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	<title>L’oreille tendue &#187; Histoire de la langue</title>
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	<description>« Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler » (André Belleau).</description>
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		<title>Du qui qui</title>
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		<pubDate>Fri, 21 May 2010 09:34:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de la langue]]></category>

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		<description><![CDATA[Quiconque prête l’oreille dans la Belle province aura entendu des interrogations en double qui, en construction simple ou complexe. Exemple (classique) de construction simple : «Les amis de la garderie, qui qui veut des beignes à matin ?» Complexe : «De qui qui a peur ?»
On aurait tort de penser qu’il s’agit d’une tournure récente. On la trouvait déjà [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quiconque prête l’oreille dans la Belle province aura entendu des interrogations en double <em>qui</em>, en construction simple ou complexe. Exemple (classique) de construction simple : «Les amis de la garderie, qui qui veut des beignes à matin ?» Complexe : «De qui qui a peur ?»</p>
<p>On aurait tort de penser qu’il s’agit d’une tournure récente. On la trouvait déjà (au moins) au début du XXe siècle.</p>
<p>Soit une brochure de 1922 : <em>le Parler de chez nous. Conférence donnée à l’Hôtel de ville de Québec, sous le patronage de la Société des arts, sciences et lettres, par M. Joseph Dumais. Professeur de diction française, directeur du Conservatoire de Québec, membre de la Société des auteurs canadiens et de la Société des arts, sciences et lettres</em>. L’auteur y traite surtout de phonétique, à la fois française et canadienne (comme on disait à l’époque). Non sans humour, il transcrit des phrases, de France et du Québec, «en gardant l’orthographe qui correspond à la prononciation» (p. 29).</p>
<p>L’une de ces transcriptions est datée du 18 mai 1918. Elle rapporte le difficile parcours scolaire d’un garçon appelé Nicole. Le texte se termine par une interrogation de la mère du petit : «Pou’ez-vous m’dir’ de qui qui quien ?» (p. 31)</p>
<p>«Pouvez-vous me dire de qui il tient ?» n’aurait certes pas eu le même charme.</p>
<p>Référence</p>
<p>Dumais, Joseph, <em>le Parler de chez nous. Conférence donnée à l’Hôtel de ville de Québec, sous le patronage de la Société des arts, sciences et lettres, par M. Joseph Dumais. Professeur de diction française, directeur du Conservatoire de Québec, membre de la Société des auteurs canadiens et de la Société des arts, sciences et lettres</em>, Québec, Chez l’auteur, 1922, ii/41 p. Préface d’Alphonse Désilets, B.A., Homme de lettres, etc.</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/05/Dumais_1922.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1636" title="Le parler de chez nous (1922)" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/05/Dumais_1922.jpeg" alt="" width="467" height="684" /></a></p>
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		<title>Nul(s)</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Apr 2010 09:32:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Dicos]]></category>
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		<category><![CDATA[Ma cabane au Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Numérique]]></category>
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		<description><![CDATA[Il nous arrive tous, un jour ou l’autre, pour ceci ou pour cela, d’être nul. Nous avons alors besoin d’aide. D’où une série de livres réputés nous dépanner.
L’oreille tendue, quand elle a voulu se refaire une beauté, a ainsi eu recours, avec profit, à WordPress pour les nuls, de Lisa Sabin-Wilson.
