Citons François Blais

Lettres québécoises, 176, hiver 2019, couverture

Si elle en croit son logiciel de blogue (WordPress) — et elle le croit —, l’Oreille tendue a parlé ici une trentaine de fois de l’écrivain François Blais.

Elle a donc été intéressée par le dossier que vient de lui consacrer la revue Lettres québécoises (176, hiver 2019).

Elle en retient deux citations :

«Le livre qui fait partie intégrante de l’écrivain que je suis ? The Life and Opinions of Tristram Shandy, Gentleman, de Laurence Sterne» (p. 18).

«Par contre, je suis fier de dire que je n’ai jamais eu de période Bukowski. Je n’ai même jamais été capable de terminer un livre de Bukowski» (p. 21).

Comment ne pas être d’accord ?

La clinique des phrases (qq)

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Soit la phrase suivante, tirée des pages sportives d’un quotidien montréalais :

Gostkowski, leur botteur depuis 2006, séjourne sur la liste des blessés depuis le 2 octobre.

S’il faut en croire le Petit Robert (édition numérique de 2019), séjourner signifierait «Rester assez longtemps dans un lieu pour y avoir sa demeure sans toutefois y être fixé.» On peut imaginer que le botteur des Patriots de la Nouvelle-Angleterre — c’est du football — ne souhaite pas «avoir sa demeure sur la liste des blessés».

Simplifions :

Gostkowski, leur botteur depuis 2006, est sur la liste des blessés depuis le 2 octobre.

Il est très bien le verbe être. On l’oublie trop souvent.

À votre service.

P.-S.—Plus puriste que l’Oreille tendue, on pourra préférer «Le nom de Gostkowski, leur botteur depuis 2006, est sur la liste des blessés depuis le 2 octobre.»

Les zeugmes du dimanche matin et de Thierry Dimanche

Thierry Dimanche, Cercles de feu, 2019, couverture

«On avait eu trois fils et un divorce belliqueux» (p. 42).

«J’enfilais les bières et les parties de billard […]» (p. 228).

«Qu’est-ce que je cherchais, au fond ? C’était tantôt des morilles, puis mes clés de voiture, une amie mêlée à la foule, un tableau que je n’aurais jamais dû donner, le mot juste…» (p. 281)

«Gracieuseté de la canicule, il faisait un peu moins chaud. J’avais mon pulvérisateur de cayenne, une chemise de rechange, de l’eau de ruisseau, un briquet, des réserves de gras, un mauvais caractère ancestral et une voix qui portait loin» (p. 421).

Thierry Dimanche, Cercles de feu. Roman, Montréal, Le Quartanier, «série QR», 138, 2019, 438 p.

L’oreille tendue de… Edouardo Mendoza

Edouardo Mendoza, Bataille de chats. Madrid 1936, 2012, couverture

«Au moins, dites-moi une chose, mon père. N’est-il pas vrai que l’amour peut racheter un acte condamnable ? — L’amour divin, peut-être; mais pas l’amour humain. Derrière le rideau, l’Anglais tendit l’oreille en entendant le sujet de la confession.»

Edouardo Mendoza, Bataille de chats. Madrid 1936, Paris, Seuil, 2012, 396 p. Traduction de François Maspero. Édition numérique.

Autopromotion 472

Librairies de Francois L’Honoré et de Jacques Desbordes devant de la Bourse d’Amsterdam, gravure anonyme, 1715

La 401e livraison de XVIIIe siècle, la bibliographie de l’Oreille tendue, est servie.

La bibliographie existe depuis le 16 mai 1992. Elle compte 46 580 titres.

Illustration : Librairies de Francois L’Honoré et de Jacques Desbordes devant de la Bourse d’Amsterdam, gravure anonyme, 1715, Rijksmuseum, Amsterdam