Surface où colle le mécontent, l’ébahi, l’abasourdi, le stupéfié. En trouvant au pied du sapin le dernier album de Céline, Robert a collé au plafond.
[Complément du 3 février 2016]
La mémoire est la faculté qui oublie.
« Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler » (André Belleau).
Surface où colle le mécontent, l’ébahi, l’abasourdi, le stupéfié. En trouvant au pied du sapin le dernier album de Céline, Robert a collé au plafond.
[Complément du 3 février 2016]
La mémoire est la faculté qui oublie.
Pantoute est un adverbe de négation prisé au Québec.
Il peut servir à répondre à une question.
«Le volleyball, un sport de camping ? Pantoute ! Regardez la finale masculine opposant les Russes aux Brésiliens. Quel beau spectacle ! #jo2012» (@JeanSylvainDube).
Il est aussi employé pour caractériser un sentiment, une idée, une opinion, etc.
«J’y ai été avec ma mère, à matin, j’ai pas envie pantoute d’y retourner !» (Un ange cornu avec des ailes de tôle, p. 81).
«J’apporte rien pantoute. Juste ma peau» (Martine à la plage, p. 76).
«En descendant d’l’avion
Plus aucun doute
Même si vos mots
J’les pigeais pas pantoute
Gens du pays
J’ai su qu’on s’aimerait» («L’accent d’icitte»).
Remarque orthographique. On voit, mais exceptionnellement, pentoute.
«Parler à un jeune employé qui comprend pas le sens du mot “sous-vêtements” euh “culottes?!” #PasGenantPentoute» (@PimpetteDunoyer).
[Complément du 29 décembre 2012]
Aussi exceptionnellement, on voit «pan toute», en deux mots, par exemple dans la bande dessinée Onésime d’Albert Chartier (p. 13, p. 14, p. 85, p. 148, p. 202). Il est vrai que le même Chartier écrit aussi «pantoute» (p. 183, p. 191, p. 205, p. 212, p. 230, p. 239, p. 240, p. 262).
[Complément du 22 avril 2017]
Martin Winckler vit à Montréal depuis quelques années. Cela a-t-il des effets sur son vocabulaire ? Sans aucun doute, comme l’atteste le tweet ci-dessous. (Et il y a aussi ceci.)
[Complément du 26 mars 2019]
En 1937, la brochure le Bon Parler français considérait «Pantoute», mis pour «Pas du tout», comme une «locution vicieuse» (p. 13).
[Complément du 30 novembre 2021]
Cela n’a pas empêché l’auteur de Meurtre au Forum de l’utiliser deux fois en 1953 :
— Vous avez pensé qu’il était malade ? dit Alain.
— J’ai rien pensé pantoute, dit l’homme (p. 6).
— C’est deux gamblers. Ça joue aux courses et c’est toujours prêts à gager sur n’importe quoi ?
— Ben ça, c’est intéressant, dit Saturnin. Car moi itou, j’suis assez gambler. [Je] déteste pas ça pantoute» (p. 27).
Références
Le Bon Parler français, La Mennais (Laprairie), Procure des Frères de l’Instruction chrétienne, 1937, 24 p.
Boulerice, Simon, Martine à la plage. Roman, Montréal, La mèche, coll. «Les doigts ont soif», 2012, 82 p. Avec des dessins de Luc Paradis.
Chartier, Albert, Onésime. Les meilleures pages, Montréal, Les 400 coups, 2011, 262 p. Publié sous la direction de Michel Viau. Préface de Rosaire Fontaine.
Gaël, «L’accent d’icitte», Diamant de papier, Productions de l’onde, 2010.
Tremblay, Michel, Un ange cornu avec des ailes de tôle. Récits, Montréal et Arles, Leméac et Actes Sud, 1994, 245 p.
Verchères, Paul [pseudonyme d’Alexandre Huot ?], Meurtre au hockey, Montréal, Éditions Police journal, coll. «Les exploits policiers du Domino Noir», 300, [1953], 32 p.

