«Elle veillait à téléphoner toujours à Madame Testin, qui avait 55 ans et des lunettes à triple foyer.»
Amélie Nothomb, Frappe-toi le cœur. Roman, Paris, Albin Michel, 2017. Édition numérique.
(Une définition du zeugme ? Par là.)
« Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler » (André Belleau).
«Elle veillait à téléphoner toujours à Madame Testin, qui avait 55 ans et des lunettes à triple foyer.»
Amélie Nothomb, Frappe-toi le cœur. Roman, Paris, Albin Michel, 2017. Édition numérique.
(Une définition du zeugme ? Par là.)
«Lorsqu’un air de piano résonna, Oscar s’immobilisa, les mains dans les poches de son imper, coiffé de son feutre tout neuf, l’oreille tendue, à l’affût.»
Mauricio Segura, Oscar. Roman, Montréal, Boréal, 2016, 231 p., p. 102.
Soit la phrase suivante, tirée du Devoir du jour :
Ce nouveau magazine culinaire [Sel et diesel] nous emmène dans les villes canadiennes où se multiplient les camions-restaurants, à la rencontre de ceux qui les chauffent, dans tous les sens du terme, et de leur cuisine (p. B7).
Pourquoi ce «dans tous les sens du terme» pour qualifier «chauffent» ? C’est que les camionneurs-restaurateurs chauffent des aliments dans leur véhicule et qu’ils le conduisent, chauffer étant un synonyme de ce verbe dans le français populaire du Québec.
Chauffer s’emploie avec un complément d’objet direct — chez Michael Delisle, on «chauffe» une auto (le Sort de Fille, p. 37) — ou seul — «Viens chauffer pendant que je lève le tronc», peut-on lire chez William S. Messier (Dixie, p. 129).
Illustration : vendeur ambulant, Montréal, 1947, rue de Bordeaux, angle Ontario, Archives Montréal, photo déposée sur Wikimedia Commons
Références
Delisle, Michael, le Sort de Fille. Nouvelles, Montréal, Leméac, 2005, 120 p.
Messier, William S., Dixie. Roman, Montréal, Marchand de feuilles, 2013, 157 p. Ill.
(Accouplements : une rubrique où l’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)
Denis Diderot à Sophie Volland, lettre du 15 octobre 1759 éditée par Jacques Chouillet dans Denis Diderot – Sophie Volland. Un dialogue à une voix, Paris, Librairie Honoré Champion, coll. «Unichamp», 14, 1986, 173 p., p. 169-173.
«Ceux qui se sont aimés pendant leur vie et qui se font inhumer l’un à côté de l’autre ne sont peut-être pas si fous qu’on pense. Peut-être leurs cendres se pressent, se mêlent et s’unissent. Que sais-je ? peut-être n’ont-elles pas perdu tout sentiment, toute mémoire de leur premier état» (p. 171).
Caillé, Anne-Renée, l’Embaumeur, Montréal, Héliotrope, «série K», 2017, 102 p.
«Deux corps brûlés en même temps, cela est arrivé, malgré ce qu’on dit, leurs cendres mélangées et mises dans une seule urne» (p. 69).
P.-S.—L’Embaumeur ? Par ici.
[Complément du 10 janvier 2019]
Le 17 juillet 1676, Mme de Sévigné, dans une lettre à sa fille, Mme de Grignan, aborde la circulation des cendres d’un point de vue un brin différent :
Enfin c’en est fait, la Brinvilliers est en l’air : son pauvre petit corps a été jeté, après l’exécution, dans un fort grand feu, et ses cendres au vent; de sorte que nous la respirerons, et que, par la communication des petits esprits, il nous prendra quelque humeur empoisonnante, dont nous serons tous étonnés (éd. Duchêne, vol. II, p. 342-343).
Référence
Sévigné, Mme de, Correspondance, Paris, Gallimard, coll. «Bibliothèque de la Pléiade», 3 vol., 1972-1978. Texte établi, présenté et annoté par Roger Duchêne.
«Et lorsqu’elle avait quitté son village, la rage au cœur et la valise mal faite, elle ne s’était pas retournée une seule fois sur la route de campagne, toute droite dans son petit manteau de laine rouge et son bonnet de velours noir» (p. 502).
«Les faits. Tels quels. Ça prend une bonne partie de la nuit et le reste de ses forces» (p. 505).
Michel Tremblay, le Passage obligé, dans la Diaspora des Desrosiers, Montréal et Arles, Leméac et Actes sud, coll. «Thesaurus», 2017, 1393 p., p. 493-657. Préface de Pierre Filion. Édition originale : 2010.
(Une définition du zeugme ? Par là.)