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	<title>L’oreille tendue</title>
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	<description>« Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler » (André Belleau).</description>
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		<title>Quittons ce logement</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Feb 2012 10:17:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Épistolarité]]></category>
		<category><![CDATA[Lumières]]></category>

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		<description><![CDATA[L’Oreille tendue a eu plusieurs fois l’occasion de dire son impatience devant l’usage généralisé du verbe décéder au lieu de mourir. Elle propose de le remplacer par un verbe qu’elle trouve dans une lettre de la future Mme Roland, Marie-Jeanne Phlipon, à Marie-Sophie-Caroline Cannet, le 2 janvier 1777 : déloger. Exemple : «À propos de philosophe, Rousseau [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>L’Oreille tendue</em> a eu plusieurs fois l’occasion de dire son impatience devant l’<a href="http://oreilletendue.com/2009/06/19/laissez-les-mourir/">usage généralisé du verbe <em>décéder</em> au lieu de <em>mourir</em></a>.</p>
<p>Elle propose de le remplacer par un verbe qu’elle trouve dans une lettre de la future Mme Roland, Marie-Jeanne Phlipon, à Marie-Sophie-Caroline Cannet, le 2 janvier 1777 : <em>déloger</em>.</p>
<p>Exemple : «À propos de philosophe, Rousseau n’est pas mort; il n’a point fait de chute comme on l’avait publié, et n’a même pas été malade. J’aurais été bien piquée qu’il délogeât ainsi sans que je fusse parvenue à le voir» (éd. 1915, p. 3).</p>
<p>On peut toujours rêver.</p>
<p>Référence</p>
<p><em>Lettres de madame Roland publiées par Claude Perroud recteur honoraire avec la collaboration de Mme Marthe Conor. Nouvelle série. 1767-1780. Tome second</em>, Paris, Imprimerie nationale, «Collection de documents inédits sur l’histoire de France publiés par les soins du ministre de l’Instruction publique», 1915, ix/588 p.</p>
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		<title>Les seins de Ginette</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 10:23:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apocop’]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est parfois difficile à croire, mais l’Oreille tendue a déjà été jeune. Dans ce temps-là, le groupe Beau dommage commençait sa carrière. Non seulement l’Oreille achetait ses disques — c’était bien avant l’audionumérique —, mais elle assistait à ses spectacles. Elle s’est donc un jour retrouvée dans un auditorium scolaire à écouter Michel Rivard, une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est parfois difficile à croire, mais <em>l’Oreille tendue</em> a déjà été jeune. Dans ce temps-là, le groupe <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Beau_Dommage">Beau dommage</a> commençait sa carrière. Non seulement <em>l’Oreille</em> achetait ses disques — c’était bien avant l’audionumérique —, mais elle assistait à ses spectacles.</p>
<p>Elle s’est donc un jour retrouvée dans un auditorium scolaire à écouter Michel Rivard, une des voix du groupe, chanter un de ses succès, «Ginette». Souvenez-vous : «Avec tes seins pis tes souliers à talon haut.» Mais pas ce jour-là, où Rivard remplaça «seins» par un synonyme, au grand plaisir de la foule boutonneuse : «Avec tes djos pis tes souliers à talon haut.»</p>
<p><em>Djos</em> ? Au Québec, dans la langue populaire, le mot est en effet synonyme de <em>seins</em>.</p>
<p>Ainsi, dans <em>Gros mots</em> (1999) de Réjean Ducharme, il est question de «djeaux» (p. 74, 83, 123, etc.) et de «rack-à-djeaux» (p. 74). Ce dernier terme est un synonyme de <em>soutien-gorge</em>, que Ducharme ramène parfois à sa plus simple expression : «Elle n’a plus non plus porté de soutien, que je jugeais superflu» (p. 64).</p>
<p>Cette synonymie entraîne trois remarques.</p>
<p>La graphie du mot n’est pas fixée : Ducharme choisit «djeaux» et <em>l’Oreille</em> a pensé spontanément à <em>«</em>djos», mais Léandre Bergeron propose «Jos (pron. djô)» (1980, p. 284).</p>
