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	<title>L’oreille tendue &#187; Politique</title>
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	<description>« Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler » (André Belleau).</description>
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		<title>La reine et la guidoune</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 10:25:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme Quebecor avant elle (mais cela va peut-être changer), la chaîne de supermarchés Metro vient de tomber l’accent aigu. Dans le cadre de son assemblée annuelle, le 31 janvier, cette disparition a été déplorée par l’inénarrable Yves Michaud, le fondateur du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (le MÉDAC, avec accent) et l’arrière-belle-mère du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme Quebecor avant elle (mais cela va peut-être changer), la chaîne de supermarchés Metro vient de tomber l’accent aigu.</p>
<p>Dans le cadre de son assemblée annuelle, le 31 janvier, cette disparition a été déplorée par l’inénarrable Yves Michaud, le fondateur du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (le <a href="http://www.medac.qc.ca/">MÉDAC</a>, avec accent) et l’<a href="http://oreilletendue.com/2009/07/21/l%e2%80%99art-d%e2%80%99etre-belle-mere/">arrière-belle-mère</a> du Parti québécois (merci à <a href="http://twitter.com/Lectodome/statuses/156845772644691968">@Lectodome</a> pour ce surnom parfait).</p>
<p>Comment a-t-il formulé sa demande ? «Respectez donc sa majesté la langue française» (<em>le Devoir</em>, 1er février 2012 p. B2).</p>
<p>Réponse de Pierre H. Lessard, président du conseil d’administration de Metro : «À nos yeux, [Metro], ce n’est pas un mot français ni anglais, c’est une marque de commerce.»</p>
<p>Au lieu de dire n’importe quoi, il aurait pu citer André Belleau : «La vérité, c’est que les langues sont des <a href="http://oreilletendue.com/2011/12/03/ounes/">guidounes</a> et non des reines» (éd. 1986, p. 118).</p>
<p>Le «Robin des banques» aurait peut-être été désarçonné.</p>
<p>P.S.—<em>L’Oreille tendue</em> se cite. Elle a déjà utilisé, il y a jadis naguère, le titre de son texte d’aujourd’hui. C’était en 1991 et c’est <a href="http://www.erudit.org/revue/etudfr/1991/v27/n1/035840ar.pdf">ici</a>, en PDF.</p>
<p>Références</p>
<p>Belleau, André, «Langue et nationalisme», <em>Liberté</em>, 146, 25 : 2, avril 1983, p. 2-9; repris sous le titre «Pour un unilinguisme antinationaliste» dans <em>Y a-t-il un intellectuel dans la salle ?</em>, Montréal, Primeur, coll. «L’échiquier», 1984, p. 88-92; repris sous le titre «Pour un unilinguisme antinationaliste» dans <em>Surprendre les voix</em>, Montréal, Boréal, coll. «Papiers collés», 1986, p. 115-123.</p>
<p>Melançon, Benoît, «<a href="http://www.erudit.org/revue/etudfr/1991/v27/n1/035840ar.pdf">Le statut de la langue populaire dans l’œuvre d’André Belleau ou La reine et la guidoune</a>», <em>Études françaises</em>, 27, 1, printemps 1991, p. 121-132.</p>
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		<title>Le jovialisme en mutation ?</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Feb 2012 10:24:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Néologie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[On connaissait déjà jovialisme et jovialiste. En 2004, dans leur Dictionnaire québécois instantané, l’Oreille tendue et Pierre Popovic, à jovialisme, jovialiste, écrivaient ceci : Variante québécoise de l’épicurisme, prêchée par le «philosophe» André Moreau. Prend une extension de plus en plus large. «La vision “jovialiste” de Landry consterne Parizeau» (le Devoir, 9 juin 2000). «La nouvelle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On connaissait déjà <em>jovialisme</em> et <em>jovialiste</em>.</p>
<p>En 2004, dans leur <a href="http://fides.qc.ca/dictionnaire_quebecois/"><em>Dictionnaire québécois instantané</em></a>, <em>l’Oreille tendue</em> et Pierre Popovic, à <em>jovialisme, jovialiste</em>, écrivaient ceci :</p>
<blockquote><p>Variante québécoise de l’épicurisme, prêchée par le «philosophe» <a href="http://andremoreau.ca/">André Moreau</a>. Prend une extension de plus en plus large. «La vision “jovialiste” de Landry consterne Parizeau» (<em>le Devoir</em>, 9 juin 2000). «La nouvelle proposition libérale : du “jovialisme constitutionnel”, selon Facal» (<em>la Presse</em>, 18 janvier 2001). «Véritable boursouflure d’orgueil, le jovialiste beurre tellement épais […]» (<em>le Devoir</em>, 16-17 juin 2001).</p></blockquote>
<p>On était donc passé d’une conception du <em>jovialisme</em> comme revendication du plaisir à un sens proche de <em>déni de la réalité</em>. Autre exemple, qui confirme ce glissement : «À la moindre indication que les prévisions financières de Loto-Québec sont jovialistes, le projet du bassin Peel devrait être abandonné» (<em>la Presse</em>, 23 février 2006, p. A22).</p>
