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	<title>L’oreille tendue &#187; Cinéma</title>
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	<description>« Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler » (André Belleau).</description>
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		<title>Autopromotion 021</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 10:31:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Clichés]]></category>
		<category><![CDATA[Radio]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[À 13 h, l’Oreille tendue sera à l’émission Dans le champ lexical sur les ondes de CIBL. Elle y lira un texte sur les lieux communs du sport. Et elle chantera. [Complément] Cette lecture peut être réécoutée ici, dans les six premières minutes, chanson incluse. &#160; &#160;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À 13 h, <em>l’Oreille tendue</em> sera à l’émission <a href="http://www.danslechamplexical.com/"><em>Dans le champ lexical</em></a> sur les ondes de <a href="http://www.cibl1015.com/">CIBL</a>. Elle y lira un texte sur les lieux communs du sport. Et elle chantera.</p>
<p>[Complément]</p>
<p>Cette lecture peut être réécoutée <a href="http://www.danslechamplexical.com/2012/01/episode-19-sport/">ici</a>, dans les six premières minutes, chanson incluse.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>L’Oreille trouve enfin un pouce</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 10:17:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Le premier courriel provenait d’un lecteur du Dictionnaire québécois instantané (2004). Le second, de l’agent de l’Oreille tendue qui a infiltré la capitale de la Belle Province. Les deux parlaient du nouveau sens de l’expression faire du pouce (Nouveau sens ? Au Québec, faire du pouce ou partir sur le pouce revient habituellement à pratiquer l’autostop.) [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le premier courriel provenait d’un lecteur du <a href="http://fides.qc.ca/dictionnaire_quebecois/"><em>Dictionnaire québécois instantané</em></a> (2004). Le second, de l’agent de <em>l’Oreille tendue</em> qui a infiltré la <a href="http://oreilletendue.com/category/capitales/">capitale</a> de la Belle Province. Les deux parlaient du nouveau sens de l’expression <em>faire du pouce</em></p>
<p>(Nouveau sens ? Au Québec, <em>faire du pouce</em> ou <em>partir sur le pouce</em> revient habituellement à pratiquer l’autostop.)</p>
<p><em>L’Oreille tendue</em> avait noté la chose, mais elle n’avait jamais rencontré elle-même cette nouvelle acception. Depuis un <a href="http://twitter.com/cvoyerleger/statuses/154588647671345152">tweet</a> de <a href="https://twitter.com/cvoyerleger">@cvoyerleger</a> du 4 janvier, c’est chose faite : «Le spécialiste, c’est vous! Vraiment? <a href="http://www.cvoyerleger.com/2012/01/chagnon.html">http://t.co/tpHVU0ys</a> La Fondation Chagnon fait du pouce sur un lieu commun.» Voilà : <em>faire du pouce sur</em>. Mais qu’est-ce à dire ?</p>
<p>Les deux épistoliers de <em>l’Oreille</em> lui proposaient des définitions semblables : dans une réunion, qui <em>fait du pouce sur</em> quelqu’un reprend l’idée d’un autre, la prolonge, voire se l’approprie. C’est précisément à cela que pense Catherine Voyer-Léger dans ses réflexions sur la publicité de la Fondation Chagnon, celle à laquelle renvoie son tweet : «C’est que cette publicité fait du pouce sur un des lieux communs les plus nocifs à avoir cours dans l’espace public actuellement : l’idée que toutes les opinions, et, par le fait même, toutes les expertises, se valent.»</p>
<p>Un synonyme ? <em>Surfer</em>, peut-être, que Catherine Voyer-Léger utilise plus loin dans son texte : «Cette légitimation de la parole expérientielle au détriment de la parole spécialiste, c’est exactement ce sur quoi surfe le Sénateur Boisvenu dans le cadre du projet de loi C-10.»</p>
<p>En matière de pouce, <em>l’Oreille</em> avait besoin d’autres oreilles que la sienne. Merci à ces petites mains.</p>
<p>[Complément du 7 janvier 2011]</p>
<p>Cela est immortalisé sur <a href="http://www.youtube.com/watch?v=LzFYOwCsOZk">YouTube</a> : <em>l’Oreille tendue</em> n’est pas vite sur ses patins — au sens littéral du terme. Elle ne pourra jamais rejouer la fabuleuse <a href="http://www.youtube.com/watch?v=a80x06Wn91U">séquence d’ouverture</a> du fil <a href="http://www.imdb.com/title/tt0134618/"><em>Mystery, Alaska</em></a> (1999), et elle le déplore.</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/2011/01/28/effets-de-lames/">Au sens figuré</a>, elle espère ne pas l’être. Pourtant.</p>
<p>Partie hier en expédition de patin — ça ne s’invente pas — <a href="http://www.domainedelaforetperdue.com/">dans la nature</a>, avec sa progéniture, elle a eu une illumination tardive, sur l’autoroute. Un synonyme hexagonal de <em>faire du pouce sur</em> ? Bon sang : <a href="http://oreilletendue.com/2009/10/13/rebondir/"><em>rebondir</em></a> fait parfaitement l’affaire.</p>
<p>Le proverbe le dit : vieux motard que jamais.</p>
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		<title>Exercice d’admiration : Diderot, Jobs, Gladwell</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Nov 2011 10:30:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Lumières]]></category>
		<category><![CDATA[Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Quelque part durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, dans le Neveu de Rameau, Diderot s’interroge sur ce que la postérité retient des grands hommes. Il fait dialoguer ses personnages, Moi et Lui, au sujet du dramaturge Jean Racine. Les termes de l’alternative sont les suivants : Lequel des deux préféreriez-vous ? ou qu’il eût été un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quelque part durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, dans <em>le Neveu de Rameau</em>, Diderot s’interroge sur ce que la postérité retient des grands hommes. Il fait dialoguer ses personnages, Moi et Lui, au sujet du dramaturge Jean Racine. Les termes de l’alternative sont les suivants :</p>
<blockquote><p>Lequel des deux préféreriez-vous ? ou qu’il eût été un bonhomme […]; faisant régulièrement tous les ans un enfant légitime à sa femme, bon mari; bon père, bon oncle, bon voisin, honnête commerçant, mais rien de plus; ou qu’il eût été fourbe, traître, ambitieux, envieux, méchant; mais auteur d’<em>Andromaque</em>, de <em>Britannicus</em>, d’<em>Iphigénie</em>, de <em>Phèdre</em>, d’<em>Athalie</em> (éd. 1984, p. 22-23).</p></blockquote>
