Le chien parlant

«Gore-Tex possédait également un chien sans nom retenu par une corde, et par ce chien se faisait appeler papa : viens voir papa, va voir papa là-bas, demande à boire à papa, mange bien la bonne boîte à papa. Attention, papa va se fâcher» (p. 75).

Echenoz, Jean, Un an, Paris, Éditions de Minuit, 1997, 110 p.

Citation irradiante du jour

Jean Echenoz, l’Équipée malaise, 1986, couverture

«Ils s’allongèrent parmi des tournesols à deux cents mètres du château d’eau; au-dessus d’eux, déjà braquées plein ouest, les fleurs courtisanes guettaient le lever du radiateur.»

Jean Echenoz, l’Équipée malaise, Paris, Éditions de Minuit, 1986, 251 p., p. 245.

Une image vaut 2000 mots

Acheté récemment, à la Librairie O Vieux Bouquins Librairie Michel Villeneuve, 2000 mots bilingues par l’image, ouvrage publié en 1920, par l’abbé Étienne Blanchard, à Montréal. En page de droite, des illustrations; en page de gauche, les mots qui les désignent, en anglais et en français. Le tout accompagné de remarques sur l’étymologie, la prononciation, les fautes courantes, etc.

Exemple

Ah ! l’heureux temps où les crosses (fig. 24), les cages d’écureuil (fig. 25 et 26), les truelles (fig. 27 et 28), les jeux de tennis (fig. 29) et, surtout, les lampes à souder (fig. 30) faisaient partie des «garnitures de maison» !

On apprend des choses étonnantes et néanmoins utiles dans ce livre.

Il existe des formes fautives, faciles à corriger. «[Au] lieu de dire : J’ai mis mon suit case à la parcel office, disons : — J’ai consigné mon porte-habit» (p. 8).

Il fut un temps où le popcorn s’appelait crispettes (p. 16).

Qu’est-ce que la conscience ? «La conscience est la plaque sur laquelle on appuie la poitrine pour percer» («Perceuse à conscience», p. 82 et «Vilbrequin d’angle», p. 84).

L’epigona ? «Assouplisseur pour les doigts. Ce petit appareil à [sic] cinq touches à ressort de même largeur que celles du piano. Il permet aux pianistes, violonistes et tous instrumentistes d’acquérir la souplesse et l’écartement réguliers et progressifs des doigts» (p. 48). Ce serait un des «Accessoires de bureau».

Le titre est cependant trompeur. Il n’indique pas que l’abbé Blanchard est un fervent défenseur de «la soudure des mots composés» (p. 3), qu’il offre, sur deux colonnes, une section de «Disons» ceci «Plutôt que» cela (p. 104-105) et qu’il a préparé un glossaire de la «balle au camp» (baseball) et un glossaire du «hoquet» (hockey), joliment désuets (p. 106-109). («Hoquet» ? «Le mot hockey vient de l’ancien mot français hoquet. Nous sommes de l’avis du “Droit”, proposant de substituer ce mot à gouret», p. 60.)

On trouve tout cela charmant, sauf quand il est question des «métèques de Montréal» (p. 36), qui paraissent bien moins appréciés que «nos gens».

Référence

Blanchard, abbé Étienne, 2000 mots bilingues par l’image, Montréal, L’Imprimerie des marchands limitée, 1920, 112 p. Ill.

Étienne Blanchard (© Université de Montréal)

Apprendre le français

David Sedaris, Engulfed in Flames, 2008, couverture

David Sedaris, même s’il habite plusieurs mois par année en France, a du mal avec la langue française. Dans When You Are Engulfed in Flames (2008), il fait remarquer que la prison est un excellent lieu pour apprendre une nouvelle langue, du moins dans sa version la plus populaire.

Though harsh in other respects, prison would be an excellent place to learn a foreign language—total immersion, and you’d have the new slang before it even hits the streets. Unlike the French school that I actually attended, this one, when it came to verbs, would likely start with the imperative : «Bend over.» «Take it.» That kind of thing. Still, though, you’d have your little conversations. In the cafeteria, in the recreation room or crafts center, if they have them in a French prison, and I imagine they do (éd. de 2009 p. 186).

L’Oreille tendue n’y avait jamais pensé.

Référence

Sedaris, David, When You Are Engulfed in Flames, New York, Back Bay Books. Little, Brown and Company, 2009 (2008), xii/323 p.