<p>On découvre maintenant <em>néo-jovialisme</em> et <em>néo-jovialiste</em>.</p>
<p>Dans <em>la Presse</em> du 27 janvier, Alain Dubuc s’en prend à un récent ouvrage de Jean-François Lisée, <em>Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments</em>. Le titre de son article ? «Les méfaits du néo-jovialisme» (p. A19). Que reproche (notamment) Dubuc à Lisée ? «Cela a entraîné mon collègue dans une croisade néo-jovialiste dont ce pamphlet est l’aboutissement.»</p>
<p>Voilà qui fait naître une question : <em>néo</em> par rapport à quoi ? À Moreau ? Au sens dérivé des mots <em>jovialisme</em> et <em>jovialiste</em> ? En sommes-nous à la première ou à la deuxième mutation ?</p>
<p>Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : on n’arrête pas le progrès.</p>
<p>Références</p>
<p>Lisée, Jean-François, <em>Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments</em>, Montréal, Stanké, 2012, 150 p. Ill.</p>
<p>Melançon, Benoît, en collaboration avec Pierre Popovic, <em>Dictionnaire québécois instantané</em>, Montréal, Fides, 2004 (deuxième édition, revue, corrigée et full upgradée), 234 p. Illustrations de Philippe Beha.</p>
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		<title>Force de caractère entrepreneuriale</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jan 2012 10:17:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est beaucoup question ces jours-ci, dans les médias québécois, de résilience. On applique ce terme surtout à Pauline Marois, la chef du Parti québécois et sa nouvelle «dame de béton», qui traverse la tête haute une zone de turbulence causée par divers membres de sa famille politique, dont au moins une belle-mère. En effet, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est beaucoup question ces jours-ci, dans les médias québécois, de <em>résilience</em>. On applique ce terme surtout à <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/marois-pauline-79/index.html">Pauline Marois</a>, la chef du Parti québécois et sa nouvelle «dame de béton», qui traverse la tête haute une zone de turbulence causée par divers membres de sa famille politique, dont au moins <a href="http://oreilletendue.com/2009/07/21/l%e2%80%99art-d%e2%80%99etre-belle-mere/">une belle-mère</a>.</p>
<p>En effet, <em>résilience</em>, mot venu du vocabulaire de la physique, désigne maintenant la «Capacité à vivre, à se développer, en surmontant les chocs traumatiques, l’adversité» (<em>le Petit Robert</em>, édition électronique de 2010). Il relève donc de la psychologie.</p>
<p>Voilà pourquoi on peut s’étonner devant pareille publicité :</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/resilience.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6382" title="resilience" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/resilience.jpg" alt="" width="602" height="433" /></a></p>
<p>Mais doit-on s’étonner ? La capacité de récupération de la langue vivante par la publicité est infinie.</p>
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		<title>Joueurs et lecteurs</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 10:42:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
		<category><![CDATA[Lumières]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Qui ne s’est pas un jour demandé ce que lisent les sportifs ? Plus précisément encore : les joueurs de hockey. En effet, les joueurs de hockey lisent. Dans l’excellent recueil de quelques-uns de ses articles que vient de faire paraître Roy MacGregor, Wayne Gretzky’s Ghost and Other Tales from a Lifetime in Hockey (2011), on trouve [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Qui ne s’est pas un jour demandé ce que lisent les sportifs ? Plus précisément encore : les joueurs de hockey. En effet, les joueurs de hockey lisent.</p>
<p>Dans l’excellent recueil de quelques-uns de ses articles que vient de faire paraître <a href="http://oreilletendue.com/2011/06/28/ergotons-sur-la-glace/">Roy MacGregor</a>, <em>Wayne Gretzky’s Ghost and Other Tales from a Lifetime in Hockey</em> (2011), on trouve des exemples de patineurs-lecteurs. L’inénarrable Don Cherry, aujourd’hui commentateur à la télévision, mais ci-devant joueur et entraîneur, raffole des livres d’histoire; il prétend même avoir lu tous les livres sur Horatio Nelson et la bataille de Trafalgar (p. 146). L’ex-gardien Gilles Gratton, un lecteur avide — «He reads constantly, even on the road» —, favorisait les livres d’astrologie, mais il ne dédaignait pas la lecture du <em>Seigneur des anneaux</em> (p. 158). <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Daigle">Alexandre Daigle</a> n’a pas eu la carrière qu’on lui promettait dans la Ligue nationale de hockey. Est-ce pour cela qu’il s’est mis à la lecture de Shakespeare et de Platon (p. 170 et 182) ? Ou l’inverse ?</p>
