Néologie sexuelle non carnée du jour

En 2013, l’Oreille tendue avait croisé les végésexuels : «ceux qui choisissent de n’avoir des relations intimes qu’avec des végétariens» (Radio-Canada, via @PimpetteDunoyer).

Ce matin, dans le Devoir, elle tombe sur le vegansexuel : celui qui ne «couche qu’avec des adeptes du même régime» (p. A5).

Elle aurait dû le prévoir.

P.-S. — Végésexuel et vegansexuel sont en bonne compagnie.

Petite annonce (théâtrale)

Guillaume Corbeil, Unité modèle, 2016, couverture

 «L’endroit qu’on habite
C’est pas juste un numéro sur une porte
C’est une émotion»

Pièce de théâtre récente en parfait état de marche : Unité modèle de Guillaume Corbeil. Cinq actes (et un prologue), trois personnages («Le représentant», «La représentante», «Émile»), un lieu (l’unité modèle de Diorama, complexe immobilier en plusieurs phases), des listes (d’objets, de marques), des assemblages antithétiques («Sensuelle et intelligente», «Viril et délicat», p. 31; «Un monument érigé à la mémoire du présent», p. 79), des antimétaboles («Pour que vous viviez vos rêves / Et que vous rêviez votre vie», p. 50), des répétitions habilement réparties «Selon la disposition de l’unité». Admirable construction en clichés (publicitaires, télévisuels, cinématographiques, amoureux, gastronomiques, sociaux) pièce sur pièce. Verbes au conditionnel à tous les étages. Érotisme de bon aloi. Abondance d’images au goût du jour. Crise finale (ou pas). En prime : «Un look urbain et sport» (p. 24); «Champlures traditionnelles / Provençales / Classiques / Urbaines / Ou contemporaines» (p. 35); au dernier étage, «ce qu’on a appelé le chalet urbain» (p. 47). À partager le plus rapidement et le plus largement possible.

Référence

Corbeil, Guillaume, Unité modèle, Montréal, Atelier 10, coll. «Pièces», 07, 2016, 109 p. Ill.

Le zeugme du dimanche matin et de Marguerite Yourcenar

«Il aurait pu rentrer dans sa forge sans être inquiété, mais il était de ceux qui préfèrent à tout la saveur de l’air libre et de la nourriture volée.»

Marguerite Yourcenar, Nouvelles orientales, Paris, Gallimard, coll. «L’imaginaire», 1963 (1938), 149 p., p. 105.

Un p’tit coup de science, avec ça ?

Depuis quelques années, l’Oreille tendue collectionne les bars improbables. Il y a jadis naguère, sur Twitter, @revi_redac lui faisait remarquer qu’elle n’avait jamais abordé le bar des sciences. Dont acte.

Il s’agit d’une pratique courante, par exemple dans le cadre de l’émission radiophonique les Années lumière de la Société Radio-Canada. La France en est également friande.

Ce type de bar a maintenant de la concurrence.

Il existe en effet des cafés scientifiques. On peut aussi participer, en bilingue, à l’activité Pinte de science / Pint of Science Canada. Description :

Le Festival Pinte de Science – Pint of Science invite des scientifiques dans votre bar préféré pour discuter avec vous de leurs dernières recherches et découvertes. C’est pour vous l’occasion parfaite de rencontrer les véritables acteurs de la science en chair et en os. Vous n’avez plus d’excuse de ne pas venir partager un verre avec nous !

On n’arrête pas le progrès.