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	<title>L’oreille tendue &#187; Chanson</title>
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	<description>« Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler » (André Belleau).</description>
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		<title>Les seins de Ginette</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 10:23:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apocop’]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est parfois difficile à croire, mais l’Oreille tendue a déjà été jeune. Dans ce temps-là, le groupe Beau dommage commençait sa carrière. Non seulement l’Oreille achetait ses disques — c’était bien avant l’audionumérique —, mais elle assistait à ses spectacles. Elle s’est donc un jour retrouvée dans un auditorium scolaire à écouter Michel Rivard, une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est parfois difficile à croire, mais <em>l’Oreille tendue</em> a déjà été jeune. Dans ce temps-là, le groupe <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Beau_Dommage">Beau dommage</a> commençait sa carrière. Non seulement <em>l’Oreille</em> achetait ses disques — c’était bien avant l’audionumérique —, mais elle assistait à ses spectacles.</p>
<p>Elle s’est donc un jour retrouvée dans un auditorium scolaire à écouter Michel Rivard, une des voix du groupe, chanter un de ses succès, «Ginette». Souvenez-vous : «Avec tes seins pis tes souliers à talon haut.» Mais pas ce jour-là, où Rivard remplaça «seins» par un synonyme, au grand plaisir de la foule boutonneuse : «Avec tes djos pis tes souliers à talon haut.»</p>
<p><em>Djos</em> ? Au Québec, dans la langue populaire, le mot est en effet synonyme de <em>seins</em>.</p>
<p>Ainsi, dans <em>Gros mots</em> (1999) de Réjean Ducharme, il est question de «djeaux» (p. 74, 83, 123, etc.) et de «rack-à-djeaux» (p. 74). Ce dernier terme est un synonyme de <em>soutien-gorge</em>, que Ducharme ramène parfois à sa plus simple expression : «Elle n’a plus non plus porté de soutien, que je jugeais superflu» (p. 64).</p>
<p>Cette synonymie entraîne trois remarques.</p>
<p>La graphie du mot n’est pas fixée : Ducharme choisit «djeaux» et <em>l’Oreille</em> a pensé spontanément à <em>«</em>djos», mais Léandre Bergeron propose «Jos (pron. djô)» (1980, p. 284).</p>
<p>Si <em>sein</em> peut être employé au singulier, cela ne paraît guère être le cas de <em>djos / djeaux / jos</em>.</p>
<p>Enfin, et surtout : quelle serait l’étymologie de ce mot ? Le mystère règne.</p>
<p>Références</p>
<p>Bergeron, Léandre, <em>Dictionnaire de la langue québécoise</em>, Montréal, VLB éditeur, 1980, 574 p.</p>
<p>Ducharme, Réjean, <em>Gros mots</em>, Paris, Gallimard, 1999, 310 p.</p>
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		<title>Le plaisir, c’est dans la tête</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Jan 2012 10:17:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Gastronomie & décoration]]></category>

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		<description><![CDATA[Soit, d’abord, les vers suivants, tirés d’une chanson de Loco Locass, «Hymne à Québec» (2010) : Stadaconé, Kabak, Québec Fortifiée depuis Frontenac Assiégée, bombardée, détruite au mortier, mortifiée Reconstruite, incendiée Quatre mois par année dans les glaces prise et protégée Pour l’historien ou le topographe De pied en cap, Québec est toute sauf plate Carnaval, festival, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Soit, d’abord, les vers suivants, tirés d’une chanson de Loco Locass, «<a href="http://www.youtube.com/watch?v=MbCXZCePi10">Hymne à Québec</a>» (2010) :</p>
<blockquote><p>Stadaconé, Kabak, Québec<br />
Fortifiée depuis Frontenac<br />
Assiégée, bombardée, détruite au mortier, mortifiée<br />
Reconstruite, incendiée<br />
Quatre mois par année dans les glaces prise et protégée<br />
Pour l’historien ou le topographe<br />
De pied en cap, Québec est toute sauf <a href="http://oreilletendue.com/2010/12/31/une-fois-n%E2%80%99est-pas-coutume/">plate</a><br />
Carnaval, <a href="http://oreilletendue.com/2010/10/09/celebrons/">festival</a>, fête nationale<br />
Hiver comme été les nuits sont malades mentales !</p></blockquote>
<p>Soit, ensuite, <a href="http://twitter.com/NieDesrochers/statuses/150586390265069568">ce tweet</a> de @NieDesrochers :</p>
<blockquote><p>Philippe Mollé a préparé de la pintade pour l’équipe. Mental. Je meurs ! #miam</p></blockquote>
<p>«Malade mental», ou simplement «mental», donc, dans certains cas, au Québec, peut être un mélioratif. Qu’on se le dise.</p>
<p>P.S.—Grammaticalement, il s’agit d’un cas compliqué : faut-il accorder «malade mental» en genre et en nombre, comme <em>l’Oreille</em> l’a fait (les nuits de Québec seraient «malades mentales») ? Ça se discute.</p>
