<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>L’Oreille tendue &#187; Sport</title>
	<atom:link href="http://oreilletendue.com/category/sport/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://oreilletendue.com</link>
	<description>« Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler » (André Belleau).</description>
	<lastBuildDate>Tue, 22 May 2012 09:24:59 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.2</generator>
		<item>
		<title>Journal de Paris (et de Twitter)</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2012/05/14/journal-de-paris-et-de-twitter/</link>
		<comments>http://oreilletendue.com/2012/05/14/journal-de-paris-et-de-twitter/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 14 May 2012 09:51:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Gastronomie & décoration]]></category>
		<category><![CDATA[Néologie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Radio]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Sur la route]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://oreilletendue.com/?p=7427</guid>
		<description><![CDATA[Quelques jours en France ? L’Oreille tendue ne se détend pas, et elle échange avec ses correspondants sur Twitter. 4 mai 2012 Arrivée à Paris ce matin. Première constatation linguistique : «Merci», c’est fini; «Merci beaucoup» a pris sa place. Commentaire (expérimental) de @variations_zoo : «j’ai fait l’expérience ce matin, ça marche ». C’est le Monde qui le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quelques jours en France ? <em>L’Oreille tendue</em> ne se détend pas, et elle échange avec ses correspondants sur Twitter.</p>
<p>4 mai 2012</p>
<p>Arrivée à Paris ce matin. Première constatation linguistique : «Merci», c’est fini; «Merci beaucoup» a pris sa place.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Commentaire (expérimental) de <a href="http://twitter.com/variations_zoo/status/198693231968530433">@variations_zoo</a> : «j’ai fait l’expérience ce matin, ça marche <img src='http://oreilletendue.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':-)' class='wp-smiley' /> ».</p>
<p>C’est <em>le Monde</em> qui le dit : <em>out</em> les <em>lepénistes</em> et les <em>frontistes</em>. Les électeurs du Front national sont désormais des <em>marinistes</em>, du prénom de la fille et héritière politique de Jean-Marie Le Pen (5 mai 2012, p. 15). Marine a évincé son papa ?</p>
<p style="padding-left: 30px;">Commentaire (lexicoculinaire) de <a href="http://twitter.com/iericksen/status/198503128839102465">@iericksen</a> : «On parlera bientôt de marinés et de marinades.»</p>
<p>5 mai 2012</p>
<p>La loi française veut interdire «Mademoiselle» sur les formulaires officiels. La loi ne s’applique pas (encore) dans les cafés.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Commentaire (préventif) de <a href="https://twitter.com/#!/cvoyerleger/status/198823898308018176">@cvoyerleger</a> : «On l’utilise encore au Québec même après X années d’absence des formulaires. Ce sera long. Et certaines femmes y tiennent.»</p>
<p>6 mai</p>
<p>Larguez les amarres est une librairie, rue de la Gaîté, spécialisée en marine, voyages et aviation. Elle a dû fermer quelques jours. La raison ? Un «dégât des eaux». Injustice immanente ?</p>
<p>À la télé, en cette soirée électorale : «Je suis absolument dans la voiture d’Henri Guaino.»</p>
<p style="padding-left: 30px;">Commentaire (interrogatif) de <a href="http://twitter.com/MelAbdelmoumen/status/199427676921008128">@MelAbdelmoumen</a> : «L’Oreille a-t-elle remarqué, chez les journalistes tv français, cette confusion étonnante de l’“eh bien” et de la virgule ?», suivi d’un <a href="http://twitter.com/MelAbdelmoumen/status/199430807763427328">exemple</a> : «F. H. est rentré, eh bien, chez lui. Il a voulu, eh bien, dit-il, saluer la foule. N. Sarkozy, eh bien, quant à lui, etc.»</p>
<p>Métro, Étoile-Nation, 23 h 45 : «Bon quinquennat, M’sieurs-dames», dit le chanteur à la guitare.</p>
<p>7 mai</p>
<p>Chronique mode : la Parisienne confond rarement leggings / collants et pantalon. Ce sont les filles de <a href="http://gofugyourself.com/"><em>Go Fug Yourself</em></a> qui seraient fières d’elles.</p>
<p>Ce soir, à la Comédie-Française, <em>Une puce, épargnez-la</em>, de Naomi Wallace, traduction de Dominique Hollier. On y apprend qu’en langage de matelot une femme à la poitrine plantureuse aurait «de la voile».</p>
<p>8 mai</p>
<p>Consultation linguistique auprès d’une Parisienne de 16 ans. Expressions à la mode à Lutèce ?</p>
<p style="padding-left: 30px;">1. Vous croisez quelqu’un que vous connaissez; vous saluez; on ne vous répond pas. Vous levez la main en classe; on ne vous voit pas. Dans un cas comme dans l’autre, vous venez de «prendre un vent».</p>
<p style="padding-left: 60px;">Commentaire de <a href="http://twitter.com/beloamig_/status/199990199546159104">@beloamig_</a> : «Je suis ce producteur de vents, archimyope.»</p>
<p style="padding-left: 60px;">N.B. On entend aussi <em>se prendre un bache</em>.</p>
<p style="padding-left: 30px;">2. <a href="http://oreilletendue.com/2012/03/09/reponse-a-michel-dumais-genre/">@mdumais</a> sera heureux d’apprendre que le mot «genre» est (aussi) populaire à Paris.</p>
<p style="padding-left: 60px;">Confirmation, sur Twitter, par <a href="http://twitter.com/MrJeg57/status/200693053906894849">@MrJeg57</a> : «Expressions passablement énervantes, à bannir au plus vite : “Dire de la merde”, “genre”, “style”, “t’es sérieux, là ?”, «Et pis tout”, “trop”.»</p>