Pour qui se croirait nul [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il nous arrive tous, un jour ou l’autre, pour ceci ou pour cela, d’être nul. Nous avons alors besoin d’aide. D’où une série de livres réputés nous dépanner.</p>
<p><em>L’oreille tendue</em>, quand elle a voulu se refaire une beauté, a ainsi eu recours, avec profit, à <em>WordPress pour les nuls</em>, de Lisa Sabin-Wilson.</p>
<p>Pour qui se croirait nul en matière de langue française parlée au Québec, il existe désormais un «guide de conversation» qui permet de partir «à la découverte d’une langue attachante», <em>le Parler québécois pour les nuls</em> (2009). Les auteures, Marie-Pierre Gazaille et Marie-Lou Guévin, «sont québécoises et travaillent dans le domaine de la communication et de la rédaction» (4e de couverture). <em>L’Oreille tendue</em> leur a rendu visite.</p>
<p>On fait de véritables découvertes chez elles. Le mot <em>babines</em> (lèvres) «est apparu dans le parler québécois au XVe siècle» (p. 128). Ce n’est pourtant pas le mot le plus ancien : <em>bajoues</em> («Les belles joues rondes d’un enfant»), lui, date, «dans le langage québécois», du XIVe siècle (p. 130). Les médiévistes québécois se réjouiront d’avoir un nouvel objet d’étude.</p>
<p>Les auteures, non contentes de dater les mots et d’indiquer leur sens, n’hésitent pas à en proposer l’étymologie. Selon <em>le Petit Robert</em> (édition électronique de 2007), l’histoire d’<em>itou</em> serait la suivante : «début XVIIe; altération dialectale de l’ancien français <em>et atot</em>, <em>et otot</em>, <em>atot</em>, encore XVIe <em>à tout</em>, <em>atout</em> “avec”». Que nenni, rétorquent les auteures du <em>Parler québécois pour les nuls</em> : «Dérivé de l’anglais me too, qui signifie “moi aussi”» (p. 68). Il est vrai que cette seconde hypothèse est plus simple que la première, inutilement historique.</p>
<p>Datation, définition, étymologie; ajoutons à cela un peu de phonétique empirique. <em>Bomme peur</em> (<em>bumper</em>, pare-chocs), <em>mofleur</em> (<em>muffler</em>, silencieux) et <em>taï-eur de spère</em> (<em>tire de spare</em>, roue de secours) sont jolis (p. 170-171). On se demande cependant, pour s’en tenir aux mots venus de l’anglais, pourquoi on n’a pas jugé utile de donner la prononciation supposée de <em>sizer quelqu’un</em> (juger, jauger, p. 79), de <em>butcher</em> (effectuer un travail de manière négligente, p. 185) ou de <em>muffer</em> (échouer, ne pas réussir, p. 190). Il est bien vrai que «la façon d’exprimer ses émotions au Québec» est souvent «tintée» d’anglicismes (p. 44).</p>
<p>Dans le même ordre d’idées, le lecteur pinailleur pourra se demander pourquoi il faut dire <em>ça ne vaut pas cinq cents</em> (ça ne vaut rien, p. 146), mais <em>être proche de ses cennes</em> (être avare, p. 147) et <em>ne pas avoir une cenne</em> (être pauvre, p. 149). Mystère.</p>
<p>Chacun le sait : la langue est chose subtile. Tout passe parfois par une seule lettre. <em>Barguigner</em> a une lettre de trop dans la francophonie; au Québec, <em>barguiner</em> est plus vif (p. 143) — et mérite son entrée au dictionnaire. Pour qui risquerait de se tromper, on précise que dans la Belle Province on dit <em>faire du ch’val</em> et non <em>faire du cheval</em> (monter à cheval, p. 209); cela évitera bien des confusions. Le lecteur choisira entre <a href="http://oreilletendue.com/2010/03/29/chnoutte-vous-avez-dit-schnoutte/"><em>schnoutte</em></a> (p. 80) et <em>chnoutte</em> (p. 146); le livre ne tranche pas.</p>
<p>Certaine distinction est plus subtile encore. Si, en 2001, dans <em>le Village québécois d’aujourd’hui</em> (p. 123), et, en 2004, dans le <em>Dictionnaire québécois instantané</em> (p. 204), le <em>side-line</em> était défini comme un «Revenu périprofessionnel», sans trait d’union, il est devenu, en 2009, dans l’ouvrage de Gazaille et Guévin, un «Revenu péri-professionnel» (p. 191), avec trait d’union.</p>
<p><em>Le Parler québécois pour les nuls</em> est plein de choses inattendues sur le plan linguistique; ce n’est pas moins vrai sociologiquement. Le projet des auteures est en effet pédagogique : «Grâce à de nombreux encadrés, vous vous familiariserez avec la culture locale» (4e de couverture), son climat, ses routes, ses sports, sa cuisine (poutine et pâté chinois), le nombre de ses bises (deux). Le classement des mots et expressions est «thématique» (à défaut de meilleur terme). Deux exemples instructifs suffiront.</p>
<p>On ne prescrit pas la prononciation de <em>mouver</em>, mais on donne le sens du mot (déménager), en plus de fournir un exemple : «Le mois prochain Louise va mouver avec son chum dans un joli 41/2 de la rue Richard» (p. 162). Il existe donc au Québec des espaces d’habitation appelés «41/2».</p>