<p>Pour le dire autrement : un génie, les yeux tournés vers le futur, peut-il faire peu de cas, non seulement de ses contemporains, mais de ses proches ?</p>
<p style="text-align: center;">?????</p>
<p>Qui lit l’éclairante biographie de Steve Jobs par <a href="http://oreilletendue.com/2011/11/03/la-langue-des-machines/">Walter Isaacson</a> (2011) se trouve confronté précisément à la même question.</p>
<p>Dans sa vie professionnelle, Jobs (1955-2011) a bouleversé, sinon révolutionné, les mondes de l’informatique personnelle (d’abord et avant tout avec le Macintosh, mais aussi avec le iPad), du film d’animation (chez Pixar), de la musique (par la conjugaison iTunes / iPod), de la téléphonie (grâce au iPhone).</p>
<p>Comment y est-il parvenu ?</p>
<p>En concevant des produits dont les consommateurs ne savaient pas encore qu’ils en auraient un jour besoin. Pour lui, il fallait prévoir à long terme et non seulement réagir au contexte immédiat. Voilà pourquoi il citait cette phrase du joueur de hockey Wayne Gretzky : «Skate where the puck’s going, not where it’s been» (Patinez là où va la rondelle, pas où elle était). Sa créativité dépendait de sa capacité à imaginer.</p>
<p>En défendant bec et ongles un principe, celui de l’intégration totale du matériel (<em>hardware</em>), du logiciel (<em>software</em>) et du système d’exploitation (<em>operating system</em>). Ce que la société Apple mettait en marché était, par définition, peu hospitalier. La plupart des entreprises concurrentes, au premier rang desquelles Microsoft, jouaient la carte de l’ouverture et de la collaboration. Pas Jobs, qui fuyait comme la peste ce qui risquait, selon lui, de dénaturer ses produits.</p>
<p>En apportant une attention folle au détail : la teinte de bleu du iMac de 1998, la forme de la tête d’une vis, l’intérieur des ordinateurs, qu’il jugeait aussi important que l’extérieur. Il aimait raconter une leçon apprise de son père : il faut apporter autant de soin à la partie invisible d’un meuble qu’aux autres. Jonathan Ive, le designer des produits Apple depuis la fin des années 1990, partage la même obsession.</p>
<p>En tirant le plus — généralement, le meilleur — de ses collaborateurs, mais en les rudoyant, en les trompant, en les poussant dans leurs ultimes retranchements. Diderot disait «fourbe, traître, ambitieux, envieux, méchant». On trouverait des exemples de chacun de ces comportements dans le portrait que fait Isaacson de Jobs. Il faudrait encore ajouter impatient, égocentrique, grossier, mesquin. Cette biographie est <em>aussi</em> une théorie d’horreurs.</p>
<p>(Le biographe ne cache rien de ces horreurs, sans leur donner la première place dans son récit ni essayer de leur trouver une explication psychologique. Parmi celles qu’il rapporte, le fait que Jobs ait été un enfant adopté est souvent évoqué. Chrisann Brennan, la mère de la première fille de Jobs, affirmait par exemple que son adoption l’avait laissé «full of broken glass» [plein de verre brisé].)</p>
<p>Qui l’histoire retiendra-t-elle, le génie charismatique ou l’invectiveur puéril ?</p>
<p style="text-align: center;">?????</p>
<p>Malcolm Gladwell a un sens du récit journalistique absolument fabuleux. Lisez les sept premiers paragraphes de «<a href="http://www.gladwell.com/2004/2004_11_25_a_borrowed.html">Something Borrowed</a>», son texte sur le plagiat. Mettez en parallèle le sort du père et du fils dans «<a href="http://www.gladwell.com/2001/2001_06_11_a_crash.htm">Wrong Turn</a>», quand il étudie la question de la sécurité routière aux États-Unis. Ou interrogez-vous avec lui sur la qualité principale de Steve Jobs, dans le <a href="http://www.newyorker.com/reporting/2011/11/14/111114fa_fact_gladwell?currentPage=all">compte rendu</a> qu’il vient de faire paraître du livre d’Isaacson dans les pages du <em>New Yorker</em>.</p>
<p>Dans les quatre premiers paragraphes, il présente des anecdotes tirées de l’«enthralling new biography of the Apple founder». Puis, son texte change complètement de direction : «One of the great puzzles of the industrial revolution is why it began in England.» Pourquoi, se demande Gladwell, la révolution industrielle a-t-elle débuté en Angleterre ? On vient de passer d’une «captivante biographie» («enthralling […] biography») à une énigme historique («One of the great puzzles»). S’il pose pareille question, c’est, bien sûr, qu’il a la réponse. La révolution industrielle a commencé en Angleterre, car on y trouvait un grand nombre d’artisans particulièrement habiles à perfectionner («tweak») les machines existantes pour les rendre de plus en plus performantes. Ces artisans étaient des «tweakers». Jobs était leur digne descendant, voire l’incarnation ultime de cette façon de créer, d’où le titre de l’article, «The Tweaker».</p>
<p>(Gladwell n’a pas simplement le sens du récit. Il a aussi un flair phénoménal pour découvrir l’article scientifique qui va exactement dans le sens de sa réflexion. Ici, il s’agit d’un article de deux économistes, <a href="http://www.nber.org/papers/w16993">Ralf Meisenzahl et Joel Mokyr</a>.)</p>
<p style="text-align: center;">?????</p>
<p>À la fin de son livre, Walter Isaacson résume la personnalité de Jobs en une formule : «Was he smart ? No, not exceptionally. Instead, he was a genius.» Au lieu d’être simplement «smart» (intelligent / futé / malin / astucieux / habile — rayez les mentions inutiles, s’il y en a), c’était un génie. Lui et Gladwell s’entendent là-dessus. Ils s’entendent tout autant sur la façon d’être de Jobs avec les autres, cette brusquerie qui confinait fréquemment à la brutalité. Aucun des deux ne tranche la question de Diderot : «Lequel des deux préféreriez-vous ?».</p>
<p>Références</p>
<p>Diderot, Denis, <em>le Neveu de Rameau. Satires, contes et entretiens</em>, édition établie et commentée par Jacques et Anne-Marie Chouillet, Paris, Librairie générale française, coll. «Le livre de poche», 5925, 1984, 414 p.</p>
<p>Gladwell, Malcolm, «<a href="http://www.gladwell.com/2001/2001_06_11_a_crash.htm">Wrong Turn. How the Fight to Make America’s Highways Safer Went off Course</a>», <em>The New Yorker</em>, 11 juin 2011.</p>
<p>Gladwell, Malcolm, «<a href="http://www.gladwell.com/2004/2004_11_25_a_borrowed.html">Something Borrowed. Should a Charge of Plagiarism Ruin your Life ?</a>», <em>The New Yorker</em>, 22 novembre 2004.</p>