<p>Ken Dryden, qui fut gardien de but pour les Canadiens de Montréal avant de devenir député et ministre, a écrit des livres, dont un avec MacGregor (<em>Home Game. Hockey and Life in Canada</em>, 1989). En 1983, il publie <em>The Game</em>, un des rares classiques de la littérature sportive au Canada. Il y parle peu de ses propres lectures, bien qu’il cite Brecht (p. 128) et qu’il commente Freud (p. 190). En revanche, il décrit celles de ses coéquipiers Réjean Houle (des journaux et des biographies : Moshe Dayan, Martin Luther King, Pierre Elliott Trudeau [p. 69]) et Doug Risebrough (le même livre, ou une partie de celui-ci, durant toute une saison : <em>Wind Chill Factor</em> [p. 75]). Celles de <a href="http://oreilletendue.com/2010/12/04/de-guy-lafleur/">Guy Lafleur</a> ne sont pas abordées par Dryden, mais l’ailier droit en parle à Victor-Lévy Beaulieu en 1972 : «Je lis beaucoup de romans policiers, je lis toujours une centaine de pages avant de m’endormir. Je viens de terminer l’<em>Édith Piaf</em> de Simonne Berthaut, et <em>le Parrain</em> et <em>Papillon</em>» (p. 27).</p>
<p>L’actuel gardien des Flyers de Philadelphie aime bien exposer sa culture littéraire. C’est ce que souligne Jean Dion dans les pages du <em>Devoir</em> le 24 décembre 2011 : Ilya Bryzgalov trouverait réconfort «dans la lecture des philosophes grecs de l’Antiquité, Socrate (bien qu’il n’ait laissé aucun écrit), Platon, Aristote, chez Dostoïevski et Tolstoï» (p. C5).</p>
<p>Gratton, Dryden, Bryzgalov : ajoutons un quatrième «cerbère» — pour parler hockey — à cette courte liste, Jacques Plante. (On ne s’étonnera pas que les gardiens soient nombreux parmi les membres du peuple du livre hockeyistique : ils sont d’une espèce particulière.) Plante était connu tant pour avoir imposé le port du masque chez ses confrères que pour ses excentricités (il tricotait, il souffrait d’étranges troubles respiratoires, etc.). Il était dès lors attendu qu’il lise — mais à sa façon. S’il faut en croire Trent Frayne, dans <em>The Mad Men of Hockey</em> (1974), Plante, dans ses lectures, mêlait l’utile à l’agréable, tout en se méfiant de l’ennui :</p>
<blockquote><p>Il attachait à sa chaussure un haltère de seize livres. Il lisait trois pages de son livre, faisait une pause pour lever l’haltère trois fois, de nouveau trois pages, puis trois autres levées. Il passait ensuite à l’autre jambe et, au besoin, à un autre livre (p. 41, traduction maison).</p></blockquote>
<p>Plante pratiquait donc non seulement l’alternance des exercices, mais aussi des livres à lire. (Il s’agissait surtout de biographies, en anglais ou en français : Staline, Jacqueline Kennedy, Eisenhower, Churchill, Lénine, Khrouchtchev, Marx, Mao, Lester B. Pearson.)</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/2011/08/31/de-jean-beliveau/">Jean Béliveau</a> fut un des plus célèbres coéquipiers de Jacques Plante. La lecture joue un rôle important dans son image publique. On le photographie en train de lire, <a href="http://www.gettyimages.ca/detail/news-photo/ice-hockey-player-jean-beliveau-cigar-in-mouh-reading-a-news-photo/50653749">ici par exemple</a>. Il participe à des publicités pour la «Collection littéraire» des Éditions Marabout. Lecteur de romans policiers, Béliveau siège en 1956 au jury d’un prix québécois qui récompense un livre de Bertrand Vac, <em>l’Assassin dans l’hôpital</em>. Dans ses Mémoires, il se souvient de ses séances de lecture quand il habitait à Québec (p. 68 et 73), puis à Montréal (p. 136). Que lisait-il ? <em>Ma vie bleu-blanc-rouge</em> ne permet pas de répondre à cette question.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/lecteurs_hockey_beliveau.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-6290" title="lecteurs_hockey_beliveau" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/lecteurs_hockey_beliveau.jpg" alt="" width="461" height="358" /></a></p>
<p><a href="http://www.lesyeuxdemauricerichard.com/">Maurice Richard</a> a joué avec Plante et Béliveau. On ne connaît pas avec beaucoup de précision ses lectures. S’il lui arrive d’être représenté un livre à la main, ce n’est jamais très instructif; sauf exceptions, on ne le dépeint qu’en présence de livres pour la jeunesse. Il signe la préface de quelques ouvrages, ce qui leur confère de la crédibilité, mais n’assure par qu’il les ait lus. Lorsque sa famille met à l’encan une partie de la collection particulière du Rocket, il n’y a que quelques revues disponibles et peu de livres; toutes ces publications portent sur lui-même. C’est peu pour un portrait du marqueur en lecteur. Signalons un cas singulier : Richard et sa famille vantant un… dictionnaire.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/lecteurs_hockey_richard.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-6291" title="lecteurs_hockey_richard" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/lecteurs_hockey_richard.jpg" alt="" width="496" height="325" /></a></p>