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		<title>Mécréance</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Dec 2011 10:17:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chanson]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour des raisons qu’il serait ennuyeux de raconter, l’Oreille tendue a dû assister à deux messes récemment. Pas des masses concentrée, elle laissait filer son imagination. Néanmoins, chaque fois, elle a été rattrapée par son passé. Au moment où les célébrants disaient «Je vous laisse la paix; je vous donne ma paix» (Jean 14:27), elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour des raisons qu’il serait ennuyeux de raconter, <em>l’Oreille tendue</em> a dû assister à deux messes récemment. Pas des masses concentrée, elle laissait filer son imagination. Néanmoins, chaque fois, elle a été rattrapée par son passé.</p>
<p>Au moment où les célébrants disaient «Je vous laisse la paix; je vous donne ma paix» (Jean 14:27), elle s’est rappelé ces vers :</p>
<blockquote><p>Je vous laisse ma paix</p>
<p>Je vous donne ma paix</p>
<p>Je me pousse en paix avec les canards</p></blockquote>
<p>Le lecteur attentif aura reconnu la chanson «<a href="http://oreilletendue.com/2011/08/31/de-jean-beliveau/">Demain l’hiver</a>» de Robert Charlebois (1967), celle où il veut fuir Montréal («se pousser») vers le Sud («avec les canards»).</p>
<p>Église et chanson font parfois étrange ménage.</p>
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		<title>Autopromotion 018</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2011/12/25/autopromotion-018/</link>
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		<pubDate>Sun, 25 Dec 2011 10:18:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Épistolarité]]></category>
		<category><![CDATA[Radio]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce matin, l’Oreille tendue sera en ondes, chez Franco Nuovo, entre 10 h et 11 h, à la radio de Radio-Canada, pour causer des lettres du Père Noël. Il sera notamment question de Patrick Bruel et de Pascal. [Complément] On peut entendre l’entretien ici.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">Ce matin, <em>l’Oreille tendue</em> sera en ondes, <a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/dessine_moi_un_dimanche/2011-2012/">chez Franco Nuovo</a>, entre 10 h et 11 h, à la radio de Radio-Canada, pour causer des <a href="http://www.mapageweb.umontreal.ca/melancon/curiosites.html">lettres du Père Noël</a>. Il sera notamment question de Patrick Bruel et de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pari_de_Pascal">Pascal</a>.</p>
<p style="text-align: left;">
<p><center><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/brgZYzGx5pg" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
<p>[Complément]</p>
<p>On peut entendre l’entretien <a href="http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2011/CBF/DessinemoiUnDimanche201112251005_1.asx">ici</a>.</p>
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		<title>Patiner sur l’eau</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2011/12/21/patiner-sur-l%e2%80%99eau/</link>
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		<pubDate>Wed, 21 Dec 2011 10:37:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bilinguisme(s)]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Samedi dernier, les Canadiens de Montréal — c’est du hockey — ont congédié leur entraîneur-chef, Jacques Martin, et l’ont remplacé — ô sacrilège ! — par un unilingue anglophone, Randy Cunneyworth. Depuis, psychanalyse nationale. Même les ministres du gouvernement du Québec s’en mêlent et s’en prennent à celui qui a pris cette décision, Pierre Gauthier, le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Samedi dernier, les Canadiens de Montréal — c’est du hockey — ont congédié leur entraîneur-chef, Jacques Martin, et l’ont remplacé — ô sacrilège ! — par un unilingue anglophone, Randy Cunneyworth. Depuis, psychanalyse nationale.</p>
<p>Même les ministres du gouvernement du Québec s’en mêlent et s’en prennent à celui qui a pris cette décision, Pierre Gauthier, le directeur général du club. La ministre de la Culture, des communications et de la condition féminine, <a href="http://www.ledevoir.com/sports/hockey/338737/la-ministre-st-pierre-denonce-la-nomination-d-un-entraineur-chef-unilingue-chez-le-canadien">Christine Saint-Pierre</a>, qui est également responsable de l’application de la <a href="http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&amp;file=/C_11/C11.html">Charte de la langue française</a>, a déclaré que c’était inacceptable, puisque «Le Canadien est dans nos gènes». Sa collègue du sport, Line Beauchamp, va dans le même sens : «le Canadien est une institution, ça fait partie de notre patrimoine, on a ça dans notre ADN, cela commande des impératifs». Deux ministres généticiennes : on n’en espérait pas tant.</p>
<p>Les journalistes, qui sèment à tout vent, ont leur propre registre métaphorique.</p>
<p>Lyrique comme lui seul sait l’être, Jean Dion, dans <em>le Devoir</em>, fait dans l’aquatique :</p>