<p>Gladwell, Malcolm, «<a href="http://www.newyorker.com/reporting/2011/11/14/111114fa_fact_gladwell?currentPage=all">The Tweaker. The Real Genius of Steve Jobs</a>», <em>The New Yorker</em>, 14 novembre 2011.</p>
<p>Isaacson, Walter, <em>Steve Jobs</em>, New York, Simon &amp; Schuster, 2001. Ill. Édition électronique (iBooks).</p>
<p>Meisenzahl, Ralf et Joel Mokyr, «<a href="http://www.nber.org/papers/w16993">The Rate and Direction of Invention in the British Industrial Revolution : Incentives and Institutions</a>», The National Bureau of Economic Research, NBER Working Paper No. 16993, avril 2011.</p>
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		<title>Hostie, ostie, osti, estie, esti, astie, asti, stie, sti, etc.</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Oct 2011 09:17:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de la langue]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans un coin, ceux qui se demandent si la baisse radicale de la pratique religieuse au Québec ne risque pas d’y menacer la survie du juron d’origine religieuse. Le National Post se posait la question le 9 septembre 2011, sous la plume de Graeme Hamilton : «Can Quebec’s Church-based curse words survive in a secular age [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans un coin, ceux qui se demandent si la baisse radicale de la pratique religieuse au Québec ne risque pas d’y menacer la survie du juron d’origine religieuse. Le <em>National Post</em> se posait la question le 9 septembre 2011, sous la plume de Graeme Hamilton : «<a href="http://news.nationalpost.com/2011/09/09/can-quebecs-church-based-curse-words-survive-in-a-secular-age/">Can Quebec’s Church-based curse words survive in a secular age ?</a>» (Réponse évidente : oui.)</p>
<p>Dans l’autre coin, ceux qui croient que l’héritage catholique est encore bien vivant au Québec. C’est la position d’un collègue théologien de <em>l’Oreille tendue</em>, Olivier Bauer. Il la défend dans ses deux plus récents livres. Dans <em>Une théologie du Canadien de Montréal</em> (2011), il écrit par exemple : «Aussi bizarre que cela puisse vous paraître, je crois plus à la présence à long terme du christianisme au Québec qu’à celle de la religion du Canadien» (p. 152). Le dernier chapitre de <em>l’Hostie, une passion québécoise</em> (2011), est sous-titré «L’Église catholique tente de reconquérir l’hostie — vingt et unième siècle»; il porte sur la place dans le Québec d’aujourd’hui de cette «Petite rondelle de pain azimé que le prêtre consacre pendant la messe» (<a href="http://www.diocesemontreal.org/accueil/dons/2006/index.htm">Diocèse de Montréal</a>, avril 2006).</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/10/hostie_diocese.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5469" title="hostie_diocese" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/10/hostie_diocese.jpg" alt="" width="150" height="194" /></a></p>
<p>S’intéressant à l’hostie («le corps du Christ», dit la liturgie) au Québec, Olivier Bauer a nécessairement eu à réfléchir aux jurons qui lui sont rattachés. Il s’appuie sur le travaux de linguistes (Diane Vincent), d’historiens (René Hardy, Heinz Weinmann) et de lexicographes inégalement sérieux (Jean-Pierre Pichette, Gilles Charest, Léandre Bergeron) pour suivre l’histoire de ce sacre. Conclusion ? «Aussi surprenant que cela puisse paraître à des oreilles québécoises, il fallut entrer dans le vingtième siècle et attendre 1920 pour que “hostie” soit attestée comme sacre !» (p. 40) Pourquoi cette apparition tardive ? «On peut avancer deux explications : soit l’hostie était jusque-là trop sacrée pour devenir un sacre, soit elle était trop peu importante pour que les blasphémateurs aient l’envie d’en faire un sacre» (p. 40). En littérature, ce serait encore plus tardif. Bauer (p. 56), s’appuyant sur les travaux du Trésor de la langue française au Québec, affirme que la première occurrence du mot dans un texte littéraire date de 1964 : le mot apparaîtrait dans <em>le Cassé</em> de Jacques Renaud.<em> </em></p>
<p><em>L’Oreille tendue</em> aimerait se pencher autrement sur ce mot et ses dérivés (<em>ostie</em>, <em>osti</em>, <em>estie</em>, <em>esti</em>, <em>astie</em>, <em>asti</em>, <em>stie</em>, <em>sti</em>).</p>
<p>Comme <a href="http://oreilletendue.com/2010/09/02/tabarnak-et-tabarnaque/"><em>tabarnak</em></a> et <a href="http://oreilletendue.com/2011/09/26/crissement-riche/"><em>crisse</em></a>, dont il a longuement été question il y a une quinzaine, <em>hostie</em> et ses dérivés sont épicènes : ils ont la même forme au féminin et au masculin.</p>
<blockquote><p>Pierre met du Beatles dans l’gettho</p>
<p>I regarde déhors i fait pas beau</p>
<p>En face i a une grosse tour à bureau</p>
<p>Ça d’l’air qu’i a une ostie de vue d’en haut (Les Dales Hawerchuk, «Dale Hawerchuk», 2005)</p>
<p>Mon voisin se lève et <a href="http://oreilletendue.com/category/quitter/">quitte</a> en disant : — <em>Si je le revoué l’hostie, m’a y crisser ma main su a yeule !</em> (Georges Dor, <em>Anna braillé ène shot [Elle a beaucoup pleuré]. Essai sur le langage parlé des Québécois</em>, p. 28)</p></blockquote>
<p>Comme <em>tabarnak</em> et <em>crisse</em>, toujours, il s’agit d’une interjection.</p>
<blockquote><p>Je laçais mes bottes de travail, assis dans l’escalier du vestibule, lorsque je l’entendis pousser un «osti !» sonore et inattendu (les excès de langage de mon père étaient rarissimes) (Nicolas Dickner, <em>Tarmac</em>, p. 219).</p>
<p>Think big, stie (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Elvis_Gratton ">Elvis Gratton</a>).</p>
<p>Vas-tu souffler toutte le sac esti tu vas toutte te sécher en dedans (blogue <a href="http://lesfourchettes.blogspot.com/2011/10/les-outils.html "><em>les Fourchettes</em></a>, 4 octobre 2011).</p></blockquote>
<p>De la même façon qu’avec ses acolytes, on peut l’enchaîner avec jouissance :</p>
<blockquote><p>Calice de ciboire d’hostie ! (<a href="http://oreilletendue.com/2011/02/10/prolegomenes-a-une-encyclopedie-inutile-du-perifecal-en-hockey/">Roch Carrier</a>, <em>la Guerre, yes sir !</em>, p. 77)</p>
<p>Criss de tabarnak d’hostie de calice de ciboire d’étole de viarge, oussé kié le sacramant de calice de morceau de casse-tête du tabarnak ! (<a href="http://oreilletendue.com/2010/02/28/un-heritage-a-transmettre/">François Blais</a>, <em>Vie d’Anne-Sophie Bonenfant</em>, p. 124).</p></blockquote>