<p style="padding-left: 30px;">3. Le <a href="http://fr.wiktionary.org/wiki/bolos"><em>bolos</em></a> — prononcé avec des <em>o</em> graves — est, entre autres choses, un bouffon, mais pas congénital. Qui est <em>bolos</em> ne l’est généralement que temporairement. Du moins, c’est ce qu’on lui souhaite.</p>
<p style="padding-left: 30px;">4. Le <em>casso</em> (ou <em>cassos</em>) est un <em>bolos</em> en bien pire : son état est permanent. L’origine de ce substantif, très péjoratif, est peut-être à chercher du côté du <em>cas social</em>. Il paraît être proche de l’<a href="http://oreilletendue.com/2011/08/26/vieillir-prematurement/"><em>ortho</em></a> québécois.</p>
<p style="padding-left: 30px;">5. Qui <em>se tape une barre</em> rit beaucoup.</p>
<p style="padding-left: 30px;">6. Ce gâteau est <em>une tuerie</em> ? Il en a été question <a href="http://oreilletendue.com/2012/05/11/divergences-transatlantiques-021/">ici</a>.</p>
<p style="padding-left: 30px;">7. Vous vouliez voir un film, mais, quand vous vous présentez au cinéma, il vient de quitter l’affiche ? Vous étiez absente de l’école le jour où il y avait des frites à la cantine ? Vous avez, bien sûr, le <em>seum</em>.</p>
<p style="padding-left: 30px;">8. L’historique <em>ta gueule</em> pourrait être avantageusement remplacé par <em>stéve</em>.</p>
<p>9 mai</p>
<p>Métro Mairie d’Ivry-La Courneuve, 10 : des lycéens révisent à haute voix leurs notes de cours sur l’identité sexuelle. Une pensée pour <a href="http://denisdutton.com/bad_writing.htm">Judith Butler</a> ?</p>
<p>10 mai</p>
<p><em>L’Oreille</em> se rend à la salle Charles-Trenet de la maison de Radio-France pour assister à un enregistrement du <a href="http://www.franceinter.fr/emission-le-masque-et-la-plume"><em>Masque et la plume</em></a>. Jérôme Garcin, l’animateur de cette émission de radio, joue de la distinction <a href="http://oreilletendue.com/2010/03/26/une-weltanschauung-dans-un-adjectif/">deuxième / second</a>. <em>L’Oreille</em> devrait-elle se réjouir ?</p>
<p>«Vous avez voté ?» demande l’un. «Je l’ai fait par acte citoyen», répond l’autre. La manie du <em>citoyen</em> adjectivé est universelle.</p>
<p>11 mai</p>
<p>Le signe de l’américanisation de la France ? Pas la langue. La dimension des portions au restaurant.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Commentaire (inquiet) de <a href="http://twitter.com/dionnecharles/status/201041950336483328">@charlesdionne</a> : «Dès que le doggie bag aura été popularisé, on pourra craindre le pire pour la France !».</p>
<p>Ma voisine : «Nous allons prendre seulement une entrée, un plat et un dessert, avec un pichet de rouge.» L’adverbe ravit.</p>
<p>Histoire d’être dépaysée, <em>l’Oreille tendue</em> regarde, à télé française, un match de hockey (Canada-Finlande). Les commentateurs de Sport+ s’en donnent à cœur joie : «Mikko Koivu est monstrueux depuis le début du match»; «Dion Phaneuf se fait manger par le capitaine finlandais»; «L’équipe canadienne se fait bouger par les Finlandais»; «Les Canadiens sont dominés dans tous les compartiments du jeu.» Ça change de <a href="http://oreilletendue.com/2010/10/10/le-zeugme-du-dimanche-matin-2/">Benoît Brunet</a>. (Cela dit, «incroyable» sévit ici aussi.)</p>
<p style="padding-left: 30px;">Commentaire (jaloux) de <a href="http://twitter.com/NieDesrochers/status/201057098249945089">@niedesrochers</a> : «OUATE?!? Pourquoi on diffuse pas ça ici??? #SoiréeTéléÀOuagadougou #TropInjuste».</p>
<p>«Du pipi de chat», disait-il à son téléphone. «Du pipi de chat», insistait-il. <em>L’Oreille tendue</em> décida de ne pas le contredire, et de rentrer chez elle.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://oreilletendue.com/2012/05/14/journal-de-paris-et-de-twitter/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Exercice de traduction du mardi matin</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2012/05/08/exercice-de-traduction-du-mardi-matin/</link>
		<comments>http://oreilletendue.com/2012/05/08/exercice-de-traduction-du-mardi-matin/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 08 May 2012 09:17:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Langue de Shakespeare]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://oreilletendue.com/?p=7387</guid>
		<description><![CDATA[Henry Skrimshander, l’arrêt-court des Harpooners du collège Westish, dont on disait qu’il était destiné à une brillante carrière, devient incapable, du jour au lendemain, de lancer correctement la balle. C’est du baseball, et ça se passe dans le roman, déjà évoqué ici, The Art of Fielding de Chad Harbach (2011). Skrimshander souffrirait de la «Steve [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Henry Skrimshander, l’arrêt-court des Harpooners du collège Westish, dont on disait qu’il était destiné à une brillante carrière, devient incapable, du jour au lendemain, de lancer correctement la balle. C’est du baseball, et ça se passe dans le roman, déjà évoqué <a href="http://oreilletendue.com/2012/05/05/les-rats-du-ciel/">ici</a>, <em>The Art of Fielding</em> de Chad Harbach (2011).</p>
<p>Skrimshander souffrirait de la «<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Steve_Blass#Steve_Blass_Disease"><em>Steve Blass disease</em></a>». Cette maladie, à laquelle un lanceur des Pirates de Pittsburgh a donné son nom, touche des gens, notamment des sportifs, qui, pour une raison inconnue, ne parviennent plus à faire ce à quoi ils excellaient.</p>
<p>Le joueur des Harpooners prend progressivement conscience de son mal. Il en arrivera à ne plus <em>du tout</em> lancer la balle, mais, au départ, il commet surtout des erreurs : ses lancers sont trop faibles ou trop puissants, trop hauts ou trop bas.</p>
