Beauté du mais
Publié le 9 mai 2012 | Catégorie(s) : Lectures recommandées, Lumières | Pas (encore…) de réaction |
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Certains ont le mais sexiste, par exemple au XVIIIe siècle : «Mais, mais….. oh ! voilà le mais éternel des jolies femmes, & des Auteurs» (la Manie des arts, p. 43-44); «Mon Frere est comme les femmes, il a toujours en réserve un perfide mais» (la Cinquantaine dramatique, p. 24).
En revanche, d’autres ont le génie du mais.
C’est le cas de P. Landry.
Ou de Daniel Grenier : «On leur avait fait comprendre que ce niveau de français était excellent mais inacceptable et que des cours offerts par le ministère de l’Immigration étaient souhaitables mais obligatoires» (Malgré tout on rit à Saint-Henri, p. 113).
Références
Grenier, Daniel, Malgré tout on rit à Saint-Henri. Nouvelles, Montréal, Le Quartanier, coll. «Polygraphe», 2012, 253 p.
La Cinquantaine dramatique de M. de Voltaire, suivie de l’Inauguration de sa statue, intermède en un Acte, orné de Chants & de Danses, par l’Auteur du Poeme du Luxe, Aux Fossez; et se trouve à Paris, Chez Durand, Libraire, rue Galande, Despilly, Libraire, rue S. Jacques, 1774, 68 p. Texte d’Alexandre-Jacques Du Coudray.
Rochon de Chabannes, la Manie des arts, ou la Matinée à la mode, comédie en un acte et en prose, Paris, Sebastien Jorry, 1763, 66 p.
Exercice de traduction du mardi matin
Publié le 8 mai 2012 | Catégorie(s) : Langue de Shakespeare, Lectures recommandées, Sport, Traduction | 1 réaction |
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Henry Skrimshander, l’arrêt-court des Harpooners du collège Westish, dont on disait qu’il était destiné à une brillante carrière, devient incapable, du jour au lendemain, de lancer correctement la balle. C’est du baseball, et ça se passe dans le roman, déjà évoqué ici, The Art of Fielding de Chad Harbach (2011).
Skrimshander souffrirait de la «Steve Blass disease». Cette maladie, à laquelle un lanceur des Pirates de Pittsburgh a donné son nom, touche des gens, notamment des sportifs, qui, pour une raison inconnue, ne parviennent plus à faire ce à quoi ils excellaient.
Le joueur des Harpooners prend progressivement conscience de son mal. Il en arrivera à ne plus du tout lancer la balle, mais, au départ, il commet surtout des erreurs : ses lancers sont trop faibles ou trop puissants, trop hauts ou trop bas.
Un jour, il oblige son joueur de premier but à sauter dans les airs pour attraper un lancer imprécis : Rick O’Shea — qui ne commettra heureusement pas de ricochet — «snow-coned the ball with the fringe of his extra-long mitt».
Traduction littérale : il attrape la balle à l’extrémité («the fringe») de son gant allongé de premier but («his extra-long mitt»); la balle, blanche, se détache du bout du gant, comme une boule de glace de son cornet («snow-coned»).
Quelqu’un veut se risquer à une traduction moins littérale ?
P.S.—Une autre occurrence ? «He snow-coned the near half of the ball […].»
Référence
Harbach, Chad, The Art of Fielding, édition numérique (iBooks), New York, Boston et Londres, Little, Brown and Company, 2012 (2011).
Citation à méditer du jour
Publié le 7 mai 2012 | Catégorie(s) : Épistolarité, Lectures recommandées | Pas (encore…) de réaction |
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«Si j’écris un meilleur allemand que la plupart des écrivains de ma génération, je le dois en grande partie à une seule petite règle que j’observe depuis vingt ans. C’est la suivante : ne jamais utiliser le mot “je”, sauf dans les lettres» (Walter Benjamin, Écrits autobiographiques, 1990).
Le zeugme du dimanche matin et du chien
Publié le 6 mai 2012 | Catégorie(s) : Zeugme | Pas (encore…) de réaction |
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«Et comme le repas n’est pas prêt, il porte un os à chaque chien en même temps qu’une caresse rude.»
Jean-Yves Soucy, Un dieu chasseur, Montréal, Typo, 1997 (1976), 252 p., p. 104.
Les rats du ciel
Publié le 5 mai 2012 | Catégorie(s) : Langue de Shakespeare, Lectures recommandées, Sport | 1 réaction |
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C’est le printemps : l’Oreille tendue lit donc un livre sur le baseball, The Art of Fielding (2011).
Chad Harbach, son auteur, y bouleverse la faune atmosphérique.
Les francophones ne sont pas étonnés qu’on leur parle de nuages qui moutonnent.
Les anglophones le seront-ils de voir des nuages passer devant le soleil et faire fuir les ombres sur l’herbe comme si c’était des rongeurs («Shreds of cloud blew past the setting sun, causing shadows to scurry rodentially over the grass») ?
Référence
Harbach, Chad, The Art of Fielding, édition numérique (iBooks), New York, Boston et Londres, Little, Brown and Company, 2012 (2011).