Autopromotion 344

Article «Molière», Wikipédia

L’Oreille tendue utilise Wikipédia. Elle y collabore. Elle en traite en classe. Elle s’en sert pour ce blogue. Elle donne des conférences sur le sujet, souvent sous le titre «Diderot : de l’Encyclopédie à Wikipédia», et des entrevues, par exemple celle-ci. Elle a publié des articles là-dessus :

Melançon, Benoît, «Journal d’un (modeste) Wikipédien», dans Rainier Grutman et Christian Milat (édit.), Lecture, rêve, hypertexte. Liber amicorum Christian Vandendorpe, Ottawa, Éditions David, coll. «Voix savantes», 32, 2009, p. 225-239. URL : <https://hdl.handle.net/1866/11380>.

Melançon, Benoît, «Confessions d’un optimiste (numérique)», dans Transmettre la culture. Enjeux et contenus de l’enseignement secondaire au Québec. À la recherche d’un socle. Synthèse et Actes du colloque d’octobre 2012, Montréal, Académie des lettres du Québec, [2014], p. 54-70. Suivi d’une «Discussion de cet exposé», p. 71-80. URL : <http://hdl.handle.net/1866/13165>.

Elle a eu l’occasion d’en parler à la radio, notamment le 18 mars 2012.

Rebelote cet après-midi, à l’émission Plus on est de fous, plus on lit !, au micro de Marie-Louise Arsenault, à la radio de Radio-Canada, entre 14 h et 15 h.

 

[Complément]

On peut (ré)entendre l’entretien ici.

Les langues du hockey

Olivier Niquet, Dans mon livre à moi, 2017, couverture

«Lorsqu’il est question de tout ce qui se passe sur une patinoire,
la syntaxe mange souvent une claque.»

L’Oreille tendue et Olivier Niquet aiment entendre parler de hockey. La première a consacré un livre aux mots du hockey, Langue de puck (2014). Le second a rassemblé, sous le titre Dans mon livre à moi, 436 citations, de 122 commentateurs, citations véridiques toutes plus boiteuses les unes que les autres. Elles sont datées (de 2004 à 2017), regroupées thématiquement et indexées. Parmi les «commentateurs», il y a beaucoup de joueurnalistes, mais on entend aussi des joueurs, des entraîneurs et des administrateurs; quelques-uns ont droit à leur carte, avec photo, présentation et statistiques. Le hockey domine, mais d’autres sports sont convoqués à l’occasion. Des quiz permettent au lecteur de vérifier ses connaissances.

Chacun choisira sa citation favorite. Voici quelques-unes de celles que chérit l’Oreille : «Il en a vu des roses et des pas mûres» (Benoît Brunet, p. 35); «On ne peut pas jouer à la chaise roulante continuellement» (Michel Bergeron, p. 41); «Pis je trouve que Shaw, c’t’un gars qui a beaucoup plus de chien» (Vincent Damphousse, p. 61); «Les partisans du Canadien, ils veulent le beurre et le pain du beurre» (Michel Villeneuve, p. 174); «Quand t’as un jeune défenseur là, ta lèche est courte» (Marc Bergevin, p. 196); «Les drapeaux viennent d’érecter d’eux-mêmes» (Jean-Charles Lajoie, p. 214); «La rondelle est restée coincée dans les airs» (Pierre Houde, p. 255).

Toute la section «Le sixième sens des experts sportifs» (p. 144-155) est une merveille. Un exemple ? «Je pense qu’il faut le voir du bon pied» (Guillaume Latendresse, p. 152).

Morale de cette histoire ? «Souvent on parle pour absolument rien, mais ça fait partie du sujet» (Rodger Brulotte, p. 11).

Des heures de plaisir.

P.-S.—Les amateurs de l’émission de radio La soirée est encore jeune, à laquelle participe Olivier Niquet, apprécieront un des choix de réponse proposé à la p. 266 : «C’était un Mongol de Québec.»

P.-P.-S.—La section finale, «Un peu d’inspiration» (p. 268-273), rassemble des citations édifiantes. Que vient-elle faire là ?

P.-P.-P.-S.—Gabriel Grégoire n’a pas été «défenseur» pour les Alouettes de Montréal — c’est du football —, mais joueur de ligne défensive (p. 183).

P.-P.-P.-P.-S.—Si les réviseurs de l’ouvrage ne connaissent pas une meilleure saison en 2018, ils risquent de se retrouver dans les mineures : ils ont laissé plusieurs fois «parlé» au lieu de «parler» (p. 4-6); ils n’ont pas relevé des constructions fautives (deux à la p. 9, une à la p. 176); ils ne semblent pas toujours savoir quand utiliser l’italique (p. 5, p. 185, p. 186); des coquilles leur ont échappé (p. 17, p. 111, p. 129, p. 183, p. 193, p. 195, p. 216, p. 219, p. 221, p. 223, p. 226, p. 263, p. 267, p. 270, p. 271, p. 272, p. 277, p. 279, p. 281). Peut-être n’ont-ils pas donné leur 110 %.

