Autopromotion 066 — Dictionnaire des séries 01

Le cube Rubik et la hockey

Les séries éliminatoires — il fut un temps où on disait «le détail» — de la Ligue nationale de hockey commencent ce soir. D’ici à la victoire finale, l’Oreille tendue définira un mot par jour du lexique hockeyistique; ce sera son Dictionnaire des séries. Cela devrait s’ajouter à son entrée quotidienne, pas s’y substituer. On verra bien.

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À tout seigneur tout honneur : faut-il dire hockey ou hockey sur glace ?

Pour David Adams Richards, dans Hockey Dreams. Memories of a Man who Couldn’t Play (1996), c’est clair : vous dites ice hockey, au lieu de hockey, et c’est le signe incontestable que vous êtes un péquenaud (en matière de sport).

Selon Simon Grondin, dont l’érudition en ce domaine force l’admiration, on peut décrire le Hockey vu du divan (2012) et parler, sans rougir, de hockey sur glace.

Que choisir ?

Il est légitime de penser que ceux qui disent hockey sur glace utilisent cette expression pour éviter la confusion entre ce sport et le hockey sur gazon.

Pour simplifier les choses, l’Oreille tendue propose de réserver le mot hockey pour le sport qui se pratique au froid et d’appeler hockey avec pas d’glace toute autre activité (plus ou moins) vaguement apparentée.

Voilà une bonne chose de faite. Passons aux autres.

 

[Complément du 5 février 2014]

Les 57 textes du «Dictionnaire des séries» — repris et réorganisés —, auxquels s’ajoutent des inédits et quelques autres textes tirés de l’Oreille tendue, ont été rassemblés dans le livre Langue de puck. Abécédaire du hockey (Montréal, Del Busso éditeur, 2014, 128 p., illustrations de Julien Del Busso, préface de Jean Dion, 978-2-923792-42-2, 16,95 $).

En librairie le 5 mars 2014.

Langue de puck. Abécédaire du hockey (Del Busso éditeur, 2014)

 

Références

Grondin, Simon, le Hockey vu du divan, Sainte-Foy (Québec), Presses de l’Université Laval, 2012, xvi/214 p. Ill.

Richards, David Adams, Hockey Dreams. Memories of a Man who Couldn’t Play, Toronto, Doubleday Canada, 1997, 238 p. Édition originale : 1996.

L’être, ne pas en avoir l’air ni le faire

Soit les possibilités suivantes.

Être smatte : être aimable, attentionné, gentil.

Avoir l’air smatte : faire bonne impression.

Exemple : Ta nouvelle dulcinée a l’air smatte; Justin Trudeau n’a pas l’air smatte.

Avoir l’air smatte : se retrouver dans une position désavantageuse, souvent par sa propre faute.

Exemple : «Moi qui ne sais même pas réparer une crevaison. J’ai l’air smatte. #velomtl #smatte #flat http://t.co/IyesdYW0PG» (@LucieBourassa).

Faire son smatte : rouler les mécaniques.

«Au Québec, désigne quelqu’un qui se considère très supérieur et qui ne se gêne pas pour le faire savoir» (Un Québec si lointain, p. 211).

On ne les confondra pas.

Remarques grammatico-orthographiques

On peut employer le mot smatte comme nom ou comme épithète.

«@PimpetteDunoyer Que dire des smattes qui sortent déjà, à 8 degrés, en short (version cuissarde ou standarde) et en camisole ? #VeloMtl» (@LucieBourassa).

Le mot vient de l’anglais smart (intelligent, malin, futé, astucieux, habile, etc.).

À côté de smatte, on trouve donc, à l’occasion, la graphie smarte.

Albert Chartier et Claude-Henri Grignon mêlent les deux («smarte», p. 171; «smatte», p. 207).

Albert Chartier, Séraphin

Albert Chartier, Séraphin

 

[Complément du 29 avril 2013]

Daniel Lavoie a interprété une «Danse du smatte».

 

Références

Dubois, Richard, Un Québec si lointain. Histoire d’un désamour, Montréal, Fides, 2009, 213 p.

Grignon, Claude-Henri et Albert Chartier, Séraphin illustré, Montréal, Les 400 coups, 2010, 263 p. Préface de Pierre Grignon. Dossier de Michel Viau.

L’Oreille tendue inc.

la Presse+, 25 avril 2013

Quiconque fréquente la presse québécoise sait que l’expression «Québec inc.» y est sans cesse employée. Elle désignerait l’entrepreneuriat autochtone. Les exemples ne manquent pas.

«Saga au cœur de Québec Inc.» (la Presse, 10 octobre 2006, cahier Affaires, p. 1).

«Québec extrême inc.» (la Presse, 10 mars 2007, cahier Plus, p. 1-2).

«Lève-toi, Québec inc. !» (la Presse, 11 avril 2011, p. A20).

«What does Quebec inc. want ?» (la Presse, 16 avril 2011, cahier Affaires, p. 1).

Le «inc.» paraît cependant prendre de l’expansion. Exemples glanés au cours des derniers jours.

«Le nouveau Montréal inc.» (la Presse, 20 avril 2013, cahier Affaires, p. 1).

«Wall Street rassurée par les résultats d’America Inc.» (la Presse, 20 avril 2013, cahier Affaires, p. 8).

«Onde de choc dans les échelons supérieurs de Canada inc. !» (la Presse+, 25 avril 2013).

«Manucure inc.» (la Presse+, 25 avril 2013).

À l’heure de l’incorporation (inc. = incorporée) à tous crins, l’Oreille tendue ne voudrait pas traîner de la patte. Dorénavant, elle s’appellera l’Oreille tendue inc. Merci d’en prendre note.

 

[Complément du 6 mai 2013]

«France inc. débarque à Montréal», titre aujourd’hui la Presse (cahier Affaires, p. 1).

 

[Complément du 17 mars 2017]

Où en sommes-nous ?

L’abréviation a connu une extension géographique.

«Comment le Japon Inc. est tombé en disgrâce» (le Devoir, 15 mars 2017, p. B1).

«China inc.» (la Presse+, 23 mai 2016).

«Planète économique. L’appétit insatiable de China inc.» (la Presse+, 8 février 2016).

Une extension proprement québécoise.

«Vers un cégep inc.» (la Presse+, 23-24 juillet 2016).

«Pure laine inc.» (la Presse+, 5 mars 2016).

Une extension sportive.

Bagarreurs inc., film de Sophie Lambert, 2013, sur les bagarreurs au hockey.

Une extension littéraire.

«Big Brother Inc.» (le Devoir, 25 juin 2013, p. B2).

Une extension bancaire.

generationinc.com