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	<title>L’oreille tendue &#187; Publicité</title>
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	<description>« Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler » (André Belleau).</description>
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		<title>Les ploucs</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 10:28:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Alternance codique]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce samedi, l’Oreille tendue, une fois de plus, roulait sur l’autoroute des Laurentides. Elle y découvre la vie nocturne au Mont Saint-Sauveur : Insomniacs, donc. Insomniaques aurait fait trop plouc ? Pas assez mondialisé ? Pire : français ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce samedi, <em>l’Oreille tendue</em>, <a href="http://oreilletendue.com/2012/01/23/glissement-semantique/">une fois de plus</a>, roulait sur l’autoroute des Laurentides. Elle y découvre la vie nocturne au Mont Saint-Sauveur :</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/insomniacs.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6401" title="insomniacs" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/insomniacs.jpg" alt="" width="367" height="226" /></a></p>
<p><em>Insomniacs</em>, donc. <em>Insomniaques</em> aurait fait trop plouc ? Pas assez mondialisé ? Pire : français ?</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Force de caractère entrepreneuriale</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jan 2012 10:17:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est beaucoup question ces jours-ci, dans les médias québécois, de résilience. On applique ce terme surtout à Pauline Marois, la chef du Parti québécois et sa nouvelle «dame de béton», qui traverse la tête haute une zone de turbulence causée par divers membres de sa famille politique, dont au moins une belle-mère. En effet, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est beaucoup question ces jours-ci, dans les médias québécois, de <em>résilience</em>. On applique ce terme surtout à <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/marois-pauline-79/index.html">Pauline Marois</a>, la chef du Parti québécois et sa nouvelle «dame de béton», qui traverse la tête haute une zone de turbulence causée par divers membres de sa famille politique, dont au moins <a href="http://oreilletendue.com/2009/07/21/l%e2%80%99art-d%e2%80%99etre-belle-mere/">une belle-mère</a>.</p>
<p>En effet, <em>résilience</em>, mot venu du vocabulaire de la physique, désigne maintenant la «Capacité à vivre, à se développer, en surmontant les chocs traumatiques, l’adversité» (<em>le Petit Robert</em>, édition électronique de 2010). Il relève donc de la psychologie.</p>
<p>Voilà pourquoi on peut s’étonner devant pareille publicité :</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/resilience.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6382" title="resilience" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/resilience.jpg" alt="" width="602" height="433" /></a></p>
<p>Mais doit-on s’étonner ? La capacité de récupération de la langue vivante par la publicité est infinie.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Glissement sémantique</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 10:24:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Néologie]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Les fils de l’Oreille tendue pratiquent, l’hiver venu, un sport de glisse. Cela l’oblige à fréquenter plus que d’habitude les autoroutes autour de Montréal. Généralement, elle n’accorde qu’un coup d’œil distrait aux panneaux publicitaires qui bordent icelles. Cela lui suffit pour se convaincre du bel avenir des spas au Québec. En revanche, un panneau vient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les fils de <em>l’Oreille tendue</em> pratiquent, l’hiver venu, un sport de glisse. Cela l’oblige à fréquenter plus que d’habitude les autoroutes autour de Montréal.</p>
<p>Généralement, elle n’accorde qu’un coup d’œil distrait aux panneaux publicitaires qui bordent icelles. Cela lui suffit pour se convaincre du bel avenir des <a href="http://oreilletendue.com/2012/01/07/n%e2%80%99est-ce-pas/">spas</a> au Québec.</p>