<p>Si <em>sein</em> peut être employé au singulier, cela ne paraît guère être le cas de <em>djos / djeaux / jos</em>.</p>
<p>Enfin, et surtout : quelle serait l’étymologie de ce mot ? Le mystère règne.</p>
<p>Références</p>
<p>Bergeron, Léandre, <em>Dictionnaire de la langue québécoise</em>, Montréal, VLB éditeur, 1980, 574 p.</p>
<p>Ducharme, Réjean, <em>Gros mots</em>, Paris, Gallimard, 1999, 310 p.</p>
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		<title>La reine et la guidoune</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 10:25:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme Quebecor avant elle (mais cela va peut-être changer), la chaîne de supermarchés Metro vient de tomber l’accent aigu. Dans le cadre de son assemblée annuelle, le 31 janvier, cette disparition a été déplorée par l’inénarrable Yves Michaud, le fondateur du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (le MÉDAC, avec accent) et l’arrière-belle-mère du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme Quebecor avant elle (mais cela va peut-être changer), la chaîne de supermarchés Metro vient de tomber l’accent aigu.</p>
<p>Dans le cadre de son assemblée annuelle, le 31 janvier, cette disparition a été déplorée par l’inénarrable Yves Michaud, le fondateur du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (le <a href="http://www.medac.qc.ca/">MÉDAC</a>, avec accent) et l’<a href="http://oreilletendue.com/2009/07/21/l%e2%80%99art-d%e2%80%99etre-belle-mere/">arrière-belle-mère</a> du Parti québécois (merci à <a href="http://twitter.com/Lectodome/statuses/156845772644691968">@Lectodome</a> pour ce surnom parfait).</p>
<p>Comment a-t-il formulé sa demande ? «Respectez donc sa majesté la langue française» (<em>le Devoir</em>, 1er février 2012 p. B2).</p>
<p>Réponse de Pierre H. Lessard, président du conseil d’administration de Metro : «À nos yeux, [Metro], ce n’est pas un mot français ni anglais, c’est une marque de commerce.»</p>
<p>Au lieu de dire n’importe quoi, il aurait pu citer André Belleau : «La vérité, c’est que les langues sont des <a href="http://oreilletendue.com/2011/12/03/ounes/">guidounes</a> et non des reines» (éd. 1986, p. 118).</p>
<p>Le «Robin des banques» aurait peut-être été désarçonné.</p>
<p>P.S.—<em>L’Oreille tendue</em> se cite. Elle a déjà utilisé, il y a jadis naguère, le titre de son texte d’aujourd’hui. C’était en 1991 et c’est <a href="http://www.erudit.org/revue/etudfr/1991/v27/n1/035840ar.pdf">ici</a>, en PDF.</p>
<p>Références</p>
<p>Belleau, André, «Langue et nationalisme», <em>Liberté</em>, 146, 25 : 2, avril 1983, p. 2-9; repris sous le titre «Pour un unilinguisme antinationaliste» dans <em>Y a-t-il un intellectuel dans la salle ?</em>, Montréal, Primeur, coll. «L’échiquier», 1984, p. 88-92; repris sous le titre «Pour un unilinguisme antinationaliste» dans <em>Surprendre les voix</em>, Montréal, Boréal, coll. «Papiers collés», 1986, p. 115-123.</p>
<p>Melançon, Benoît, «<a href="http://www.erudit.org/revue/etudfr/1991/v27/n1/035840ar.pdf">Le statut de la langue populaire dans l’œuvre d’André Belleau ou La reine et la guidoune</a>», <em>Études françaises</em>, 27, 1, printemps 1991, p. 121-132.</p>
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		<title>Le jovialisme en mutation ?</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Feb 2012 10:24:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Néologie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[On connaissait déjà jovialisme et jovialiste. En 2004, dans leur Dictionnaire québécois instantané, l’Oreille tendue et Pierre Popovic, à jovialisme, jovialiste, écrivaient ceci : Variante québécoise de l’épicurisme, prêchée par le «philosophe» André Moreau. Prend une extension de plus en plus large. «La vision “jovialiste” de Landry consterne Parizeau» (le Devoir, 9 juin 2000). «La nouvelle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On connaissait déjà <em>jovialisme</em> et <em>jovialiste</em>.</p>
<p>En 2004, dans leur <a href="http://fides.qc.ca/dictionnaire_quebecois/"><em>Dictionnaire québécois instantané</em></a>, <em>l’Oreille tendue</em> et Pierre Popovic, à <em>jovialisme, jovialiste</em>, écrivaient ceci :</p>