<p>Il est possible d’imaginer des usages affectueux d’<em>hostie</em> et de ses dérivés, mais le plus souvent on emploie ces mots pour invectiver. Ainsi de ses autocollants visibles dans les rues de Montréal durant la campagne électorale d’avril 2004, où l’on voyait une photo du <a href="http://www.premier-ministre.gouv.qc.ca/">premier ministre Jean Charest</a> accompagnée des mots «Ostie d’<a href="http://oreilletendue.com/2011/10/03/de-la-crosse-au-quebec/">crosseur</a>».</p>
<p>On ne connaît pas de verbe construit avec <em>hostie</em>, alors qu’il y a<em> tabarnaker</em> et <em>crisser</em>. <em>Crissement</em> existe, mais pas <em>hostiment</em>. Cela manque, dans un cas comme dans l’autre.</p>
<p>Malgré ces (relatives) limites créatives, <em>hostie</em> aurait été le juron préféré des Québécois au début des années 1980, selon une étude de l’Office de la langue française préparée par la «sacrologue» Diane Vincent (1982) et que cite Olivier Bauer. <em>L’Oreille tendue</em> est un peu déçue.</p>
<p>P.S.—Un <a href="http://twitter.com/strem/statuses/23462566055387137">tweet</a> de <a href="http://twitter.com/#!/leroykmay">Leroy K. May</a> du 7 janvier 2011 nous apprend une chose intéressante : «RT @LaurentLaSalle: Le nom de domain ost.ie est disponible, mais à 117$ US annuel, ça coûte cher comme joke…» En effet.</p>
<p>Références</p>
<p>Bauer, Olivier, <em>l’Hostie, une passion québécoise</em>, Montréal, Liber, 2011, 81 p.</p>
<p>Bauer, Olivier, <em>Une théologie du Canadien de Montréal</em>, Montréal, Bayard Canada, coll. «Religions et société», 2011, 214 p. Ill.</p>
<p>Blais, François, <em>Vie d’Anne-Sophie Bonenfant</em>, Québec, L’instant même, 2009, 241 p.</p>
<p>Carrier, Roch, <em>la Guerre, yes sir !</em>, Montréal, Éditions du Jour, coll. «Les romanciers du Jour», R-28, 1970 (1968), 124 p.</p>
<p>Les Dales Hawerchuk, «Dale Hawerchuk», <em>les Dales Hawerchuk</em>, disque audionumérique, 2005, étiquette CPR2-2098 C4 Productions.</p>
<p>Dickner, Nicolas, <a href="http://www.editionsalto.com/catalogue/tarmac/"><em>Tarmac</em></a>, Québec, Alto, 2009, 271 p. Ill.</p>
<p>Dor, Georges, <em>Anna braillé ène shot (Elle a beaucoup pleuré). Essai sur le langage parlé des Québécois</em>, Montréal, Lanctôt éditeur, coll. «L’histoire au présent», 2, 1996, 191 p.</p>
<p>Hamilton, Graeme, «<a href="http://news.nationalpost.com/2011/09/09/can-quebecs-church-based-curse-words-survive-in-a-secular-age/">Can Quebec’s Church-based curse words survive in a secular age ?</a>», <em>The National Post</em>, 9 septembre 2011.</p>
<p>Vincent, Diane, avec la collaboration de Hélène Malo et Louise Grenier, <em>Pressions et impressions sur les sacres au Québec</em>, Montréal, Gouvernement du Québec, Office de la langue française, coll. «Langues et sociétés», 1982, 143 p.</p>
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		<title>De la crosse au Québec</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Oct 2011 09:30:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[À il et à elle]]></category>
		<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson]]></category>
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		<category><![CDATA[Dicos]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[Crosse et ses dérivés sont populaires au Québec. Démonstration. Réglons tout de suite une chose : au hockey, on joue avec un bâton, pas avec une crosse, quoi qu’en pense le traducteur de la Dague de Cartier de John Farrow (2009, p. 28 et 114), pour ne prendre qu’un exemple. Restons un instant dans le monde [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Crosse</em> et ses dérivés sont populaires au Québec. Démonstration.</p>
<p>Réglons tout de suite une chose : au hockey, on joue avec un <em>bâton</em>, pas avec une <em>crosse</em>, quoi qu’en pense le traducteur de <a href="http://oreilletendue.com/2011/06/14/experience-notulienne/"><em>la Dague de Cartier</em></a> de John Farrow (2009, p. 28 et 114), pour ne prendre qu’un exemple.</p>
<p>Restons un instant dans le monde du sport : un des deux sports nationaux du Canada est <a href="http://www.pointstreaksites.com/view/cla-fr/propos/la-crosse-1/la-crosse-sport-national-d-t-du-canada">la crosse</a>. C’est une <a href="http://www.pch.gc.ca/pgm/sc/legsltn/n-16-fra.cfm ">loi du 12 mai 1994</a> qui le dit. Croyons-la.</p>
<p>Passons au sexuel. <em>Se crosser</em> désigne alors le geste de s’autosatisfaire. La forme réfléchie du verbe le dit clairement : cette activité s’exerce sur soi-même. La forme non réfléchie existe aussi : l’activité vise alors le plaisir de l’autre. Un exemple ? <a href="https://www.bookeenstore.com/fr/ebook/4d6e73ca86b5ec921a00097b/j%26#039irai-me-crosser-sur-vos-tombes"><em>J’irai me crosser sur vos tombes</em></a>, le roman d’Édouard H. Bond dont le titre rappelle celui de Boris Vian, <em>J’irai cracher sur vos tombes</em>.</p>
<p>Allons maintenant voir du côté de l’invective : dire de quelqu’un que c’est un <em>crosseur</em> signifie que cette personne est fourbe. Les exemples abondent.</p>
<blockquote><p>«Le président du Conseil de la souveraineté [Gérald Larose] traite Layton d’“imposteur”, les autres de “crosseurs professionnels”» (<em>le Devoir</em>, 28 avril 2011, p. A1).</p>
<p>«T’as assez d’misère à être pompiste, tu f’ras pas long feu comme crosseur» (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_Bar_Blues "><em>Gaz Bar Blues</em></a>, film de Louis Bélanger, 2003).</p>
<p>«Si [Dieu] a vraiment fait l’homme à son image, ça m’a l’air d’être un joyeux “crosseur”» (Jean-François Mercier, <em>l’Actualité</em>, 34, 12, 1er août 2009, p. 6).</p>
<p>«“Je ne veux surtout pas que tu penses que je suis un crosseur”» (Nadine Bismuth, <em>Scrapbook</em>, p. 141).</p></blockquote>
<p>S’agissant de <em>crosseur</em> en ce sens, que le mot soit un substantif ou un adjectif, le rapport à l’anglais est tout probable, où le verbe <em>to cross</em> désigne le fait se mettre sur le chemin de quelqu’un et où <em>double cross</em> signifie rouler, doubler ou trahir une personne. (<em>L’Oreille tendue</em> croit se souvenir que le dramaturge Jean-Claude Germain a naguère traduit <em>to double cross</em> par «double crosser», mais elle n’en mettrait sa main au feu.) Le verbe <em>crosser</em> est d’ailleurs attesté en ce sens. L’émission <em>Tout le monde en parle</em>, dans le cadre de sa spéciale du 31 décembre 2009, a monté une parodie, par le groupe Rock et belles oreilles, d’une chanson des Beatles (Les Bidules) : les fraudeurs (Vincent Lacroix, Earl Jones, Bernard Madoff, etc.), ces «<a href="http://oreilletendue.com/2009/12/31/le-temps-maudit-des-retrospectives/">criminels à cravate</a>», y «crossent l’univers».</p>
