Citation gastronomique de Noël ?

Marcel Schwob, Vies imaginaires, 2011, couverture

«Les repas étaient composés de choses délicates et inattendues, et les cuisiniers variaient sans cesse l’architecture des victuailles. Il ne fallait point s’étonner, en ouvrant un œuf, d’y trouver un bec-figue, ni craindre de trancher une statuette imitée de Praxitèle et sculptée dans du foie gras. Le gypse qui scellait les amphores était diligemment doré. Des petites boîtes d’ivoire indien renfermaient des parfums ardents destinés aux convives. Les aiguières étaient percées de diverses façons et remplies d’eaux colorées qui surprenaient jaillissant. Toutes les verreries figuraient des monstruosités irisées. En saisissant certaines urnes, les anses se rompaient sous les doigts et les flancs s’épanouissaient pour laisser tomber des fleurs artificiellement peintes. Des oiseaux d’Afrique aux joues écarlates caquetaient dans des cages d’or. Derrière des grillages incrustés, aux riches parois des murailles, hurlaient beaucoup de singes d’Égypte, qui avaient des faces de chien. Dans des réceptacles précieux rampaient des bêtes minces qui avaient de souples écailles rutilantes et des yeux rayonnés d’azur.»

Marcel Schwob, «Pétrone, romancier», dans Vies imaginaires, Saint-Cyr sur Loire, publie.net, coll. «Classiques», 2011. Édition numérique. Édition originale : 1896.

Citation épistolaire de la veille de Noël

Robert Benchley, Pourquoi je déteste Noël, 2011, couverture

«On a retrouvé une carte, datée de 1938, qui disait :

En cette veille de Noël, je veux que tu sois conscient
Que si tu ne déposes pas 50 000 $ dans la boîte 111
avant le Nouvel An,
Je vendrai tes lettres, espèce d’escroc, au plus offrant

Robert Benchley, Pourquoi je déteste Noël, traduction de Frédéric Brument, Paris, Wombat, coll. «Les Insensés», 2011, 89 p., p. 26.

P.-S. — On a beau dire : les traditions se perdent.