<blockquote><p>À Montréal, le navire ne coule jamais, mais il ne fend jamais l’écume non plus. Il se laisse bercer par les flots, et cela donne des changements de cap qui mènent à laisser partir Saku Koivu, Alexei Kovalev et Michael Ryder pour les remplacer par Michael Cammalleri, Brian Gionta et Scott Gomez. Pas loin du sur-place (19 décembre 2011, p. A1-A8).</p></blockquote>
<p>À <em>la Presse</em>, <a href="http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/francois-gagnon/201112/20/01-4479517-damage-control.php">François Gagnon</a> saute sur le pont avec lui :</p>
<blockquote><p>Quand le bateau affronte une tempête, une grosse, une vraie, c’est près du timonier qui s’éreinte à maintenir le cap que le capitaine doit se tenir et non dans les chics salons pour partager champagne et amuse-gueules avec les riches passagers pour les rassurer et prétendre que tout va bien (20 décembre 2011, cahier Sports, p. 3).</p></blockquote>
<p>C’était prévisible. Dès 2007, <a href="http://oreilletendue.com/2011/04/11/lexique-musico-sportif/">Alain-François</a> le chantait dans «C’est pour quand la coupe Stanley ?» :</p>
<blockquote><p>On part en lion on finit en poisson<br />
I a un problème dans’cage ou de repêchage<br />
C’t’un gros bateau qui prend l’eau<br />
Depuis qu’on a perdu Casseau</p></blockquote>
<p>Le maître nageur — le sauveur — est tout trouvé : ce sera <a href="ygreck.typepad.com/ygreck/2011/12/cunneyworth.html">Patrick Roy</a> («Casseau», pour les intimes). N’a-t-il pas les Canadiens dans son ADN ?</p>
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		<title>Est-ce bien nécessaire ?</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2011/12/14/est-ce-bien-necessaire/</link>
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		<pubDate>Wed, 14 Dec 2011 10:29:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Jurons]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Parmi les jurons québécois, il en est de forts et il en est de faibles. Dans la première catégorie, on placera aujourd’hui — même si leur statut a varié dans le temps — tabarnak ou criss. Dans la seconde, on peut penser à maudit. Soit les quatre exemples suivants, tirés de chansons portant à des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Parmi <a href="http://oreilletendue.com/category/jurons/">les jurons québécois</a>, il en est de forts et il en est de faibles. Dans la première catégorie, on placera aujourd’hui — même si leur statut a varié dans le temps — <em>tabarnak</em> ou <em>criss</em>. Dans la seconde, on peut penser à <em>maudit</em>.</p>
<p>Soit les quatre exemples suivants, tirés de chansons portant à des degrés divers sur le hockey, dans différents emplois grammaticaux.</p>
<blockquote><p>«Parce que not’seule révolution<br />
C’était celle de <a href="http://www.lesyeuxdemauricerichard.com/">Maurice Richard</a> au Forum<br />
Dins’années cinquante<br />
En ce temps-là j’te dis mon chum<br />
Qu’on chantait maudit faut qu’ça change» (Claude Gauthier, 1976).</p>
<p>«J’aguis l’hivere<br />
Maudit hivere<br />
Les dents serrées, les mains gercées, les batteries à terre<br />
J’aguis l’hiver<br />
Maudit hivere<br />
Chez nous l’hiver, c’comme le hockey<br />
I a des finales jusqu’au mois d’mai» (Dominique Michel, 1979).</p>
<p>«Ça pas d’maudit bon sens<br />
Avec les femmes faudrait pouvoir scorer<br />
Comme on score au hockey» (Robert Charlebois, 1981).</p>
<p>«Ma mère faisait cuire du jambon<br />
Maudit qu’le hockey sentait bon<br />
Quand i avait un but<br />
[Choriste : I avait un but]<br />
On criait comme des perdus» (Christine Corneau, 1988).</p></blockquote>
<p>On aurait pu croire que, contrairement aux jurons plus osés, un juron aussi insipide que celui-là aurait pu se passer de <a href="http://oreilletendue.com/2011/10/14/euphemisme-sacre/">formes édulcorées</a>; il n’en est rien.</p>
<p>Comme l’avait noté François Bon en 2009, <em>mautadine</em> existe : «De Renée-Claude Brazeau : Mautadine qu’elle donne envie d’écrire “pouet pouet” partout» (p. 5).</p>
<p>On voit aussi <em>mautadit</em>, comme sur cette photo prise à Montréal le 10 décembre 2011 :</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/12/maudit.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5964" title="maudit" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/12/maudit.jpg" alt="" width="418" height="560" /></a></p>
<p>Question grave : est-il bien nécessaire d’euphémiser <em>maudit</em> ?</p>
<p>Références</p>
<p>Bon, François, <em>Une Amérique lentement dessinée à la main</em>, texte pour le cours de création littéraire FRA 1710B de l’Université de Montral le 18 novembre 2009, à partir de la <em>Sentimenthèque</em> de Patrick Chamoiseau, 2009, 38 p.</p>
<p>Charlebois, Robert, «Moi Tarzan, toi Jane», dans <em>Heureux en amour ?</em>, 1981, disque étiquette Conception.</p>
<p>Corneau, Christine, «La soirée du hockey», dans <em>En personne</em>, 1988, disque audionumérique, 1988, étiquette Analekta, SNP-9801 Sonophile.</p>
<p>Gauthier, Claude, «La valse à mon oncle», dans <em>les Beaux Instants. Live à l’Outremont</em>, 1976, disque 33 tours, étiquette PE 7500 Presqu’île; réédition, 1993, disque audionumérique, étiquette Transit, Interdisc distribution TRCD-9104 Transit.</p>
