Le détail

Les premiers matchs des séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey ont lieu aujourd’hui. On les désigne de diverses façons : les séries, la vraie saison, les éliminatoires, les playoffs, les finales. Jadis, on disait le détail.

À la même époque l’an dernier, l’Oreille tendue commençait à publier les entrées de son «Dictionnaire des séries». Il y en eut 57, du 30 avril au 25 juin.

Depuis, elle en a tiré un livre, Langue de puck. Abécédaire du hockey (2014).

Les barbes des séries sont donc de nouveau à l’honneur.

Langue de puck. Abécédaire du hockey (Del Busso éditeur, 2014)

Mémoire d’un héros

Carte de Jackie Robinson dans l’uniforme des Dodgers

Depuis 2004, le 15 avril est le «Jackie Robinson Day» aux États-Unis. C’est en effet ce jour-là, en 1947, qu’il est devenu le premier joueur noir de l’histoire du baseball dit «moderne».

L’Oreille tendue est une fan de Robinson.

Pour mémoire, voici deux textes qu’elle lui a consacrés : «Baseball et numérique» (sur le livre Fortitude de Lyle Spencer), «42» (sur le film de Brian Helgeland qui porte ce titre).

Brûler de tous ses feux

Soit le titre suivant : «Patrice Michaud a le feu» (la Presse, 12 avril 2014, cahier Arts, p. 10).

Quel est ce «feu» qu’aurait eu l’auteur-compositeur Patrice Michaud lors de son plus récent spectacle montréalais ?

Ce pourrait être le feu sacré ou le feu que certains arrivent à péter (qui pète le feu déborde d’énergie; de la même façon, on peut être en feu). C’est aussi une allusion au titre du deuxième album de Michaud, le Feu de chaque jour.

Pour un Québécois, avoir le feu signifie aussi être fâché. On espère que Patrice Michaud ne l’était pas (trop).

 

[Complément]

Sur Twitter, @revi_redac écrit ceci : «“Avoir le feu” = être fâché ? Formulation euphémistique. Chez moi, c’était “Avoir le feu au cul”.» Euphémisme ou ellipse ? Ça se discute.

Bibliothèque linguistique du lundi matin

L’Oreille tendue aime lire des livres sur la langue. Voici des suggestions de sa part. (Et les vôtres ?)

Balibar, Renée, Histoire de la littérature française, Paris, Presses universitaires de France, coll. «Que sais-je ?», 2601, 1993 (deuxième édition corrigée), 127 p.

Du colinguisme : les langues — et les littératures — ne vivent jamais seules.

Belleau, André, Surprendre les voix, Montréal, Boréal, coll. «Papiers collés», 1986, 237 p. «Avertissement» de François Ricard et Fernand Ouellette.

Notamment pour le texte «Pour un unilinguisme antinationaliste» (p. 115-123), peut-être le plus grand texte jamais écrit sur la langue au Québec.

Bouchard, Chantal, la Langue et le nombril. Une histoire sociolinguistique du Québec, Montréal, Fides, coll. «Nouvelles études québécoises», 2002 (nouvelle édition mise à jour), 289 p.; Méchante langue. La légitimité linguistique du français parlé au Québec, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Nouvelles études québécoises», 2012, 171 p.

Le sport national des Québécois n’est pas le hockey, mais la langue.

Brunet, Sylvie, les Mots de la fin du siècle, Paris, Belin, coll. «Le français retrouvé», 1996, 254 p.

Parmi les passages à savourer, celui sur Patrick Bruel et le tutoiement.

Klemperer, Victor, LTI, la langue du IIIe Reich. Carnets d’un philologue, traduit de l’allemand et annoté par Élisabeth Guillot, présenté par Sonia Combe et Alain Brossat, Paris, Albin Michel, coll. «Agora», 202, 1996, 372 p.

Livre mal foutu — mais terrible et indispensable.

Klinkenberg, Jean-Marie, la Langue et le citoyen. Pour une autre politique de la langue française, Paris, Presses universitaires de France, coll. «La politique éclatée», 2001, 196 p.

Il n’y a pas que le lutétiotropisme dans la vie.

Laroche, Hervé, Dictionnaire des clichés littéraires, Paris, Arléa, coll. «Arléa-poche», 80, 2003 (2001), 188 p.

Voilà quelqu’un qui n’a pas l’oreille dans sa poche.

Pellerin, Gilles, Récits d’une passion. Florilège du français au Québec, Québec, L’instant même, 1997, 157 p. Ill.

Pour un retour aux textes (et aux images).

Predazzi, Francesca et Vanna Vannuccini, Petit voyage dans l’âme allemande, Paris, Grasset, 2007 (2004), 239 p. Traduction de Nathalie Bauer.

Porte d’entrée : les mots.

Rittaud-Hutinet, Chantal, Parlez-vous français ? Idées reçues sur la langue française, Paris, Le cavalier bleu éditions, coll. «Idées reçues», 2011, 154 p. Ill.

À lire avec Yaguello 1988.

Villers, Marie-Éva de, le Vif Désir de durer. Illustration de la norme réelle du français québécois, Montréal, Québec Amérique, 2005, 347 p. Ill.

La langue québécoise existe ? Non.

Wallace, David Foster, Consider the Lobster and Other Essays, New York, Little, Brown and Company, 2005. Ill. Édition numérique (iBooks).

Pour, entre autres choses, le texte «Authority and American Usage».

Winchester, Simon, The Professor and the Madman. A Tale of Murder, Insanity, and the Making of the Oxford English Dictionary, New York, HarperPerennial, 1999 (1998) xiii/242 p.

Assassin, et fou, mais lexicographe.

Yaguello, Marina, Catalogue des idées reçues sur la langue, Paris, Points, série «Point-virgule», V61, 1988, 157 p. Ill.

À lire avec Rittaud-Hutinet 2011.