<p>Que font les Québécois pendant <em>le temps des sucres</em>, au printemps ? «Comme Pâques est à ce même moment de l’année, [ils] célèbrent souvent cette fête religieuse à la cabane à sucre» (p. 205). Voilà pourquoi Montréal était une ville déserte il y a dix jours. Tout s’explique.</p>
<p>On ne se lasse pas de citer pareil ouvrage. Malheureusement, il faut s’y résigner.</p>
<p>P.S.—Encore un coup, allez ! On élargira son savoir en étudiant l’étymologie de <em>zigonner</em> (perdre son temps, p. 73), de <em>bobettes</em> (sous-vêtement, p. 131) et de <em>gougounes</em> (sandales légères de plage, p. 136), en contrastant le chien qui <em>jappe</em> et celui qui <em>aboie</em> (p. 210), en découvrant le <em>court-circuit</em> à la <em>balle molle</em> (p. 202) ou en s’interrogeant sur les expressions <em>goaler un projet</em> (effectuer un travail de manière efficace, p. 187) ou <em>faire de la boulechitte</em> (produire un travail de piètre qualité, p. 196).</p>
<p>Références</p>
<p>Gazaille, Marie-Pierre et Marie-Lou Guévin, <a href="http://www.pourlesnuls.fr/catalogue/1616-langues/1617-langue-francaise/le-parler-quebecois-guide-de-conversation-pour-les-nuls-EAN9782754014762.html"><em>le Parler québécois pour les nuls</em></a>, Paris, Éditions First, 2009, xiv/221 p. Préface de Yannick Resch.</p>
<p>Melançon, Benoît et Pierre Popovic, <em>le Village québécois d’aujourd’hui. Glossaire</em>, Montréal, Fides, 2001, 147 p.</p>
<p>Melançon, Benoît, avec la collaboration de Pierre Popovic, <a href="  http://fides.qc.ca/dictionnaire_quebecois/"><em>Dictionnaire québécois instantané</em></a>, Montréal, Fides, 2004 (deuxième édition, revue, corrigée et full upgradée), 234 p. Illustrations de Philippe Beha.</p>
<p>Sabin-Wilson, Lisa, <a href="http://www.pourlesnuls.fr/catalogue/1622-informatique/1626-internet/wordpress-pour-les-nuls-EAN9782754014809.html"><em>WordPress pour les nuls</em></a>, Paris, Éditions First, 2009, xxi/477 p. Traduction de Stéphane Bontemps et Denis Duplan.</p>
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		<title>La langue fait signer</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Oct 2009 07:38:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire de la langue]]></category>

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		<description><![CDATA[Un «Point de vue» a paru dans le Monde du 30 septembre sous le titre «L’orthographe, un jardin à élaguer».
Ses douze signataires appellent l’Académie française à «poursuivre sa mission de régularisation». L’Académie française ? Oui : «Avec l’Académie, on assiste à la promotion d’un usage unique mais, par la suite, les Immortels ont constamment remanié leur propre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un «Point de vue» a paru dans <em>le Monde</em> du 30 septembre sous le titre <a href="http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/09/30/l-orthographe-un-jardin-a-elaguer_1247235_0.html">«L’orthographe, un jardin à élaguer»</a>.</p>
<p>Ses douze signataires appellent l’Académie française à «poursuivre sa mission de régularisation». L’Académie française ? Oui : «Avec l’Académie, on assiste à la promotion d’un usage unique mais, par la suite, les Immortels ont constamment remanié leur propre norme, presque toujours dans le sens d’une régularisation : chaque édition de leur <em>Dictionnaire</em> — neuf au total — définit un nouvel état orthographique. Notre orthographe est donc une orthographe réformée et chaque usager est, qu’il le veuille ou non, un réformiste qui s’ignore.» Voilà qui étonnera plus d’un <a href="http://oreilletendue.com/2009/09/24/citation-juste-du-jour/">puriste</a>.</p>
<p>Les signataires sont Bernard Cerquiglini, Jean-Claude Chevalier, Pierre Encrevé, André Goosse, Renée Honvault, Jean-Pierre Jaffré, <a href="http://oreilletendue.com/2009/09/01/citation-belge-du-jour/">Jean-Marie Klinkenberg</a>, Gilbert Lazard, Michel Masson, Bernard Quemada, Henriette Walter et Viviane Youx.</p>
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		<title>La langue fait écrire</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Oct 2009 06:15:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le Monde des livres d’aujourd’hui, le 2 octobre, donc d’hier, quatre comptes rendus de livres sur la langue : sur l’orthographe (Olivier Houdart et Sylvie Prioul), sur la ponctuation (Érik Orsenna), sur Bossuet (Jean-Michel Delacomptée), sur l’invention du «français littéraire» au XIXe et au XXe siècle (sous la direction de Gilles Philippe et Julien Piat).
Pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans <em>le Monde des livres</em> d’aujourd’hui, le 2 octobre, donc d’hier, quatre comptes rendus de livres sur la langue : sur l’orthographe (Olivier Houdart et Sylvie Prioul), sur la ponctuation (Érik Orsenna), sur Bossuet (Jean-Michel Delacomptée), sur l’invention du «français littéraire» au XIXe et au XXe siècle (sous la direction de Gilles Philippe et Julien Piat).</p>
<p>Pour celui de demain, le 3, donc d’aujourd’hui, on annonce un dossier spécial de quatre pages : «Une langue meurt en moyenne tous les quinze jours. Une grande enquête sur ces langues menacées d’extinction.»</p>
<p>Ouf.</p>
<p>Références</p>
<p>Houdart, Olivier et Sylvie Prioul, <em>la Grammaire, c’est pas de la tarte !</em>, Paris, Seuil, 2009, 190 p.</p>
<p>Orsenna, Érik, <em>Et si on dansait ?</em>, Paris, Stock, 2009, 130 p.</p>
<p>Delacomptée, Jean-Michel, <em>Langue morte. Bossuet</em>, Paris, Gallimard, coll. «L’un et l’autre», 2009, 198 p.</p>
<p>Philippe, Gilles et Julien Piat (édit.), <em>la Langue littéraire. Une histoire de la prose en France de Gustave Flaubert à Claude Simon</em>, Paris, Fayard, 2009, 576 p.</p>
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		<title>Le serpent de mer</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Aug 2009 09:26:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire de la langue]]></category>

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		<description><![CDATA[À l’occasion de la parution prochaine de l’essai Zéro faute. L’orthographe, une passion française de François de Closets (Paris, Mille et une nuits, 2009), l’hebdomadaire le Point publie un dossier avec titre en couverture : «Orthographe. La grande injustice» (numéro 1928, 27 août 2009, p. 46-54).
De Closets se souvient qu’il a été «un jeune délinquant orthographique», [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À l’occasion de la parution prochaine de l’essai <em>Zéro faute. L’orthographe, une passion française</em> de François de Closets (Paris, Mille et une nuits, 2009), l’hebdomadaire <a href="http://www.lepoint.fr/"><em>le Point</em></a> publie un dossier avec titre en couverture : «Orthographe. La grande injustice» (numéro 1928, 27 août 2009, p. 46-54).</p>
<p>De Closets se souvient qu’il a été «un jeune délinquant orthographique», rejeté par les «graphocrates» et les «graphorigides». Résigné, il ne croit pas à une réforme : «On ne peut plus résoudre la crise de l’orthographe actuelle par une simplification, il faudrait faire une réforme de très grande ampleur, qui serait rejetée.» La solution ? Les correcteurs informatiques. (Ça ne s’invente pas.)</p>
<p>Le dossier contient tous les lieux communs d’usage. «L’orthographe est en crise. Collégiens, étudiants, cadres : les nouvelles générations ne savent plus écrire trois phrases sans erreurs» (Fabien Roland-Lévy). «Notre langue [est] magnifique dans son ordonnancement général» (François de Closets). «Je n’entrerai pas dans la querelle du niveau général des élèves d’aujourd’hui. Ce que je sais, c’est qu’en français ce niveau décline» (Érik Orsenna).</p>
<p>Quand on sait que la dernière <a href="http://www.academie-francaise.fr/langue/orthographe/plan.html">proposition de rectifications orthographiques</a> date, en France, de décembre 1990, on doit constater que la discussion est toujours aussi mal nourrie. Le «psychodrame national» (Fabien Roland-Lévy) n’est pas prêt de se régler.</p>
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		<title>Là (là)</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2009/07/22/la-la/</link>
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		<pubDate>Wed, 22 Jul 2009 10:42:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Divergences transatlantiques]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de la langue]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>

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		<description><![CDATA[Qu’est-ce que le français parlé au Québec au début du XXIe siècle ? Une variété régionale du français.