«Nous faisions sécher les fleurs vivantes, nous arrosions les feuilles mortes, nous écrivions leurs noms, souvent féroces, en couleur, en grec, en vulgaire et en lettres carrées.»
Clémence DesRochers, Le monde sont drôles : nouvelles suivies de La ville depuis (lettres d’amour), Montréal, Parti pris, coll. «Paroles», 9, 1966, 131 p., p. 36.
(Une définition du zeugme ? Par là.)
Point de vue du publicitaire : «1, 2, 3, rouge. Voici le transporteur loisirs d’Air Canada. Voyagez dans le style et le confort vers l’Europe et les Caraïbes à prix abordables» (la Presse, 19 décembre 2012, p. A9).
Point de vue du commentateur : «Air Canada rouge prend son envol. Le transporteur à faible coût effectuera son premier vol le 1er juillet 2013» (le Devoir, 19 décembre 2012, p. B1).
Donc, «loisirs», «style» et «confort» signifie «faible coût». C’est bon à savoir. Merci.
La langue bouge. Évidemment.
Dans le monde du travail : «Graphiste/blogueur/créateur de bijoux, comptable/éleveur de chinchillas ou serveuse/étudiante/bédéiste. Les slashers — qui font référence au signe typographique de la barre oblique — se définissent par plus qu’un seul emploi ou une seule fonction, et ils sont de plus en plus nombreux» (la Presse, 12 décembre 2012, cahier Affaires, p. 11). Il y aurait un «phénomène slash», voire une «génération slash».
Dans le monde des médias : «j’ai des postes de radio dans la chambre, la cuisine, le salon et la salle de bains. Je suis aussi une radio-canadavore» (le Devoir, 15-16 décembre 2012, p. E4).
Dans le monde des médias, bis : «L’infobésité et l’adipodivertissement menacent» (le Devoir, 17 décembre 2012, p. B7). «Infobésité» est attesté depuis quelques années, pas «adipodivertissement».
Dans le monde de la mode : «Les meggings — ou leggings pour hommes — le GQ dit : c’est NON. http://www.gq.com/style/blogs/the-gq-eye/2012/12/gq-addresses-the-meggings-movement.html?mbid=social_twitter_gqmagazine» (@hugodumas).
Dans le monde médical : «#French word du jour : “mamanexiques” – “mommyrexics”, women who diet during #pregnancy. http://www.lapresse.ca/arts/et-cetera/201212/06/01-4601337-maigrir-enceinte-cest-glamour.php via @LP_LaPresse #health» (@wraillantclark).
Dans le monde familial : «Hadn’t heard this term before : was helicopter parents, now it’s “snowplow parents” http://bit.ly/Xi01Qn #cdnpse» (@Margin_Notes).
Dans le monde de la discrimination : «Qu’est-ce que l’hétérosexisme ? http://j.mp/ZJ6FNV #discrimination #privilège» (@cynocephale).
Dans le monde numérique : «J’ai appris dans ce magazine que mobo vient de la contraction de “mobile bohemian”, une personne qui utilise son téléphone portable (comme le iPhone) dans un nombre varié de circonstances et à des fins multiples et diverses» (blogue le Baiser de la mouche, 21 novembre 2011). Question : le mobo est-il un mobinaute comme les autres ?
Dans le monde numérique, bis : «I allow myself to Webulize only once a week now» (David Foster Wallace, lettre à Erica Neely, 3 juillet 2001, cité dans Every Love Story Is a Ghost Story, p. 286).
Dans le monde de la rétro-immigration : «tiens, un nouveau mot : impat’ http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/11/30/impatries-l-amere-patrie_1797400_3224.html» (@mahiganl). C’est, bien sûr, l’antonyme d’expat’.
Dans le monde, tout court : «Ainsi, la littérature internationale qui lui est consacrée avance parfois la notion de “glocalisme” ou de ?“glocalisation” pour évoquer les relations entre le global et le local» (Jacques Commaille).
À vous de choisir. Tous les (dé)goûts sont dans la nature.
Référence
Max, D.T., Every Love Story Is a Ghost Story. A Life of David Foster Wallace, New York, Viking, 2012, 309 p.