Collection inutile du lundi matin

Dix artistes portant le maillot des Canadiens de Montréal, collage

Vous êtes dans le domaine de la musique et vous voulez montrer que vous êtes proche de votre public montréalo-québéco-canadien ? Rien de plus simple : portez, sur scène, un maillot des Canadiens de Montréal — c’est du hockey. (Vous obtiendrez un point bonus si vous portez le numéro 9 de Maurice «Rocket» Richard.)

C’est ce qu’ont pensé Robert Charlebois, Céline Dion, France Gall, Billy Joel, Koriass, Éric Lapointe, Kent Nagano, Shania Twain, Wyclef Jean et Gilles Vigneault. La liste n’est évidemment pas close.

P.-S. — L’Oreille tendue a pas mal écrit sur les liens de la chanson et du hockey. Voyez, par exemple, ici.

Le zeugme du dimanche matin et des Petites affiches

«Une jeune veuve ayant reçu une bonne éducation désire se placer chez une personne honnête, pour veiller aux intérêts d’une maison et en faire les honneurs; elle possède la musique ainsi qu’une belle voix.»

Petites affiches, 193, 13 messidor an VIII (2 juillet 1800), p. 3207, citées dans Martine Sonnet, «Quelques échos des pratiques musicales dans l’éducation des filles au XVIIIe siècle», dans Catherine Deutsch et Caroline Giron-Panel (édit.), Pratiques musicales féminines. Discours, normes, représentations, Lyon, Symétrie, coll. «Symétrie recherche», série «Histoire du concert», 2016, p. 35-55, p. 45.

Mise au point amicale

Bandeau du site fantomesduforum.net

L’Oreille tendue aime le journaliste sportif Jean Dion. La réciproque est-elle vraie ? On peut le penser : Dion a en effet préfacé un des livres de l’Oreille. (Merci encore.)

Mais l’amour ne doit pas rendre aveugle. Prenons un passage de son article du jour dans le quotidien montréalais le Devoir, «Durs temps pour les vieux» (p. C9) :

Oui, cela relevait déjà de l’insulte, mais en plus, [Aleksandr] Ovechkin s’est permis de venir enfiler ce 544e [but] à Montréal. Parfaitement : sous la bannière du numéro 9 [Maurice Richard] suspendue à la voûte du Centre Bell Téléphone. Où Canadien [les Canadiens de Montréal — c’est du hockey] faut-il le rappeler en italiques, n’a jamais remporté un traître championnat ni même un titre loyal. Il est abondamment clair, chers amis, qu’un tel affront ne se serait jamais produit au Forum. Les fantômes, qui ont refusé de déménager, se seraient chargés de voir à ce qu’Ovechkin s’enfarge dans la ligne bleue et soit envoyé au cachot purger une mineure pour avoir joué la comédie. Comme ça se faisait dans le temps, quand Red Storey ou Chaucer Elliott officiait.

S’il faut en croire Dion, les fantômes du Forum, là où jouaient les Canadiens jusqu’au 11 mars 1996, n’auraient pas suivi l’équipe lors de son déménagement au Centre Molson, devenu depuis le Centre Bell.

Qui sont ces fantômes du Forum ? L’Oreille a déjà écrit là-dessus; c’était le 24 janvier 2011. Pour résumer : il s’agirait des esprits des anciens joueurs des Canadiens, le Forum étant l’aréna où l’équipe a joué pendant plusieurs décennies. Ils aideraient, dans l’ombre, les joueurs venus après eux. Leur intervention expliquerait certaines victoires tout à fait imprévisibles de l’équipe de Montréal. (Certains de ces fantômes seraient encore vivants. Laissons cela de côté si vous le voulez bien.)

Le commentaire de Jean Dion entraîne deux remarques. D’une part, certains affirment — preuves à l’appui ? — que les fantômes du Forum sont bel et bien passés au Centre Bell : c’est le cas d’Éric Warin dans son court métrage d’animation Alex et les fantômes (2009). D’autre part, il ne faut peut-être pas confondre déménagement et efficacité : et si les fantômes étaient bel et bien déménagés, mais sans — encore — avoir été efficaces ? Jean Dion serait-il un homme de peu de foi ? (S’il a des preuves de ce qu’il avance, qu’il les produise.)

P.-S. — Avant de mettre en doute le déménagement des fantômes du Forum, Dion écrit : «Mais c’est oublier, évidemment, que des 544 buts du Rocket [toujours Maurice Richard], la moitié ont été marqués pendant qu’il avait la totalité des joueurs du Boston et du Detroit sur le dos, une deuxième moitié alors qu’un juge de lignes le retenait illégalement et une troisième après avoir déménagé son beau-frère au dernier étage d’un gratte-ciel sans ascenseur.» Ce déménagement-là est, en quelque mythique sorte, expliqué ici.

Référence

Melançon, Benoît, Langue de puck. Abécédaire du hockey, Montréal, Del Busso éditeur, 2014, 128 p. Préface de Jean Dion. Illustrations de Julien Del Busso.

L’oreille tendue de… Patrick Senécal

Patrick Senécal, Malphas 3, 2013, couverture

«J’ai jeté ma cigarette, me suis approché des ambulanciers et leur ai tendu l’oreille de Marcel :

— Tenez, je pense que… ça vous revient.

— Ah, merci, c’est gentil. Rien d’autre ?

— Comment, rien d’autre ? Vous croyez que j’ai les poches pleines ?

— Non, non, c’est juste que…

— Si en prenant ma douche ce soir, je découvre un nez ou un bout de rate dans mon poil pubien, je vous appelle, promis.»

Patrick Senécal, Malphas 3. Ce qui se passe dans la cave reste dans la cave, Québec, Alire, 2013, coll. «GF», 24, 2013, 562 p., p. 176.