<p>Un jour, il oblige son joueur de premier but à sauter dans les airs pour attraper un lancer imprécis : Rick O’Shea — qui ne commettra heureusement pas de ricochet — «<em>snow-coned the ball with the fringe of his extra-long mitt</em>».</p>
<p>Traduction littérale : il attrape la balle à l’extrémité («<em>the fringe</em>») de son gant allongé de premier but («<em>his extra-long mitt</em>»); la balle, blanche, se détache du bout du gant, comme une boule de glace de son cornet («<em>snow-coned</em>»).</p>
<p>Quelqu’un veut se risquer à une traduction moins littérale ?</p>
<p style="text-align: left;">P.S.—Une autre occurrence ? «<em>He snow-coned the near half of the ball</em> […].»</p>
<p>Référence</p>
<p>Harbach, Chad, <em>The Art of Fielding</em>, édition numérique (iBooks), New York, Boston et Londres, Little, Brown and Company, 2012 (2011).</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://oreilletendue.com/2012/05/08/exercice-de-traduction-du-mardi-matin/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les rats du ciel</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2012/05/05/les-rats-du-ciel/</link>
		<comments>http://oreilletendue.com/2012/05/05/les-rats-du-ciel/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 05 May 2012 09:17:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Langue de Shakespeare]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://oreilletendue.com/?p=7372</guid>
		<description><![CDATA[C’est le printemps : l’Oreille tendue lit donc un livre sur le baseball, The Art of Fielding (2011). Chad Harbach, son auteur, y bouleverse la faune atmosphérique. Les francophones ne sont pas étonnés qu’on leur parle de nuages qui moutonnent. Les anglophones le seront-ils de voir des nuages passer devant le soleil et faire fuir les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est le printemps : <em>l’Oreille tendue</em> lit donc un livre sur le baseball, <em>The Art of Fielding</em> (2011).</p>
<p>Chad Harbach, son auteur, y bouleverse la faune atmosphérique.</p>
<p>Les francophones ne sont pas étonnés qu’on leur parle de <em>nuages qui moutonnent</em>.</p>
<p>Les anglophones le seront-ils de voir des nuages passer devant le soleil et faire fuir les ombres sur l’herbe comme si c’était des rongeurs («<em>Shreds of cloud blew past the setting sun, causing shadows to scurry rodentially over the grass</em>») ?</p>
<p>Référence</p>
<p>Harbach, Chad, <em>The Art of Fielding</em>, édition numérique (iBooks), New York, Boston et Londres, Little, Brown and Company, 2012 (2011).</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://oreilletendue.com/2012/05/05/les-rats-du-ciel/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>No problemo</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2012/05/01/no-problemo/</link>
		<comments>http://oreilletendue.com/2012/05/01/no-problemo/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 May 2012 09:28:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[École]]></category>
		<category><![CDATA[Problématique]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://oreilletendue.com/?p=7335</guid>
		<description><![CDATA[Le problème irrite. Or personne n’aime être irrité. Solution : à défaut de faire disparaître le problème (la chose), masquer le mot. En France, cela a donné souci, comme dans «Y a pas de souci» ou sur Twitter. Au Québec, problème a été éradiqué depuis longtemps. Problématique a pris sa place. On y trouve les problématiques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le problème irrite. Or personne n’aime être irrité. Solution : à défaut de faire disparaître le problème (la chose), masquer le mot.</p>
<p>En France, cela a donné <em>souci</em>, comme dans «Y a pas de souci» ou sur Twitter.</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/2012/05/01/no-problemo/problematique/" rel="attachment wp-att-7336"><img class="aligncenter size-full wp-image-7336" title="problematique" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/05/problematique.jpg" alt="" width="420" height="49" /></a></p>
<p>Au Québec, <em>problème</em> a été éradiqué depuis longtemps. <em>Problématique</em> a pris sa place. On y trouve les problématiques «<a href="http://oreilletendue.com/2011/04/15/de-la-problematique/">des punaises de lit</a>», «<a href="http://oreilletendue.com/2010/02/13/dans-le-tuyau-de-l%E2%80%99oreille/">de handicap</a>», «du poids» (<em>le Devoir</em>, 25 janvier 2007, p. A7), «des commotions cérébrales» (<em>la Presse</em>, 22 octobre 2009, cahier Sports, p. 1).</p>
<p>L’école de la Belle Province raffole de la <em>problématique</em>.</p>
<p style="padding-left: 30px;">«Cette rencontre de parents s’adresse principalement aux parents dont les enfants éprouvent des difficultés académiques ou une quelconque problématique» (Commission scolaire de Montréal, 4 février 2004).</p>
<p style="padding-left: 30px;">«La création de ce nouveau cours vise à introduire l’intervenant à la problématique de l’évaluation des besoins de l’individu visé par l’intervention afin d’adopter les approches permettant de bien répondre aux besoins identifiés par l’évaluation. Également l’intervenant est fréquemment mis en contact avec des rapports d’évaluation. Il importe qu’il soit outillé pour qu’il puisse s’approprier leur contenu» (Université de Montréal, mars 2004).</p>
<p>Le mot a même envahi le vocabulaire de la plomberie. En 2010, <em>l’Oreille tendue</em> avait chez elle un plombier ennuyé par un conduit («Ma problématique, c’est ce tuyau-là»). Le 30 août de la même année, sur Twitter, @Ant_Robitaille rapportait une phrase entendue dans la salle d’audience de la <a href="http://www.cepnj.gouv.qc.ca/">commission Bastarache</a> : «On a une problématique de toilette. Ça prendrait un débouche.»</p>