<p>Michel, Dominique, «Hiver maudit : j’hais l’hiver», 1979, disque 45 tours, étiquette ENG 4201 Disques Énergie; repris dans <em>28 Chansons souvenirs</em>, 2006, disque audionumérique, étiquette Disques Mérite.</p>
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		<title>Sacre fusion</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2011/12/10/sacre-fusion/</link>
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		<pubDate>Sat, 10 Dec 2011 10:17:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Jurons]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>

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		<description><![CDATA[L’autre jour, causant juron, l’Oreille tendue saluait la richesse de crisse. La lecture récente d’un recueil (posthume) de croquis de l’essayiste québécois Pierre Vadeboncoeur lui donne l’occasion d’ajouter un mot aux constructions dans lesquelles entre crisse. On le trouve dans le titre d’un des croquis de Vadeboncoeur : «Qui-dame déconcrissée» (p. 41). Qui est déconcrissé ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’autre jour, causant juron, <em>l’Oreille tendue</em> saluait la richesse de <a href="http://oreilletendue.com/2011/09/26/crissement-riche/"><em>crisse</em></a>.</p>
<p>La lecture récente d’un recueil (posthume) de croquis de l’essayiste québécois <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Vadeboncoeur">Pierre Vadeboncoeur</a> lui donne l’occasion d’ajouter un mot aux constructions dans lesquelles entre <em>crisse</em>.</p>
<p>On le trouve dans le titre d’un des croquis de Vadeboncoeur : «Qui-dame déconcrissée» (p. 41).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/12/deconcrisser.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5913" title="deconcrisser" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/12/deconcrisser.jpg" alt="" width="531" height="847" /></a></p>
<p>Qui est <em>déconcrissé</em> ne se porte pas bien, est défait, <em>déconstruit</em>. Léandre Bergeron (1980, p. 170) lui connaît deux synonymes : «Découragé. Déprimé.»</p>
<p>Si l’adjectif est attesté, le mot peut aussi être un verbe, encore que sous une forme parfois légèrement différente. On voit en effet aussi <em>décocrisser</em>, sans <em>n</em>, par exemple dans la chanson «Engagement» de Robert Charlebois (1968) : «Ça s’décocrisse» et «Ça m’décocrisse». Bergeron signale l’adjectif <em>décocrissé</em> dans son supplément de 1981 (p. 89), mais pas le verbe.</p>
<p>Encore une fois et toujours : on ne prête qu’aux riches.</p>
<p>Références</p>
<p>Bergeron, Léandre, <em>Dictionnaire de la langue québécoise</em>, Montréal, VLB éditeur, 1980, 574 p.</p>
<p>Bergeron, Léandre, <em>Dictionnaire de la langue québécoise précédé de la Charte de la langue québécoise. Supplément 1981</em>, Montréal, VLB éditeur, 1981, 168 p.</p>
<p>Charlebois, Robert, «Engagement», <em>Robert Charlebois-Louise Forestier</em>, 1968, disque 33 tours, étiquettes Gamma GS-120 et Barclay 920.068 (Europe); repris dans <em>l’Histoire de Robert Charlebois</em>, 1977, disque 33 tours, étiquette Gamma GS-601, dans <em>Collection souvenir</em>, 1990, disque audionumérique, étiquette DMI 2-61190, dans <em>Robert Charlebois-Louise Forestier</em>, 1991 (1968), disque audionumérique, étiquette G277 et dans <em>Québec love. La collection</em>, disque audionumérique, 1993, étiquette Gamma GCD-501.</p>
<p>Vadeboncoeur, Pierre, <a href="http://www.delbussoediteur.ca/?page_id=539"><em>Petite comédie humaine. Croquis</em></a>, Montréal, Del Busso éditeur, 2011, 191 p. Ill. Présentés par Réjean Beaudoin.</p>
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		<title>Les mystères de la mémoire</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Dec 2011 10:37:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bande dessinée]]></category>
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		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Personne, parmi ceux qui s’intéressent à la représentation du hockey dans la culture, n’est étonné de la place considérable qu’y occupent les grandes vedettes du passé : Maurice Richard, Jean Béliveau, Guy Lafleur. On s’attend moins, en revanche, à entendre Les Cowboys fringants chanter Bronco Horvath («Salut mon Ron», 2002) ou JP5 évoquer Gino Odjick («Gino [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Personne, parmi ceux qui s’intéressent à la représentation du hockey dans la culture, n’est étonné de la place considérable qu’y occupent les grandes vedettes du passé : <a href="http://oreilletendue.com/2010/11/22/le-fuhrer-a-montreal/">Maurice Richard</a>, <a href="http://oreilletendue.com/2011/08/31/de-jean-beliveau/">Jean Béliveau</a>, <a href="http://oreilletendue.com/2010/10/13/guy-lafleur-raconte-aux-enfants/">Guy Lafleur</a>.</p>
<p>On s’attend moins, en revanche, à entendre Les Cowboys fringants chanter <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Bronco_Horvath">Bronco Horvath</a> («Salut mon Ron», 2002) ou JP5 évoquer <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gino_Odjick">Gino Odjick</a> («Gino Odjick», 2000).</p>