<blockquote><p>Variante québécoise de l’épicurisme, prêchée par le «philosophe» <a href="http://andremoreau.ca/">André Moreau</a>. Prend une extension de plus en plus large. «La vision “jovialiste” de Landry consterne Parizeau» (<em>le Devoir</em>, 9 juin 2000). «La nouvelle proposition libérale : du “jovialisme constitutionnel”, selon Facal» (<em>la Presse</em>, 18 janvier 2001). «Véritable boursouflure d’orgueil, le jovialiste beurre tellement épais […]» (<em>le Devoir</em>, 16-17 juin 2001).</p></blockquote>
<p>On était donc passé d’une conception du <em>jovialisme</em> comme revendication du plaisir à un sens proche de <em>déni de la réalité</em>. Autre exemple, qui confirme ce glissement : «À la moindre indication que les prévisions financières de Loto-Québec sont jovialistes, le projet du bassin Peel devrait être abandonné» (<em>la Presse</em>, 23 février 2006, p. A22).</p>
<p>On découvre maintenant <em>néo-jovialisme</em> et <em>néo-jovialiste</em>.</p>
<p>Dans <em>la Presse</em> du 27 janvier, Alain Dubuc s’en prend à un récent ouvrage de Jean-François Lisée, <em>Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments</em>. Le titre de son article ? «Les méfaits du néo-jovialisme» (p. A19). Que reproche (notamment) Dubuc à Lisée ? «Cela a entraîné mon collègue dans une croisade néo-jovialiste dont ce pamphlet est l’aboutissement.»</p>
<p>Voilà qui fait naître une question : <em>néo</em> par rapport à quoi ? À Moreau ? Au sens dérivé des mots <em>jovialisme</em> et <em>jovialiste</em> ? En sommes-nous à la première ou à la deuxième mutation ?</p>
<p>Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : on n’arrête pas le progrès.</p>
<p>Références</p>
<p>Lisée, Jean-François, <em>Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments</em>, Montréal, Stanké, 2012, 150 p. Ill.</p>
<p>Melançon, Benoît, en collaboration avec Pierre Popovic, <em>Dictionnaire québécois instantané</em>, Montréal, Fides, 2004 (deuxième édition, revue, corrigée et full upgradée), 234 p. Illustrations de Philippe Beha.</p>
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		<title>Le numérique et la langue des écrivains : esquisse de dictionnaire</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 10:25:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Langue de Shakespeare]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>
		<category><![CDATA[Numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[Les écrivains qui mettent en scène des intrigues où le numérique joue un grand rôle utilisent le vocabulaire du numérique. C’est banal. N’en parlons pas. Attachons-nous plutôt à ceux qui font appel à ce vocabulaire, en français aussi bien qu’en anglais, dans des contextes où le numérique n’est pas mis en scène. Comme tout le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les écrivains qui mettent en scène des intrigues où le numérique joue un grand rôle utilisent le vocabulaire du numérique. C’est banal. N’en parlons pas.</p>
<p>Attachons-nous plutôt à ceux qui font appel à ce vocabulaire, en français aussi bien qu’en anglais, dans des contextes où le numérique n’est pas mis en scène. Comme tout le monde, ils ont intériorisé la langue de l’informatique.</p>
<p><strong>binary :</strong> «There was a generation waiting to inherit the earth, caring nothing for old-timers’ concerns : dedicated to the pursuit of the new, speaking the future&#8217;s strange, binary, affectless speach — quite a change from our melodramatic garam-masala exclamations» (Salman Rushdie, <em>The Moor&#8217;s Last Sigh</em>, Toronto, Vintage Canada, 1996 [1995], 437 p., p. 343).</p>
<p><strong>bogue :</strong> «J’aurais beau inventer, c’est toujours aux mêmes manques que la page me ramène, filles, frères, fantômes, du fond de ma tranchée, sous les images qui s’amoncellent, toujours aux mêmes bogues que je reviens, détails que le recul magnifie, petits mythes personnels, témoin tous ceux qui, de près ou de loin, me viennent de l’hiver» (Patrick Roy, <em>la Ballade de Nicolas Jones</em>, Montréal, Le Quartanier, coll. «Polygraphe», 2010, 220 p., p. 89).</p>
