Archives pour la catégorie Radio

Autopromotion (en retard) 161

En 2009, l’Oreille tendue a participé à la série radiophonique l’Époque des héros de la Société Radio-Canada. Elle était interviewée par Jacques Bouchard dans le premier («La Renaissance») et le troisième épisode («La dynastie Selke»), dans les deux cas sur Maurice Richard — c’est du hockey.

Cette série est en cours de rediffusion : on a pu réentendre le premier épisode le 10 janvier; le troisième, le 24. Ils sont disponibles en ligne.

(Double) Autopromotion 160

Cet après-midi, à 14 h, l’Oreille tendue présentera une conférence intitulée «Quelques idées reçues sur la langue (au Québec)» à la bibliothèque de Cartiervielle. Renseignements ici.

Ce soir, à 19 h, elle sera au micro de Serge Bouchard et de Jean-Philippe Pleau à l’émission C’est fou de la radio de Radio-Canada. Elle causera décaleurs, communauté, indépendance, conversation, jaser, parler de, ego.com, décéder — et de quelques autres mots du jour. Thème de l’émission ? La société. Rien de moins.

 

[Complément du 8 février 2015]

On peut réentendre l’entrevue ici.

Accouplements 11

Portrait de Gratien Gélinas par Henri Paul (1938)

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux textes d’horizons éloignés.)

En 1991, Bernard Pozier fait paraître le recueil de poèmes Les poètes chanteront ce but. Le titre est une citation du journaliste radiophonique Michel Normandin. Il aurait dit cette phrase au moment où Maurice Richard — c’est du hockey — marquait un but contre Harry Lumley, des Red Wings de Detroit, le gros (90 kilos) défenseur Earl Seibert accroché après lui. Selon toute vraisemblance, c’était le 3 février 1945, en troisième période, dans une victoire des Canadiens par la marque de 5 à 2, au Forum de Montréal.

Le lendemain soir, Gratien Gélinas inaugure sa revue intitulée Fridolinons 45. Dans un de ses sketchs, «Le bal des facteurs», un personnage invite une jeune femme, Bertha, à un match des Canadiens. On entend la réponse de celle-ci au téléphone.

«Allô !… Elle-même… Tiens ! comment ça va, Tit-Georges ? Pas mal… Pis toi ?… Dépêche-toi, je suis pressée… Ah ! non, c’est ben de valeur puis t’es ben aimable, mais pas de hockey au Forum pour moi à soir ! Maurice Richard, my eye !… C’est moi qui “score” tantôt : je vas au Bal des Facteurs, si tu veux le savoir. Pis, aie ! je me suis mis sur mon trente-six : tu devrais me voir à soir, je te dis que tu m’aimerais !… Ça serait pas difficile ?… Farceur, va ! En tout cas, sans rancune, Tit-Georges…» (édition de 1980, p. 82)

Et si l’invitation datait de la veille ? Berthe aurait raté un des buts les plus légendaires de celui que l’on surnomme «Le Rocket».

Tout cela se passait en deux jours, il y a pile-poil 70 ans.

P.S.—Oui, bien sûr, il y a une connotation sexuelle à la déclaration de Berthe (l’Oreille tendue en glisse un mot ici).

P.P.S.—Reproduite en tête de ce billet, la photo de Gratien Gélinas par Henri Paul date de 1938. Elle est disponible sur Wikimedia Commons.

Références

Gélinas, Gratien, les Fridolinades 1945 et 1946, Montréal, Quinze, 1980, 265 p. Ill. Présentation par Laurent Mailhot. Réédition : les Fridolinades, Montréal, Typo, 2014. Anthologie préparée par Anne-Marie Sicotte.

Pozier, Bernard, Les poètes chanteront ce but, Trois-Rivières, Écrits des Forges, coll. «Radar», 60, 1991, 84 p. Ill.

Tuer deux fois Place de la toile ?

Pendant des années, France Culture a diffusé une passionnante émission de radio sur le numérique, Place de la toile. (Merci à toi l’inventeur du podcast, ô bienfaiteur de l’humanité !)

À la fin de la saison 2013-2014, l’émission a cessé d’exister. Pleurs et grincements de dents.

Puis, discrètement, une chronique Place de la toile est apparue, à l’automne 2014, dans le cadre de l’émission le Rendez-vous, encore à France Culture. Xavier de La Porte était toujours au micro — pour quatre ou cinq minutes, plutôt que pour les 50 de l’ancienne version de l’émission. Réjouissances, malgré la brièveté et les interventions sans intérêt de l’animateur du Rendez-vous.

Depuis deux semaines, toutefois, au lieu de faire entendre Xavier de La Porte, l’émission donne la parole à un certain Thomas Clerc, qui ne parle pas du tout de numérique. (Il est peut-être des gens que ses interventions intéressent.) Nouveaux pleurs et grincements de dents.

Ironiquement (?), cela se passe au moment où un séminaire de l’École des hautes études en sciences sociales (ÉHÉSS) était consacré, le 19 janvier, à «8 ans de “Place de la toile”» (voir le storify ici).

Place de la toile vient-elle de mourir de nouveau ?

 

[Complément du 24 janvier 2015]

Sur Twitter, @franceculture explique que Xavier de La Porte intervient dorénavant, toujours à l’enseigne de Place de la toile, le vendredi matin (on peut entendre sa chronique du 23 janvier à l’émission de Laurent Goumarre ici). Nouvelles réjouissances.

En revanche, les abonnés du podcast Place de la toile sur iTunes et les visiteurs du site de l’émission n’ont pas accès à cette chronique, mais à celle de Thomas Clerc. Pleurs et grincements de dents, encore.