<p>On se gardera de tirer des conclusions d’un aussi petit échantillon, mais on peut néanmoins émettre une hypothèse : sauf pour Richard, les livres sur le hockey ne paraissent pas tenir une grande place dans les lectures des hockeyeurs. Mais les plombiers lisent-ils des livres sur la plomberie ?</p>
<p>P.S.—<em>L’Oreille</em> a un fort vague souvenir de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rick_Chartraw">Rick Chartraw</a>, un joueur des années 1970-1980 pour les Canadiens, parlant de sa lecture de Camus — mais peut-être a-t-elle rêvé.</p>
<p>Références</p>
<p>Beaulieu, Victor-Lévy, «Un gars ordinaire, qui vise le sommet», <em>Perspectives (la Presse)</em>, 14 octobre 1972, p. 22, 24 et 27.</p>
<p>Béliveau, Jean, Chrystian Goyens et Allan Turowetz, <em>Ma vie bleu-blanc-rouge</em>, Montréal, Hurtubise HMH, 2005 (1994), 355 p. Ill. Préface de Dickie Moore. Avant-propos d’Allan Turowetz. Traduction et adaptation de Christian Tremblay.</p>
<p>Coucke, Paul, «Le prix du roman policier est décerné à Bertrand Vac», <em>la Patrie</em>, 31 janvier 1956, p. 24.</p>
<p>Dryden, Ken, <em>The Game. A Thoughtful and Provocative Look at a Life in Hockey</em>, Toronto, Macmillan of Canada, 1984 (1983), viii/248 p. Nombreuses rééditions et traductions.</p>
<p>Frayne, Trent, <em>The Mad Men of Hockey</em>, Toronto, McClelland &amp; Stewart Limited, 1974, 191 p. Ill. Autre édition : New York, Dodd, Mead and Company, 1974, 191 p. Ill.</p>
<p>MacGregor, Roy, <em>Wayne Gretzky’s Ghost and Other Tales from a Lifetime in Hockey</em>, Toronto, Random House Canada, 2011, xx/369 p. Ill.</p>
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		<title>Ceci n’est (toujours) pas une rétrospective</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2012/01/12/ceci-nest-toujours-pas-une-retrospective/</link>
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		<pubDate>Thu, 12 Jan 2012 10:34:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Langue de Shakespeare]]></category>
		<category><![CDATA[Néologie]]></category>
		<category><![CDATA[Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>

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		<description><![CDATA[C’était le 1er janvier 2011 : «Tout un chacun le sait : l’Oreille tendue n’aime pas les rétrospectives — du millénaire, du siècle, de la décennie, de l’année, du mois, du jour, de l’heure, de la minute, de la seconde.» Elle ne va donc pas se dédire et annoncer son «Mot de l’année 2011». Cela étant, ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’était <a href="http://oreilletendue.com/2011/01/01/ceci-n%E2%80%99est-pas-une-retrospective/">le 1er janvier 2011</a> : «Tout un chacun le sait : <em>l’Oreille tendue</em> n’aime pas les <a href="http://oreilletendue.com/2009/12/31/le-temps-maudit-des-retrospectives/">rétrospectives</a> — du millénaire, du siècle, de la décennie, de l’année, du mois, du jour, de l’heure, de la minute, de la seconde.» Elle ne va donc pas se dédire et annoncer son «Mot de l’année 2011». Cela étant, ce genre d’annonce mérite réflexion. D’où ces «mots de l’année» sortent-ils ?</p>
<p>Les médias raffolent de l’exercice. «“Autrement”, mot vague de l’année», titre Antoine Robitaille dans <em>le Devoir</em> des 17-18 décembre 2011 (p. B2). Son collègue Christian Rioux, le 6 janvier 2012, énumère «Les mots de 2011» (p. A3) et propose qu’on les laisse de côté pendant au moins un an : «autrement», «indignés», «ouverture», «<a href="http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2011/CBF/MediumLarge201110201008_4.asx">intelligent</a>», «persévérance», «<a href="http://twitter.com/kick1972/statuses/126752951992717312">patente à gosse</a>» seraient des «mots-valises», «de véritables béquilles de la pensée».</p>
<p>On pourrait pousser l’énumération plus loin. Pour le Québec médiatique de 2011, certaines séries lexicales ont connu un succès incontestable. La série des C : la triade «collusion» / «corruption» / «commission», «commotion (cérébrale)», «<a href="http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia%3Dhttp://www.radio-canada.ca/Medianet/2011/CBF/MediumLarge201109291008_3.asx">cônes (oranges)</a>» et «(Randy) Cunneyworth». Celle des P : «paralume», «printemps arabe» (il y a aussi «<a href="http://oreilletendue.com/2011/02/13/euphonie-revolutionnaire/">rue arabe</a>»), «pont» et «<a href="http://oreilletendue.com/2010/02/01/de-p-en-p/">PPP</a>» (le pauvre parti de Pauline). On a déjà vu celle des I : «indigné» et «indignation».</p>
