Earl Jones et le pion
Publié le 6 mars 2010 | Catégorie(s) : Non classé | 1 réaction |
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À chacun ses détestations : un de mes collègues aime rappeler que l’adjectif soi-disant ne peut caractériser qu’une personne. «La soi-disant liberté de pensée reste parfaitement illusoire», écrit Gide (selon le Petit Robert électronique) ? Non, dixit ce collègue. Gide est un soi-disant écrivain ? Oui. Soi-disant, c’est quelqu’un qui dit quelque chose de lui-même. (Je suis d’accord avec ce collègue. Ça m’arrive. C’est le pion en moi.)
Je pense à cette distinction à toutes les fois que j’entends Radio-Canada présenter un criminel à cravate montréalais en utilisant la formule suivante : «le soi-disant conseiller financier Earl Jones».
Première interrogation : est-ce bien Earl Jones qui se disait «conseiller financier» ? Si oui, soi-disant est bienvenu. Sinon, je préférerais prétendu.
Seconde interrogation : n’est-ce pas là une bonne façon, pour les médias, de nous faire comprendre qu’un vrai conseiller financier ne ferait pas ce qu’a fait ce soi-disant conseiller financier ? Voilà une réputation collective bien protégée par les médias.
Fil de presse 004
Publié le 5 mars 2010 | Catégorie(s) : Non classé | Pas de réaction |
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Des Allemands craignent les contacts entre leur langue et l’anglais, d’où un article de l’Agence France-Presse : «Halte au “Denglish” !» (la Presse, 26 février 2010, p. A14). Au nom de l’État, le ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne, Guido Westerwelle, s’élève officiellement contre un «tsunami d’anglicismes», ce «mélange d’allemand et d’anglais, le Denglish».
Rien de tel chez Catherine Mavrikakis, qui accueille, outre le français, l’anglais, le portugais, l’espagnol, l’italien, le suédois, le néerlandais, le grec moderne et le latin — moins l’allemand, il est vrai — dans un texte intitulé «Elle s’en mordra la langue» qu’elle a donné au Pied, le journal des étudiants du Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal (en PDF, ici).
Je me sens plus proche d’une attitude que de l’autre.
Périple
Publié le 4 mars 2010 | Catégorie(s) : Sport | 3 réactions |
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Déplacement de sportifs.
Souvent pléonastique : ces voyageurs au long cours ne font de périple qu’à l’étranger. Exemple : «Pour le Canadien, le périple à l’étranger est le temps d’amorcer une poussée» (le Devoir, 2 mars 2010, p. B5).
Existe aussi en version écourtée : on parle alors de «petit périple» (la Presse, 9 septembre 2009, Sports, p. 3).
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