<p><strong>copie de secours :</strong> «Joyce a l’impression de vivre en marge d’un monde précieux et insaisissable. De l’autre côté de cette fenêtre, les événements se produisent par eux-mêmes, sans que l’on puisse les arrêter ou infléchir leur logique propre. Chaque seconde, chaque instant se déroule pour la première et la dernière fois. Impossible d’interrompre ce processus, de revenir en arrière ou d’enregistrer une copie de secours» (Nicolas Dickner, <em>Nikolski</em>, Québec, Alto, 2006, 325 p., p. 241).</p>
<p><strong>deleter :</strong> «On doit se “deleter”, pour le bien de l&#8217;humanité, pour que l&#8217;humanité ait encore le droit à sa connerie» (Catherine Mavrikakis, <em>Ça va aller</em>, Montréal, Leméac, 2002, 155 p., p. 99); «Il faut que j’arrive à roupiller, à me coucher hébétée et à me deleter» (Catherine Mavrikakis, <em>Fleurs de crachat</em>, Montréal, Leméac 2005, 198 p., p. 113).</p>
<p><strong>disque dur :</strong> «“Oh !” said James, his eyes opening wide. He opened his mouth again, wordless. The language sector of his hard disk was spinning, inaccessible» (Russell Smith, <em>Noise</em>, Erin [Ontario], The Porcupine’s Quill, 1998, 266 p., p. 37); «Je voudrais tant apprendre à oublier, effacer tout mon disque dur» (Catherine Mavrikakis, <em>Fleurs de crachat</em>, Montréal, Leméac 2005, 198 p., p. 108); «le disque mou que j’ai dans ma tête» (Daniel Bourrion, <a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503762/19-francs"><em>19 francs</em></a>, livre électronique, Saint-Cyr sur Loire, publie.net, 2010); «Vers 14 h 10, hier, sur la Saint-Denis, j’ai croisé François Guérette (le reconnaissant après qu’il m’ait interpellé, mon disque dur de visage ayant pris du temps à trouver les correspondances baudelairiennes associées aux joues, mâchoires, yeux, barbe, sourire etc.)» (Bertrand Laverture, <a href="http://techniciencoiffeur.blogvie.com/2011/01/20/the-oolong-millesime-1968-et-bouillonnement-matinal-des-reflexions/">blogue <em>Technicien coiffeur</em></a>, 20 janvier 2011).</p>
<p><strong>données :</strong> «Ce cauchemar m&#8217;a court-circuité les neurones, une décharge qui a érasé des données impossibles à stocker» (Tonino Benacquista, <em>la Maldonne des sleepings</em>, Paris, Gallimard, coll. «Série noire», 2167, 1989, 249 p., p. 149).</p>
<p><strong>hyperlink :</strong> «my memory […] hyperlinks the two announcements» (Jaclyn Moriarty, <em>The Year of Secret Assignments</em>, Scholastic, 2005 [2004], 338 p., p. 195).</p>
<p><strong>interface : </strong>«“Lookee,” she said, “if we&#8217;re going to go on like interfacing together, you know, and why not, it&#8217;s a free country, why don&#8217;t we grab that little table in the corner, you know, before somebody else like beats us to it ?”» (Mordecai Richler, <em>Barney’s Version. With Footnotes and an Afterword by Michael Panofsky</em>, Toronto, Alfred A. Knopf, 1997, 417 p., p. 235).</p>
<p><strong>navigating :</strong> «His head, he realized, was like a computer game bristling with hidden lasers and fanged things; it was just a question of navigating the right path through the bad thoughts without getting zapped» (Russell Smith, <em>Young Men. Stories</em>, Toronto, Doubleday, 1999, 254 p., p. 119).</p>
<p><strong>programming :</strong> «But twelve years, that’s something else, every programming you ever received out of jail, from birth onward, will have been erased from your mind» (John Burdett, <em>The Godfather of Kathmandu</em>, New York, Alfred A. Knopf, 2010, 295 p., p. 120).</p>
<p><strong>ram :</strong> «He slid the key in and turned over the engine. The random access memory of his mind produced the image of the pizza delivery car he had seen earlier. A reminder that he was hungry» (Michael Connelly, <em>Chasing the Dime</em>, Boston, New York et Londres, Little, Brown and Company,  2002, 371 p., p. 323).</p>
<p><strong>réinitialisation :</strong> «Une expérience propice à la réinitialisation des valeurs, à l’introspection solitaire sous le regard des étoiles» (Julien Blanc-Gras, <em>Touriste</em>, Vauvert, Au diable vauvert, 2011, 259 p., p. 81).</p>
<p><strong>software :</strong> «I think the question is so far out of her range of knowledge she assumes I’m just another local whose mental software differs so far from the Australian that no understanding between us is possible» (John Burdett, <em>The Godfather of Kathmandu</em>, New York, Alfred A. Knopf, 2010, 295 p., p. 93).</p>