<p>En revanche, un panneau vient d’apparaître, qui lui a donné un (petit) choc. Les usagers de l’autoroute 15 connaissent la halte routière qui répond au folklorique nom de «La-porte-du-nord» (traits d’union inclus). Comment annonce-t-on aux automobilistes qu’ils s’en approchent et qu’ils pourront s’y sustenter ? D’un mot : «Enfaim !»</p>
<p>Pour paraphraser <a href="http://www.ledevoir.com/sports/actualites-sportives/340801/c-est-du-sport-sports-moins">le journaliste sportif du <em>Devoir</em></a> : excusez <em>l’Oreille</em>, elle va aller perdre connaissance.</p>
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		<title>N’est-ce pas ?</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Jan 2012 10:17:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Néologie]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>

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		<description><![CDATA[Quiconque voyage au Québec (par ses routes, dans ses médias, sur Internet) le sait : on y vénère le spa. Il y en a d’urbains, de nordiques, de scandinaves. Quelqu’un a même inventé le spatio. Un tweet du 5 janvier de @PimpetteDunoyer révèle l’existence d’une nouvelle espèce : le spa dentaire. La preuve ici : On imagine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quiconque voyage au Québec (par ses routes, dans ses médias, sur Internet) le sait : on y vénère le <em>spa</em>. Il y en a d’<a href="http://oreilletendue.com/2009/07/06/la-ville-c%e2%80%99est-urbain/"><em>urbains</em></a>, de <em>nordiques</em>, de <em>scandinaves</em>. Quelqu’un a même inventé le <a href="http://oreilletendue.com/2011/05/06/mais-c%e2%80%99est-bien-sur/"><em>spatio</em></a>.</p>
<p>Un tweet du 5 janvier de <a href="https://twitter.com/#!/PimpetteDunoyer">@PimpetteDunoyer</a> révèle l’existence d’une nouvelle espèce : le <em>spa dentaire</em>.</p>
<p>La preuve <a href="http://www.spadentairelaurier.ca/">ici</a> :</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/spa.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6205" title="spa" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/spa.jpg" alt="" width="388" height="473" /></a></p>
<p>On imagine — n’est-ce pas ? — les mauvais jeux de mots : <em>C’pas vrai !</em>, <em>C’pas possible !</em>, <em>C’pas terrible comme nom</em>, etc. On n’en fera aucun.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L’Oreille trouve enfin un pouce</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2012/01/06/l%e2%80%99oreille-trouve-enfin-un-pouce/</link>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 10:17:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Le premier courriel provenait d’un lecteur du Dictionnaire québécois instantané (2004). Le second, de l’agent de l’Oreille tendue qui a infiltré la capitale de la Belle Province. Les deux parlaient du nouveau sens de l’expression faire du pouce (Nouveau sens ? Au Québec, faire du pouce ou partir sur le pouce revient habituellement à pratiquer l’autostop.) [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le premier courriel provenait d’un lecteur du <a href="http://fides.qc.ca/dictionnaire_quebecois/"><em>Dictionnaire québécois instantané</em></a> (2004). Le second, de l’agent de <em>l’Oreille tendue</em> qui a infiltré la <a href="http://oreilletendue.com/category/capitales/">capitale</a> de la Belle Province. Les deux parlaient du nouveau sens de l’expression <em>faire du pouce</em></p>
<p>(Nouveau sens ? Au Québec, <em>faire du pouce</em> ou <em>partir sur le pouce</em> revient habituellement à pratiquer l’autostop.)</p>
<p><em>L’Oreille tendue</em> avait noté la chose, mais elle n’avait jamais rencontré elle-même cette nouvelle acception. Depuis un <a href="http://twitter.com/cvoyerleger/statuses/154588647671345152">tweet</a> de <a href="https://twitter.com/cvoyerleger">@cvoyerleger</a> du 4 janvier, c’est chose faite : «Le spécialiste, c’est vous! Vraiment? <a href="http://www.cvoyerleger.com/2012/01/chagnon.html">http://t.co/tpHVU0ys</a> La Fondation Chagnon fait du pouce sur un lieu commun.» Voilà : <em>faire du pouce sur</em>. Mais qu’est-ce à dire ?</p>
<p>Les deux épistoliers de <em>l’Oreille</em> lui proposaient des définitions semblables : dans une réunion, qui <em>fait du pouce sur</em> quelqu’un reprend l’idée d’un autre, la prolonge, voire se l’approprie. C’est précisément à cela que pense Catherine Voyer-Léger dans ses réflexions sur la publicité de la Fondation Chagnon, celle à laquelle renvoie son tweet : «C’est que cette publicité fait du pouce sur un des lieux communs les plus nocifs à avoir cours dans l’espace public actuellement : l’idée que toutes les opinions, et, par le fait même, toutes les expertises, se valent.»</p>