<p>Quand les médias ne s’en occupent pas, d’autres prennent leur place. En France, le Festival XYZ du mot nouveau vient, par exemple, de retenir «attachiant» comme <a href="http://www.gentside.com/langue/le-mot-039-039-attachiant-039-039-elu-neologisme-de-l-039-annee_art31096.html">néologisme de 2011</a>.</p>
<p>La pratique de choisir les mots de l’année n’est évidemment pas propre au monde francophone. Le 26 décembre, le <em>Philadelphia Inquirer</em>, sous la signature d’Amy S. Rosenberg, publiait «<a href="http://articles.philly.com/2011-12-26/news/30559206_1_urban-dictionary-visual-thesaurus-ben-zimmer">Occupied with the Word of the Year 2011</a>». Et il n’y a pas que les journaux à s’en mêler : ainsi qu’elle le fait depuis 1990, l’American Dialect Society (ADS) a annoncé, le 5 janvier, le résultat du vote de ses membres. En 2011, comme pour le quotidien de Philadelphie, ils ont sélectionné «<a href="http://www.americandialect.org/occupy-is-the-2011-word-of-the-year"><em>occupy</em></a>».</p>
<p>Ces mots, locaux ou universels, s’imposent de deux façons. D’abord, par la répétition, la redite, le martèlement : utiliser le même mot jour après jour l’impose dans les consciences. Ensuite, par l’adaptation : il s’agit moins de reprendre un mot dans son contexte premier que de le placer dans de nouveaux. C’est particulièrement visible dans les médias dits «sociaux». On postulera même l’hypothèse que l’adaptation est plus efficace que la simple répétition pour assurer la pérennité d’un mot.</p>
<p>Soit le cas d’«<em>occupy</em>» / «occupons». Originellement employé pour désigner un mouvement social protéiforme («<em>Occupy Wall Street</em>»), il a par la suite été repris à toutes les sauces, comme le note Ben Zimmer, de l’ADS, interviewé par Amy S. Rosenberg. En anglais : «<em>Occupy Christmas !</em>», «<em>Occupy Amazon</em>», «<em>Occupy Sesame Street</em>», «<em>OccupyTheCell</em>», «<em>Occupy Music</em>», «<em>Occupy NYT</em>». En français (en quelque sorte) : «OccupyFrance», «OccupyParis», «occupons_les_superhéros», «Occupons le <a href="http://oreilletendue.com/2012/01/02/modeste-suggestion-de-mise-en-garde/">Bye Bye 2011</a> !!», «Occupez le Pôle Nord, et l’esprit de Noël», «Occupons St-Hubert» (la «plaza» de ce nom), «OccupyLesCentreDachats». On fera une place à part à la manchette suivante : «Occupy le train et le potager» (<em>la Presse</em>, 16 novembre 2011, p. A14). Comme «fusion» / «défusion» au Québec au début des années 2000 et comme «tsunami» partout dans le monde en 2004 et en 2011, le couple «<em>occupy</em>» / «occupons», par sa plasticité, devrait avoir un bel avenir.</p>
<p>On n’en fera cependant pas un prévision officielle, car les choses changent vite en ce domaine. Hier, Marie-France Bazzo, <a href="http://twitter.com/MFBazzo/statuses/157079944877441024">sur Twitter</a>, pouvait écrire, par allusion à la situation parlementaire québéco-canadienne : «Le mot de janvier 2012 : “transfuge”. “Autrement”, ça fait <a href="http://oreilletendue.com/2011/04/06/l%e2%80%99oreille-se-met-a-parler/">teeeelllement</a> décembre 2011…»</p>
<p>P.S.—Quel est le mot de l’année pour les lecteurs de <em>l’Oreille tendue</em> ? On peut penser qu’il s’agit de «<a href="http://oreilletendue.com/2011/04/12/du-postcool/">swag</a>». Ils sont plus de 15 000 à avoir consulté la page consacrée à ce mot. <em>L’Oreille</em> ne se l’explique pas.</p>
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		<title>Patiner sur l’eau</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2011/12/21/patiner-sur-l%e2%80%99eau/</link>
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		<pubDate>Wed, 21 Dec 2011 10:37:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bilinguisme(s)]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Samedi dernier, les Canadiens de Montréal — c’est du hockey — ont congédié leur entraîneur-chef, Jacques Martin, et l’ont remplacé — ô sacrilège ! — par un unilingue anglophone, Randy Cunneyworth. Depuis, psychanalyse nationale. Même les ministres du gouvernement du Québec s’en mêlent et s’en prennent à celui qui a pris cette décision, Pierre Gauthier, le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Samedi dernier, les Canadiens de Montréal — c’est du hockey — ont congédié leur entraîneur-chef, Jacques Martin, et l’ont remplacé — ô sacrilège ! — par un unilingue anglophone, Randy Cunneyworth. Depuis, psychanalyse nationale.</p>