<p>Jusqu’à hier, <em>l’Oreille</em> ignorait qu’on pût «ressentir une problématique». Pourtant, c’était écrit dans le journal : «Dix problématiques ressenties par les nouveaux entrepreneurs» (<em>la Presse</em>, 30 avril 2012, cahier Affaires, p. 2).</p>
<p>Dont acte.</p>
<p>P.S.—«Problématique» sévit aussi dans <a href="http://oreilletendue.com/2011/04/01/langue-universelle/">l’Hexagone</a>. Autant qu’au Québec ? <em>L’Oreille</em> ne le croit pas, mais elle peut se tromper.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://oreilletendue.com/2012/05/01/no-problemo/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Du chien et de ses usages au Québec</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2012/04/30/du-chien-et-de-ses-usages-au-quebec/</link>
		<comments>http://oreilletendue.com/2012/04/30/du-chien-et-de-ses-usages-au-quebec/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 30 Apr 2012 09:35:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Langue de Shakespeare]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://oreilletendue.com/?p=7327</guid>
		<description><![CDATA[Soit les deux citations suivantes : —J’ai déjà dit que je ne voulais pas vous voir fourrer le chien par ici, a-t-il aboyé. —Je ne… fourre pas le chien. Je ne savais pas ce que l’expression voulait dire, sinon que c’était quelque chose que Rigger n’aimait pas (Hockey de rue, p. 150). &#160; Ça prend juste [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Soit les deux citations suivantes :</p>
<blockquote><p>—J’ai déjà dit que je ne voulais pas vous voir fourrer le chien par ici, a-t-il aboyé.</p>
<p>—Je ne… fourre pas le chien.</p>
<p>Je ne savais pas ce que l’expression voulait dire, sinon que c’était quelque chose que Rigger n’aimait pas (<em>Hockey de rue</em>, p. 150).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ça prend juste un bâtard comme toi pour venir fucker l’chien (<em>les Corpuscules de Krause</em>, p. 189).</p></blockquote>
<p>Qu’en est-il donc de ce chien, qu’on <a href="http://oreilletendue.com/2010/03/01/le-verbe-de-la-connaissance/"><em>fourre</em></a> ou qu’on <em>fucke</em> (prononcé <em>phoque</em>) ?</p>
<p>Dans le premier texte, <em>fourrer le chien</em> signifie <em>glander</em>, <em>ne rien faire</em> — <em>loafer</em> (verbe intransitif du premier groupe, prononcé <em>lôfer</em>), aurait-on dit à une autre époque.</p>
<p>Dans le suivant, il s’agit plutôt de <em>compliquer une situation</em>, de la faire <em>se détériorer</em>; cet emploi est péjoratif. Qui <em>fucke le chien</em>, donc, <em>fout le bordel</em> ou <em>fait merder</em>. (Cette deuxième acception, du moins aux oreilles de <em>l’Oreille</em>, paraît moins commune que la première.)</p>
<p><a href="http://www.urbandictionary.com/define.php?term=fuck%20the%20dog">La langue anglaise</a> est la source de cette expression, en ces deux sens.</p>
<p>Un <a href="http://forum.pcastuces.com/sujet.asp?f=2&amp;s=13532">forum de discussion sur Internet</a> — merci à <a href="http://twitter.com/LucGauvreau/status/194966223405072384">@LucGauvreau</a> — évoque une troisième signification : <em>avoir de la difficulté</em>. Il y est question de «fuckage de chien» et de «fuckage de canidés».</p>
<p>Ces tentatives de définition laissent deux questions ouvertes.</p>
<p>D’où une telle expression peut-elle bien venir ? <a href="http://oreilletendue.com/2010/01/29/ne-pas-visualiser-svp/">Comme dans d’autres cas</a>, il vaut peut-être mieux ne pas se poser la question, histoire de ne pas se représenter l’affaire.</p>
<p>Le bon usage recommande-t-il <em>fourrer</em> (comme dans la traduction du roman de David Skuy par Laurent Chabin) ou <em>fucker le chien</em> (ainsi que l’écrit Gordon) ? Le débat a récemment occupé Twitter.</p>
<p><em>L’Oreille </em>a souvenir d’avoir entendu les deux verbes. Forcée d’utiliser l’expression, elle choisirait le second.</p>
<p><a href="http://twitter.com/PimpetteDunoyer/status/194883379307626496">@PimpetteDunoyer</a>, résolument montréalocentriste, <a href="http://twitter.com/LucieBourassa/status/194891168893501441">@LucieBourassa</a>, trifluvienne d’origine, et <a href="http://twitter.com/VeroMato/status/194885555086032896">@VeroMato</a>, de la Mauricie, pencheraient pour <em>fucker le chien</em>.</p>
<p>En Outaouais, c’est moins clair. Pour <a href="http://twitter.com/catherine_pj/status/194885775744172034">@catherine_pj</a>, il faut <em>fucker</em>, mais, selon <a href="http://twitter.com/iericksen/status/194886102207840256">@iericksen</a>, dans «le nord de l’Outaouais», ce serait <em>fourrer</em>. Commentaire de <a href="http://twitter.com/PimpetteDunoyer/status/194886294218870784">@PimpetteDunoyer</a> : «Va falloir que vous fixiez la ligne de partage <img src='http://oreilletendue.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> .»</p>
<p>Histoire de compliquer les choses, <a href="http://twitter.com/AMBeaudoinB/status/194878881482809344">@AMBeaudoinB</a> connaît au moins une région où on <em>fucke la chienne</em>.</p>
<p>Avant Twitter, en 1980, dans son <em>Dictionnaire de la langue québécoise</em>, aux articles «chien» et «fourrer», Léandre Bergeron retient <em>fourrer</em> (p. 128 et 233). L’année suivante, dans son <em>Supplément</em>, voilà «<em>Foquer l’chien</em>» (p. 102). On voit aussi apparaître «Fourreur de chien» («n.m. — Sobriquet donné au contremaître dans les chantiers. — Paresseux» (p. 103). Nulle trace, cependant, du <em>foqueur de chien</em>.</p>