<p>Un synonyme ? <em>Surfer</em>, peut-être, que Catherine Voyer-Léger utilise plus loin dans son texte : «Cette légitimation de la parole expérientielle au détriment de la parole spécialiste, c’est exactement ce sur quoi surfe le Sénateur Boisvenu dans le cadre du projet de loi C-10.»</p>
<p>En matière de pouce, <em>l’Oreille</em> avait besoin d’autres oreilles que la sienne. Merci à ces petites mains.</p>
<p>[Complément du 7 janvier 2011]</p>
<p>Cela est immortalisé sur <a href="http://www.youtube.com/watch?v=LzFYOwCsOZk">YouTube</a> : <em>l’Oreille tendue</em> n’est pas vite sur ses patins — au sens littéral du terme. Elle ne pourra jamais rejouer la fabuleuse <a href="http://www.youtube.com/watch?v=a80x06Wn91U">séquence d’ouverture</a> du fil <a href="http://www.imdb.com/title/tt0134618/"><em>Mystery, Alaska</em></a> (1999), et elle le déplore.</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/2011/01/28/effets-de-lames/">Au sens figuré</a>, elle espère ne pas l’être. Pourtant.</p>
<p>Partie hier en expédition de patin — ça ne s’invente pas — <a href="http://www.domainedelaforetperdue.com/">dans la nature</a>, avec sa progéniture, elle a eu une illumination tardive, sur l’autoroute. Un synonyme hexagonal de <em>faire du pouce sur</em> ? Bon sang : <a href="http://oreilletendue.com/2009/10/13/rebondir/"><em>rebondir</em></a> fait parfaitement l’affaire.</p>
<p>Le proverbe le dit : vieux motard que jamais.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>M &amp; M</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Jan 2012 10:17:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divergences transatlantiques]]></category>
		<category><![CDATA[Jurons]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>

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		<description><![CDATA[La revue de théâtre Jeu consacre le dossier de son plus récent numéro à un thème inattendu : «Le théâtre m’ennuie.» (L’Oreille tendue y collabore, mais c’est une autre histoire.) Jean-François Chassay y signe un texte, «Défection», sur les raisons pour lesquelles il fréquente maintenant si peu, lui qui les a beaucoup courus, les théâtres montréalais. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La revue de théâtre <em>Jeu</em> consacre le dossier de son plus récent numéro à un thème inattendu : «<a href="http://www.revuejeu.org/revue/141/le-theatre-m-ennuie">Le théâtre m’ennuie.</a>» (<em>L’Oreille tendue</em> y collabore, mais c’est une autre histoire.)</p>
<p>Jean-François Chassay y signe un texte, «Défection», sur les raisons pour lesquelles il fréquente maintenant si peu, lui qui les a beaucoup courus, les théâtres montréalais. Réfléchissant plus largement à la culture québécoise, il a ces mots :</p>
<blockquote><p>Lors des années 70, une bande d’épais incultes cherchaient à convaincre le chaland que le patois québécois était une langue, beaucoup plus dynamique que le français de l’Hexagone, qu’on ramenait à l’étroitesse d’esprit de l’Académie française. Nous disions «marde» alors qu’eux ne disaient que «merde». Quelle richesse que la nôtre (p. 91).</p></blockquote>
<p>L’ironie fait mouche. On aurait cependant tort de penser que cette remarque n’a de valeur qu’historique. Le mot <em>marde</em> fait encore partie du paysage linguistique québécois.</p>
<p>On l’a entendu dans le <em>Bye Bye 2011</em>, la <a href="http://oreilletendue.com/2012/01/02/modeste-suggestion-de-mise-en-garde/">pathétique revue télévisuelle de fin d’année</a> que vient de diffuser la société Radio-Canada.</p>
<p>Le mot est fréquent sous la plume de la juvénile narratrice du roman <em>Et au pire, on se mariera</em> de Sophie Bienvenu (2011). Il est employé comme substantif («toute cette marde qui est arrivée après», p. 15), avec ou sans article («treize ans de marde », p. 121). Il y a des cas où la forme <em>merde</em> est préférée («sa guitare de merde», p. 56; «une idée de merde», p. 63); ça se défend. Un passage est même fondé sur l’alternance :</p>
<blockquote><p>Merde, ça me donne des frissons rien que d’y penser. C’est mal, Aïcha. J’ai plus que deux fois ton âge ! Ça me mettrait dans marde, ça te fuckerait la tête… pis ma tête avec. T’as déjà réfléchi à ça ? Merde ! (p. 60)</p></blockquote>
<p>Ça se défend tout autant.</p>
