href="http://oreilletendue.com/2011/10/10/hostie/">hostie</a>», «hostin». Au lieu de «<a href="http://oreilletendue.com/2011/09/26/crissement-riche/">criss</a>», «cliss». Au lieu de «<a href="http://oreilletendue.com/2010/09/02/tabarnak-et-tabarnaque/">tabarnak</a>», «tabarnan».</p>
<p>La fusion des deux chez <a href="http://alecka.com/">Alecka</a>, chanteuse québécoise de père chicoutimien et de mère libanaise, qui fait rimer «Choukran» («Merci») avec «Tabarnan».</p>
<p>Cela ne devrait pas étonner :</p>
<blockquote><p>Mon teint olive</p>
<p>Mon accent québécois</p>
<p>J’ai l’regard de ma mère</p>
<p>Mais les sacres de mon père</p>
<p>C’est sûr se côtoient</p>
<p>Et festoient en moi</p></blockquote>
<p>[Complément du 4 novembre 2011]</p>
<p>L’euphémisme peut aller encore plus loin, «tabarnak» ou «tabarnan» pouvant être ramenés à «ta». Exemple tiré de <a href="http://twitter.com/cvoyerleger/statuses/132467862676836353">Twitter</a>, chez @cvoyerleger : «Écoute Catherine Major à @plusonlit pis c’est beau en TA…»</p>
<p>Référence</p>
<p>Alecka, «Choukran», <em>Alecka</em>, 2011, étiquette Spectra musique</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/10/choukran.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5512" title="choukran" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/10/choukran.jpg" alt="" width="320" height="285" /></a></p>
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		<title>Vraiment ?</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Oct 2011 09:18:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Dicos]]></category>
		<category><![CDATA[Néologie]]></category>
		<category><![CDATA[Numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[L’Oreille tendue n’hésite pas à avoir recours au Grand Dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française. Elle y trouve généralement des réponses précises à ses questions. Elle n’est pas toujours d’accord avec ces réponses, mais, au moins, les choses sont claires. Puis, un jour, des sources conjugales attirent son attention sur la définition [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>L’Oreille tendue</em> n’hésite pas à avoir recours au <a href="http://www.granddictionnaire.com"><em>Grand Dictionnaire terminologique</em></a> de l’Office québécois de la langue française. Elle y trouve généralement des réponses précises à ses questions. Elle n’est pas toujours d’accord avec ces réponses, mais, au moins, les choses sont claires.</p>
<p>Puis, un jour, des sources conjugales attirent son attention sur la définition suivante :</p>
<blockquote><p>Se dit des emballages munis d’un trou ou d’une fente permettant de suspendre les articles aux broches d’un panneau de présentation.</p></blockquote>
<p>Quel est le mot ainsi défini, dont le «quasi-synonyme» serait «brochable» et qui vient de «l’anglais <em>pegboard</em> désignant le panneau de présentation permettant l’accrochage des objets» ? «Pegboardable».</p>
<p>Subitement, <em>l’Oreille</em> a une petite crainte. «Pegboardable» ? Vraiment ?</p>
<p>P.S.—Pendant que nous y sommes : ça se prononce comment ?</p>
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