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		<title>Les ploucs</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2012/01/30/les-ploucs/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 10:28:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Alternance codique]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce samedi, l’Oreille tendue, une fois de plus, roulait sur l’autoroute des Laurentides. Elle y découvre la vie nocturne au Mont Saint-Sauveur : Insomniacs, donc. Insomniaques aurait fait trop plouc ? Pas assez mondialisé ? Pire : français ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce samedi, <em>l’Oreille tendue</em>, <a href="http://oreilletendue.com/2012/01/23/glissement-semantique/">une fois de plus</a>, roulait sur l’autoroute des Laurentides. Elle y découvre la vie nocturne au Mont Saint-Sauveur :</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/insomniacs.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6401" title="insomniacs" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/insomniacs.jpg" alt="" width="367" height="226" /></a></p>
<p><em>Insomniacs</em>, donc. <em>Insomniaques</em> aurait fait trop plouc ? Pas assez mondialisé ? Pire : français ?</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les zeugmes du touriste et du dimanche matin</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2012 10:17:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Zeugme]]></category>

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		<description><![CDATA[Hull, Grande-Bretagne : «Une riante bourgade ravagée par la crise postindustrielle, où l’on repère les étrangers à leur absence de tatouages et de cirrhose.» Bogotá, Colombie : «Elle déploie son cortège de commerciaux gominés et de bâtiments noircis par la pollution, de chiens errants et de zombies sans toit, défoncés à la colle et à la douleur.» [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hull, Grande-Bretagne : «Une riante bourgade ravagée par la crise postindustrielle, où l’on repère les étrangers à leur absence de tatouages et de cirrhose.»</p>
<p>Bogotá, Colombie : «Elle déploie son cortège de commerciaux gominés et de bâtiments noircis par la pollution, de chiens errants et de zombies sans toit, défoncés à la colle et à la douleur.»</p>
<p>Népal : «Je trouve ensuite refuge dans un monastère coréen et spartiate.»</p>
<p>Julien Blanc-Gras, <em>Touriste</em>, Vauvert, Au diable vauvert, 2011, 259 p., p. 16, p. 32 et p. 64.</p>
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		<title>Autopromotion 023</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jan 2012 10:18:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a jadis naguère, l’Oreille tendue a publié, dans la revue Cités. Philosophie. Politique. Histoire, un texte intitulé, médicalement, «La glande grammaticale suivi d’un Petit lexique (surtout) montréalais» (no 23, 2005, p. 233-241). Pour des raisons mystérieuses, le glossaire était en ligne depuis quelques années déjà (là), mais pas le texte principal. C’est maintenant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a jadis naguère, <em>l’Oreille tendue</em> a publié, dans la revue <em>Cités. Philosophie. Politique. Histoire</em>, un texte intitulé, médicalement, «La glande grammaticale suivi d’un Petit lexique (surtout) montréalais» (no 23, 2005, p. 233-241).</p>
<p>Pour des raisons mystérieuses, le glossaire était en ligne depuis quelques années déjà (<a href="http://www.cairn.info/article_p.php?ID_ARTICLE=CITE_023_0238">là</a>), mais pas le texte principal. C’est maintenant chose faite (<a href="http://www.cairn.info/revue-cites-2005-3-page-233.htm">ici</a>). Ça fait moins désordre, encore que les deux soient séparés l’un de l’autre.</p>