<p>Le mot est couramment employé, mais il peut néanmoins marquer la rareté («Rare comme de la marde de pape»). Qui est «fou comme d’la marde» ne se contient plus, alors que qui touche «le bout d’la marde» est découragé ou a atteint ses limites. Avec <em>marde</em>, on peut aussi jurer («Maudite marde»), se plaindre («C’est d’la (grosse) marde», «Ça ne vaut pas d’la marde»), vitupérer quelqu’un («Je lui ai donné d’la marde») et mettre fin à une hésitation («D’la marde; j’y vas»). «Mange de la marde» est une expression bien commune, mais qu’il n’est pas bon d’utiliser n’importe où : une des vedettes du palais de justice de Montréal (<a href="http://vtele.ca/emissions/l-arbitre/">et du petit écran</a>), Anne-France Goldwater, a été convoquée en novembre 2011 par le Conseil de discipline du Barreau du Québec, un de ses collègues lui reprochant d’avoir utilisé l’expression en Cour supérieure. (Me Goldwater est anglophone : elle aurait dit «<a href="http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/justice-et-faits-divers/201110/01/01-4453233-propos-crus-envers-un-collegue-me-goldwater-devant-le-barreau.php">mange la marde</a>».) <em>Marde</em> a une riche descendance, de <em>mardeux</em> (être peureux; être chanceux), qui est usuel, à <em>démarder</em>, qui est rare (<em>le Devoir</em>, 11 mars 2010, p. A1).</p>
<p>La <em>marde</em> serait souvent transportée dans un <em>char</em>, d’où <a href="http://oreilletendue.com/2010/02/24/les-chars-de-l%E2%80%99olympe/"><em>char de marde</em></a>, parfois ramené à sa plus simple expression : «la législature du Massachusetts lui avait répondu de manger un char» (<em>le Devoir</em>, 27-28 mai 2000); «j’eusse aimé que Salé et Pelletier […] enjoignissent messieurs dames les bonzes de l’International Skating Union de manger un char» (<em>le Devoir</em>, 13 février 2002). <em>Manger un steamer de marde</em> est un équivalent idiosyncratique et très expressif de cette locution figée (si l’on peut dire). On voit aussi, dans certaines familles, <em>manger un steamer de marde avec une braoule en fer blanc pour pas qu’ça rouille</em>. Cela a l’avantage de la taille (on imagine le <em>steamer</em> plus logeable que le <em>char</em>) et de la couleur locale (ainsi que le rappelait Léandre Bergeron en 1980, la <em>braoule</em> est une «pelle à fumier» [p. 96]).</p>
<p>Non moins poétiquement, Hervé Bouchard, dans son <em>Mailloux</em> (2002), a une fort jolie <a href="http://oreilletendue.com/2011/11/28/dixieme-article-d%e2%80%99un-dictionnaire-personnel-de-rhetorique/">allitération</a> jouant des variétés régionales du français : «tas de merde, t’es de marde» (p. 60).</p>
<p>L’utilisation la plus troublante du mot <em>marde</em> est cependant celle-ci.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/marde.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6185" title="marde" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/marde.jpg" alt="" width="478" height="779" /></a></p>
<p>Ça ne s’invente pas.</p>
<p>Références</p>
<p>Bergeron, Léandre, <em>Dictionnaire de la langue québécoise</em>, Montréal, VLB éditeur, 1980, 574 p.</p>
<p>Bienvenu, Sophie, <em>Et au pire, on se mariera</em>, Montréal, La mèche, 2011, 151 p.</p>
<p>Chassay, Jean-François, «Défection», <em>Jeu. Revue de théâtre</em>, 141, 4e trimestre 2011, p. 88-91.</p>
<p><em>Mailloux, histoires de novembre et de juin racontées par Hervé Bouchard citoyen de Jonquière</em>, Montréal, L’effet pourpre, 2002, 190 p.</p>
<p>Melançon, Benoît, «Les effets surprenants de l’ennui», <em>Jeu. Revue de théâtre</em>, 141, 4e trimestre 2011, p. 38-41.</p>
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		<title>Les zeugmes du dimanche matin</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2011/12/04/les-zeugmes-du-dimanche-matin-22/</link>
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		<pubDate>Sun, 04 Dec 2011 10:17:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Zeugme]]></category>

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		<description><![CDATA[Le littéraire «J’étais heureux de retrouver les sensations anciennes : désirs et craintes, sueurs et odeurs, qui venaient du milieu de mon corps et de la nuit des temps.» Jacques Poulin, Chat sauvage, Montréal et Arles, Leméac et Actes Sud, 1998, 188 p., p. 61. Le publicitaire (la Presse, 1er décembre 2011, cahier Portfolio métallurgie, p. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le littéraire</p>
<p>«J’étais heureux de retrouver les sensations anciennes : désirs et craintes, sueurs et odeurs, qui venaient du milieu de mon corps et de la nuit des temps.»</p>