<p>Il y a plus troublant encore : la postérité de <a href="http://www.legendsofhockey.net/LegendsOfHockey/jsp/LegendsMember.jsp?mem=P198003">Lorne «Gump» Worsley</a> (1929-2007), le gardien de but qui a joué, dans la Ligue nationale de hockey, pour les Rangers de New York, les Canadiens de Montréal et les North Stars du Minnesota. En chiffres : 1,70 mètre, 81 kilos, 931 matches en carrière, dont 211 à Montréal, 4 coupes Stanley (remise à l’équipe championne de la LNH), 2 trophées Georges-Vézina (remis au meilleur gardien de la ligue pendant la saison régulière; les deux fois, Worsley a partagé cet honneur avec un autre gardien, Charlie Hodge, puis Rogatien Vachon), 28/11/69 (il met fin à sa carrière à cause de sa peur de… l’avion).</p>
<p>On le voit apparaître dans une nouvelle de Dave Bidini (2006, p. 62) et dans le premier roman de Victor-Lévy Beaulieu, <em>Mémoires d’outre-tonneau</em> (1968) : «“Les Canadiens sont pourris, c’t’année, dit l’un. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Terry_Harper">Terry Harper</a> est une grosse andouille. Lorne Worsley est une “mitaine percée”. C’est pas comme ça qu’on gagne un championnat de hockey”» (p. 148). Il est dans les pages de l’excellent <em>Des histoires d’hiver, avec des rues, des écoles et du hockey</em> de Marc Robitaille (1987). Il a eu droit à une (auto)biographie, <em>They Call Me Gump</em> (1975). Il a été dessiné par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Normand_Hudon">Normand Hudon</a> (1958, p. 170).</p>
<p>Worsley était reconnu pour son sens de l’humour. Mordecai Richler disait qu’il était son gardien de but favori («<em>My all-time favourite hockey goalie</em>», 2003, p. 96) et il aimait son esprit. Du temps où Worsley jouait pour les Rangers de New York et que l’équipe n’allait pas bien, on lui aurait demandé quelle équipe lui donnait le plus de mal; il aurait répondu «Les Rangers».</p>
<p>Quatre chansons rappellent son souvenir. Son surnom se mêle à plusieurs autres dans «<a href="http://www.locolocass.net/nouvelles/content/view/127/2/">Le but</a>» de Loco Locass (2009). «Gump Worsley’s Lament», des Huevos Rancheros (1994), est une pièce instrumentale à laquelle on a mêlé des extraits sonores qui n’ont rien à voir avec le sport. Les Jérolas, en 1960, appellent au retour devant le filet des Rangers de «Worsley / C’est lui c’est un vrai goaler / Le bonhomme qui a du cœur / Des comme lui i en a pas un / Ce petit gars de Verdun». (Ce Verdun-là est québécois, pas français.)</p>
<p>La chanson la plus étonnante est cependant du groupe The Weakerthans. «Elegy for Gump Worsley» (2007) est précisément cela, une élégie («Poème lyrique exprimant une plainte douloureuse, des sentiments mélancoliques», <em>le Petit Robert</em>, édition électronique de 2010). Sur le ton de la lamentation, le gardien est décrit comme un homme ordinaire («<em>He looked more like our fathers</em>»), pas comme un athlète. Il fume et il boit («<em>Tugging jersey around the beergut / “I’m strictly a whishey man”</em>»). La chanson se termine sur la citation la plus connue de Worsley :</p>
<blockquote><p><em>He swore he was never afraid of the puck</em></p>
<p><em>We believe him</em></p>
<p><em>If anyone asks</em></p>
<p><em>The inscription should read</em></p>
<p><em>«My face was my mask»</em></p></blockquote>
<p>Worsley, comme beaucoup de gardiens de son époque, jouait sans masque. Il n’avait pourtant pas peur : «Mon visage était mon masque.»</p>
<p>Pourquoi parler de lui aujourd’hui ? Parce que son nom apparaît dans un album collectif de bande dessinée paru il y a quelques semaines. Richard Suicide et Denis Lord signent, dans <em>le Démon du hockey</em> (2011), «Gump Worsley était un plat régional patagonien» (p. 18-24). Pas une seule allusion à Worsley sous leur plume; son nom dans le titre suffit.</p>
<p>Pas mal pour un joueur dont Jean Béliveau a déjà dit qu’il ressemblait à borne fontaine («<em>a fire-hydrant-shaped goalie named Lorne Worsley</em>», 2005, p. 40).</p>
<p>P.S.—D’où vient ce surnom de «Gump» ? Selon <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gump_Worsley">Wikipédia</a>, sa coupe de cheveux aurait ressemblé à celle d’un personnage de bande dessinée, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/The_Gumps">Andy Gump</a>.</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/12/gump.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5887" title="gump" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/12/gump.jpg" alt="" width="615" height="423" /></a></p>
<p>Références</p>
<p>Beaulieu, Victor-Lévy, <em>Mémoires d’outre-tonneau</em>, Montréal, Estérel, 1968, 190 p.</p>
<p>Béliveau, Jean, avec Chrys Goyens et Allan Turowetz, <em>Jean Béliveau. My Life in Hockey</em>, Vancouver, Greystone Books, 2005 (1994), xii/312 p. Ill. Foreword by Wayne Gretzky. Introduction by Allan Turowetz.</p>
