La clinique des phrases (fff)

La clinique des phrases, logo, 2020, Charles Malo Melançon

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Tous les auteurs ne s’entendent pas là-dessus : faut-il tolérer les répétitions dans un texte ? La majorité, à vue de nez (et d’Oreille), dit que non. Quelques-uns, par exemple Paul Léautaud, croient que oui.

C’est à cela que l’Oreille pensait en lisant ces deux passages journalistiques :

La remarque de Henry est venue à la suite d’une question d’un journaliste faisant allusion à un commentaire de Renard, fait la veille, au sujet du fait que l’Impact doit jouer ses matchs à domicile au New Jersey.

Jérôme Pelletier est à la recherche de tiques pour mener à bien l’expérience qu’il mène à Bromont.

Donc : faisant / fait / fait; mener / mène. Cela fait un peu beaucoup.

Proposons ceci :

La remarque de Henry est venue à la suite d’une question d’un journaliste faisant allusion à un commentaire de Renard, formulé la veille, au sujet de l’obligation de l’Impact de jouer ses matchs à domicile au New Jersey.

À Bromont, Jérôme Pelletier est à la recherche de tiques pour mener à bien son expérience.

À votre service.

La clinique des phrases (eee)

La clinique des phrases, logo, 2020, Charles Malo Melançon

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Soit la phrase suivante :

Tout est cuisiné au feu de bois, comme le font Francis Mallman en Argentine, Victor Arguinzoniz au Asador Etxebarri, dans le Pays basque, ou Niklas Ekstedt en Suède. Sauf que chez Foxy, on donne en plus à tout ça un ton presque moyen-oriental qui fait penser à une autre référence : Yotam Ottolenghi. Cela dit, j’adore y aller en automne, pour l’odeur de chalet, de grillades, la chaleur, ce sentiment de réconfort qu’on a à l’intérieur quand commencent les jours froids, moment de transition bien typique de notre climat.

Tout lecteur attentif aura repéré la présence évidemment inutile de «Sauf que» — cette locution si prisée au Québec — et de «Cela dit».

L’Oreille est professeure et éditrice; elle est habituée à se répéter. Ce n’est pas la première fois qu’elle déplore pareil abus des mots de transition. Ce ne sera pas la dernière.

Donc :

Tout est cuisiné au feu de bois, comme le font Francis Mallman en Argentine, Victor Arguinzoniz au Asador Etxebarri, dans le Pays basque, ou Niklas Ekstedt en Suède. Chez Foxy, on donne en plus à tout ça un ton presque moyen-oriental qui fait penser à une autre référence : Yotam Ottolenghi. J’adore y aller en automne, pour l’odeur de chalet, de grillades, la chaleur, ce sentiment de réconfort qu’on a à l’intérieur quand commencent les jours froids, moment de transition bien typique de notre climat.

À votre service.

P.-S.—Oui, c’est de la langue de margarine.

Autopromotion 528

«Imprimerie en lettres», gravure de Louis-Jacques Goussier et Robert Benard, sixième volume des planches de l’Encyclopédie, Paris, 1768

La 444e livraison de XVIIIe siècle, la bibliographie de l’Oreille tendue, est servie.

La bibliographie existe depuis le 16 mai 1992. Elle compte 52 144 titres.

Illustration : «Imprimerie en lettres», gravure de Louis-Jacques Goussier et Robert Benard, sixième volume des planches de l’Encyclopédie, Paris, 1768