<p>Qui fixera l’usage ? Qui sera le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Favre_de_Vaugelas">Vaugelas</a> de la copulation canine ? En attendant, cela fait désordre.</p>
<p>Références</p>
<p>Bergeron, Léandre, <em>Dictionnaire de la langue québécoise</em>, Montréal, VLB éditeur, 1980, 574 p.</p>
<p>Bergeron, Léandre, <em>Dictionnaire de la langue québécoise précédé de la Charte de la langue québécoise. Supplément 1981</em>, Montréal, VLB éditeur, 1981, 168 p.</p>
<p>Gordon, Sandra, <em>les Corpuscules de Krause</em>, Montréal, Leméac, 2010, 237 p.</p>
<p>Skuy, David, <em>Hockey de rue</em>, Montréal, Hurtubise, 2012 (2011), 232 p. Traduction de Laurent Chabin.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://oreilletendue.com/2012/04/30/du-chien-et-de-ses-usages-au-quebec/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Autopromotion 030</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2012/04/28/autopromotion-030/</link>
		<comments>http://oreilletendue.com/2012/04/28/autopromotion-030/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 28 Apr 2012 09:18:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sport]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://oreilletendue.com/?p=7313</guid>
		<description><![CDATA[Il y a 1,2 lustre, l’Oreille tendue publiait les Yeux de Maurice Richard. Une histoire culturelle. Une édition de poche de ce livre vient de paraître à Montréal, chez Fides, dans la collection «Biblio-Fides». Elle sera très bientôt disponible, en édition papier et en édition numérique. En avant-première, la couverture.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a 1,2 <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lustre_%28Rome_antique%29">lustre</a>, <em>l’Oreille tendue</em> publiait <a href="http://www.lesyeuxdemauricerichard.com/"><em>les Yeux de Maurice Richard. Une histoire culturelle</em></a>. Une édition de poche de ce livre vient de paraître à Montréal, chez <a href="http://fides.qc.ca/ ">Fides</a>, dans la collection «Biblio-Fides». Elle sera très bientôt disponible, en édition papier et en édition numérique.</p>
<p>En avant-première, la couverture.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/2012/04/28/autopromotion-030/couverture_poche/" rel="attachment wp-att-7314"><img class="aligncenter  wp-image-7314" title="couverture_poche" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/04/couverture_poche.jpg" alt="" width="445" height="652" /></a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://oreilletendue.com/2012/04/28/autopromotion-030/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Images de Butch</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2012/04/16/images-de-butch/</link>
		<comments>http://oreilletendue.com/2012/04/16/images-de-butch/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 16 Apr 2012 09:40:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bande dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Radio]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://oreilletendue.com/?p=7205</guid>
		<description><![CDATA[[Lecteur, si tu ne t’intéresses pas aux relations du sport et de la culture, passe ton chemin.] Émile «Butch» Bouchard, l’ex-défenseur des Canadiens de Montréal de 1941 à 1956, est mort le 14 avril; il était né en 1919. Il n’occupe pas, dans les représentations culturelles du hockey, la même place que Maurice Richard, Jean [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>[Lecteur, si tu ne t’intéresses pas aux relations du sport et de la culture, passe ton chemin.]</p>
<p>Émile «Butch» Bouchard, l’ex-défenseur des Canadiens de Montréal de 1941 à 1956, est mort <a href="http://www.ledevoir.com/sports/hockey/347453/l-ex-defenseur-etoile-du-canadien-emile-butch-bouchard-est-decede">le 14 avril</a>; il était né en 1919. Il n’occupe pas, dans les représentations culturelles du hockey, la même place que <a href="http://www.lesyeuxdemauricerichard.com/">Maurice Richard</a>, <a href="http://www.ledevoir.com/sports/hockey/330370/jean-beliveau-le-gros-bill-a-80-ans">Jean Béliveau</a> ou <a href="http://www.ledevoir.com/culture/livres/312307/de-guy-lafleur-considere-comme-un-des-beaux-arts">Guy Lafleur</a>, voire que <a href="http://oreilletendue.com/2011/12/05/les-mysteres-de-la-memoire/">Lorne Worsley</a>, mais il a néanmoins été objet de discours.</p>
<p>C’est le cinéma qui lui a accordé le plus de place. Il apparaît notamment dans des films de Gérard Pelletier (<em>Passe-partout : «Le sport est-il trop commercialisé ?»</em>, 1955), de Gilles Gascon (<em>Peut-être Maurice Richard</em>, 1971), de <a href="http://www.onf.ca/explorer-tous-les-cineastes/jacques-payette">Jacques Payette</a> (<em>le Rocket / The Rocket</em>, 1998) et de Karl Parent et Claude Sauvé (<em>Maurice Rocket Richard</em>, 1998). Deux autres films méritent d’être présentés un peu plus longuement.</p>
<p>Parmi les lieux communs les plus récurrents sur l’histoire du hockey à Montréal, on trouve celui de l’exploitation économique des joueurs (souvent francophones) par leurs patrons (souvent anglophones). Un exemple parmi cent : «Maurice Richard était sous-payé et exploité parce qu’il était canadien-français», écrit Normand Lester en 2003 (p. 10). Les joueurs auraient été victimes de leurs employeurs. On peut relativiser ce type de jugement, et les déclarations filmées d’Émile Bouchard y contribuent.</p>
