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	<title>L’oreille tendue</title>
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	<description>« Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler » (André Belleau).</description>
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		<title>Le chant du tabarnac/k</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Sep 2010 09:34:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jurons]]></category>

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		<description><![CDATA[Deux citations pour clore (temporairement ?) le cycle du tabarnac/k.
La première — une fois ne sera pas coutume — de Lynda Lemay, de sa chanson «Les maudits Français» (Du coq à l’âme, 2000).
Et quand ils arrivent chez nous
I s’prennent une tuque et un Kanuk
Se mettent à chercher des igloos
Finissent dans une cabane à sucre
I tombent en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Deux citations pour clore (temporairement ?) le <a href="http://oreilletendue.com/2010/09/01/tabarnac-tabarnac/">cycle</a> du <a href="http://oreilletendue.com/2010/09/02/tabarnak-et-tabarnaque/">tabarnac/k</a>.</p>
<p>La première — une fois ne sera pas coutume — de Lynda Lemay, de sa chanson «Les maudits Français» (<em>Du coq à l’âme</em>, 2000).</p>
<blockquote><p>Et quand ils arrivent chez nous</p>
<p>I s’prennent une tuque et un Kanuk</p>
<p>Se mettent à chercher des igloos</p>
<p>Finissent dans une cabane à sucre</p>
<p>I tombent en amour sur le coup</p>
<p>Avec nos forêts et nos lacs</p>
<p>Et i s’mettent à parler comme nous</p>
<p>Apprennent à dire «tabarnac»</p></blockquote>
<p>La seconde de Richard Dubois, dans son essai <em>Un Québec si lointain. Histoire d’un désamour</em>. En sept points, sur deux pages, il évoque ce qu’est le mot «Tabarnak» pour un Québécois vivant, lui, chez «Les maudits Français». Deuxième point :</p>
<blockquote><p>Peut-être le mot le plus ému, le plus émouvant, le plus riche en émotions du vocabulaire québécois (p. 212).</p></blockquote>
<p>Référence</p>
<p>Dubois, Richard, <em>Un Québec si lointain. Histoire d’un désamour</em>, Montréal, Fides, 2009, 213 p.</p>
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		<title>Tabarnak et tabarnaque</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 09:41:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jurons]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>

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		<description><![CDATA[[Attention, lecteur : entrée inhabituellement longue.]
J’ai aperçu avant-hier quelques ex-étudiants de mon cours d’histoire de la littérature au théâtre Espace libre. Je n’ai pas eu l’occasion de leur demander ce qu’ils ont pensé de la conférence et de la pièce auxquelles nous venions d’assister. Je me demande s’ils partagent une partie de mon scepticisme.
Artiom Koulakov a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>[Attention, lecteur : entrée inhabituellement longue.]</p>
<p>J’ai aperçu avant-hier quelques ex-étudiants de mon cours d’<a href="http://www.mapageweb.umontreal.ca/melancon/fra1027.html">histoire de la littérature</a> au théâtre Espace libre. Je n’ai pas eu l’occasion de leur demander ce qu’ils ont pensé de la conférence et de la pièce auxquelles nous venions d’assister. Je me demande s’ils partagent une partie de mon scepticisme.</p>
<div id="attachment_1997" class="wp-caption aligncenter" style="width: 234px"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/09/koulakov.jpg"><img class="size-medium wp-image-1997" title="Artiom Koulakov" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/09/koulakov-224x300.jpg" alt="" width="224" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Source : Voir, 26 août 2010 (http://www.voir.ca/)</p></div>
<p>Artiom Koulakov a 24 ans. Il a commencé à apprendre le français à l’âge de six ans. Il enseigne cette langue à l’Université d’État de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Saratov">Saratov</a>, à 723 km au sud-est de Moscou. Et il s’intéresse aux <a href="http://oreilletendue.com/2010/08/29/cuisine-quebeco-russe/">jurons québécois</a>, les sacres. (<em>Sacres québécois</em> est pléonastique, précise-t-il, ce qui est bien vu.)</p>