<p>La prononciation <em>crosseux</em> pour <em>crosseur</em> s’entend, mais elle est rare. Elle se lit aussi, mais pas plus souvent. On en trouve néanmoins une occurrence dans la revue littéraire <em>l’Inconvénient</em> (numéro 17, mai 2004, p. 125).</p>
<p>Le mot <em>crosseur</em> existait en français hexagonal, d’abord dans un sens sportif : «<em>crosseur</em> (XVIIe s., au sens de “personne qui joue à la crosse, qui chasse la balle avec une crosse”, enregistré par Acad. 1re; XIXe s., au sens de “querelleur”.)». Il a cependant été <a href="http://www.academie-francaise.fr/dictionnaire/supprimes.html ">supprimé du dictionnaire de l’Académie française</a>.</p>
<p>Le <em>crosseur</em> se livre évidemment à la <em>crosse</em> : «Il venait d’une tribu de voleurs pis de restants de crosse de la route Madoc qui défonçaient les chalets pis les garages à environ cent milles à la ronde» (p. 86), écrit par exemple Samuel Archibald dans une des «histoire» de son <a href="http://oreilletendue.com/2011/09/02/d%e2%80%99arvida/"><em>Arvida</em></a> (2011). C’est en pensant à ce sens du mot que <a href="http://blogues.cyberpresse.ca/lagace/2010/06/07/la-manchette-du-jour-et-peut-etre-meme-de-lannee/ ">Patrick Lagacé</a> relève la manchette suivante, en effet riche d’ambivalence : «<a href="http://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/general/fraude-a-l-association-canadienne-de-crosse/515425">Fraude à l’Association canadienne de crosse.</a>»</p>
<p>Beaucoup des dictionnaires de la langue parlée au Québec, les sérieux comme les autres, connaissent ce mot et ses dérivés. Léandre Bergeron (1980) aligne «crosse» (le sport), «crossage» («Masturbation» ou «Saloperie»), «crosser», «crosser (se)», «crossette» («Éjaculation provoquée par soi-même ou par un ou une autre», ce qui ouvre beaucoup de possibilités) et «crosseur» («Salaud») (p. 160-161). Ephrem Desjardins (2002) a «crosse», «crosser» (et notamment «crosser un client») et «crossette» (p. 72). Le <em>Dictionnaire québécois d’aujourd’hui</em> (1992, p. 279) de Jean-Claude Boulanger retient «crosser», «crossage» (notamment pour désigner une «perte de temps inutile»; exemple : «C’est du crossage de mouches», au pluriel), de même que «crosseur ou crosseux, euse» (exemple : «C’est un crosseur, mais pas un bandit»). Selon lui, le mot est toujours «vulgaire»; c’est assez peu contestable.</p>
<p>Le <em>Dictionnaire québécois français. Mieux se comprendre entre francophones</em> (1999) de Lionel Meney est le plus généreux des dictionnaires consultés par <em>l’Oreille tendue</em> en cette matière. Sous quatre entrées — «crosse», «crosser», «crossette» et «crosseur, crosseux» (p. 597-598) —, il multiplie les exemples et les sources. Il puise aussi bien dans la littérature (Jacques Renaud, Jean-Marie Poupart, Victor-Lévy Beaulieu, Réjean Ducharme, Yves Beauchemin, Gérald Godin, Francine Noël) et à la radio (Radio-Canada) que chez les chanteurs (Raymond Lévesque) et les humoristes (Claude Blanchard). Les synonymes pleuvent sous sa plume gaillarde.</p>
<p>En revanche, ni le <em>Dictionnaire historique du français québécois</em> (1998) publié sous la direction de Claude Poirier ni le <em>Multidictionnaire de la langue française</em> (2009) de Marie-Éva de Villers ne le définissent; c’est plus étonnant dans le premier cas que dans le second.</p>
<p>Résumons : <em>crosse</em> et ses dérivés font bel et bien partie du patrimoine linguistique québécois, qu’on les juge vulgaires — ce qui est le plus souvent le cas — ou pas. Il serait dès lors difficile de s’en passer, du moins dans certaines situations, qu’on choisira avec soin.</p>
<p>P.S.—Le mot pourrait paraître n’être que québécois. Si l’on en croit Pierre Foglia, il existe pourtant une telle chose que la «<a href="http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/pierre-foglia/201101/19/01-4361753-un-travail-comme-un-autre.php">crossette espagnole</a>» (<em>la Presse</em>, 20 janvier 2011).</p>
<p>Références</p>
<p>Archibald, Samuel, <em>Arvida. Histoires</em>, Montréal, Le Quartanier, coll. «Polygraphe», 2011, 314 p. Ill.</p>
<p>Bergeron, Léandre, <em>Dictionnaire de la langue québécoise</em>, Montréal, VLB éditeur, 1980, 574 p.</p>
<p>Bismuth, Nadine, <em>Scrapbook</em>, Montréal, Boréal, coll. «Boréal compact», 176, 2006 (2004), 393 p.</p>
<p>Boulanger, Jean-Claude, <em>Dictionnaire québécois d’aujourd’hui. Langue française, histoire, géographie, culture générale</em>, Saint-Laurent, Dicorobert, 1992, xxxv/1269/343/lxi p. Cartes. Avant-propos de Gilles Vigneault.</p>
<p>Desjardins, Ephrem, <em>Petit lexique de mots québécois à l’usage des Français (et autres francophones d’Europe) en vacances au Québec</em>, Montréal, Éditions Vox Populi internationales, 2002, 155 p.</p>
<p>Farrow, John, <em>la Dague de Cartier</em>, Paris, Grasset, coll. «Grand format», 2009, 619 p. Pseudonyme de Trevor Ferguson. Traduction de Jean Rosenthal.</p>
<p>Meney, Lionel, <em>Dictionnaire québécois français. Mieux se comprendre entre francophones</em>, Montréal, Guérin, 1999, xxxiv/1884 p.</p>
<p>Poirier, Claude (édit.), <em>Dictionnaire historique du français québécois. Monographies lexicographiques de québécismes</em>, Sainte-Foy (Québec), Presses de l’Université Laval, 1998, lx/640 p. Ill.</p>
<p>Villers, Marie-Éva de, <em>Multidictionnaire de la langue française</em>, Montréal, Québec Amérique, 2009 (cinquième édition), xxvi/1707 p.</p>
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		<title>Trouvez l’erreur</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Sep 2011 09:17:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[En 1999, Richard Desjardins et Robert Monderie lancent leur film documentaire l’Erreur boréale; il y est question, en termes peu flatteurs, de la gestion des forêts québécoises. «Erreur», accompagné d’un adjectif, est alors devenu populaire. On retrouve des expressions construites sur le même modèle en agroalimentaire — «À quand “L’Erreur porcine” ?» (le Devoir, 11 janvier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En 1999, Richard Desjardins et Robert Monderie lancent leur film documentaire <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Erreur_bor%C3%A9ale"><em>l’Erreur boréale</em></a>; il y est question, en termes peu flatteurs, de la gestion des forêts québécoises. «Erreur», accompagné d’un adjectif, est alors devenu populaire.</p>
