L’oreille tendue de… Simenon

Georges Simenon, l’Ami d’enfance de Maigret, couverture

«Tu te tais, oui ?… Comme d’habitude, tu as filé vers la chambre à coucher, ne sachant pas qui c’était… Tu tendais l’oreille, car vous n’attendiez personne, Josée et toi…»

Georges Simenon, l’Ami d’enfance de Maigret (1968), dans Tout Maigret. 9, préfaces de Jean-Luc Bannalec, notes de Michel Carly, Paris, Omnibus, 2019, p. 165-318, p. 308.

Autopromotion 478

Catalogue des ouvrages du sr. de Fer jusqu’en l’Année 1705, frontispice anonyme

La 407e livraison de XVIIIe siècle, la bibliographie de l’Oreille tendue, est servie.

La bibliographie existe depuis le 16 mai 1992. Elle compte 47 316 titres.

Illustration : Catalogue des ouvrages du sr. de Fer jusqu’en l’Année 1705, frontispice anonyme, Rijksmuseum, Amsterdam

Interrogation simenonienne du jour

Simenon, Tout Maigret, volume 9, 2019, couverture

La question est simple : comment prononce-t-on les interrogations suivantes, tirées de deux romans de la série des Maigret de Georges Simenon ?

«Elle ne vous parle jamais de ses amies, de ses amis ?» (Maigret hésite, p. 54)

«Questionnez nos amis, nos amies… […] Est-ce lui qui choisit les amis et les amies dont vous parlez ?» (Maigret hésite, p. 151)

«Des amis ? Des amies ?» (la Folle de Maigret, p. 637)

Merci à l’avance.

P.-S.—Dans le neuvième volume de l’édition récente des Maigret, il y a (au moins) une autre occurrence de la paire ami / amie. L’Oreille tendue ne la retrouve pas. Elle s’en mord les lobes jusqu’au sang.

 

Références

Simenon, Georges, Maigret hésite (1968), dans Tout Maigret. 9, préfaces de Jean-Luc Bannalec, notes de Michel Carly, Paris, Omnibus, 2019, p. 11-164.

Simenon, Georges, la Folle de Maigret (1970), dans Tout Maigret. 9, préfaces de Jean-Luc Bannalec, notes de Michel Carly, Paris, Omnibus, 2019, p. 629-774.

Classiques ou médiatiques ?

Sophie Divry, la Cote 400, 2010, couverture

L’Oreille tendue s’apprête, dès mercredi, à donner un nouveau cours (pour elle). Il y sera notamment question des classiques, d’où cette citation de la Cote 400 de Sophie Divry (2010) :

Il n’y a que deux côtés à une barricade. Moi j’ai choisi mon camp, camarade. Je soutiens le lecteur esseulé, déprimé, misérable face au prestige écrasant de l’Armée des Livres. Vous ne l’avez pas vu parce que je suis discrète, mais je suis avec vous, je l’ai toujours été. Du côté des piétons, des boulistes et des habitués. Avec vous, mes cotes 900 et 910. Certaines ont fait le choix inverse, là-haut, les duchesses, en cote 200, en cote 800. Ce sont mes ennemies de classe. Méfie-toi, ma fille, méfie-toi ! Je les vois, ces bibliothécaires de police, comment elles parlent aux lecteurs. Elles les assomment avec leur «Il faut lire !» Elles décident de ce qui est «bien écrit» et de ce qui ne l’est pas, des vraies statues du Commandeur des Lettres françaises. Elles clament que tout le monde doit accéder à la Littérature, mais elles érigent un bloc, un monument écrasant — les Classiques — auquel il faut concéder des sacrifices, de la chair fraîche, du sang. Avec elles, on n’est jamais en règle, jamais. De vrais flics de la bonne conscience culturelle. Quand vous entrez, mal assuré, vous avez peur d’être interpellé : «Hep, vous ! Oui, vous. Vos classiques, s’il vous plaît. Montrez-moi ça. Hum, il y a du retard, beaucoup de retard. De grosses lacunes. Cela fait combien de temps que vous n’avez pas ouvert Balzac ? Mmmh. Et vous faites quoi dans la vie ? Vous travaillez beaucoup ? Alors, vous n’avez pas d’excuses. Moi, à votre place, j’aurais honte. C’est quoi ce livre dans votre sac ? Montrez, montrez-moi… Ah oui, intéressant. Divertissant. Facile. Médiatique. Mal écrit. Nul ! Et vous comptez rester longtemps dans cet état culturel ? Il faut vous reprendre en main. Je vous prescris une pléiade d’auteurs classiques du XVIIIe siècle pendant dix mois. Ah, il faut ce qu’il faut. Vous reviendrez me voir ensuite. Non, laissez ce livre ici, s’il vous plaît. Et que je ne vous y reprenne plus. Allez, circulez…» Quelle brutalité. Moi, jamais je ne me permettrais ça (p. 56-57).

P.-S.—L’Oreille tendue a présenté ce texte le 27 décembre 2010.

 

Référence

Divry, Sophie, la Cote 400, Montréal, Les Allusifs, 2010, 64 p.

Le zeugme du dimanche matin et d’Éric Forbes

Éric Forbes, Amqui, 2017, couverture

«Un petit barrage hydroélectrique s’était autrefois érigé sur la rivière Matapédia, tout près de l’endroit où les deux hommes se tenaient maintenant. Il n’en restait plus aujourd’hui que des ruines de ciment et de pierres, ainsi que quelques traîtres remous ayant englouti, au fil des ans, son lot de jeunes gens téméraires. Chénier y avait souvent péché avec son ami Joël, sans rien attraper d’autre que de minuscules anguilles et de vilains rhumes automnaux.»

Éric Forbes, Amqui, Montréal, Héliotrope, coll. «Noir», 2017, 289 p., p. 237. Édition numérique.