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En 2024, l’Oreille tendue a mis en ligne — en libre accès et en PDF — quatre de ses livres; c’est ici.

Elle en ajoute trois aujourd’hui.

Melançon, Benoît, Le niveau baisse ! (et autres idées reçues sur la langue), Montréal, Del Busso éditeur, 2015, 118 p. Ill. [PDF]

Melançon, Benoît, l’Oreille tendue, Montréal, Del Busso éditeur, 2016, 411 p. [PDF]

Melançon, Benoît, Nos Lumières. Les classiques au jour le jour, Montréal, Del Busso éditeur, 2020, 194 p. [PDF]

Y a qu’à se servir; c’est gratuit.

Chantons le hockey avec Louis Bérubé

Louis Bérubé, Nos amours, 2009, pochette

(Le hockey est partout dans la culture québécoise et canadienne. Les chansons sur ce sport ne manquent pas, plusieurs faisant usage de la langue de puck. Petite anthologie en cours. Liste d’écoute disponible sur Spotify. Suggestions bienvenues.)

 

Louis Bérubé, «La game de hockey», Nos amours, 2009

 

[Bruits du Forum]
[Thème de la Soirée du hockey]
Le samedi souèr avec mes chums
On se retrouve tous les week-ends
Ça commence en même qu’l’automne
J’ai déjà hâte à la s’maine prochaine
En écoutant la game d’hockey
On boit d’la bière et des shooters
Si on veut gagner la coupe Stanley
Sont bien mieux d’changer de goaler
Mise au jeu mise en échec
Le puck de rubber et le gros check
Y a plus d’défense y a plus d’attaque
Les vacances sont après l’match
Le coup de sifflette de l’arbitre
Vient d’donner une punition
La glace est faite d’eau bénite
Car ça va même en prolongation
[Bruits du Forum]
[Musique de «Na Na Hey Hey Kiss Him Goodbye»]
Rendu dans la deuxième période
Avec trois buts d’reculons
Y ont décidé d’changer d’méthode
On peut revoir les vrais champions
En prenant l’contrôle d’la glace
Dans dix minutes y zont fait deux buts
Quand y est question d’gros signes de piasses
C’est pas l’temps d’s’asseoir sur son cul
Mise au jeu mise en échec
Le puck de rubber et le gros check
Y a plus d’défense y a plus d’attaque
Les vacances sont après l’match
Le coup de sifflette de l’arbitre
Vient d’donner une punition
La glace est faite d’eau bénite
Car ça va même en prolongation
Juste avant la fin du match
Y zont d’demandé un temps d’arrêt
La défense qui contre-attaque
Pendant c’temps-là j’fais un chapelet
C’est pas l’temps d’une punition
Pendant qu’je prie le p’tit Jésus
Sur une passe y a eu réception
Du revers y zont fait un aut’ but
Mise au jeu mise en échec
Le puck de rubber et le gros check
Y a plus d’défense y a plus d’attaque
Les vacances sont après l’match
Le coup de sifflette de l’arbitre
Vient d’donner une punition
La glace est faite d’eau bénite
Car ça va même en prolongation
[Musique de «Na Na Hey Hey Kiss Him Goodbye»]
[Bruits du Forum]

 

 

Références

Melançon, Benoît, «Chanter les Canadiens de Montréal», dans Jean-François Diana (édit.), Spectacles sportifs, dispositifs d’écriture, Nancy, Questions de communication, série «Actes», 19, 2013, p. 81-92. https://doi.org/1866/28751

Melançon, Benoît, Langue de puck. Abécédaire du hockey. Édition revue et augmentée, Montréal, Del Busso éditeur, 2024, 159 p. Préface d’Olivier Niquet. Illustrations de Julien Del Busso. ISBN : 978-2-925079-71-2.

Melançon, Benoît, Langue de puck, édition revue et augmentée de 2024, couverture

Le zeugme du dimanche matin et de Camille Giguère-Côté

Camille Giguère-Côté, le Show beige, 2024, couverture

«Moi, je travaille de neuf à cinq à mon compte comme comptable agréé, j’ai un tunnel carpien, pis la mémoire tellement saturée de chiffres que je passe tous les prénoms des actrices qui ont joué Virginie avant de tomber sur le nom de mes enfants.»

Camille Giguère-Côté, le Show beige, Montréal, Atelier 10, coll. «Pièces», 40, 2024, 131 p., p. 70. Précédé d’un «Mot de l’autrice». Suivi de «Contrepoint. Une anthropologue colorée au pays du beige», par Jean-Philippe Pleau.

 

(Une définition du zeugme ? Par .)

L’oreille tendue de… Tonino Benacquista

Tonino Benacquista, Tiré de faits irréels, 2025, couverture

«Et en effet, Bertrand, animé d’une joie malsaine, saisit au vol une coupe sur un plateau et l’avala d’un trait pour étancher une trop longue soif. Et il comprit soudain où il était tombé. Dans les Limbes ! Il visitait les Limbes, en vrai, en dur, peuplés de personnages de chair et d’os, les Limbes, suspendus entre jour et nuit, entre réel et fiction, et où l’on célébrait bien plus l’idée de littérature que la littérature elle-même. Il tendit l’oreille quand alentour on causait belles lettres, comme à l’ancienne.»

Tonino Benacquista, Tiré de faits irréels. Roman, Paris, Gallimard, coll. «Blanche», 2025, 192 p. Édition numérique.

Curiosité voltairienne (et sédentaire)

Bixi et carré rouge, Montréal

«Ma vie manque d’aventure, de cabanes au Canada, de trappeurs, de grands espaces, d’arpents de neige, de carcajous, d’aurores boréales. Ma vie attend à un feu rouge, elle ne trouve pas de borne libre pour garer son vélo BIXI, elle constate avec dépit que ses céréales favorites sont en rupture de stock au supermarché. Ma vie ne se rend pas au pôle Nord en traîneau à chiens, elle fait de l’insomnie.»

Nicolas Guay, «Fragments par 5, numéro 54», blogue le Machin à écrire, 18 février 2024.

 

Au début du vingt-troisième chapitre de Candide (1759), le conte de Voltaire, «Candide et Martin vont sur les côtes d’Angleterre; ce qu’ils y voient», Candide discute avec Martin sur le pont d’un navire hollandais : «Vous connaissez l’Angleterre; y est-on aussi fou qu’en France ? — C’est une autre espèce de folie, dit Martin. Vous savez que ces deux nations sont en guerre pour quelques arpents de neige vers le Canada, et qu’elles dépensent pour cette belle guerre beaucoup plus que tout le Canada ne vaut.»

 

Voltaire est toujours bien vivant.