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Ne pas sacrer dans le poste

En 1968, à Montréal, le Théâtre de Quat’sous, que dirigeait Paul Buissonneau, présente l’Osstidcho. Il rassemble Robert Charlebois, Yvon Deschamps, Louise Forestier, Mouffe.

Pour parler de ce spectacle, les annonceurs de Radio-Canada sont bien embêtés. À cette époque-là, les jurons (osti) ne sont pas acceptables en ondes. Solution ? Dire de show ou un show, sans son osti («une expression bien de chez nous que je n’ose vous répéter ici à une heure d’écoute familiale»).

On peut entendre ces formules pudiques dans la série radiophonique consacrée à Robert Charlebois par Francis Legault et diffusée actuellement par la radio de Radio-Canada (quatrième épisode, «Chanter en joual l’affirmation d’une collectivité», 20e minute).

Autopromotion 185

Génocide industriel, Montréal, 28 décembre 2014

Ce soir, à 19 h, l’Oreille tendue sera au micro de Serge Bouchard et de Jean-Philippe Pleau à l’émission C’est fou… de la radio de Radio-Canada. Elle causera des expressions parler dans le vide et vider les mots de leur sens — et de brocoli. Thème de l’émission ? Le vide. Que ça !

 

[Complément du 21 juin 2015]

On peut réentendre l’entretien ici.

On ne dit plus…

…«Maman, j’ai corrigé tout seul ma dictée»; on dit «Papa, j’ai fait une dictée métacognitive».

…«Se faire refuser de partout»; on dit «Lancer un projet de crowdfunding» (@s20b).

…«Hélicoptère téléguidé»; on dit «drone» (@machinaecrire).

…«J’ai oublié»; on dit «C’était dans mon angle mort».

…«Tu es puni»; on dit «Tu vas avoir une conséquence».

…«Parler»; on dit «S’asseoir».

…«Je voudrais voir un commis»; on dit «Je voudrais m’asseoir avec un associé».

…«J’suis pris dans une réunion»; on dit «Je participe à une solution accélérée».

…«J’ai une collection de bouchons de bouteilles de bière Dow»; on dit «Je fais de la curation brassicole».

P.S.—On peut entendre toute une série de «On ne dit plus…» dans une assez mauvaise livraison de l’émission de radio «Sur les docks» intitulée «Se désintoxiquer de la langue de bois» (France Culture, 7 mai 2014).

Divergences transatlantiques 038

Sieste. Vie hôtelière. Dans le reste du monde, synonyme de repos. Au Québec, synonyme de fornication, peut-être même d’adultère. Tarif sieste au Môtel Chez Robert et Céline.

P.S.—L’Oreille tendue était à la radio hier, où elle parlait d’un bar à sieste. On ne confondra pas cette entreprise parisienne avec l’infrastructure adultérine dont il est question ci-dessus.

P.P.S.—La définition de la sieste québécoise est tirée du Dictionnaire québécois instantané (2004, p. 205).

Référence

Melançon, Benoît, en collaboration avec Pierre Popovic, Dictionnaire québécois instantané, Montréal, Fides, 2004 (deuxième édition, revue, corrigée et full upgradée), 234 p. Illustrations de Philippe Beha.

Autopromotion 181

Il y a deux ans, au micro de Catherine Perrin, l’Oreille tendue participait à une émission sur les mots à bannir de la langue commune.

Rebelote cet après-midi, mais avec de nouveaux mots, dès 13 h, chez Marie-Louise Arsenault, à Plus on est de fous, plus on lit !, de la radio de Radio-Canada, en compagnie de François Cardinal et Catherine Dorion.

 

[Complément]

On peut réentendre la discussion ici.

Les choix de l’Oreille tendue ? Classe moyenne, tsunami et bar.

Elle a recommandé, comme il se doit, les deux sites suivants :

Des tsunamis et des journalistes;

Vivez la vie urbaine.

Ce n’est pas la première fois que Plus on est de fous, plus on lit ! se livre à pareil exercice : voir l’émission du 7 janvier 2015.

L’équipe de Marie-Louise Arsenault a notamment été inspirée par un article du magazine Time, «Which Word Should Be Banned in 2015 ?», signé par Katy Steinmetz le 12 novembre 2014.