<p>On retrouve des expressions construites sur le même modèle en agroalimentaire — «À quand “L’Erreur porcine” ?» (<em>le Devoir</em>, 11 janvier 2001) —, en politique internationale — «L’erreur américaine» (<em>la Presse</em>, 15 février 2003) —, en musique — «L’erreur orchestrale» (<em>le Devoir</em>, 14 octobre 2004, p. B8) — et dans les mines — «L’erreur minérale à éviter» (<em>le Devoir</em>, 21 septembre 2011, p. A7).</p>
<p><em>L’Oreille tendue</em> s’étonne de n’avoir vu nulle part «erreur gazière». En cette époque de lutte contre l’exploitation des gaz de schiste, ça s’impose, non ?</p>
<p>P.S.—On pouvait entendre <em>aurore boréale</em> dans le titre de Desjardins et Monderie; aujourd’hui, il ne reste que l’<em>horreur</em>.</p>
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		<title>Français 101</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Sep 2011 09:25:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[Des études récentes laissent entendre que la place du français, surtout à Montréal, serait menacée. C’est pour éviter ce genre de situation que le premier gouvernement du Parti québécois (PQ) avait promulgué, en 1977, la Charte de la langue française, communément appelée la loi 101. Dès lors, il n’est peut-être pas inutile de rappeler quelques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Des <a href="http://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/sociolinguistique/index.html">études récentes</a> laissent entendre que la place du français, surtout à Montréal, serait menacée. C’est pour éviter ce genre de situation que le premier gouvernement du Parti québécois (PQ) avait promulgué, en 1977, la Charte de la langue française, communément appelée la <a href="http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&amp;file=/C_11/C11.html">loi 101</a>.</p>
<p>Dès lors, il n’est peut-être pas inutile de rappeler quelques éléments liés à cette loi.</p>
<p>Elle a un père : Camille Laurin, «le père de la loi 101». C’est une des <a href="http://oreilletendue.com/2009/08/25/p-q/">périphrases québécoises</a> (PQ) dont j’ai déjà eu l’occasion de dire un mot. (C’est le même Camille Laurin qui apparaît dans le bien étrange roman <a href="http://oreilletendue.com/2011/06/14/experience-notulienne/"><em>la Dague de Cartier</em></a> de John Farrow.)</p>
<p>Elle a des enfants : «les enfants de la loi 101» sont nécessairement nés après son entrée en vigueur, qu’ils soient, ou pas, «<a href="http://oreilletendue.com/2010/05/01/souche-et-souches/">de souche</a>». Camille Laurin est aussi nécessairement leur père. Il est souvent question d’eux dans l’ouvrage de Léonore Pion et Robert Vézina intitulé <a href="http://oreilletendue.com/2010/01/09/vient-de-paraitre-001/"><em>Le français, une langue pour tout et pour tous ?</em></a></p>
<p>Ces enfants forment une génération : c’est du moins l’opinion du cinéaste Claude Godbout, qui a réalisé <a href="http://lageneration101.com/"><em>la Génération 101</em></a> (2008).</p>
<p>Ils sont maintenant dans la trentaine et le temps est venu de tirer leur portrait. Isabelle Beaulieu l’a fait (2003).</p>
<p>Une chanson pour terminer ? Ce sera «Québécois de souche» des Cowboys fringants (2001), dont les premiers mots sont : «Je suis un Québécois de souche / Ma loi 101 faut pas qu’tu y touches / C’est pas que’j sais pas ben parler / Mais chus un colon anglicisé.»</p>
<p>Références</p>
<p>Beaulieu, Isabelle, «Le premier portrait des enfants de la loi 101. Sondage auprès des jeunes Québécois issus de l’immigration récente», dans Michel Venne (édit.), <em>l’Annuaire du Québec 2004</em>, Montréal, Fides, 2003, p. 260-265.</p>
<p>Les Cowboys fringants, «Québécois de souche», <em>Motel Capri</em>, 2001.</p>
<p>Farrow, John, <em>la Dague de Cartier</em>, Paris, Grasset, coll. «Grand format», 2009, 619 p. Pseudonyme de Trevor Ferguson. Traduction de Jean Rosenthal.</p>
<p>Pion, Léonore et Robert Vézina (édit.), <em>Le français, une langue pour tout et pour tous ? Forum des 3 et 4 avril 2009. Montréal</em>, Montréal, Fides, Institut du Nouveau Monde et Conseil supérieur de la langue française, coll. «Supplément de l’État du Québec», 2009, 109 p. Ill.</p>
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		<title>De Jean Béliveau</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2011/08/31/de-jean-beliveau/</link>
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		<pubDate>Wed, 31 Aug 2011 11:57:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Sous le titre «Le “Gros Bill” a 80 ans» (p. A7), le Devoir de ce matin publie mon texte sur un joueur de hockey qui est aussi une icône culturelle, Jean Béliveau. Le texte est disponible ici. Comme dans le cas de mon texte sur Guy Lafleur, un complément filmo-vidéo-icono-musico-bibliographique, même partiel, s’impose bien évidemment. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sous le titre «<a href="http://www.ledevoir.com/sports/hockey/330370/jean-beliveau-le-gros-bill-a-80-ans">Le “Gros Bill” a 80 ans</a>» (p. A7), <em>le Devoir</em> de ce matin publie mon texte sur un joueur de hockey qui est aussi une icône culturelle, Jean Béliveau. Le texte est disponible ici.</p>
<p>Comme dans le cas de mon texte sur <a href="http://oreilletendue.com/2010/12/04/de-guy-lafleur/">Guy Lafleur</a>, un complément filmo-vidéo-icono-musico-bibliographique, même partiel, s’impose bien évidemment. Les non-fans peuvent passer leur chemin.</p>
<p><strong>Filmo</strong><strong> (par ordre chronologique)</strong></p>
<p><a href="http://www.onf.ca/selections/hockey_movies/visionnez/heres_hockey/"><em>Here’s Hockey !</em></a> de Leslie McFarlane, Office national du film du Canada, 1953</p>
<p><a href="http://www.pum.umontreal.ca/ca/fiches/2-7606-1964-8.html"><em>Le sport et les hommes</em></a> d’Hubert Aquin et Roland Barthes, Office national du film du Canada, 1961</p>
<p><a href="http://www.onf.ca/film/Un_jeu_si_simple"><em>Un jeu si simple</em></a> de Gilles Groulx, Office national du film du Canada, 1963</p>
<p><strong>Vidéo</strong></p>
<p>On trouve sur YouTube «<a href="http://www.youtube.com/watch?v=OMkzx1k8SXQ">Bleu, blanc, rouge</a>» (1981) de Michel Como, avec la participation de Tierry Dubé-Bédard et Éric Dubrofsky.</p>