Références

Melançon, Benoît, Langue de puck. Abécédaire du hockey, Montréal, Del Busso éditeur, 2014, 128 p. Préface de Jean Dion. Illustrations de Julien Del Busso.

Niquet, Olivier, Dans mon livre à moi, Montréal, Duchesne et du Rêve, 2017, 295 p. Ill. Mot de l’éditeur (Patrice Duchesne). Préface de Jean-René Dufort.

Langue de puck. Abécédaire du hockey (Del Busso éditeur, 2014), couverture

 

 

Éphéméride vilarienne

Jean-François Vilar, Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués, 1993, couvertureVous le savez : l’Oreille tendue est une lectrice de l’œuvre de Jean-François Vilar.

Elle se réjouit donc que France Culture ait décidé d’adapter pour la radio, en trois livraisons, le roman Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués (1993).

La première livraison, dans le cadre de Fictions / Samedi noir, a été diffusée le 6 janvier 2018. On y entend le personnage de Victor Blainville lire le journal intime d’Alfred Katz que lui a mystérieusement remis Abigail Stern, la maîtresse d’Alex Katz, le fils d’Alfred. Qu’y trouve-t-on en date du 12 janvier (1938) ?

Café de la Boule d’or, place Saint-Michel, 16 h 15.
Je n’ai pas dormi de la nuit. À l’atelier, j’ai eu l’impression que la matinée n’en finirait pas. J’espère qu’on ne regardera pas mon travail de trop près. À la sortie, un copain m’attendait. Il m’a remis un paquet de tracts à diffuser pour ce soir — encore et toujours l’Espagne ! J’ai juste eu le temps de passer chez moi pour le déposer et me changer.
C’est ensuite, en marchant le Quartier latin, que l’impatience a fait place à l’affolement. Qu’est-ce qui m’a donc pris ? Comment ai-je pu être assez idiot pour croire que mes petits poèmes pourraient intéresser André Breton ? Maintenant je suis piégé. Dans moins de trois quarts d’heure, ce sera le verdict. Tant pis pour moi, je n’aurai pas volé la leçon (p. 106).

La suite demain soir.

Référence

Vilar, Jean-François, Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués, Paris, Seuil, coll. «Fiction & Cie», 1993, 475 p.

 

Désolé, cher Olivier Niquet

Olivier Niquet, le Bêtisier 2017Olivier Niquet vient de mettre en ligne, sur le site de Radio-Canada, son Bêtisier 2017 : c’est un pur délice.

L’Oreille tendue est toutefois tenue, professionnellement, de chipoter sur un passage de l’émission. À la deuxième minute, on entend ceci :

[Olivier Niquet] Je suis prêt à vous montrer que tout va pour le mieux dans le meilleur des ondes. Introspection. [Voix féminine] Ce segment sur la candeur est une présentation de Voltaire, qui disait : «Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose. Il faut mentir comme le diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours.»

Voilà donc deux allusions à Voltaire.

L’initiale, dite par Olivier Niquet, fusionne plusieurs citations de Candide, par exemple celles-ci : «Pangloss enseignait la métaphysico-théologo-cosmolonigologie. Il prouvait admirablement qu’il n’y a point d’effet sans cause, et que, dans ce meilleur des mondes possibles, le château de monseigneur le baron était le plus beau des châteaux, et madame la meilleure des baronnes possibles» (chapitre premier); «Il n’y a point d’effet sans cause, répondit modestement Candide, tout est enchaîné nécessairement et arrangé pour le mieux» (chapitre troisième). Bref, «tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles» ne se trouve pas sous cette forme dans ce conte philosophique de Voltaire — mais Niquet ne dit pas explicitement qu’il le cite.

Ça va plus mal pour la citation sur le mensonge, dite par la voix féminine, une de ces «citations pompeuses de Voltaire pour se donner un air cultivé» (18e minute) : il n’a pas écrit cette phrase. On trouve plutôt ceci, dans une lettre à Thiriot du 21 octobre 1736 : «Le mensonge n’est un vice que quand il fait du mal; c’est une très-grande vertu quand il fait du bien. Soyez donc plus vertueux que jamais. Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours. […] Mentez, mes amis, mentez; je vous le rendrai dans l’occasion» (source).

En matière de citations apocryphes, on ne prête qu’aux riches (pour Voltaire, les exemples sont nombreux : voyez ici et ).

Autopromotion 334

Un segment de l’émission Plus on est de fous, plus on lit !, qu’anime Marie-Louise Arsenault à la radio de Radio-Canada, est consacré à la définition de mots beaucoup présents dans l’espace public.

L’Oreille tendue a déjà eu l’occasion d’y réfléchir à débat, à expert, à authenticité, à porte-parole et à transparence.

Cet après-midi, entre 14 h et 15 h, elle abordera le mot mononcle.

Elle se servira notamment de quelques textes publiés ici, le 15 mai 2011, le 6 octobre 2015 et le 20 octobre 2017.

 

[Complément]

On peut (ré)entendre l’entretien ici.