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Le son du bon vieux temps

Cassette audio

Les Canadiens de Montréal — c’est du hockey — n’avaient plus de capitaine. La Presse+ du 15 septembre faisait le portrait des «favoris pour porter le “C”». Parmi ceux-ci, le défenseur P.K. Subban :

Un maître. Malgré son grand charisme et son humour, il est aussi capable de «sortir la cassette» quand vient le temps de discuter de dossiers chauds.

Autre exemple, emprunté au Métier critique (2014) de Catherine Voyer-Léger :

Malheureusement, il arrive trop souvent que ce type d’articles nous fasse lire ou entendre la même entrevue partout avec un artiste qui a fait du speed-dating avec des journalistes, n’ayant pas beaucoup d’autres choix que de répéter une cassette, d’autant plus que les questions semblent souvent formatées (p. 87-88).

Qu’est-ce que cette «cassette» que l’on «sort» ou que l’on «répète» ? Des déclarations préparées à l’avance, comme si elles étaient pré-enregistrées, et qui ne veulent rien dire. Le contraire d’une parole spontanée.

Pour combien de temps encore cette expression sera-t-elle compréhensible, la cassette étant désormais au musée ?

P.S.—Depuis la parution de l’article de la Presse+, on a appris que les Canadiens n’auront pas de capitaine attitré pour commencer la saison 2014-2015, mais plutôt quatre assistants-capitaines : quatre joueurs seront donc capitaines adjoints d’une équipe sans capitaine.

Illustration

«Tdkc60cassette». Sous licence Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 via Wikimedia Commons

Référence

Voyer-Léger, Catherine, Métier critique. Pour une vitalité de la critique culturelle, Québec, Septentrion, 2014, 209 p.

Citation métalinguistique du jour

«Mais putain de marde, y a pas plus Québécoise que moi, tu vois pas que là, juste là, se trouve l’enfant de chienne de fondement à mon problème ?? J’ai honte de ne pas parler 12 langues, seulement une et demie ! J’ai l’impression de ne jamais avoir de bâtard de vocabulaire quand j’ouvre la bouche pis pas une ostie d’idée quand j’ouvre mon cerveau ! Je ferme ma gueule quand je me trouve devant le moindre péquenot européen que je rencontre, convaincue qu’il sait plus de choses que moi et qu’il parle mieux que moi, même si en même temps je suis parfaitement convaincue du contraire ! […] J’ai honte de ne pas parler parfaitement anglais et j’ai honte de cette honte, parce que pourquoi je ne parlerais pas plutôt d’abord slovaque si le cœur m’en dit, est-ce du racisme inconscient à l’égard des Slovaques ou, tiens, pourquoi pas, le swahili ? Et pourquoi au Canada anglais ils ne parlent que l’anglais et n’ont ni honte, ni remords et trouvent ça normal ?»

P.S.—Le lecteur curieux pourra lire en parallèle cette déclaration d’un personnage du roman les Taches solaires de Jean-François Chassay (2006) et tel passage de la Folle de Warshaw de Danielle Phaneuf (2004).

Jean-François Chassay, les Taches solaires. Roman, Montréal, Boréal, 2006, 366 p., p. 288-289.

Tristesse de l’Oreille

L’ami @fbon, samedi dernier, est passé chez le poissonnier. L’Oreille tendue ne sait pas s’il en a rapporté du poisson, mais un tweet, ça, oui, elle en est sûre :

«de l’expression “il s’est rasé avec une biscotte” #poissonnier cadeau pour @benoitmelancon» (premier tweet).

Ne connaissant pas l’expression, l’Oreille a demandé une traduction.

Réponse :

«réponse sur ton profil !» (second tweet)

Dès lors, elle a craint le pire — et le pire s’est confirmé :

«L’expression se comprend aisément : mal rasé, avec des pousses de poils qui restent, mais aussi avec des rougeurs. Il y a en fait un transfert de métaphore : la peau des joues est comparée aussi à une biscotte rugueuse, la biscotte n’est pas simplement un mauvais rasoir» (le Petit Champignacien illustré, 29 juin 2006).

@fbon a donc à redire sur la barbe de l’Oreille. Cela l’attriste.

Se tenir devant

Le Québec était déjà un leader (entrées du 27 décembre 2009 et du 16 décembre 2011), un chef de file (27 décembre 2009), un champion, une figure de proue, une référence ou un modèle planétaire (5 avril 2012).

Sur ce front, il y a du neuf : «Québec, pôle d’expertise mondial du modèle coopératif» (le Devoir, 6 mai 2014, p. B1).

On n’en espérait pas moins.