<p>Même les ministres du gouvernement du Québec s’en mêlent et s’en prennent à celui qui a pris cette décision, Pierre Gauthier, le directeur général du club. La ministre de la Culture, des communications et de la condition féminine, <a href="http://www.ledevoir.com/sports/hockey/338737/la-ministre-st-pierre-denonce-la-nomination-d-un-entraineur-chef-unilingue-chez-le-canadien">Christine Saint-Pierre</a>, qui est également responsable de l’application de la <a href="http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&amp;file=/C_11/C11.html">Charte de la langue française</a>, a déclaré que c’était inacceptable, puisque «Le Canadien est dans nos gènes». Sa collègue du sport, Line Beauchamp, va dans le même sens : «le Canadien est une institution, ça fait partie de notre patrimoine, on a ça dans notre ADN, cela commande des impératifs». Deux ministres généticiennes : on n’en espérait pas tant.</p>
<p>Les journalistes, qui sèment à tout vent, ont leur propre registre métaphorique.</p>
<p>Lyrique comme lui seul sait l’être, Jean Dion, dans <em>le Devoir</em>, fait dans l’aquatique :</p>
<blockquote><p>À Montréal, le navire ne coule jamais, mais il ne fend jamais l’écume non plus. Il se laisse bercer par les flots, et cela donne des changements de cap qui mènent à laisser partir Saku Koivu, Alexei Kovalev et Michael Ryder pour les remplacer par Michael Cammalleri, Brian Gionta et Scott Gomez. Pas loin du sur-place (19 décembre 2011, p. A1-A8).</p></blockquote>
<p>À <em>la Presse</em>, <a href="http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/francois-gagnon/201112/20/01-4479517-damage-control.php">François Gagnon</a> saute sur le pont avec lui :</p>
<blockquote><p>Quand le bateau affronte une tempête, une grosse, une vraie, c’est près du timonier qui s’éreinte à maintenir le cap que le capitaine doit se tenir et non dans les chics salons pour partager champagne et amuse-gueules avec les riches passagers pour les rassurer et prétendre que tout va bien (20 décembre 2011, cahier Sports, p. 3).</p></blockquote>
<p>C’était prévisible. Dès 2007, <a href="http://oreilletendue.com/2011/04/11/lexique-musico-sportif/">Alain-François</a> le chantait dans «C’est pour quand la coupe Stanley ?» :</p>
<blockquote><p>On part en lion on finit en poisson<br />
I a un problème dans’cage ou de repêchage<br />
C’t’un gros bateau qui prend l’eau<br />
Depuis qu’on a perdu Casseau</p></blockquote>
<p>Le maître nageur — le sauveur — est tout trouvé : ce sera <a href="ygreck.typepad.com/ygreck/2011/12/cunneyworth.html">Patrick Roy</a> («Casseau», pour les intimes). N’a-t-il pas les Canadiens dans son ADN ?</p>
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		<title>Confusion toponymique</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2011/12/20/confusion-toponymique/</link>
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		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 10:29:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[En 2003 commençait au Québec la saga des fusions / défusions : un gouvernement a imposé la fusion de certaines municipalités, puis un autre a fait (partiellement) marche arrière. On ne parle plus guère de cette affaire dans l’actualité, mais on en trouve à l’occasion des traces. Soit une chronique nécrologique parue dans le Devoir le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En 2003 commençait au Québec la <a href="http://oreilletendue.com/2009/11/13/la-fin-d%e2%80%99une-saga/">saga</a> des fusions / défusions : un gouvernement a imposé la fusion de certaines municipalités, puis un autre a fait (partiellement) marche arrière. On ne parle plus guère de cette affaire dans l’actualité, mais on en trouve à l’occasion des traces.</p>
<p>Soit une chronique nécrologique parue dans <em>le Devoir</em> le 13 décembre 2011 : «Salon funéraire Guay inc. / 384, rue du Village (Notre-Dame) / Repentigny (Le Gardeur)» (p. B5).</p>
<p>Il faut plus qu’un GPS pour suivre cette toponymie évolutive pré (rue Notre-Dame, Le Gardeur) / post (rue du Village, Repentigny) fusion.</p>
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		<title>Treizième article d’un dictionnaire personnel de rhétorique</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Dec 2011 10:31:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dictionnaire personnel de rhétorique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Anagramme Définition Mot obtenu par transposition des lettres d’un autre mot (ex. Marie – aimer) (le Petit Robert, édition électronique de 2010). Exemples Chez Rimbaud : «alchimie du verbe» / «levé Rimbaud chie» (Pierre Popovic, 1993, p. 116). Sur Twitter : «Avez-vous remarqué que “Marine Le Pen” est l’anagramme de “Amène le pire” ou “La Mere [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Anagramme</p>
<p>Définition</p>
<blockquote><p>Mot obtenu par transposition des lettres d’un autre mot (ex. Marie – aimer) (<em>le Petit Robert</em>, édition électronique de 2010).</p></blockquote>
<p>Exemples</p>
<blockquote><p>Chez Rimbaud : «alchimie du verbe» / «levé Rimbaud chie» (Pierre Popovic, 1993, p. 116).</p>