<p>Bidini, David, «I Am Bobby Wolf», dans <em>The Five Hole Stories</em>, Edmonton, Brindle &amp; Glass, 2006, p. 59-71.</p>
<p>Bruneau, Pierre et Léandre Normand, <em>la Glorieuse Histoire des Canadiens</em>, Montréal, Éditions de l’Homme, 2003, 743 p. Ill. Préface de Jean Béliveau.</p>
<p>Collectif, <em>le Démon du hockey</em>, Montréal, Glénat Québec, 2011, 48 p.</p>
<p>Les Cowboys fringants, «Salut mon Ron», dans <em>Break syndical</em>, 2002, disque audionumérique, étiquette Disques de La Tribu TRICD-7200.</p>
<p>Hudon, Normand, <em>la Tête la première</em>, Québec, Institut littéraire, 1958, 319 p. Ill. Préface de Doris Lussier.</p>
<p>Huevos Rancheros, «Gump Worsley’s Lament», dans <em>Johnny Hanson Presents : Puck Rock Classics Vol. 1</em>, 1994, disque audionumérique, étiquette WRONG-11 Wrong Records; repris sur <em>Dig In</em>, 1995, disque audionumérique, étiquettes MRD-007 Mint Records et LOUDER7 One Louder, et disque 33 tours, étiquette LOUDER7 One Louder (réédition, 2004, disque audionumérique, étiquette Outside Music).</p>
<p>Les Jérolas, «La chanson du hockey», 1960, disque 45 tours, étiquette RCA Victor 57-5491, composition de Jean Lapointe; repris sur le disque collectif <em>Parade des succès volume 1</em>, années 1960, disque 33 tours, étiquette RCA Victor LCP-1037.</p>
<p>JP5, «Gino Odjick», dans <em>Johnny Hanson Presents : Puck Rock Vol. 2</em>, 2000, disque audionumérique, étiquette Sudden Death Records.</p>
<p>Loco Locass, «Le but», 2009.</p>
<p>Richler, Mordecai, <em>Dispatches from the Sporting Life</em>, Toronto, Vintage Canada, 2003 (2002), xxii/295 p. Foreword by Noah Richler.</p>
<p>Robitaille, Marc, <em>Des histoires d’hiver, avec des rues, des écoles et du hockey</em>, Montréal, VLB éditeur, 1987, 142 p. Ill.</p>
<p>The Weakerthans, «Elegy for Gump Worsley», <em>Reunion Tour</em>, 2007, disque audionumérique, 2007, étiquette Epitaph.</p>
<p>Worsley, Gump, with Tim Moriarty, <em>They Call Me Gump</em>, New York, Dodd, Mead, 1975, xii/176 p. Ill.</p>
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		<title>-ounes</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Dec 2011 10:17:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
		<category><![CDATA[Néologie]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Le français du Québec est friand des mots en -oune. La minoune est une voiture qui a subi des ans l’irréparable outrage. C’est aussi une femelle féline, voire un hypocoristique («Viens ici, ma minoune»). La pitoune est un jeton, une pièce de bois flotté ou une beauté — nécessairement féminine — surfaite (littéralement). Martin Winckler [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le français du Québec est friand des mots en -<em>oune</em>.</p>
<p>La <em>minoune</em> est une voiture qui a subi des ans l’irréparable outrage. C’est aussi une femelle féline, voire un <a href="http://fr.wiktionary.org/wiki/hypocoristique">hypocoristique</a> («Viens ici, ma minoune»).</p>
<p>La <em>pitoune</em> est un jeton, une pièce de bois flotté ou une beauté — nécessairement féminine — surfaite (littéralement). Martin Winckler emploie le mot en ce dernier sens dans son polar <a href="http://oreilletendue.com/2011/11/29/souligner-ou-pas/"><em>les Invisibles</em></a> (2011, p. 152).</p>
<p>Dans le même registre, <em>poupoune</em> n’est guère mieux. Celle-ci peut être «<a href="http://oreilletendue.com/category/extreme/">extrême</a>», croit <em>la Presse</em> (23 octobre 2010, p. A5). Si elle fréquente les pistes de course, elle est dans un catégorie, au moins lexicale, à part : «“Les racing poupounes” : jolies reliques du passé» (<em>la Presse</em>, 28 novembre 2011, cahier Auto, p. 16). Elle a son verbe : <em>se poupouner</em>.</p>
<p>En revanche, <em>poupoune</em> peut s’employer pour parler affectueusement d’une enfant. Ainsi, la chanteuse Shilvi a un album intitulé <em>Ma p’tite poupoune</em> (2001).</p>
<p>Comme le <em>ti-coune</em>, la <em>nounoune</em> n’est pas appréciée pour ses qualités intellectuelles. On suppose qu’il en va de même de la «paranounoune» évoquée par Mélika Abdelmoumen (<em>le Dégoût du bonheur, </em>2001, p. 154). Certains <a href="http://oreilletendue.com/2011/11/15/l%E2%80%99echelle-de-la-betise/#comments">lecteurs de ce blogue</a> se sont demandé récemment si le mot n’est pas la forme féminine de <em>nono</em>; sur le plan du sens, cela se défend; en revanche, sur le plan morphologique, le passage de <em>nono</em> à <em>nounoune</em> ne va pas de soi. (Cela étant, on peut imaginer un cas semblable, de <em>coco</em> à <em>coucoune</em>.)</p>
<p>Les <a href="http://oreilletendue.com/2010/01/05/indices-linguistiques/"><em>foufounes</em></a> désignent l’arrière-train, sans distinction de sexe : tout le monde en a. Elles ont donné leur nom à un célèbre bar montréalais, <a href="http://www.foufounes.qc.ca/">Les foufounes électriques</a>. À l’antipode des <em>foufounes</em>, il y a la <em>noune</em> (chez les femmes) ou la <em>bizoune</em> (chez les autres).</p>
<p>Une chanson est une <em>toune</em>, par exemple «Toune d’automne» des Cowboys fringants (<em>Break syndical</em>, 2002).</p>