<p>S’il est vrai que Maurice Richard n’a pas toujours été payé à sa valeur (marchande) du temps qu’il était joueur, il ne faudrait pas oublier que son origine ethnique n’était peut-être pas la seule cause de cet état de fait. À l’époque de Richard, il y a eu au moins un joueur mieux payé que lui chez les Canadiens de Montréal, mais c’était lui aussi un Canadien français, Jean Béliveau, qui rappelle le fait dans ses <a href="http://oreilletendue.com/2010/09/06/a-ne-pas-oublier/">Mémoires</a> en 2005. Il y a donc lieu de se demander quelle est la part de responsabilité des joueurs eux-mêmes dans les négociations de travail.</p>
<p>Dans <em>Maurice Richard. Histoire d’un Canadien</em> / <em>The Maurice Rocket Richard Story</em> (1999), Jean-Claude Lord et Pauline Payette donnent la parole à l’ancien numéro 3 des Canadiens : «Dans ce temps-là, on était imbéciles», affirme-t-il. Pourquoi ? Parce que les joueurs ne discutaient pas entre eux de leur salaire, ce qui les privait du pouvoir de négocier. Arrive cependant le début de la saison 1947 : constatant qu’il y avait «un peu d’abus», Bouchard et Richard décident de faire «front commun» pour négocier leur contrat. Certains iront jusqu’à parler de <em>grève</em>. La leçon se sera pas immédiatement entendue ni par eux ni par leurs coéquipiers : Bouchard et Richard n’obtiendront pas gain de cause; les joueurs ne se rassembleront en syndicat que bien plus tard. Pourtant, quelque chose était peut-être en train de changer.</p>
<p><em>Maurice Richard. Histoire d’un Canadien</em> est un docudrame; <em>Maurice Richard / The Rocket</em> (2005), de Charles Binamé, est une fiction. Le personnage de Bouchard, joué par Patrice Robitaille, fait partie d’une série de personnages qui déterminent, plus qu’il ne le fait lui-même, les choix, sur la glace et hors de celle-ci, de Maurice Richard : sa femme, son entraîneur, Dick Irvin (d’abord et avant tout), son directeur gérant, Frank Selke, un représentant syndical, son coiffeur, son nègre (Richard était «<a href="http://oreilletendue.com/2011/01/07/les-experts/">joueurnaliste</a>» à ses heures). C’est son entourage qui dicte quoi faire au Rocket.</p>
<p>Cela est parfaitement clair quand il est question du statut social de Richard. Binamé propose une interprétation clairement nationaliste de la carrière de celui-ci. Richard est moqué à Montréal comme ailleurs parce qu’il ne parle pas anglais, lui qui est entouré d’anglophones, la plupart du temps en position d’autorité, qui ne lui veulent pas que du bien : le patron de l’usine où, jeune homme, il travaille, Dick Irvin, Frank Selke ou Clarence Campbell, le président de la Ligue nationale de hockey. Maurice Richard serait leur victime parce qu’il est canadien-français.</p>
<p>C’est le personnage d’Émile Bouchard qui, dans le film, est chargé de faire comprendre à Richard ce qu’il est pour les siens, et quelles responsabilités cela entraîne. La scène se déroule dans un train, la nuit, et Bouchard déclare ce qui suit à son coéquipier : «Toi, faut qu’tu donnes un sens à c’que tu fais.» On peut s’interroger sur le réalisme supposé de cet échange, mais il est reste que Binamé, comme Lord et Payette, fait d’Émile Bouchard la voix de l’affirmation des joueurs contre ceux qui les emploient. Voilà un leader.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/2012/04/16/images-de-butch/bouchard/" rel="attachment wp-att-7206"><img class="aligncenter  wp-image-7206" title="bouchard" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/04/bouchard.jpg" alt="" width="324" height="411" /></a></p>
<p>Mais il n’y a pas que le cinéma.</p>
<p>Butch Bouchard est présent dans cinq <a href="http://oreilletendue.com/2010/11/15/chantons-sport/">chansons</a>. On y vante ses talents de passeur : «Quand sur une passe de Butch Bouchard i prenait le puck derrière ses goals» (Pierre Létourneau, «Maurice Richard», 1970); «Butch Bouchard à Savard vers Béliveau» (Loco Locass, «Le but», 2009). On apprécie la qualité de son jeu défensif : «Avec Butch à leurs côtés / Les goals seront bien gardés» (Denise Émond, «La chanson des étoiles du hockey», 1956). On notera qu’il n’est jamais représenté seul : «Maurice Richard qui part avec grand Butch Bouchard» (La famille Soucy, «Le club de hockey Canadien», 1954); «Morenz Joliat pis les deux Richard / Bonin Béliveau pis Geoffrion / Sans oublier not’Butch Bouchard / Hourra pour nos champions» (Oswald, «Les sports», 1960). Émile Bouchard, capitaine des Canadiens de 1948 à 1956, était, encore et toujours, un joueur d’équipe.</p>
<p>La peinture, à l’exception de <a href="http://www.bernardracicot.ca/ma_peinture.htm">Bernard Racicot</a>, ne s’est guère intéressée à Bouchard. En matière de sculpture — on se souviendra qu’il y a <em>quatre</em> statues de Maurice Richard à Montréal —, ce n’est guère mieux : une fresque en sept scènes, signée Jules Lasalle, orne la façade de l’<a href="http://www.longueuil.ca/vw/asp/gabarits/Gabarit_Popup_Comm.asp?ID_MESSAGE=20828&amp;CHANG_ARROND=0&amp;CHANGEMENT_LANGUE=FR">aréna Émile-Butch-Bouchard</a> de Longueuil. <em>L’Oreille tendue</em> ne connaît qu’un roman où il est question de Bouchard, <em>la Poussière du temps</em> (2005), de Michel David, mais c’est pour son restaurant, rue De Montigny, à Montréal (p. 400). Bill Templeman semble être le seul poète à avoir chanté le joueur, sur le mode de la nostalgie : «It used to be a game of skill and grace when the Rocket played / along with Geoffrion and Bouchard. Now it is a game of thugs» (p. 194). La bande dessinée ? Sur la couverture de <em>la Patinoire en folie</em> de <a href="http://oreilletendue.com/2011/12/28/bdhq-prolegomenes-%e2%80%94-troisieme-partie/">Pierre Huet</a> (2011), un personnage ressemble fort à Bouchard; il ne réapparaîtra pas dans l’intrigue.</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/2012/04/16/images-de-butch/bouchard_huet/" rel="attachment wp-att-7207"><img class="aligncenter size-full wp-image-7207" title="bouchard_huet" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/04/bouchard_huet.jpg" alt="" width="140" height="167" /></a></p>