<p>Pourquoi ? Pour deux raisons. On se penche régulièrement dans son université, autour de Vassili Klokov, sur les variations régionales du français, dont le «français canadien». Depuis la chute de l’empire soviétique, on travaille beaucoup en Russie sur le juron : c’est le signe tangible d’un vent de libéralisation, langagière, mais pas seulement. Koulakov raconte cela sourire en coin, ponctuant son propos de <em>icitte</em> et de <em>tabarouette</em> (juron euphémisé), autour desquels on entend toujours des guillemets, malgré une bonne volonté évidente d’adaptation à son public local.</p>
<p>Quelles sont les particularités des jurons québécois suivant Koulakov, dont l’ampleur du répertoire mérite l’admiration ?</p>
<p>La première n’étonne pas : le gros des jurons, au Québec, provient du catholicisme (noms de personnes, objets du culte, etc.). L’identité nationale québécoise serait doublement religieuse : le catholicisme a marqué le développement de la nation (pratiques religieuses, institutions, etc.); il lui a donné ses sacres.</p>
<p>La seconde est que le sacre, qui est toujours, du moins à l’origine, une interjection, est, au Québec, l’objet d’une proliférante relexicalisation. Koulakov démontre cela avec le juron <em>crisse</em> (Christ); je préfère <a href="http://oreilletendue.com/2010/09/01/tabarnac-tabarnac/"><em>tabarnak</em></a> (tabernacle). On peut l’utiliser à plusieurs sauces : <em>tabarnak</em>, <em>mon tabarnak</em>, <em>tabarnak de x</em>, <em>tabarnaker quelque chose</em>, <em>s’en tabarnaker</em>, <em>s’en contre-tabarnaker</em>, <em>s’en contre-saint-tabarnaker</em>, etc. Cette relexicalisation est non seulement largement répandue au Québec, mais elle fonctionne aussi de façon particulière : à sa base, il y a l’interjection (<em>câlice</em> donne <em>câlicer</em>), alors qu’ailleurs c’est plutôt le substantif (<em>emmerdement</em> vient de <em>merde</em> substantif, pas de l’interjection).</p>
<p>Voilà des exemples de la «jurologie» qu’il expose ces jours-ci au théâtre Espace libre de Montréal, ainsi que dans plusieurs médias québécois — de Radio-Canada à <a href="http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?zone=1&amp;section=11&amp;article=72664"><em>Voir</em></a> et à <a href="http://www.cyberpresse.ca/arts/spectacles-et-theatre/theatre/201008/23/01-4308840-sauce-brune-sauce-sacree-salee.php"><em>la Presse</em></a> —, qui raffolent du sujet et de l’exotisme du chercheur. Un souhait nourrit sa position : puisque la société québécoise a un inventaire de jurons beaucoup plus étendu que d’autres, il est du devoir de chacun, au Québec, de maintenir vivant l’intérêt pour les sacres et de les utiliser. C’est un bien national. Au Mexique, ne surnomme-t-on pas les Québécois Los Tabarnacos (et non Los Poutinistas, en l’honneur de la <a href="  http://fr.wikipedia.org/wiki/Poutine_%28plat%29">poutine</a>, plat quasi national) ?</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/09/koulakov_sauce.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1998" title="koulakov_sauce" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/09/koulakov_sauce-175x300.jpg" alt="" width="175" height="300" /></a></p>
<p>À Espace libre, on a organisé la visite de Koulakov pour qu’elle coïncide avec la reprise de <a href="http://www.espacelibre.qc.ca/sacree-sauce-brune"><em>Sauce brune</em></a> (2009), une pièce écrite, mise en scène et produite par Simon Boudreault.</p>
<p>L’argument dramatique tient en quelques mots. Dans les cuisines d’une cantine scolaire, quatre femmes discutent en préparant les repas, en douze scènes, du lundi au vendredi, puis de nouveau le lundi. Armande, la plus vieille, est la «chef-cook» et tient à la rester. Sarah médit. Martine, l’ingénue, se fait violenter par son Charlot. Cindy raconte ses prouesses sexuelles. Le décor — tables métalliques, néons, ustensiles de cuisine — et les costumes — tabliers, filets pour les cheveux — sont réalistes. Et les quatre femmes sacrent à n’en plus finir. J’ouvre le texte de la pièce au hasard. C’est Armande qui parle :</p>