<p>Sur <a href="http://twitter.com/#!/ray64_2008/status/146333469868425216">Twitter</a> : «Avez-vous remarqué que “Marine Le Pen” est l’anagramme de “Amène le pire” ou “La Mere Pine” ? Au choix.»</p></blockquote>
<p>Remarque</p>
<blockquote><p>L’anagramme n’est pas sans lien avec le <a href="http://oreilletendue.com/2011/12/07/onzieme-article-d%e2%80%99un-dictionnaire-personnel-de-rhetorique/">palindrome</a>.</p></blockquote>
<p>Référence</p>
<p>Popovic, Pierre, «L’argent dans la lettre-vie d’Arthur Rimbaud», dans Benoît Melançon et Pierre Popovic (édit.), <em>les Facultés des lettres. Recherches récentes sur l’épistolaire français et québécois</em>, Montréal, Université de Montréal, Département d’études françaises, Centre universitaire pour la sociopoétique de l’épistolaire et des correspondances (<a href="http://www.mapageweb.umontreal.ca/melancon/culsec.tdm.html">CULSEC</a>), février 1993, p. 95-117.</p>
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		<title>Méfions-nous</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Dec 2011 10:29:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Clichés]]></category>
		<category><![CDATA[Gastronomie & décoration]]></category>
		<category><![CDATA[Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>

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		<description><![CDATA[Derrière les apparences se cachent parfois des choses troubles. Les journaux ne cessent de le répéter : là, c’est sombre. «Le côté sombre de l’art public» (la Presse, 3 décembre 2011, cahier Arts, p. 20). «Le côté sombre de Bobby Hull» (la Presse, 15 octobre 2011, cahier Sports, p. 3). «Le côté sombre d’une grande actrice» [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Derrière les apparences se cachent parfois des choses troubles. Les journaux ne cessent de le répéter : là, c’est <em>sombre</em>.</p>
<blockquote><p>«Le côté sombre de l’art public» (<em>la Presse</em>, 3 décembre 2011, cahier Arts, p. 20).</p>
<p>«Le côté sombre de Bobby Hull» (<em>la Presse</em>, 15 octobre 2011, cahier Sports, p. 3).</p>
<p>«Le côté sombre d’une grande actrice» (<em>la Presse</em>, 24 février 2011, cahier Arts et spectacles, p. 10).</p>
<p>«Le côté sombre de l’Ohio» (<em>la Presse</em>, 30 juillet 2010, cahier Arts et spectacles, p. 1).</p>
<p>«Le côté sombre d’une victoire» (<em>le Devoir</em>, 3 novembre 2009, p. A3).</p>
<p>«Le côté sombre du modèle» (<em>la Presse</em>, 6 décembre 2003, cahier Plus, p. 3).</p>
<p>«Le côté sombre de l’assiette» (<em>la Presse</em>, 20 juin 2009, cahier Cinéma, p. 6).</p>
<p>«Le côté sombre des Golden Globes» (<em>la Presse</em>, 21 janvier 2004, cahier Arts et spectacles, p. 1).</p>
<p>«Le “côté sombre” des nouvelles technologies» (<em>la Presse</em>, 15 mai 2006, cahier Auto, p. 5).</p>
<p>«Le côté sombre des nouvelles technologies» (<em>le Devoir</em>, 6 mai 2002).</p>
<p>«Le côté sombre de Stephen Harper» (<em>le Devoir</em>, 9 décembre 2008, p. A8).</p></blockquote>
<p>Mais il n’y a pas que <em>sombre</em>. Il y a aussi <em>obscur</em>, <em>négatif</em> ou <em>noir</em>.</p>
<blockquote><p>«Le côté obscur du cœur» (<em>le Devoir</em>, 21-22 août 2010, p. E7).</p>
<p>«Le côté obscur de Herbert Black» (<em>la Presse</em>, 26 novembre 2005, cahier Affaires, p. 1).</p>
<p>«Le côté obscur de Miami» (<em>le Devoir</em>, 29-30 juillet 2006, p. E5).</p>
<p>«Le côté obscur de Wall Street» (<em>le Devoir</em>, 15 septembre 2003).</p>
<p>«Le côté obscur de l’internet» (<em>la Presse</em>, 15 février 2010, cahier Affaires, p. 3).</p>
<p>«Le côté négatif de l’embourgeoisement» (<em>la Presse</em>, 21 novembre 2004, cahier Plus, p. 3).</p>
<p>«Le côté noir des femmes» (<em>la Presse</em>, 8 mars 2002).</p></blockquote>
<p>Ce n’est pas rassurant tout ça.</p>
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		<title>A beau essayer qui vient de loin</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2011/11/14/a-beau-essayer-qui-vient-de-loin/</link>
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		<pubDate>Mon, 14 Nov 2011 10:35:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Jurons]]></category>
		<category><![CDATA[Ma cabane au Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Radio]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce n’est peut-être pas possible : débarquer dans un pays, le décrire dans un livre et être apprécié des autochtones. La journaliste française Géraldine Wœssner, après tant d’autres, s’y est essayée. En 2010, elle publiait Ils sont fous, ces Québécois ! Chroniques insolites et insolentes d’un Québec méconnu, une série de vignettes sur sa découverte du «pays [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n’est peut-être pas possible : débarquer dans un pays, le décrire dans un livre et être apprécié des autochtones.</p>