<p>Jacques Poulin, <em>Chat sauvage</em>, Montréal et Arles, Leméac et Actes Sud, 1998, 188 p., p. 61.</p>
<p>Le publicitaire (<em>la Presse</em>, 1er décembre 2011, cahier Portfolio métallurgie, p. 7)</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/12/aluminium.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5871" title="aluminium" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/12/aluminium.jpg" alt="" width="364" height="785" /></a></p>
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		<title>Dixième article d’un dictionnaire personnel de rhétorique</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Nov 2011 10:33:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Dictionnaire personnel de rhétorique]]></category>
		<category><![CDATA[Langue de Shakespeare]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
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		<description><![CDATA[Allitération Définition Retours multipliés d’un son identique (Gradus, éd. 1980, p. 33). Exemples En f : «rencontre fortuite du fiancé furax, à vingt futaies de mon futon» (Éric McComber, la Solde, p. 20). En f, bis : «feu de fleur fumée envolée» (Plume Latraverse, «Blouse d’automne», Chants d’épuration). En g : «Gare goret, tu te goures [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Allitération</p>
<p>Définition</p>
<blockquote><p>Retours multipliés d’un son identique (<em>Gradus</em>, éd. 1980, p. 33).</p></blockquote>
<p>Exemples</p>
<blockquote><p>En <em>f</em> : «rencontre fortuite du fiancé furax, à vingt futaies de mon futon» (Éric McComber, <em>la Solde</em>, p. 20).</p>
<p>En <em>f</em>, bis : «feu de fleur fumée envolée» (Plume Latraverse, «Blouse d’automne», <em>Chants d’épuration</em>).</p>
<p>En <em>g</em> : «Gare goret, tu te goures de Gourin» (Jean Rouaud, <em>les Champs d’honneur</em>, p. 69).</p>
<p>En <em>n</em> : «Non, il n’est rien que Nanine n’honore» (Voltaire, <a href="http://oreilletendue.com/2010/10/12/questions-d%e2%80%99euphonie/"><em>Nanine</em></a>, acte III, sc. dernière).</p>
<p>En <em>p</em> : «Pourquoi Pierre Pitre parle presque pas ?» (chanson d’Arseniq33).</p>
<p>En <em>p</em>, bis : «une pomme on n’peut plus pulpeuse» (Plume Latraverse, «Érosion éolienne», <em>Chants d’épuration</em>).</p>
<p>En <em>v</em> : «Ce vent vert qui vient des villes» (<em>Forces</em>, 167, automne 2011, p. 43).</p>
<p>En <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Consonne_fricative">fricatives</a> : «Il perçut, tout autour de son corps, les sons entrelacés des vagues, du vent, et du vent sur les vagues, comme un vaste frisson froid, frisé, froncé, froissé, et ce fut sur ce fond farci de fricatives qu’il entendit se rapprocher les mercenaires» (Jean <a href="http://oreilletendue.com/2009/07/08/jean-echenoz/">Échenoz</a>, <em>le Méridien de Greenwich</em>, p. 234-235).</p>
<p>En image et en ville :</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/11/alliterations.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5840" title="alliterations" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/11/alliterations.jpg" alt="" width="560" height="418" /></a></p>
</blockquote>
<p>[Complément du 8 décembre 2011]</p>
<p>Les passionnés de Philip Roth et de baseball se souviendront des premières pages du «Prologue» de son <em>The Great American Novel</em> (1973). Non seulement elles abondent en allitérations, mais le narrateur, Word Smith, y livre des bribes de sa théorie en matière de rhétorique. En une formule : «Alliteration is at the foundation of English literature» (éd. de 1980, p. 9). Rien de moins.</p>
<p>Références</p>
<p>Arseniq33, <em>Tranquillement les tranquillisants</em>, 2002, étiquette Indica.</p>
<p>Dupriez, Bernard, <em>Gradus. Les procédés littéraires (Dictionnaire)</em>, Paris, Union générale d’éditions, coll. «10/18», 1370, 1980, 541 p.</p>
<p>Échenoz, Jean, <a href="http://www.leseditionsdeminuit.eu/f/index.php?sp=liv&amp;livre_id=1627"><em>le Méridien de Greenwich</em></a>, Paris, Éditions de Minuit, 1979, 255 p.</p>
<p>Latraverse, Plume, <em>Chants d’épuration</em>, 2003, étiquette Disques Dragon.</p>
<p>McComber, Éric, <a href="http://www.editionslameche.com/p/la-solde.html"><em>la Solde</em></a>, Montréal, La mèche, 2011, 218 p. Ill.</p>
<p>Roth, Philip, <em>The Great American Novel</em>, New York, Farrar, Straus &amp; Giroux, 1980 (1973), 382 p.</p>