<blockquote><p>Y aiment crissement ça, tabarnak. Si j’fais pas ça, stie d’tabarnak, quessé m’as faire, crisse ? C’est mon ostie d’job d’être la tabarnaque de chef-cook, câlisse. On sert à d’quoi, icitte, crisse de tabarnak. On pourrait pas m’laisser tranquille une crisse de fois d’estie d’tabarnak ? Ça s’pourrait tu ça, câlisse de crisse ? (p. 81)</p></blockquote>
<p>C’est comme ça à toutes les pages — à toutes les répliques. (On notera que la graphie des jurons n’est pas fixée : <em>tabarnak</em> / <em>tabarnaque</em>.)</p>
<p>On aurait pourtant tort de lire (d’entendre) le texte de Boudreault comme une œuvre naturaliste. De la même façon que les comédiennes triturent d’un bout à l’autre de la pièce une curieuse matière brune (comme la sauce du titre) d’origine manifestement artificielle, elles parlent une langue inventée, où chacune a un registre clairement délimité (p. 6). Pareille accumulation de jurons n’a plus rien à voir avec une quelconque hiérarchie sociale des niveaux de langue : Simon Boudreault a lardé leurs répliques de tant de gros mots qu’on ne saurait croire à la «vérité» réaliste de ce qu’on entend dans leur bouche. «J’ai voulu créer une langue québécois surréaliste où les sacres prennent toute la place» (p. 8), écrit-il. Armande, Sarah, Martine et Cindy sont d’une autre planète linguistique que le commun des mortels. C’est ce qui rend d’autant plus admirable le travail des comédiennes : leur capacité d’adaptation lexicale vaut le déplacement, particulièrement celle de Johanne Fontaine (son Armande éructe, et pas uniquement contre les «osties d’l’ostie d’comité d’osties d’parents» [p. 17]) et de Catherine Ruel (sa Martine a un fort monologue sur la violence qu’elle subit [p. 56-59]).</p>
<p>Au-delà de cette inventivité verbale, je ne suis pas convaincu par le texte de Boudreault. Le hasard fait que le soir où j’ai assisté à la pièce Michel Tremblay se trouvait dans la salle, et son influence — en l’occurrence celle de ses premières pièces — est manifeste dans les situations dramatiques de <em>Sauce brune</em> (distribution féminine, enfermement, stratification sociale, violences et larmes, crudité). J’aurais aimé savoir ce qu’il pensait du travail de Boudreault, notamment de l’utilisation ponctuelle des monologues, si proche de son propre univers dramatique : à écouter les quatre cantinières, il est difficile de ne pas entendre ses personnages, par exemple ceux d’<em>À toi, pour toujours, ta Marie-Lou</em> (1971) — mais des personnages beaucoup plus portés sur la scatologie que les siens.</p>
<p>Pour résumer, peut-être un peu injustement, ma pensée, je dirais les choses ainsi : chez Tremblay, on est dans la tragédie; chez Boudreault, dans le drame. Comment mesurer l’écart ? Par le fait, notamment, que la surenchère linguistique et scatologique de la pièce entraîne inévitablement les spectateurs vers le rire — il est difficile de ne pas rire dans <em>Sauce brune</em> — et qu’ils arrivent difficilement à en sortir. Le chapelet d’horreurs débité par les quatre personnages dérobe à ceux-ci leur aliénation, et par là leur humanité, réduites que sont les quatre femmes sont à empiler les bons mots — les mots cruels, les gros mots, les mots crus — les uns sur les autres, comme autant d’assiettes sales.</p>
<p>Références</p>
<p>Boudreault, Simon, <em>Sauce brune</em>, Montréal, Dramaturges éditeurs, 2010, 137 p.</p>
<p>Tremblay, Michel, <em>À toi, pour toujours, ta Marie-Lou</em>, Montréal, Leméac, coll. «Théâtre canadien», 21, 1971, 94 p. Introduction de Michel Bélair.</p>
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		<title>Tabarnac ? Tabarnac !</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 09:37:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Dicos]]></category>
		<category><![CDATA[Divergences transatlantiques]]></category>
		<category><![CDATA[Jurons]]></category>
		<category><![CDATA[Numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[J’aime beaucoup sacrer, et sacrer beaucoup. Je me targue d’un répertoire étendu de jurons, dans lequel «Tabarnac» et ses variantes occupent la place d’honneur.
J’aime les dictionnaires, en papier et en numérique, de toutes les variétés de français.
J’aime Apple, ses ordinateurs, ses iPods, ses iPhones, son iPad.