<p>D’autres joueurs ont occupé plus de place qu’Émile Bouchard dans la culture québécoise. Il en a pourtant une, marquée par sa contribution à son équipe, à ses coéquipiers et à son sport, plus que par ses exploits personnels.</p>
<p>P.S.—<em>L’Oreille tendue</em> a donné un entretien sur ces questions à Franco Nuovo, à la radio de Radio-Canada, le 15 avril. On peut l’entendre <a href="http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2012/CBF/DessinemoiUnDimanche201204150910_2.asx">ici</a>.</p>
<p>Références</p>
<p>Béliveau, Jean, avec Chrys Goyens et Allan Turowetz, <em>Jean Béliveau. My Life in Hockey</em>, Vancouver, Greystone Books, 2005 (1994), xii/312 p. Ill. Foreword by Wayne Gretzky. Introduction by Allan Turowetz. Traduction : <em>Ma vie bleu-blanc-rouge</em>, Montréal, Hurtubise HMH, 2005, 355 p. Ill. Préface de Dickie Moore. Avant-propos d’Allan Turowetz. Traduction et adaptation de Christian Tremblay.</p>
<p>David, Michel, <em>la Poussière du temps. Tome I. Rue de la Glacière</em>, Montréal, Hurtubise HMH, 2005, 456 p.</p>
<p>Huet, Pierre, <em>la Patinoire en folie</em>, Montréal, Les 400 coups, coll. «Strips», 2011, 62 p. Avec la participation de Patrick Moerell.</p>
<p>Lester, Normand, «1. La discrimination dans le sport. Maurice Richard : la fierté d’un peuple», dans <em>le Livre noir du Canada anglais 3</em>, Montréal, Les Intouchables, 2003, p. 14-26.</p>
<p>Templeman, Bill, «They Don’t Play Hockey Here Any More : The Montreal Forum’s Chief Ghost Meditates Upon the History of the Game», dans Dale Jacobs (édit.), <em>Ice. New Writing on Hockey. A Collection of Poems, Essays, and Short Stories</em>, Edmonton, Spotted Cow Press, 1999, p. 194-197.</p>
<p>Sur le Web</p>
<p style="padding-left: 30px;"><a href="http://www.emilebutchbouchard.com/">Émile «Butch» Bouchard</a></p>
<p style="padding-left: 30px;"><a href="http://www.ecomusee.qc.ca/expo_tempo.html">Exposition <em>Bienvenue Chez Butch Bouchard !</em></a></p>
<p style="padding-left: 30px;"><a href="http://www.legendsofhockey.net/LegendsOfHockey/jsp/LegendsMember.jsp?mem=p196603&amp;page=bio&amp;list=ByYear">Temple de la renommée du hockey (Toronto)</a></p>
<p style="padding-left: 30px;"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Bouchard">Wikipédia</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://oreilletendue.com/2012/04/16/images-de-butch/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Autopromotion 029</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2012/04/15/autopromotion-029/</link>
		<comments>http://oreilletendue.com/2012/04/15/autopromotion-029/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 15 Apr 2012 11:31:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Radio]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://oreilletendue.com/?p=7200</guid>
		<description><![CDATA[Ce matin, entre 9 h et 10 h, l’Oreille tendue sera au micro de Franco Nuovo (Dessine-moi un dimanche), à la radio de Radio-Canada, pour parler des représentations culturelles de l’ex-défenseur des Canadiens de Montréal — c’est du hockey —, Émile «Butch» Bouchard (1919-2012). Il sera question de chanson et, surtout, de cinéma. [Complément] On [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce matin, entre 9 h et 10 h, <em>l’Oreille tendue</em> sera au micro de Franco Nuovo (<a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/dessine_moi_un_dimanche/2011-2012/"><em>Dessine-moi un dimanche</em></a>), à la radio de Radio-Canada, pour parler des représentations culturelles de l’ex-défenseur des Canadiens de Montréal — c’est du hockey —, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Bouchard ">Émile «Butch» Bouchard</a> (1919-2012). Il sera question de chanson et, surtout, de cinéma.</p>
<p>[Complément]</p>
<p>On peut entendre l’entretien <a href="http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2012/CBF/DessinemoiUnDimanche201204150910_2.asx">ici</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://oreilletendue.com/2012/04/15/autopromotion-029/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Géographie montréalaise</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2012/04/12/geographie-montrealaise/</link>
		<comments>http://oreilletendue.com/2012/04/12/geographie-montrealaise/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 12 Apr 2012 09:17:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Sur la route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://oreilletendue.com/?p=7179</guid>
		<description><![CDATA[Un Montréalais qui dit «À moi la montagne !» ne compte pas (toujours) quitter sa ville. Il prépare plutôt une visite au centre de celle-ci, sur le mont Royal (environ 230 mètres au-dessus du niveau de la mer). On a les massifs centraux qu’on peut. La montagne est notamment appréciée des communautés culturelles, qui s’y rassemblent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un Montréalais qui dit «À moi la montagne !» ne compte pas (toujours) quitter sa ville. Il prépare plutôt une visite au centre de celle-ci, sur le mont Royal (environ 230 mètres au-dessus du niveau de la mer). On a les massifs centraux qu’on peut.</p>
