Les zeugmes du dimanche matin et de Jean-Patrick Manchette

Jean-Patrick Manchette, Polar. Morgue pleine, éd. de 1984, couverture

«disparaissant dans la nature et dans l’espérance que je lui servirais d’alibi» (p. 72).

«Il avait l’air mécontent et un pansement adhésif sur le front» (p. 90).

Jean-Patrick Manchette, Polar. Morgue pleine, Paris, Gallimard, coll. «Carré noir», 511, 1984 (1973), 248 p.

Autopromotion 506

«Relieur», gravure de Robert Benard et Jean-Raymond Lucotte, septième volume des planches de l’Encyclopédie, Paris, 1769

La 428e livraison de XVIIIe siècle, la bibliographie de l’Oreille tendue, est servie.

La bibliographie existe depuis le 16 mai 1992. Elle compte 50 029 titres.

Illustration : «Relieur», gravure de Robert Benard et Jean-Raymond Lucotte, septième volume des planches de l’Encyclopédie, Paris, 1769

L’oreille tendue de… Gilles Marcotte

Gilles Marcotte, Notes pour moi-même, 2017, couverture
«le 22 février [2009] — Je me promettais depuis quelque temps de tendre l’oreille vers l’émission littéraire de Radio-Canada, le dimanche à quatorze heures trente. J’y ai entendu ce bout de phrase, ânonné par l’animatrice : “Quand on est le premier à débuter…” J’ai fermé l’appareil.»

Gilles Marcotte, Notes pour moi-même. Carnets 2002-2012, Montréal, Boréal, coll. «Papiers collés», 2017, 354 p., p. 219.

Polyvalence du chef

Normand Laprise est chef.

Dans la Presse+ du 16 mai 2020, une légende accompagne sa photo :

Portrait de Normand Laprise, la Presse+, 16 mai 2020

Laprise «a reçu le mandat de monter une table» : comme il connaît bien la cuisine, ça ne devrait pas lui poser problème.

Mais pas n’importe quelle table : une «table de concertation».

Joli, la Presse+.

Citation raisonnable du jour

Alain Vaillant, l’Histoire littéraire, éd. de 2017, couverture

«Il faut aussi se garder de ce qu’on pourrait appeler le littératurocentrisme. Même les historiens de la littérature convaincus qu’il faut sortir les textes de leur splendide isolement et les mettre en relation avec l’ensemble des savoirs et des pratiques culturelles risquent souvent de commettre une erreur de perspective. Spontanément et à leur insu, ils tendent à placer la littérature au centre de leur système puis ils font tourner autour d’elle les sciences, les arts et les autres pratiques culturelles — comme si l’écrivain jouissait d’une prééminence effective et avait le privilège de synthétiser le travail des philosophes, des peintres, des savants, des historiens, des psychologues… Or le monde ne tourne pas plus autour de la littérature que le soleil autour de la terre. La littérature n’est au centre de rien. Au sein de l’espace social, elle n’est elle-même qu’une institution, d’une importance très variable selon les époques, entretenant avec d’autres des relations complexes, mais ténues et plus ou moins périphériques : la première des illusions d’optique consiste à lui accorder a priori plus d’influence sociale et culturelle qu’elle n’en a effectivement et à fausser ainsi par avance la vision de la réalité.»

Alain Vaillant, l’Histoire littéraire, Paris, Armand Colin, coll. «U», 2017 (2e édition revue et augmentée), 408 p., p. 260.