Je ne pouvais donc qu’être attiré par Tabarnac !, le dictionnaire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’aime beaucoup sacrer, et sacrer beaucoup. Je me targue d’un répertoire étendu de jurons, dans lequel «Tabarnac» et ses variantes occupent la place d’honneur.</p>
<p>J’aime les dictionnaires, en papier et en numérique, de toutes les variétés de français.</p>
<p>J’aime Apple, ses ordinateurs, ses iPods, ses iPhones, son iPad.</p>
<p>Je ne pouvais donc qu’être attiré par <em>Tabarnac !</em>, le dictionnaire numérique français du Québec / français hexagonal disponible sur l’App Store. (Selon la fenêtre où on se trouve, on voit aussi <em>Tabarnac</em>, sans point d’exclamation.)</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/09/tabarnac_02.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-1990" title="Le logiciel Tabarnac !" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/09/tabarnac_02.png" alt="" width="192" height="288" /></a></p>
<p>Déceptions.</p>
<p>Déception typographique. Chaque apostrophe est précédée d’une espace : «d’accord» devient «d ’accord».</p>
<p>Déception graphique. Certaines définitions débordent du cadre de l’écran de mon iPhone et sont illisibles.</p>
<p>Déception orthographique. Le pluriel demande le <em>s</em> dans «ses responsabilité». En revanche, ce <em>s</em> ne devrait pas apparaître dans «sois-même» ou dans «sacrer son camps». L’«air d’aller» est une «erre». Il est le plus souvent préférable de «prendre le mors aux dents», plutôt que «le mort».</p>
<p>Déception de la nomenclature, enfin et surtout. Elle compte environ 240 mots; ce n’est pas beaucoup. C’est encore moins quand on s’aperçoit qu’il y a quatre entrées au mot <em>gras</em>, mais pour une seule définition, et que les mots commençant par <em>c</em> et par <em>j</em> apparaissent à leur place dans l’ordre alphabétique, puis de nouveau après la lettre <em>z</em>. Il faut de l’imagination pour découvrir que l’entrée «Sulption» renvoie à l’expression «<a href="http://oreilletendue.com/2010/07/26/des-pitons/">sul ’piton</a>» et «Wague», à «waque» (cri). À «charge», on lit «combien tu prend» (sans <em>s</em>) à côté d’une fleur de lys, et «combien tu prend» (toujours sans <em>s</em>) à côté d’un drapeau de la France, alors que ce devrait être l’inverse. Il vaut mieux ne pas confondre «crouser» («faire la cour») et «creuser» une fille (parfois appelée «chicks», au pluriel, même s’il n’y en a qu’une, parfois «chique», ce qui est plus dur à avaler). «Mornifle» et «couper les cheveux en quatre», pour prendre deux exemples au hasard, sont au <em>Petit Robert</em>; pourquoi les mettre ici ? Le logiciel s’appelle <em>Tabarnac !</em>, mais la nomenclature préfère <em>Tabernac</em>. Enfin, j’avoue avoir ignoré jusqu’à ce jour qu’un «coupe crotte» était un string, que «câler l’orignal» supposait un vomissement et qu’avoir «ses embacles [sans accent circonflexe] de lady» signifiait «avoir ses règles».</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/09/tabarnac_01.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-1989" title="La définition de crouser dans le logiciel Tabarnac !" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/09/tabarnac_01.png" alt="" width="192" height="288" /></a></p>
<p>Trois remarques pour conclure.</p>
<p>On peut voter pour chaque définition, entre «C’est l’fun !» et «C’est plate !». C’est une catégorie de trop.</p>
<p>L’équipe qui revoit les logiciels soumis au <a href="http://www.applicationiphone.com/2010/07/ostie-dciboire-de-sainte-viarge-les-sacres-quebecois-ne-passent-pas-la-porte-de-lappstore-cette-fois/">App Store</a> a retardé le lancement de <em>Tabarnac !</em> Pas assez.</p>
<p>C’est bien ce qui s’appelle «Butcher son travail» (que l’on doit prononcer «Botcher», ce que ne dit pas le logiciel), soit «Faire un travail avec négligence». <em>Tabarnac !</em> coûte 0,99 $. Ça ne les vaut pas.</p>
<p>P.S.—Ai assisté hier à la conférence d’Artiom Koulakov sur les jurons québécois qui précédait la pièce <a href="http://oreilletendue.com/2010/08/29/cuisine-quebeco-russe/"><em>Sauce brune</em></a> de Simon Boudreault à l’Espace libre et ai suivi les conseils placardés sur les murs : ai acheté «Le tabarnak de livre», le texte de la pièce. (Ce que j’ai pensé de tout ça ? Ce sera pour demain.)</p>
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		<title>Défense des diacritiques</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 09:39:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>

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		<description><![CDATA[«Signe diacritique : signe graphique (point, accent, cédille) portant sur une lettre ou un signe phonétique, et destiné à en modifier la valeur ou à empêcher la confusion entre homographes» (le Petit Robert, édition numérique, 2010).