<p>La <em>toutoune</em> n’a (généralement) rien à voir avec la musique. Le mot désigne une personne du sexe, un brin enrobée. Francine Allard a signé une <em>Défense et illustration de la toutoune québécoise</em> (1991); le catalogue électronique de <a href="http://iris.banq.qc.ca/iris.aspx">Bibliothèque et Archives nationales du Québec</a> classe ce titre sous «Femmes obèses&#8211;Humour».</p>
<p>Les <em>gougounes</em> se portent aux pieds. Ailleurs qu’au Québec, ce seraient des «sandales de plage».</p>
<p>La <em>balloune</em> existe sous deux orthographes, avec un <em>l</em> ou deux, et sous au moins cinq espèces. L’une est enfantine : on souffle une «<em>balloune</em>» comme on souffle un ballon. La deuxième est pré-enfantine : une femme «en<em> balloune</em>» est enceinte. Les deux suivantes relèvent de la beuverie : qui part «sur une <em>balloune</em>» vise l’imbibition alcoolique, au risque d’être forcé à souffler dans l’ivressomètre (à souffler «dans la <em>balloune</em>»). La dernière est sportive : une <em>balloune</em> est un tir sans force au baseball ou au tennis, par exemple.</p>
<p>Qui <em>fait la baboune</em> ou, plus simplement, qui <em>baboune</em>, exprime ouvertement son mécontentement. La bouderie a plus d’un nom, comme la lèvre (aussi dite <em>baboune</em>).</p>
<p>La <em>doudoune</em> québécoise n’est pas une «Veste matelassée, légère et chaude» (<em>le Petit Robert</em>, édition électronique de 2010), mais un «Objet choisi par le jeune enfant qui s’y attache; objet transitionnel» (bis). Bref, un doudou.</p>
<p>La <em>guidoune</em> est une personne aux mœurs légères, femme (surtout) ou homme. Il lui arrive donc de <em>guidouner</em>, parfois contre rétribution. L’ange tutélaire de <em>l’Oreille tendue</em>, André Belleau, avait une belle formule pour parler des échanges linguistiques : «La langue française aussi est à tout le monde. C’est une guidoune que personne n’a réussi à maquer» (éd. 1986, p. 35).</p>
<p>Parmi les mots en <em>-oune</em>, il en est un particulièrement populaire depuis quelques années. Il y a jadis naguère, surtout dans les cours d’école, <em>moumoune</em> désignait l’efféminement, voire l’homosexualité; il évoque aujourd’hui une faiblesse supposée, et désapprouvée. Les exemples abondent, avec ou sans italiques : «Ce n’est pas un hasard si “moumoune” rime avec “Sigmund”» (<em>le Devoir</em>, 10 juin 2003); «Gang de moumounes» (<em>la Presse</em>, 26 janvier 2004); «Je n’ai pas envie d’avoir l’air d’une <em>moumoune</em> en sortant d’ici» (Suzanne Myre, <em>Humains aigres-doux</em>, p. 148); «Camping de <em>moumoune</em>» (<em>le Devoir</em>, 14 octobre 2005, p. B10); «Croisière d’hiver pour une moumoune quatre saisons» (<em>le Devoir</em>, 24 février 2006, p. B10); «Éloge du hockey moumoune» (<em>la Presse</em>, 21 avril 2006, p. A5); «Ce n’est pas sa faute si vous êtes aptères, / Mounounes, / À ce que rapportent les dernières dépêches Reuter» (François Hébert, <em>Toute l’œuvre incomplète</em>, p. 9). On ne devient pas <em>moumoune</em>; on «vire moumoune» (Patrick Roy, <em>la Ballade de Nicolas Jones</em>, p. 48). La <em>moumoune</em> est victime de sa <em>moumounerie</em> : «Toutes ces moumouneries étaient inutiles pour un Bleuet qui a fait la drave» (<em>la Presse</em>, 1er mars 2003).</p>
<p>On imagine sans peine les euphoniques concaténations que permet cette terminaison.</p>
<blockquote><p>«[Deux] filles, l’une un peu nounoune et nièce de la Poune [surnom de la comédienne <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rose_Ouellette">Rose Ouellette</a>], l’autre un brin toutoune et qui ne quittait jamais ses gougounes, se promenaient dans une minoune rue Sainte-Catherine Est. Au feu rouge, à la sortie d’un bar de moumounes, une cliente, partie sur une balloune, traitait ses amis de guidounes» (<em>le Devoir</em>, 5 décembre 2003).</p>
<p>«les poupounes les toutounes</p>
<p>avec leurs grosses foufounes</p>
<p>forment des rimes un peu nounounes» (Plume Latraverse, «Le beau filon», <em>Chants d’épuration</em>, 2003)</p></blockquote>
<p>Plume a raison : le «filon» est «beau».</p>
<p>Références</p>
<p>Abdelmoumen, Mélika, <em>le Dégoût du bonheur</em>, Montréal, Point de fuite, 2001, 174 p.</p>
<p>Allard, Francine, <em>Défense et illustration de la toutoune québécoise</em>, Monréal, Stanké, 1991, 125 p.</p>
<p>Belleau, André, «Parle (r) (z) la France», <em>Liberté</em>, 138, 23 : 6, novembre-décembre 1981, p. 29-34; repris dans <em>Y a-t-il un intellectuel dans la salle ?</em>, Montréal, Primeur, coll. «L’échiquier», 1984, p. 45-47; repris sous le titre «Parle (r) (z) de la France» dans <em>Surprendre les voix</em>, Montréal, Boréal, coll. «Papiers collés», 1986, p. 33-38.</p>
<p>Les Cowboys fringants, <em>Break syndical</em>, 2002, disque audionumérique, étiquette La Tribu.</p>
<p>Hébert, François, <em>Toute l’œuvre incomplète</em>, Montréal, L’hexagone, coll. «Écritures», 2010, 154 p.</p>
<p>Latraverse, Plume, <em>Chants d’épuration</em>, 2003, disque audionumérique, étiquette Disques Dragon.</p>