<p>Rouaud, Jean, <a href="http://www.leseditionsdeminuit.eu/f/index.php?sp=liv&amp;livre_id=1816"><em>les Champs d’honneur</em></a>, Paris, Éditions de Minuit, 1990, 187 p.</p>
<p>Voltaire, <em>Nanine ou le Préjugé vaincu</em>, dans <em>Théâtre du XVIIIe siècle</em>, textes choisis, établis, présentés et annotés par Jacques Truchet, Paris, Gallimard, coll. «Bibliothèque de la Pléiade», 241, 1972, vol. I, p. 871-939 et 1442-1449.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>La ville à la ville</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Nov 2011 10:21:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Publicité]]></category>
		<category><![CDATA[Ville urbaine]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Devoir des 19-20 novembre 2011 avait un cahier «Habitation». Publicité en page 3 : «Demeures urbaines sur Saint-Jacques.» Sous-titre en page 5 : «On a prévu des chalets urbains […].» Publicité en page 9 : «Les seules maisons de ville authentiques dans le quartier.» Il est bon de se faire rappeler que la ville n’est plus à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Le Devoir</em> des 19-20 novembre 2011 avait un cahier «Habitation».</p>
<p>Publicité en page 3 : «Demeures urbaines sur Saint-Jacques.»</p>
<p>Sous-titre en page 5 : «On a prévu des chalets urbains […].»</p>
<p>Publicité en page 9 : «Les seules maisons de ville authentiques dans le quartier.»</p>
<p>Il est bon de se faire rappeler que la ville n’est plus à la campagne.</p>
<p>[Complément]</p>
<p>Le phénomène est-il uniquement montréalais, comme dans les exemples ci-dessus ? Que nenni.</p>
<p>Quelques heures après avoir mis son billet en ligne, <em>l’Oreille tendue</em> lit son <em>Devoir</em>. En première page : «Laval prépare un téléphérique urbain» (23 novembre 2011).</p>
<p>N’en doutons plus (si nous en avons déjà douté) : Laval est une ville.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Recyclage publicitaire</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Nov 2011 10:25:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apocop’]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Lumières]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>

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		<description><![CDATA[Le recyclage, au Québec, est affaire de «bac vert». C’est là où les bons citoyens doivent déposer les matières destinées à la récupération. (Le Notulographe a déjà eu un mot à dire sur ce «tri sélectif».) Le diplôme de premier cycle des universités québécoises est le baccalauréat, apocopé en «bac». Parmi lesdites universités, celle de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le recyclage, au Québec, est affaire de «bac vert». C’est là où les bons citoyens doivent déposer les matières destinées à la récupération. (Le Notulographe a déjà eu un mot à dire sur ce «<a href="http://oreilletendue.com/2011/09/08/neuvieme-article-d%e2%80%99un-dictionnaire-personnel-de-rhetorique/">tri sélectif</a>».)</p>
<p>Le diplôme de premier cycle des universités québécoises est le baccalauréat, apocopé en «bac». Parmi lesdites universités, celle de Montréal — celle de <em>l’Oreille tendue</em> —, offre dorénavant des programmes en «développement durable», donc «verts».</p>
<p>Slogan ? «Bacs verts» (<em>le Devoir</em>, 19-20 novembre 2011, p. I4).</p>
<p>Bravo.</p>
<p>P.S.—Dans le même ordre d’idées, mais pour une discipline bien différente, cette couverture de la revue <em>Études françaises</em> (vol. 42, no 1, 2006), pour son numéro «<a href="http://www.erudit.org/revue/etudfr/2006/v42/n1/index.html">De l’usage des vieux romans</a>».</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/11/bacs_verts_2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5776" title="bacs_verts_2" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2011/11/bacs_verts_2.jpg" alt="" width="200" height="320" /></a></p>
<p>[Complément du 25 novembre 2011]<em> </em></p>
<p><em>L’Oreille québecquoise</em> attire l’attention de <em>l’Oreille tendue</em> sur une chanson récente de Richard Desjardins sur son album <em>l’Existoire</em> (2011), «Développement durable». On y entend ceci : «En fait moé j’ai deux bacs / Un bac vert un bac bleu.» (En effet, certains bacs de recyclage québécois — des bacs verts, donc — sont bleus.)</p>
<p><center><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/cjP2YtnNUoc" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
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