Quand on s’appelle Benoît (accent circonflexe souhaité) Melançon (cédille obligatoire), les diacritiques ont leur importance.
C’est ce que je me disais hier, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>«<em>Signe diacritique : </em>signe graphique (point, accent, cédille) portant sur une lettre ou un signe phonétique, et destiné à en modifier la valeur ou à empêcher la confusion entre homographes» (<em>le Petit Robert</em>, édition numérique, 2010).</p>
<p>Quand on s’appelle Benoît (accent circonflexe souhaité) Melançon (cédille obligatoire), les diacritiques ont leur <a href="http://oreilletendue.com/2009/12/14/la-disparition-du-con/">importance</a>.</p>
<p>C’est ce que je me disais hier, après avoir expliqué à une employée de ma banque que je comptais leur retourner plein de carnets de chèques pour cause de circonflexe et de cédille omis, malgré ma demande expresse. (Explication possible de ladite employée : l’imprimeur est anglophone.)</p>
<p>C’est ce que je me disais aussi il y a quelques semaines, à la lecture d’un article de Frédérick Lavoie dans <em>la Presse</em> du 31 juillet, «<a href="http://www.cyberpresse.ca/international/europe/201007/31/01-4302817-mettre-les-points-sur-le-e.php">Mettre les points sur les Ë</a>» (p. A21). Il y fait le portrait de Viktor Tchoumakov, ce croisé de la septième lettre de l’alphabet cyrillique (<em>ë</em>, prononcée <em>yo</em>), qui veut voir revenir systématiquement le tréma sur le <em>e</em> dans les cas où il est aujourd’hui facultatif. Précision historique : «Le <em>ë</em> a connu son âge d’or entre 1942 et 1953, en raison d’un puissant partisan des deux points : le dictateur soviétique Joseph Staline.»</p>
<p>Je l’avoue : j’aurais préféré être en meilleure compagnie.</p>
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		<title>Une belle parenthèse et un beau point d’interrogation</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Aug 2010 09:29:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>

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		<description><![CDATA[Peu après la Deuxième Guerre mondiale, le narrateur de l’Italie à la paresseuse reçoit un télégramme : «Un ami de Rome me demandait de rallier Padoue de toute urgence pour représenter la presse française à un congrès du “gaz combustible”» (p. 19). Ce «faux journaliste» — il ne sait rien de ce «gaz combustible», qui se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Peu après la Deuxième Guerre mondiale, le narrateur de <em>l’Italie à la paresseuse</em> reçoit un télégramme : «Un ami de Rome me demandait de rallier Padoue de toute urgence pour représenter la presse française à un congrès du “gaz combustible”» (p. 19). Ce «faux journaliste» — il ne sait rien de ce «gaz combustible», qui se révélera être le méthane — accepte néanmoins la proposition, et il en profite pour devenir un «faux touriste» (p. 92).</p>
<p>Le voyage demande quelques préparatifs, ce qui oblige le narrateur à quitter son voisinage habituel, en l’occurrence le XIVe arrondissement de Paris : «Mes occupations (?) me conduisent rarement sur les Grands Boulevards» (p. 26).</p>
<p>Cette parenthèse et ce point d’interrogation disent tout le rapport au monde d’Henri Calet. Ils me ravissent.</p>
<p>Référence</p>
<p>Calet, Henri, <em>l’Italie à la paresseuse. Journal de voyage</em>, Paris, Le Dilettante, 1990 (1950), 189 p.</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/08/calet_1990.gif"><img class="aligncenter size-full wp-image-1981" title="Henri Calet, l'Italie à la paresseuse, 1990 (1950)" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/08/calet_1990.gif" alt="" width="312" height="475" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Cuisine québéco-russe</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Aug 2010 09:17:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jurons]]></category>

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		<description><![CDATA[J’ai déjà eu l’occasion de dire un mot d’Artiom Koulakov, cet universitaire russe fasciné par le juron — le sacre — tel qu’il se pratique au Québec.