<p>La journaliste française Géraldine Wœssner, après tant d’autres, s’y est essayée. En 2010, elle publiait <em>Ils sont fous, ces Québécois ! Chroniques insolites et insolentes d’un Québec méconnu</em>, une série de vignettes sur sa découverte du «pays du caribou» (p. 144).</p>
<p>Il est bien sûr question du «français savoureux parlé au Canada» (p. 261), de la neige, des relations entre les hommes et les femmes et de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Poutine_%28plat%29">poutine</a> (mais pas trop).</p>
<p>Certaines sections ont une unité claire («Accommodons-nous les uns les autres», «Maudits Français»). Pour d’autres («Des tuques et des hommes»), on ne voit pas.</p>
<p>Parmi les thématiques fortes, «Culturez-moi» porte, comme son titre l’indique, sur la culture québécoise — et étonne. L’auteure y chante les louanges de Bobby Bazini («Une star est née» [p. 213]…) et de Linda Lemay (elle aurait «préparé le terrain» [p. 225] à <a href="http://oreilletendue.com/2009/10/08/au-niveau-de/">Benabar</a> et à <a href="http://oreilletendue.com/2010/04/12/le-zeugme-du-lundi-matin/">Vincent Delerm</a>…). Elle évoque le cirque, les <a href="http://oreilletendue.com/2010/10/09/celebrons/">festivals</a>, l’humour, le folklore (Fred Pellerin) et la cuisine. La littérature ? Le cinéma ? Le théâtre ? La télévision ? Pas un mot.</p>
<p>Ces absences tiennent probablement moins à une volonté délibérée qu’à la façon de choisir les objets à commenter. À lire Géraldine Wœssner, on a l’impression qu’elle a simplement réagi à ce qui était dans l’air du temps au moment où elle écrivait — elle parle elle-même de «récits bruts» (p. 15) —, sans tenter de décrire l’ensemble de la société québécoise. C’est une façon de faire qui se défend, mais qui a pour conséquence de laisser des questions dans l’ombre.</p>
<p>Ce qui se défend moins, en revanche, ce sont les fréquentes exagérations du livre. L’affaire des compteurs d’eau est «le plus grand scandale qui ait jamais frappé Montréal» (p. 104). Les hommes sont peu présents dans l’enseignement, car ils sont «refroidis par les faibles salaires et la multiplication des accusations de violence ou de harcèlement sexuel» (p. 127). Les Québécois passent des nuits entières dans les salles d’urgence des hôpitaux, «dans une ambiance de camps de réfugiés» (p. 199). «Dans la province, personne n’ose prononcer» le nom de Guy Laliberté «sans baisser la voix» (p. 210). «La complainte des Lebel» de Nelson P. Arsenault est «une chanson célèbre» (p. 239 n. 1).</p>
<p>Ne se défendent pas plus les approximations ou erreurs factuelles. Peut-on, sans rire, affirmer que «<em>Hamburger</em> est banni au profit de <em>hambourgeois</em>» (p. 14) ? En matière politique (p. 21) et législative (p. 22), Géraldine Wœssner, qui se définit comme journaliste politique (p. 278), aurait pu mieux faire ses devoirs. Page 57, il est question de <em>Jean-Joseph</em> Bombardier; p. 286, le même inventeur de la motoneige retrouve son prénom de <em>Joseph-Armand</em>. Les amateurs de hockey le savent : on ne dit pas «Hab’s» (p. 64 et 67), mais «Habs». La Montérégie n’est pas un «district» (p. 251).</p>
<p>Certaines affirmations, enfin, sont à la fois des erreurs factuelles et des exagérations. S’il est vrai que certains Québécois ont des relations conflictuelles avec les anglophones, il est faux d’écrire que «les Québécois détestent les anglophones qui les ont oppressés» (p. 14).</p>
<p>Sur le plan de la langue, on pouvait s’attendre au pire, s’agissant d’un livre dont le premier mot de la quatrième de couverture est «<a href="http://oreilletendue.com/2011/09/09/la-visite-du-cousin/">Tabernacle</a>» (voir aussi p. 150-152). Pourtant, les choses sont à peu près correctes, à l’exception d’un «Marde de blanche !» (p. 41), où le «de» est de trop, et d’une mauvaise date d’adoption pour la Charte de la langue française (p. 287). Wœssner pense qu’au Québec «une langue nouvelle est née» (p. 150), le «québécois» (p. 261). <a href="http://oreilletendue.com/2009/07/22/la-la/">Ce n’est pas vrai</a>, mais elle est loin d’être la seule à le croire. <a href="http://oreilletendue.com/2010/04/13/nuls/">On a vu pire</a>.</p>
<p>La loi de la probabilité littéraire fait que certaines remarques ou réflexions font mouche : sur la longueur de la rue Sherbrooke à Montréal (p. 78), sur le casse-tête de la collecte des ordures sur l’île (p. 99), sur Kahnawake, cet «Iroquois Land» (p. 181), sur le bingo à la radio aux Îles-de-la-Madeleine (p. 235).</p>
<p>L’effort est louable, mais le projet global est probablement voué à l’échec, quoi qu’on fasse.</p>
<p>Référence</p>
<p>Wœssner, Géraldine, <em>Ils sont fous, ces Québécois ! Chroniques insolites et insolentes d’un Québec méconnu</em>, Paris, Éditions du moment, 2010, 295 p.</p>
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