<p><strong>Icono</strong></p>
<p>Les tableaux de <a href="http://www.benoitdesfosses.com">Benoît Desfossés</a> et de <a href="http://www.bernardracicot.ca/">Bernard Racicot</a> sont visibles sur les sites Web de ces artistes.</p>
<p>Les œuvres de Serge Lemoyne sont reproduites dans plusieurs ouvrages, par exemple le catalogue d’exposition rédigé par Marcel Saint-Pierre, <em>Serge Lemoyne</em>, préface d’Andrée Laliberté-Bourque, prologue de Normand Thériault, Québec, Musée du Québec, 1988, 236 p. Ill.</p>
<p><strong>Musico (par ordre chronologique)</strong></p>
<p>La famille Soucy, «Le club de hockey Canadien», 1954</p>
<p>Oscar Thiffault et Marcel Martel, «Boom Boom», 1955</p>
<p>Denise Émond, «La chanson des étoiles du hockey», 1956</p>
<p>Oscar Thiffault, «Ils sont en or», 1957</p>
<p>Oswald, «Les sports», 1960</p>
<p>Les Jérolas, «La chanson du hockey», 1960</p>
<p>Les Jérolas, «La Tarantella al Canada», 1961</p>
<p>Les Jérolas, «Le sport», 1967</p>
<p>Robert Charlebois, «Demain l’hiver», 1967</p>
<p>Marthe Fleurant, «D’l’a gomme baloune», 1968</p>
<p>Georges Langford, «La coupe Stanley», 1973</p>
<p>Michel Como, avec la participation de Tierry Dubé-Bédard et Éric Dubrofsky, «Bleu, blanc, rouge», 1981. La version anglaise s’intitule «Red, White, Blue».</p>
<p>Jane Siberry, «Hockey», 1989</p>
<p>André Brazeau, «Ti-Guy», 2002</p>
<p>Mes Aïeux, «Le fantôme du Forum», 2008</p>
<p>Loco Locass, «Le but», 2009</p>
<p><strong>Biblio</strong></p>
<p>Barbeau, Jean, <em>Ben-Ur</em>, Montréal, Leméac, coll. «Répertoire québécois», no 11-12, 1971, 108 p. Ill. Présentation d’Albert Millaire.</p>
<p>Béliveau, Jean, Chrystian Goyens et Allan Turowetz, <em>Ma vie bleu-blanc-rouge</em>, Montréal, Hurtubise HMH, 2005 (1994), 355 p. Ill. Préface de Dickie Moore. Avant-propos d’Allan Turowetz. Traduction et adaptation de Christian Tremblay.</p>
<p>Bujold, Michel-Wilbrod, <em>les Hockeyeurs assassinés. Essai sur l’histoire du hockey 1870-2002</em>, Montréal, Guérin, 1997, vi/150 p. Ill.</p>
<p>Gravel, François, <em>Le match des étoiles</em>, Montréal, Québec/Amérique jeunesse, coll. «Gulliver», no 66, 1996, 93 p. Préface de Maurice Richard.</p>
<p>Hood, Hugh, <em>Puissance au centre: Jean Béliveau</em>, Scarborough, Prentice-Hall of Canada, 1970, 192 p. Ill. Traduction de Louis Rémillard.</p>
<p>Ménard, Sylvain, «Grand comme Jean Béliveau», dans Marc Robitaille (édit.), <em>Une enfance bleu-blanc-rouge</em>, Montréal, Les 400 coups, 2000, p. 138-145.</p>
<p>Poulin, Jacques, <em>Le cœur de la baleine bleue</em>, Montréal, Éditions du jour, coll. «Les romanciers du jour», no 66, 1970, 200 p.</p>
<p>Pozier, Bernard, «Génétique I», dans <em>Les poètes chanteront ce but</em>, Trois-Rivières, Écrits des Forges, coll. «Radar», 60, 1991, p. 30.</p>
<p>Richler, Mordecai, «The Fall of the Montreal Canadiens», dans <em>Home Sweet Home. My Canadian Album</em>, New York, Alfred A. Knopf, 1984, p. 182-209. Repris dans <em>Dispatches from the Sporting Life</em>, Foreword by Noah Richler, Toronto, Vintage Canada, 2003 (2002), p. 241-274.</p>
<p>Robitaille, Marc, <em>Des histoires d’hiver, avec des rues, des écoles et du hockey</em>, Montréal, VLB éditeur, 1987, 142 p. Ill.</p>
<p>Salutin, Rick, avec la collaboration de Ken Dryden, <em>Les Canadiens</em>, Vancouver, Talonbooks, 1977, 186 p. Ill. «Preface» de Ken Dryden.</p>
<p>Simard, André, <em>la Soirée du fockey</em>, dans <em>la Soirée du fockey. Le temps d’une pêche. Le vieil homme et la mort</em>, Montréal, Leméac, coll. «Répertoire québécois», 40, 1974, 92 p. Préface de Normand Chouinard.</p>
<p>[Complément du 23 septembre 2011]</p>
<p>Le plus récent album de Marc Déry s’intitule <em>Numéro 4</em> (Audiogramme, 2011). On y trouve une chanson du même nom, où il est question de Jean Béliveau (et de Bobby Hull).</p>
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		<title>Les parties et le tout</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Aug 2011 09:17:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bande dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Grogne du pion]]></category>
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		<description><![CDATA[Soit la publicité suivante : Tous les mots sont français : «Ne soyez pas mépris par leur air mignon.» Pourtant, ce n’est pas du français. (Suggestion de correction simple : «Ne vous méprenez pas sur leur air mignon.») Il est des cas où, en matière de langue, les parties ne forment pas un tout.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Soit la publicité suivante :</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/08/schtroumpfs.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5159" title="schtroumpfs" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/08/schtroumpfs.jpg" alt="" width="560" height="418" /></a></p>
<p>Tous les mots sont français : «Ne soyez pas mépris par leur air mignon.» Pourtant, ce n’est pas du français. (Suggestion de correction simple : «Ne vous méprenez pas sur leur air mignon.»)</p>
<p>Il est des cas où, en matière de langue, les parties ne forment pas un tout.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Voyage de découverte en Notulie</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Aug 2011 09:17:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[École]]></category>
		<category><![CDATA[Épistolarité]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
		<category><![CDATA[Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>

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		<description><![CDATA[[Le texte qui suit s’inscrit dans un projet de «médiation numérique» intitulé «Autour de Publie.net» et mis sur pied par les bibliothèques de Montréal.] Notulie. n.f. Pays littéraire. Il s’étend aux quatre coins d’Internet. Cap. Épinal. Langue off. Français. Hab. Notulographe et notuliens. Climat. Tempéré. Hist. Indépendante dès son origine, la Notulie est fondée en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>[Le texte qui suit s’inscrit dans un projet de «médiation numérique» intitulé «Autour de Publie.net» et mis sur pied par les <a href="http://bibliomontreal.tumblr.com/">bibliothèques de Montréal</a>.]</p>
