Nook, blook, vook

Avant même que Barnes & Noble ne lance son livre électronique, le nook, les Anglo-Saxons avaient un nouveau mot pour désigner un livre tiré d’un blogue : blook (blog + book). Et un autre, pour les fichiers mêlant de la vidéo et du texte : vook (video + book).

Blivre et vivre ?

 

[Complément du 11 janvier 2010]

David Pogue du New York Times interroge ses lecteurs sur les noms des liseuses électroniques à venir ici.

 

[Complément du 16 novembre 2012]

Vous tombez sur un faux blogue ? C’est un flog (la Presse, 14 novembre 2012, cahier Affaires, p. 2).

Du texto et de ses effets linguistiques, bis

Le texto annonce-t-il la mort de la maîtrise de l’orthographe ? Pas en anglais, si l’on en croit une équipe de chercheurs du Canada.

Written communication in instant messaging, text messaging, chat, and other forms of electronic communication appears to have generated a «new language» of abbreviations, acronyms, word combinations, and punctuation. In this naturalistic study, adolescents collected their instant messaging conversations for a 1-week period and then completed a spelling test delivered over instant messaging. We used the conversations to develop a taxonomy of new language use in instant messaging. Short-cuts, including abbreviations, acronyms, and unique spellings were most prevalent in the instant message conversation, followed by pragmatic signals, such use of emoticons, emotion words, and punctuation, and typographical and spelling errors were relatively uncommon. With rare exceptions, notably true spelling errors, spelling ability was not related to use of new language in instant messaging. The taxonomy provides an important tool for investigating new language use and the results provide partial evidence that new language does not have a harmful effect on conventional written language.

La conclusion est claire : «spelling ability was not related to use of new language in instant messaging» (la compétence en épellation n’était pas liée à l’utilisation d’un nouveau langage dans la communication instantanée).

Il n’y a pas de raison de penser que la situation serait différente en français.

Référence

Varnhagen, Connie K., G. Peggy McFall, Nicole Pugh, Lisa Routledge, Heather Sumida-MacDonald et Trudy E. Kwong, «lol: new language and spelling in instant messaging», Reading and Writing, mai 2009.

Avancez en arrière

Mêlez Facebook et une bonne dose de nostalgie, et vous vous retrouvez avec une nouvelle catégorie socialo-affective : le rétrosexuel. Définition de Slate.fr : «Le Boston Phoenix a […] inventé un terme pour ces personnes qui renouent avec leurs premiers amours [grâce à Facebook] : les “rétrosexuels”.»

Sous la plume de Claire Suddath, le magazine Time, dont s’inspire l’article de Slate.fr, parle de «recycled love». C’est un peu plus brutal.

Quatre mots pour le XXIe siècle

Jusqu’à tout récemment, trois mots (en «c») semblaient bien résumer, pour l’Oreille tendue, le début du XXIe siècle.

Commémoration. L’année dernière, c’était celle des Canadiens de Montréal. Vendredi dernier, celle du 11 septembre 2001. Hier, celle de la bataille des plaines d’Abraham à Québec. La semaine prochaine, ce sera autre chose.

Conspiration. Voilà qui obsède les créateurs : nous vivons à l’ère du complot. Lire The Da Vinci Code de Dan Brown, Checkpoint de Nicholson Baker, le Projet Syracuse. Vie et mort de Wolf Habermann (1895 ? – 1979 ?), mathématicien, philologue, amateur de baseball et soi-disant conspirateur de Georges Desmeules, les romans d’Henning Mankell ou la trilogie Millénium de Stieg Larsson. Essayer de suivre la série télévisée 24.

Communauté. Qu’est-ce que le Web 2.0 — Facebook, Twitter, Flickr, YouTube —, sinon la création de communautés ? Quelle est la valeur récurrente des discours de Barack Obama ?

L’Oreille se rend compte qu’il lui manquait un mot : génération C. De quoi s’agit-il ? «La “génération C”, c’est celle du million et demi de Québécois nés entre 1982 et 1996, ces jeunes qui ont grandi avec les micro-ordinateurs et Internet et qui s’en servent pour communiquer, collaborer et créer comme jamais auparavant dans l’histoire», explique le site du colloque qui porte le nom de cette nouvelle génération. En faites-vous partie ? Réponse ici.

 

[Complément du 26 décembre 2015]

Sur le complot et la complicité, on écoutera le Monde selon Antoine Perraud, sur France Culture, livraison du 4 octobre 2015.

Retard du blogueur non tatoué

Toute contente, hier, de découvrir, à l’émission de radio Citoyen numérique de Michel Dumais, l’expression «tatouage des fichiers», dans la bouche de Gilles Herman des Éditions du Septentrion. Quelle jolie expression !

Par acquit de conscience, l’Oreille tendue jette un coup d’œil au Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française. Déception : elle y est.

Tatouage numérique : «Technique de marquage qui consiste à insérer une signature invisible et permanente à l’intérieur des images numériques transitant par les réseaux, tel Internet, afin de lutter contre la fraude et le piratage et d’assurer la protection des droits de propriété intellectuelle.»

Le mot existe en ce sens depuis… 1999.

Selon le GDT, le tatouage numérique, ou filigranage numérique, ou marquage numérique, est seulement affaire d’image ou de «document audiovisuel numérique». En fait, désormais, on l’emploie aussi pour les fichiers textuels; il faudrait le préciser.

Maigre consolation.