<p>Myre, Suzanne, <a href="http://www.marchanddefeuilles.com/marchanddefeuilles_011.htm"><em>Humains aigres-doux</em></a>, Montréal, Marchand de feuilles, 2004, 157 p.</p>
<p>Roy, Patrick, <a href="http://www.lequartanier.com/catalogue/ballade.htm"><em>la Ballade de Nicolas Jones</em></a>, Montréal, Le Quartanier, coll. «Polygraphe», 2010, 220 p.</p>
<p>Shilvi, <em>Ma p’tite poupoune</em>, 2001, disque audionumérique, étiquette Les Disques Petite Plume.</p>
<p>Winckler, Martin, <em>les Invisibles</em>, Paris, Fleuve noir, 2011, 277 p.</p>
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		<title>Dixième article d’un dictionnaire personnel de rhétorique</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Nov 2011 10:33:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Dictionnaire personnel de rhétorique]]></category>
		<category><![CDATA[Langue de Shakespeare]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
		<category><![CDATA[Lumières]]></category>
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		<description><![CDATA[Allitération Définition Retours multipliés d’un son identique (Gradus, éd. 1980, p. 33). Exemples En f : «rencontre fortuite du fiancé furax, à vingt futaies de mon futon» (Éric McComber, la Solde, p. 20). En f, bis : «feu de fleur fumée envolée» (Plume Latraverse, «Blouse d’automne», Chants d’épuration). En g : «Gare goret, tu te goures [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Allitération</p>
<p>Définition</p>
<blockquote><p>Retours multipliés d’un son identique (<em>Gradus</em>, éd. 1980, p. 33).</p></blockquote>
<p>Exemples</p>
<blockquote><p>En <em>f</em> : «rencontre fortuite du fiancé furax, à vingt futaies de mon futon» (Éric McComber, <em>la Solde</em>, p. 20).</p>
<p>En <em>f</em>, bis : «feu de fleur fumée envolée» (Plume Latraverse, «Blouse d’automne», <em>Chants d’épuration</em>).</p>
<p>En <em>g</em> : «Gare goret, tu te goures de Gourin» (Jean Rouaud, <em>les Champs d’honneur</em>, p. 69).</p>
<p>En <em>n</em> : «Non, il n’est rien que Nanine n’honore» (Voltaire, <a href="http://oreilletendue.com/2010/10/12/questions-d%e2%80%99euphonie/"><em>Nanine</em></a>, acte III, sc. dernière).</p>
<p>En <em>p</em> : «Pourquoi Pierre Pitre parle presque pas ?» (chanson d’Arseniq33).</p>
<p>En <em>p</em>, bis : «une pomme on n’peut plus pulpeuse» (Plume Latraverse, «Érosion éolienne», <em>Chants d’épuration</em>).</p>
<p>En <em>v</em> : «Ce vent vert qui vient des villes» (<em>Forces</em>, 167, automne 2011, p. 43).</p>
<p>En <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Consonne_fricative">fricatives</a> : «Il perçut, tout autour de son corps, les sons entrelacés des vagues, du vent, et du vent sur les vagues, comme un vaste frisson froid, frisé, froncé, froissé, et ce fut sur ce fond farci de fricatives qu’il entendit se rapprocher les mercenaires» (Jean <a href="http://oreilletendue.com/2009/07/08/jean-echenoz/">Échenoz</a>, <em>le Méridien de Greenwich</em>, p. 234-235).</p>
<p>En image et en ville :</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/11/alliterations.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5840" title="alliterations" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/11/alliterations.jpg" alt="" width="560" height="418" /></a></p>
</blockquote>
<p>[Complément du 8 décembre 2011]</p>
<p>Les passionnés de Philip Roth et de baseball se souviendront des premières pages du «Prologue» de son <em>The Great American Novel</em> (1973). Non seulement elles abondent en allitérations, mais le narrateur, Word Smith, y livre des bribes de sa théorie en matière de rhétorique. En une formule : «Alliteration is at the foundation of English literature» (éd. de 1980, p. 9). Rien de moins.</p>
<p>Références</p>
<p>Arseniq33, <em>Tranquillement les tranquillisants</em>, 2002, étiquette Indica.</p>
<p>Dupriez, Bernard, <em>Gradus. Les procédés littéraires (Dictionnaire)</em>, Paris, Union générale d’éditions, coll. «10/18», 1370, 1980, 541 p.</p>
<p>Échenoz, Jean, <a href="http://www.leseditionsdeminuit.eu/f/index.php?sp=liv&amp;livre_id=1627"><em>le Méridien de Greenwich</em></a>, Paris, Éditions de Minuit, 1979, 255 p.</p>
<p>Latraverse, Plume, <em>Chants d’épuration</em>, 2003, étiquette Disques Dragon.</p>
<p>McComber, Éric, <a href="http://www.editionslameche.com/p/la-solde.html"><em>la Solde</em></a>, Montréal, La mèche, 2011, 218 p. Ill.</p>
<p>Roth, Philip, <em>The Great American Novel</em>, New York, Farrar, Straus &amp; Giroux, 1980 (1973), 382 p.</p>
<p>Rouaud, Jean, <a href="http://www.leseditionsdeminuit.eu/f/index.php?sp=liv&amp;livre_id=1816"><em>les Champs d’honneur</em></a>, Paris, Éditions de Minuit, 1990, 187 p.</p>
<p>Voltaire, <em>Nanine ou le Préjugé vaincu</em>, dans <em>Théâtre du XVIIIe siècle</em>, textes choisis, établis, présentés et annotés par Jacques Truchet, Paris, Gallimard, coll. «Bibliothèque de la Pléiade», 241, 1972, vol. I, p. 871-939 et 1442-1449.</p>
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