Portrait en jouisseur

Marie d’Agoult, Premières années (1806-1827), éd. de 2009, couverture

«Chasseur paresseux, indolent joueur de whist, dormeur inéveillable, amateur de longs repas et de plaisirs commodes, volontiers loin de sa femme dont l’esprit vif et piquant fatiguait son flegme, [le prince Louis de La Trémoïlle] était attiré chez nous par les petits bois giboyeux, par la partie de whist établie en permanence au salon dans les jours de pluie, par les talents d’Adelheid [la cuisinière viennoise], et peut-être aussi par le mien qu’il mettait à contribution chaque soir après dîner en me demandant de lui jouer sur le piano ce qu’il appelait un joli petit air qui l’empêchait de s’endormir avant l’heure d’aller se coucher.»

Marie d’Agoult, Premières années (1806-1827), édition établie et présentée par Martine Reid, Paris, Gallimard, coll. «Folio 2 €», série «Femmes de lettres», 4875, 2009, 140 p., p. 57.

Mise en délibéré

Dans le Devoir des 8-9 février 2020 :

«D’ailleurs, au risque de dire quelque chose qui semblera peut-être incongru, ce film, c’est aussi une lettre d’amour à Montréal» (le D magazine, p. 5).

«Cette série est une lettre d’amour au pouvoir de la télévision» (le D magazine, p. 37).

Déjà en 2015 :

«une vibrante lettre d’amour au cinéma» (24 décembre 2015, p. E4).

Dans la Presse+ :

«Leur auteur les décrit comme une “lettre d’amour à Montréal”, mais c’est surtout l’œuvre d’un érudit qui nous livre une très belle réflexion philosophique» (6 novembre 2019).

«Cet album est une lettre d’amour à l’amour, dans tout ce qu’il a de plus irritant, passionné, excitant, ravissant, horrible, tragique, magnifique, glorieux» (26 août 2019).

«Lettre d’amour à» : moratoire ou pas ? L’Oreille tendue se tâte.

Le zeugme du dimanche matin et de Victoria Mas

Victoria Mas, le Bal des folles, 2019, couverture

«Elle qui a grandi dans des lieux feutrés où la seule familiarité parfois autorisée était un éclat de rire, à l’abri de la misère et de tout un Paris qu’elle ne lisait que dans les journaux ou chez Zola, elle se retrouve désormais à côtoyer l’autre versant de la capitale — celui du nord, du maquis de Montmartre aux pentes de Belleville, là où la crasse, l’argot et les rats courent les caniveaux.»

Victoria Mas, le Bal des folles, Paris, Albin Michel, 2019, 256 p. Édition numérique.

L’oreille tendue de… Tahar Ben Jelloun

Tahar Ben Jelloun, l’Insomnie, 2019, couverture

«L’hypnotiseur, la quarantaine, bien enveloppé, type maghrébin, calme et assez satisfait de lui, m’a parlé d’une prairie où je serais en paix… Il m’a parlé à voix basse comme si nous échangions des confidences. J’ai dû tendre l’oreille, je faisais des efforts. J’étais confortablement installé dans un fauteuil relaxant. J’ai eu tout de suite envie d’acheter le même, je l’installerais au milieu de mon salon et là je m’endormirais.»

Tahar Ben Jelloun, l’Insomnie, Paris, Gallimard, 2019, 272 p. Édition numérique.