Adoptez-les !

Sur le site Save the Words, la filiale des dictionnaires d’Oxford University Press vous propose d’adopter un mot menacé de disparition. Explication :

Save the Words, explication

 

Le site est spectaculaire, drôle, plein de conseils utiles. Pour l’instant, ça n’existe qu’en anglais.

Merci à Jean-François Pitet d’avoir signalé cela sur son blogue.

Avancez en arrière

Mêlez Facebook et une bonne dose de nostalgie, et vous vous retrouvez avec une nouvelle catégorie socialo-affective : le rétrosexuel. Définition de Slate.fr : «Le Boston Phoenix a […] inventé un terme pour ces personnes qui renouent avec leurs premiers amours [grâce à Facebook] : les “rétrosexuels”.»

Sous la plume de Claire Suddath, le magazine Time, dont s’inspire l’article de Slate.fr, parle de «recycled love». C’est un peu plus brutal.

Barack Obama est noir

Barack Obama, Dreams from my Father, 1995, couverture

Forte lecture que celle du premier livre de Barack Obama, Dreams from my Father. A Story of Race and Inheritance — pour l’écriture, pour le parcours, pour la conviction, pour l’absence d’artifice (Barack Obama n’est pas Bill Clinton).

Pour la langue aussi. Elle est un des thèmes du livre : ce que les mots permettent de faire, ce qu’ils interdisent, soit parce qu’ils manquent, soit parce qu’ils blessent. Elle est aussi un révélateur.

Comment Barack Obama se définit-il ? Comme Noir : «I was trying to raise myself to be a black man in America […]» (p. 76). Sauf erreur, il n’a recours qu’une seule fois à l’expression devenue courante aux États-Unis de «African-American» (p. 134), alors que l’étiquette aurait si bien pu lui convenir, lui fils d’un père africain et d’une mère américaine.

Voilà quelqu’un qui appelle les choses par leur nom.

 

Référence

Obama, Barack, Dreams from my Father. A Story of Race and Inheritance, New York, Three Rivers Press, 2004 (1995), 457 p.

Parlons geek

Excellentes capsules linguistiques, par Pedro Rafael Rosado, dans le cadre de Tech Talk, l’émission baladodiffusée hebdomadairement par le New York Times. Un mot du vocabulaire informatique y est expliqué chaque semaine : «And now it’s time fot the NYT Tech Talk term of the day, where we explain the geek speak, nerd words and communications jargon you may encounter on the Internet

Les vraies affaires ?

Moment de trouble, hier, devant ceci :

Collège Villa-Maria, rue Monkland, Montréal, 25 août 2009
Rue Monkland, Montréal, 25 août 2009

Dans un premier temps, il a fallu que l’Oreille tendue décode l’organisation des informations. «Propriété privée», ça allait, mais ça se corsait par la suite.

Fallait-il lire de façon indépendante «Défense d’entrer sans affaires» et les trois pictogrammes ou fallait-il plutôt imaginer d’invisibles deux-points entre les mots et les images ?

Dans le premier cas, il y aurait eu des «affaires», non définies, en plus d’une interdiction de promener son chien, de fumer une cigarette et de jeter des détritus (ou de semer trois graines de quelque chose).

Dans le second, les «affaires» auraient été le chien, la cigarette et les détritus (ou les graines). Cette hypothèse paraissait peu plausible.

Dès lors, retour à la case départ : des «affaires», certes, mais quelles «affaires» ? Heureusement qu’il y a l’anglais, pour rappeler que «business» et «affaires», dans certains cas, sont synonymes — mais pas dans celui-ci.

Ironie de l’histoire (de l’affaire ?) : cela se trouve à l’entrée d’un collège huppé (et bilingue) de Montréal.

 

[Complément du 17 mai 2018]

Autre explication du pictogramme mystérieux, gracieuseté de Twitter : «Another juggler gives up on his dreams

«Another juggler gives up on his dreams.»