On pourra l’entendre en conférence à Montréal, ce mardi, le 31 août, à compter de 18 h 30, au théâtre Espace libre, avant la présentation, à 20 h, de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai déjà eu l’occasion de dire un mot d’<a href="http://oreilletendue.com/2010/04/14/jurons-en-choeur/">Artiom Koulakov</a>, cet universitaire russe fasciné par le juron — le <em>sacre</em> — tel qu’il se pratique au Québec.</p>
<p>On pourra l’entendre en conférence à Montréal, ce mardi, le 31 août, à compter de 18 h 30, au théâtre <a href="http://www.espacelibre.qc.ca/">Espace libre</a>, avant la présentation, à 20 h, de la reprise de la pièce <em>Sauce brune</em>, texte et mise en scène de Simon Boudreault, dans une production de Simoniaques Théâtre.</p>
<p>Pour avoir une idée de l’interprétation linguistique de Koulakov :</p>
<blockquote><p>Les jurons forment une couche de lexique très importante dans chaque langue. Si dans la majorité des langues les jurons ont un caractère sexuel ou scatologique, au Québec les sacres ont, presque exclusivement, une origine religieuse. Cela reflète l’histoire des Québécois ainsi que leur vision du monde et leurs comportements quotidiens. Dans la conférence, il s’agira également de l’importance des sacres dans la qualification des Québécois comme nation distincte des Français, des sources de l’enrichissement de l’inventaire des jurons au Québec, du problème de la norme linguistique liée aux sacres, etc.</p></blockquote>
<p>Pour avoir une idée de la langue de la pièce :</p>
<blockquote><p><em>Sauce brune </em>propose une langue québécoise où la majorité des mots sont remplacés par des sacres. Ceux-ci y deviennent adjectifs qualificatifs, adverbes, compléments, verbes et interjections. Dans un réel surdimensionné, les personnages tentent tant bien que mal de faire comprendre ce qu’ils ressentent avec une langue atrophiée où les mots sont devenus vides de sens.</p></blockquote>
<p>Pour en savoir plus : le <a href="http://www.espacelibre.qc.ca/sites/default/files/documents/ecoles/Sauce_brune_Cahier_d_accompagnement.pdf">cahier pédagogique</a> de la pièce (en PDF).</p>
<p>Pour payer moins : le <a href="http://www.espacelibre.qc.ca/sacree-sauce-brune">tarif étudiant</a>.</p>
<p><a href="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/08/juron_sauce_brune.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1974" title="Sauce brune, Montréal, août-septembre 2010" src="http://oreilletendue.com/wp-content/uploads/2010/08/juron_sauce_brune.jpg" alt="" width="419" height="279" /></a></p>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Aug 2010 09:17:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Capitale(s)]]></category>
		<category><![CDATA[Divergences transatlantiques]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est officiel : il existe dorénavant une capitale des murs peints. Il s’agit de la municipalité québécoise de Mont-Joli (577 km de Montréal). Il suffisait d’y penser.
À Disney World, au pavillon du Canada — qu’un de mes fils appelait «l’ambassade» —, le bonimenteur se présente comme un natif de St. Catharines, Ontario, «la capitale mondiale du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est officiel : il existe dorénavant une capitale des murs peints. Il s’agit de la municipalité québécoise de <a href="http://www.ville.mont-joli.qc.ca/">Mont-Joli</a> (577 km de Montréal). Il suffisait d’y penser.</p>
<p>À Disney World, au pavillon du Canada — qu’un de mes fils appelait «l’ambassade» —, le bonimenteur se présente comme un natif de <a href="http://www.stcatharines.ca/en/">St. Catharines</a>, Ontario, «<a href="http://members.virtualtourist.com/m/6870a/533/">la capitale mondiale du beigne</a>». (En France, on dirait «beignet» ou «deunote».)</p>
<p>Quand on se compare, on se console. Ou pas.</p>
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		<title>De la plogue</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Aug 2010 09:22:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accent & prononciation]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[L’ami Antoine Robitaille se demandait récemment quelle graphie préférer, de plogue ou de plugue. À l’Assemblée nationale du Québec, on a tranché pour le u. Débat ici.