On y trouve des mots réputés archaïques selon les dictionnaires publiés en France (barrer la porte pour verrouiller la porte), des mots, inconnus ailleurs, pour désigner des réalités locales (poudrerie pour neige poussée par le vent pendant qu’elle tombe), [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Qu’est-ce que le français parlé au Québec au début du XXIe siècle ? Une variété régionale du français.</p>
<p>On y trouve des mots réputés archaïques selon les dictionnaires publiés en France (<em>barrer la porte</em> pour <em>verrouiller la porte</em>), des mots, inconnus ailleurs, pour désigner des réalités locales (<em>poudrerie</em> pour <em>neige poussée par le vent pendant qu’elle tombe</em>), des mots créés pour éviter d’avoir recours à d’autres venus de l’anglais (<em>courriel</em> pour <em>e-mail</em>), quelques mots amérindiens (<em>achigan</em>) ou anglais (<em>aréna</em>) entrés dans la langue courante. La féminisation des titres de fonctions y est recommandée (<em>auteure</em>). Il y a <em>des</em> accents québécois comme il y a <em>des</em> accents hexagonaux. Sur le plan de la syntaxe, rien de significatif ne distingue cette variété du français de la langue dite standard.</p>
<p>(Sur ces questions, surtout de vocabulaire, une lecture recommandée : <a href="http://www.quebec-amerique.com/00_TITRE/HTML_800B/848.html"><em>le Vif Désir de durer. Illustration de la norme réelle du français québécois</em></a>, de Marie-Éva de Villers, Montréal, Québec Amérique, 2005, 347 p. Ill.).</p>
<p>Et il y a des fréquences lexicales qui ne sont pas les mêmes des deux côtés de l’Atlantique.</p>
<p>Un seul exemple, auxquels m’ont triplement fait penser les médias hier : le mot <em>là</em>, beaucoup plus souvent utilisé ici que… là, et dans toutes sortes de contextes.</p>
<p>Dans <em>la Presse</em>, une publicité pour Toyota : «La Corolla, là, là» (21 juillet 2009, p. A11). Ce «là là» est non seulement repérable comme élément de la langue courante pour tout Québécois francophone, il est aussi une allusion à un trait réputé propre aux habitants de la région du Saguenay. On l’entend notamment à satiété dans la bouche du maire de la ville de Saguenay, Jean Tremblay, ce qui lui a valu le surnom de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Tremblay">Jean «là là» Tremblay</a>.</p>
<p>Le matin, à la radio, une entrevue de Guy A. Lepage, au sujet de la troupe d’humoristes, aujourd’hui disparue, Rock et belles oreilles : il y méditait sur «ce métier-là». De quoi s’agit ? Pas besoin de le dire : n’importe quel artiste québécois sait désigner sa pratique par cette expression convenue. Plombier, garagiste, artisan : ce sont des métiers. Artiste : c’est «ce métier-là».</p>
<p>Toujours à la radio, en fin d’après-midi, une chronique de livres : en sept minutes, la chroniqueuse parle de «ce livre-là» (trois fois), de «cette ferme-là», de «cette façon-là», de «ce goût du monde-là» — et j’en oublie.</p>
<p>On me reprochera peut-être d’insister sur des cas particuliers. Néanmoins, je crois que ces trois exemples-là sont clairs, là (là).</p>
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		<title>Le français de Michael Ignatieff</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2009/06/14/le-francais-de-michael-ignatieff/</link>
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		<pubDate>Sun, 14 Jun 2009 22:17:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de la langue]]></category>
		<category><![CDATA[Lumières]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>
		<category><![CDATA[À il et à elle]]></category>
		<category><![CDATA[À tu et à toi]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Parti conservateur du Canada, dont le chef, Stephen Harper, dirige actuellement le pays, a récemment lancé des campagnes publicitaires contre le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, qui veut lui succéder. L’argument central est clair : on reproche à Ignatieff sa différence — et plus particulièrement sa différence linguistique.