<p>La <em>montagne</em> est notamment appréciée des <em>communautés culturelles</em>, qui s’y rassemblent pour y savourer des <em>mets ethniques</em> et pour y pratiquer le soccer, qu’ils appellent le football, ou vice versa.</p>
<p>P.S.—Ce texte a déjà paru <a href="http://www.cairn.info/article_p.php?ID_ARTICLE=CITE_023_0238">ici</a>, mais sans sa référence complète : Melançon, Benoît, «<a href="http://www.cairn.info/revue-cites-2005-3-page-233.htm">La glande grammaticale</a> suivi d’un <a href="http://www.cairn.info/article_p.php?ID_ARTICLE=CITE_023_0238">Petit lexique (surtout) montréalais</a>», <em>Cités. Philosophie. Politique. Histoire</em>, 23, 2005, p. 233-241.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://oreilletendue.com/2012/04/12/geographie-montrealaise/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Ayoye (!)</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2012/04/10/ayoye/</link>
		<comments>http://oreilletendue.com/2012/04/10/ayoye/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 10 Apr 2012 10:17:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bande dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://oreilletendue.com/?p=7163</guid>
		<description><![CDATA[Soit le titre suivant, vu il y a quelques jours dans le journal le Devoir : «Ayoye ! Yahoo ! élimine 2000 postes» (5 avril 2012, p. B3). Ayoye, donc. Cette interjection peut désigner, à la manière de aïe, la douleur. «Ayoye tu m’fais mal / à mon cœur d’animal / l’exilé de l’intérieur» («Ayoye», chanson du groupe [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Soit le titre suivant, vu il y a quelques jours dans le journal <em>le Devoir</em> : «Ayoye ! Yahoo ! élimine 2000 postes» (5 avril 2012, p. B3).</p>
<p><em>Ayoye</em>, donc.</p>
<p>Cette interjection peut désigner, à la manière de <em>aïe</em>, la douleur.</p>
<p style="padding-left: 30px;">«Ayoye tu m’fais mal / à mon cœur d’animal / l’exilé de l’intérieur» («Ayoye», chanson du groupe Offenbach, 1978).</p>
<p>Cette acception n’est pas récente. On trouve le mot, en ce sens, dans l’adaptation en bande dessinée du roman <em>Un homme et son péché</em> de Claude-Henri Grignon, sous le titre <em>Séraphin illustré</em> (textes de Grignon, dessins d’Albert Chartier), qu’a publiée <em>le Bulletin des agriculteurs</em> de 1951 à 1970 (éd. de 2010, p. 90).</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/2012/04/10/ayoye/ayoye/" rel="attachment wp-att-7164"><img class="aligncenter size-full wp-image-7164" title="ayoye" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/04/ayoye.jpg" alt="" width="331" height="363" /></a></p>
<p>L’interjection peut aussi marquer l’étonnement, voire, dans certains cas, l’admiration.</p>
<p style="padding-left: 30px;">«Ayoye les fonds !» (<em>la Presse</em>, 30 janvier 2012, cahier Affaires, p. 3).</p>
<p>Il arrive que les deux registres se mêlent.</p>
<p style="padding-left: 30px;">«<em>Jackass</em> : ayoye !» (<em>la Presse</em>, 5 avril 2004, cahier Arts et spectacles, p. 4).</p>
<p>On voit <em>ayoye</em> aussi bien avant qu’après l’énoncé qu’elle qualifie.</p>
<p style="padding-left: 30px;">«Ayoye ! Entre en scène Julie Snyder» (<em>le Devoir</em>, 15-16 mars 2003).</p>
<p style="padding-left: 30px;">«Un hockeyeur japonais dans la LNH ? Ayoye !» (<em>la Presse</em>, 8 février 2001).</p>
<p style="padding-left: 30px;">«Le hasard nous mord les fesses. Ayoye !» (<em>Ça va aller</em>, p. 83).</p>
<p>Le point d’exclamation postposé est fréquent, mais pas indispensable.</p>
<p style="padding-left: 30px;">«Ayoye, mettons» (<em>le Devoir</em>, 19 janvier 2012, p. B6).</p>
<p>On trouve aussi d’autres graphies qu’<em>ayoye</em>.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>Ayoï</em></p>
<p style="padding-left: 60px;">«pour se plaindre <em>opopoï</em></p>
<p style="padding-left: 60px;">disaient les Grecs Gérald Godin disait</p>
<p style="padding-left: 60px;"><em>ayoï</em>» (<em>comment serrer la main de ce mort-là</em>, p. 18).</p>
<p style="padding-left: 60px;">«Ayoï ! Ayoï ! Ayoï ! Ayoï !» (<em>Mailloux</em>, 38).</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>Haa yöye</em></p>
<p style="padding-left: 60px;">«HAA YÖYE !» (<em>la Presse</em>, 4 juin 2008, p. A17, publicité pour Volvo).</p>
<p>C’est comme ça.</p>
<p>P.S.—Selon <a href="http://oreilletendue.com/2011/02/09/s%E2%80%99instruire-par-les-oreilles/">Amy J. Ransom</a>, <em>ayoye</em> serait «the Québécois equivalent of the Yiddish “Oy vey”» (2011, p. 124). Le <a href="http://oreilletendue.com/2011/12/17/mais-comment-l%e2%80%99ecrire/">yiddish</a> de <em>l’Oreille tendue</em> étant ce qu’il est, celle-ci préfère ne pas exprimer d’opinion sur cette équivalence supposée.</p>
<p>Références</p>
<p>Grignon, Claude-Henri et Albert Chartier, <em>Séraphin illustré</em>, Montréal, Les 400 coups, 2010, 263 p. Préface de Pierre Grignon. Dossier de Michel Viau.</p>
<p>Hébert, François, <em>comment serrer la main de ce mort-là</em>, Montréal, l’Hexagone, coll. «L’appel des mots», 2007, 72 p.</p>
<p><em>Mailloux, histoires de novembre et de juin racontées par Hervé Bouchard citoyen de Jonquière</em>, Montréal, L’effet pourpre, 2002, 190 p.</p>
<p>Mavrikakis, Catherine, <em>Ça va aller</em>, Montréal, Leméac, 2002, 155 p.</p>
<p>Ransom, Amy J., «<a href="http://www.univ-rouen.fr/dyalang/glottopol/telecharger/numero_17/gpl17_10ransom.pdf">Language Choice and Code Switching in Current Popular Music from Québec</a>», article numérique, <em>Glottopol. Revue de sociolinguistique en ligne</em>, 17, janvier 2011, p. 115-131.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://oreilletendue.com/2012/04/10/ayoye/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