Le mot, lui, ne pose pas de problème : il est d’usage courant.
Il peut désigner la promotion (ploguer un spectacle), voire l’autopromotion (autoplogue). L’expression «Pure plogue promotionnelle» (le Devoir, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’ami Antoine Robitaille se demandait récemment quelle graphie préférer, de <em>plogue</em> ou de <em>plugue</em>. À l’Assemblée nationale du Québec, on a tranché pour le <em>u</em>. Débat <a href="http://carnetsdudevoir.com/index.php/motsetmaux/commentaires/plugue_ou_plogue/">ici</a>.</p>
<p>Le mot, lui, ne pose pas de problème : il est d’usage courant.</p>
<p>Il peut désigner la promotion (<em>ploguer</em> un spectacle), voire l’autopromotion (<em>autoplogue</em>). L’expression «Pure plogue promotionnelle» (<em>le Devoir</em>, 10 septembre 2001) est donc pléonastique.</p>
<p>Il désigne aussi une prise — de courant, pour les écouteurs, etc. Exemple (ça ne s’invente pas) : «Ploguez vos écouteurs» (vol Air Canada AC 945, Orlando =&gt; Montréal, 11 août 2010).</p>
<p>Puisqu’on peut <em>ploguer</em>, on peut aussi <em>déploguer</em>, voire <em>tirer la plogue</em>, au sens littéral comme au figuré. L’expression signifie alors <em>mettre fin à</em> : «Autant tirer la plogue moi-même avant que les gens me déploguent» (<em>la Presse</em>, 20 mars 1999).</p>
<p>On l’aura compris : quoi qu’en pense l’Assemblée nationale, <em>l’Oreille tendue</em> préfère la graphie en <em>o</em>, histoire d’être fidèle à la prononciation du mot et de ses dérivés.</p>
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		<title>Battre la langue de bois</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Aug 2010 09:22:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[L’excellent DoYouBnF — on peut aussi dire, plus familièrement, DoYou —, l’auteur du non moins excellent blogue Do You BNF ? Histoires du Rez-de-Jardin, n’avait rien à écrire un dimanche récent : «Rien. C&#8217;est dimanche. § Mais profitez-en pour vous entraîner un peu en vue du colloque de cet automne, avec votre nouveau coach ès langue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’excellent DoYouBnF — on peut aussi dire, plus familièrement, DoYou —, l’auteur du non moins excellent blogue <a href="http://doyoubnf.over-blog.com/">Do You BNF ? Histoires du Rez-de-Jardin</a>, n’avait rien à écrire <a href="http://doyoubnf.over-blog.com/article-histoire-du-dimanche-3-55102955.html">un dimanche récent</a> : «Rien. C&#8217;est dimanche. § Mais profitez-en pour vous entraîner un peu en vue du colloque de cet automne, avec votre nouveau coach ès langue de com’.» Qui est ce «coach ès langue de com’» ? Admirons-le.</p>
<p><object width="480" height="385"><param value="http://www.youtube.com/v/oNJo-E4MEk8?fs=1&amp;hl=en_US"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/oNJo-E4MEk8?fs=1&amp;hl=en_US" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="385"></embed></object></p>
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		<title>La détente de l’oreille</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Jul 2010 09:17:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît Melançon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lectures recommandées]]></category>

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		<description><![CDATA[Selon Réjean Ducharme, «Finalement, on a tous besoin de se ressourcer à un moment donné» (p. 116).
L’Oreille tendue va donc se ressourcer. De retour après la pause.
Référence
Ducharme, Réjean, Dévadé, Paris et Montréal, Gallimard et Lacombe, 1990, 257 p.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Selon Réjean Ducharme, «Finalement, on a tous besoin de se ressourcer à un moment donné» (p. 116).</p>
<p><em>L’Oreille tendue</em> va donc se ressourcer. De retour après la pause.</p>
<p>Référence</p>
<p>Ducharme, Réjean, <em>Dévadé</em>, Paris et Montréal, Gallimard et Lacombe, 1990, 257 p.</p>
]]></content:encoded>
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