Les Conservateurs attaquent Michael Ignatieff (vidéo)
Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style=";font-family:trebuchet ms;font-size:100%;">Le Parti conservateur du Canada, dont le chef, Stephen Harper, dirige actuellement le pays, a récemment lancé des campagnes publicitaires contre le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, qui veut lui succéder. L’argument central est clair : on reproche à Ignatieff sa différence — et plus particulièrement sa différence linguistique.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.quisuisje.ca/#Leadership">Les Conservateurs attaquent Michael Ignatieff (vidéo)</a></p>
<p>Le texte de la publicité est clair : «[Voix d’homme, accent neutre] Qui suis-je&nbsp;? Le premier a quitté le Canada en 1969. Le deuxième appelle la Grande-Bretagne sa terre d’adoption et les États-Unis son pays. Le troisième dit qu’à part les panneaux routiers il n’y aucune différence entre le Minnesota et le Québec. Il s’agit de : Michael Ignatieff, Michael Ignatieff et Michael Ignatieff — qui se vante de parler le français “de France” [prononcé à l’anglaise], et non pas le québécois. Connaissez-vous vraiment cet homme ? [Voix de femme, accent anglo] Un message des Conservateurs.»</p>
<p>Qu’est-ce que ça veut dire «ne pas parler le québécois» ? (Je laisse de côté le fait qu’il n’existe aucune langue qui s’appelle «le québécois»; c’est un autre débat.) Essentiellement, une chose : parler avec un accent français, soit «parler le français “de France”».</p>
<p>Par cette attaque, les Conservateurs ont voulu jouer sur une vieille corde sensible des Québécois, la nature de leur langue, sa force et ses faiblesses, et, en dernière instance, sur le rapport difficile du Québec à la France. Il est vrai que la question linguistique est une des plus vieilles marottes québécoises. Dès les récits de voyage des XVIIe et XVIIIe siècles, il est sans cesse fait allusion à la langue parlée dans la colonie. À l’époque, on vante sa qualité, et particulièrement la prononciation des colons; depuis le début du XIXe siècle, comme l’a montré <a href="http://www.pulaval.com/catalogue/vient-accent-des-quebecois-celui-des-9086.html">Jean-Denis Gendron</a>, c’est le contraire (ce serait la cata).</p>
<p>Malgré l’importance historique des débats sur l’accent et la prononciation au Québec, les Conservateurs se sont trompés, et doublement.</p>
<p>Il n’est pas du tout sûr, d’une part, que les électeurs soient très sensibles, en matière de choix électoral, à cet aspect-là de la langue. C’est ce que semblent d’ailleurs révéler les premiers sondages sur l’efficacité, on non, de ces publicités négatives. Selon Jean-Denis Bellavance, de <span style="font-style: italic;font-family:trebuchet ms;font-size:100%;">la Presse</span><span style=";font-family:trebuchet ms;font-size:100%;">, <a href="http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/200906/07/01-863863-les-pubs-contre-ignatieff-nont-pas-fait-mouche.php">«Les pubs contre Ignatieff n’ont pas fait mouche»</a>. On verra si l’avenir confirme ces premiers sondages.</span></p>
<p>D’autre part, il y a des choses bien plus intéressantes dans le français de Michael Ignatieff que son accent. Écoutez son discours du 4 juin à Montréal :</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="400" height="220" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=5046041&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=&amp;fullscreen=1" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="400" height="220" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=5046041&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=&amp;fullscreen=1" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://vimeo.com/5046041">Collecte de fonds annuelle du Québec</a> de <a href="http://vimeo.com/user1692023">Liberal</a> sur <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a></p>
<p>Contrairement à la langue de bois municipalo-provincialo-fédérale, il ne dit pas «les Montréalais et les Montréalaises, les Québécois et les Québécoises, les Canadiens et les Canadiennes»; il paraît avoir la bizarre conviction que «les Canadiens», c’est assez clair et que ça suffit. Il est même capable de vouvoyer sa femme !</p>
<p>On peut déjà s’attendre à ce que les faiseurs d’images essaient de le faire changer — d’accent, de vocabulaire, de pronom personnel. Ce serait la pire stratégie. Michael Ignatieff ne semble pas avoir d’état d’âme à jouer la carte de l’indépendance d’esprit : il ne parle pas comme Sheila Copps, il lit des livres — pire, il en écrit —, il vouvoie sa femme. Pourquoi voudrait-il rentrer dans le rang ? Pour parler français comme Stephen Harper ?</p>
<p>(C’est ce que je raconte, pour l’essentiel, dans <a href="http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/dimanchemag/niveau2_liste34_200906.shtml">un reportage de Janic Tremblay</a> diffusé à l’émission <span style="font-style: italic;font-family:trebuchet ms;font-size:100%;">Dimanche magazine</span><span style=";font-family:trebuchet ms;font-size:100%;"> le 14 juin 2009.)</span></p>
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