<p><em>Notulie</em>. n.f. Pays littéraire. Il s’étend aux quatre coins d’Internet. <em>Cap</em>. Épinal. <em>Langue off</em>. Français. <em>Hab.</em> Notulographe et notuliens. <em>Climat</em>. Tempéré. <em>Hist.</em> Indépendante dès son origine, la Notulie est fondée en mars 2001. <em>Pol.</em> Le créateur de la Notulie est Philippe Didion, dit «Le notulographe». Il a des ambassadeurs plénipotentiaires dans quelques pays (au Canada, cet ambassadeur est H.). <em>Fête nat</em>. 7 mars, date de la naissance de Georges Perec. <em>Industr.</em> Outre les <em>Notules dominicales de culture domestique</em>, la production de la Notulie est faite de chantiers (interminables) : <em>Mémoire louvrière</em> (œuvres commentées du musée du Louvre), <em>Itinéraire patriotique départemental</em> (descriptions de monuments aux morts régionaux), <em>Invent’Hair</em> (collection d’enseignes de figaros surtout français), <em>Atlas de la Série noire</em>, <em>Films vus à la télévision et au cinéma</em>, <em>Déplacements de 1998 (pays, départements, villes, rues)</em>, <em>Souvenirs quotidiens</em> (avant le 4 mars 1997).</p>
<p>Comment accède-t-on à la Notulie ?</p>
<p>On peut s’abonner à la livraison électronique (quasi) hebdomadaire : sur le coup de midi — heure hexagonale —, le dimanche — «le dimanche, c’est […] le jour des notules» —, dans votre boîte de courriel, tombent les <em>Notules dominicales de culture domestique</em>. On dit alors que «les <em>Notules</em> sont servies». Pour les recevoir — et devenir «notulien de base» —, il faut en faire la demande : «les notuliens sont des victimes consentantes».</p>
<p>On peut consulter le site de leur auteur, <a href="http://pdidion.free.fr/">Philipppe Didion</a>, et lire les nouvelles livraisons au fur et à mesure qu’elles paraissent, de même que les plus anciennes. (Le titre du site est légèrement différent : s’y ajoute «(et de villégiature exotique)»).</p>
<p>On peut enfin lire le recueil qu’a publié publie.net en 2008 — puis, si on n’est pas déjà un abonné, le devenir ou aller visiter le site.</p>
<p>Peu importe : tous les chemins devraient mener à la Notulie.</p>
<p>La mission du notulographe tient en quelques mots :</p>
<blockquote><p>Recension critique hebdomadaire des livres lus pendant la semaine, accompagnée d’un aperçu sur certains chantiers en cours et de quelques considérations plus ou moins inintéressantes sur ma trépidante existence.</p></blockquote>
<p>Voilà qui paraît simple : livres lus, chantiers en cours, considérations autobiographiques. Mais l’est-ce (simple) ? Allons voir le recueil.</p>
<p>Philippe Didion y a sélectionné des textes parus entre 2001 et 2007, qu’il publie en ordre chronologique (chaque entrée est titrée, numérotée, datée). Ils sont de longueurs très variables. Exemple (radical) : «Samedi. (Bâillements). (no 284, 3 décembre 2006).» D’autres entrées font quelques pages.</p>
<p>Listes à l’appui, on y découvre ses goûts littéraires et cinématographiques : le roman policier, l’Oulipo (<a href="http://www.oulipo.net/">Ouvroir de littérature potentielle</a>), les finalistes du prix René-Fallet (il est du jury), les films français de série B; en ces domaines, l’érudition (primesautière) est constante. Sans être un grand défenseur du sport professionnel, le notulographe est pourtant fort attaché à son club de football, le <a href="http://www.sasfootball.com/ ">SAS Épinal</a>. Ses marottes reviennent au fil des pages : il ne mange pas — il <em>croûte</em>; il ne prend pas le métro — il <em>métrotte</em>. Il est plus porté sur le train que sur la voiture (ce qui, si l’on se fie à ses récits, est un choix judicieux). En matière de chasse à l’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aptonyme">aptonyme</a>, il n’a de leçon à recevoir de personne, pas même d’<a href="http://www.ledevoir.com/opinion/blogues/mots-et-maux-de-la-politique">Antoine Robitaille</a>.</p>
<p>Professeur de collège, il n’est pas toujours d’accord avec les autorités ni les programmes officiels. En société, il a un idéal — la transparence — et un ennemi — le chauffeur de bus. De-ci de-là, on apprend des choses sur sa santé : il a été grand brûlé, il est abstinent par obligation, il ne multiplie pas les exploits musculaires, il fume, il est adepte de la sieste («ma présence est indispensable at home, personne ne peut faire la sieste à ma place»). Plus jeune, il a fait son service militaire et joué dans le groupe musical <a href="http://garlamb.hic.free.fr/zique/garlambhic.htm">Garlamb’Hic</a>. Sa famille est fréquemment mise en scène : à l’officine, Caroline; leurs filles, Alice la cadette et Lucie l’aînée (on peut mesurer l’évolution de son diabète sous la rubrique «Vie merdicale»). On suit ce quatuor spinalien, «la Didionnée», en villégiature, où le <em>pater familias</em> aligne les triomphes halieutiques. Quelques passages plus sombres racontent des deuils. Philippe Didion est un homme d’habitudes, mais aussi de fidélités.</p>
<p>En Notulie, plusieurs qualités sont essentielles : le plaisir de dire <em>je</em>, la qualité du regard, une mémoire fertile, le sens de l’humour («Il y a décidément plus de pédophiles chez les instituteurs que chez les gérontologues»), le refus de l’esprit de sérieux («j’ai des convictions, auxquelles je n’hésite d’ailleurs pas à tordre le cou dès que ça m’arrange»), une bonne dose d’autodérision («Nous faisons un tour dans la ville, d’abord austère mais pas dépourvue de charme. Un peu comme moi, quoi»).</p>
<p>Philippe Didion a beau dire de son «aventure» qu’elle est «modeste et artisanale», ses lecteurs reviennent de Notulie la besace pleine. On pourrait dire de lui ce qu’il écrit de Jean-Claude Bourdais :</p>
<blockquote><p>À cause aussi de l’empathie qui finit par se créer avec l’homme. Non que celui-ci déploie des trésors de séduction mais parce que, c’est le propre de ces ouvrages quand ils sont réussis, on finit par l’accepter comme un compagnon de sa propre vie, on s’attache à lui et parce que la manque d’indulgence dont il fait preuve pour lui-même vous renvoie à votre propre médiocrité.</p></blockquote>
<p>Bienvenue en Notulie.</p>
<p>P.S.—On l’aura compris : il existe un vocabulaire de la Notulie. On le trouve dans la livraison du <a href="http://pdidion.free.fr/notules_2010/notules_2010_janvier.htm">10 janvier 2010</a>.</p>
<p>Référence</p>
<p>Didion, Philippe, <a href="http://www.publie.net/tnc/spip.php?article120"><em>Notules dominicales de culture domestique</em></a>, livre électronique, Saint-Cyr sur Loire, publie.net, coll. «Temps réel», 2008, 355 p.</p>
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