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		<title>Force de caractère entrepreneuriale</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jan 2012 10:17:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est beaucoup question ces jours-ci, dans les médias québécois, de résilience. On applique ce terme surtout à Pauline Marois, la chef du Parti québécois et sa nouvelle «dame de béton», qui traverse la tête haute une zone de turbulence causée par divers membres de sa famille politique, dont au moins une belle-mère. En effet, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est beaucoup question ces jours-ci, dans les médias québécois, de <em>résilience</em>. On applique ce terme surtout à <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/marois-pauline-79/index.html">Pauline Marois</a>, la chef du Parti québécois et sa nouvelle «dame de béton», qui traverse la tête haute une zone de turbulence causée par divers membres de sa famille politique, dont au moins <a href="http://oreilletendue.com/2009/07/21/l%e2%80%99art-d%e2%80%99etre-belle-mere/">une belle-mère</a>.</p>
<p>En effet, <em>résilience</em>, mot venu du vocabulaire de la physique, désigne maintenant la «Capacité à vivre, à se développer, en surmontant les chocs traumatiques, l’adversité» (<em>le Petit Robert</em>, édition électronique de 2010). Il relève donc de la psychologie.</p>
<p>Voilà pourquoi on peut s’étonner devant pareille publicité :</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/resilience.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6382" title="resilience" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2012/01/resilience.jpg" alt="" width="602" height="433" /></a></p>
<p>Mais doit-on s’étonner ? La capacité de récupération de la langue vivante par la publicité est infinie.</p>
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		<title>Scènes de la vie linguistique universitaire</title>
		<link>http://oreilletendue.com/2012/01/27/scenes-de-la-vie-linguistique-universitaire/</link>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 10:36:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extrême]]></category>
		<category><![CDATA[Radio]]></category>

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		<description><![CDATA[I. Si l’on en croit l’émission radiophonique les Années lumière, les étudiants peuvent être des thermomètres. En effet, il y aurait des «étudiants gradués». II. «Les apprentis vétérinaires présentent leur “côté animal”» (Forum, Université de Montréal, 15 mars 2010, p. 1). Faut-il avoir peur ? III. «Le Plan d’action sur le développement durable, qui comporte [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>I.</p>
<p>Si l’on en croit l’émission radiophonique <a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/les_annees_lumiere/2011-2012/"><em>les Années lumière</em></a>, les étudiants peuvent être des thermomètres. En effet, il y aurait des «étudiants gradués».</p>
<p>II.</p>
<p>«Les apprentis vétérinaires présentent leur “<a href="http://oreilletendue.com/2011/12/06/mefions-nous/">côté animal</a>”» (<em>Forum</em>, Université de Montréal, 15 mars 2010, p. 1). Faut-il avoir peur ?</p>
<p>III.</p>
<p>«Le Plan d’action sur le développement durable, qui comporte un volet “opérationnel” et un “volet académique”, pour lesquels la direction prévoit s’appuyer sur les “forces vives” de l’université, à l’échelle des programmes de formation et des initiatives de recherche, dans une optique de gestion bottom-up» (Syndicat général des professeurs et professeures de l’Université de Montréal, avril 2006). «Bottom-up» ? Heureusement. L’inverse aurait fait mal. Peut-être.</p>
<p>IV.</p>
<p>Vos études vous inquiètent ? Rassurez-vous : on vous offre du «support <a href="http://oreilletendue.com/category/extreme/">extrême</a>» (Université de Montréal, 2004).</p>
<p>V.</p>
<p>«Attirer et retenir les meilleures ressources» (Université Laval, mars 2005). Une <a href="http://oreilletendue.com/2009/09/09/une-langue-pleine-de-ressources/">ressource</a>, donc, c’est une personne ?</p>
<p>P.S.—Ce n’est pas la première fois que <em>l’Oreille tendue</em> se penche sur la langue universitaire. Voir, par exemple, les entrées du <a href="http://oreilletendue.com/2009/06/26/a-il-et-a-elle-001/">26 juin</a>, du <a href="http://oreilletendue.com/2009/06/27/a-il-et-a-elle-002/">27 juin</a> et du <a href="http://oreilletendue.com/2009/09/10/precision-demandee/">10 septembre</a> 2009.</p>
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