Pourquoi parler ?

Publicité pour Minitel, quotidien Libération, date inconnue

L’Oreille tendue ne l’a jamais caché : sa façon de répondre au téléphone peut laisser perplexes quelques-uns de ses interlocuteurs. Mais elle répond au téléphone. Cela la désigne comme une personne d’un autre âge.

La preuve ? Cette citation, tirée du roman Un parc pour les vivants de Sébastien La Rocque (2017) : «Son cellulaire vibre dans la poche de son pyjama. Qui peut bien lui écrire à cette heure ?» (p. 14)

Un téléphone, c’est fait pour écrire, pas pour parler.

Référence

La Rocque, Sébastien, Un parc pour les vivants, Montréal, Le Cheval d’août, 2017, 167 p.

Méfions-nous d’eux

L’Oreille tendue l’a dit à plusieurs reprises : elle a à l’œil le mot décomplexé (voir ici ou ).

Jusqu’à présent, sa besace s’emplissait d’occurrences où décomplexé est adjectif. Il faudra dorénavant chasser aussi le substantif. Pourquoi ?

À cause de phrases comme celle-ci, tirée du récent ouvrage les Luttes fécondes de Catherine Dorion :

Nous avons dans la vie de tous les jours la tête pleine de devoirs et de culpabilité, et cela agit sur nous comme une maladie auto-immune : tandis que nous nous rongeons de l’intérieur, nous demeurons hagards et affaiblis face à la poignée de décomplexés qui saccagent la planète et les cultures humaines (p. 58).

Tendons l’oreille, et la bonne.

Référence

Dorion, Catherine, les Luttes fécondes. Libérer le désir en amour et en politique, Montréal, Atelier 10, coll. «Documents», 11, 2017, 108 p. Ill.