Chantons les intellectuels

L’Oreille tendue a déjà eu l’occasion de parler de la figure de l’intellectuel (c’est ici). Elle ne connaissait pas la chanson que leur a consacrée Charles Trenet. C’est maintenant chose faite.

«Les intellectuels»

Ce sont des intellectuels
Qui vivent entre terre et ciel
Ils ont le don providentiel
De la pensée

Ils voyagent dans de vieux bouquins
Qui datent du temps de Charles Quint
Ornés des couleurs d’Arlequin
Chose insensée

Ils connaissent tout de l’Univers
De son endroit de son envers
Changeant en un grand palimpseste
La voûte céleste

Ils collectionnent les papyrus
Qu’ils lisent parfois dans l’autobus
Quand ils vont au marché aux puces
Acheter de l’emprunt russe

Ce sont des intellectuels
Qui se retrouvent dans des chapelles
Que se disent-ils que se disent-elles
Des choses profondes

En discutant ils se méfient
De toutes les grandes philosophies
Aucune vraiment ne leur suffit
Âmes vagabondes

Arrive la confusion des langues
L’évocation du big big bang
Alors tout tourne danse et tangue
En fin du monde

Le soir au fond de leur maison
Sans trop savoir en quelle saison
Tout en buvant une tisane
Ils pensent qu’ils sont des ânes

Ce sont des intellectuels
Y en a partout en ribambelles
Des vrais des faux en parallèles
Quel beau mélange

Mais dès que l’on monte dans leur barque
Ce sont les faux que l’on remarque
Déguisés parfois en énarques
Pour donner le change

Et moi souvent je les confonds
Mais que m’importent ces profonds
Trop d’intellect ça me morfond
Alors des ailes

Me soulèvent dans une chanson
Qui rêve à ma petite façon
Et plane pour vous loin des leçons
Des intellectuels
Des intellectuels
Des intellec tu tu els els oui oui

Jouons à la cachette avec Ikea

Ikea, publicité, juin 2017

Des sources conjugales proches de l’Oreille tendue lui font découvrir la publicité ci-dessus.

Au moment de se lancer à la recherche des autres, du temps où elle jouait à la cachette, l’Oreille criait, comme des générations d’enfants avant elle : «Prêts, pas prêts…» Ikea ne cache guère son emprunt : «Prêts… proprets…»

Néologisphère

«Cériumosphère»Nous connaissions déjà la biblioblogosphère, la dieudosphère, la complosphère, la bobosphère et la réacosphère.

Souhaitons la bienvenue à la trumposphère (Stéphan Bureau, émission de radio Gravel le matin, 12 juin 2017), à la comicosphère (Liberté, 316, été 2017, p. 39), à la catosphère, à la fachosphère et à la conosphère, à la patriotosphère et, bien sûr, à la cériumosphère.

P.-S.—Vous préférez l’anglais ? La thoughtsphere est peut-être pour vous.

À signaler

La chose est publique : l’Oreille tendue a ses habitudes téléphoniques en matière de réponse (c’est expliqué ici).

On sait peut-être moins, cependant, que, quand elle était petite, il était fréquent de dire, autour d’elle, qu’on signalait un numéro, plutôt que de le composer. La chose devait (doit ?) être commune, si l’on en croit cette publicité récente.

Appel à la lutte contre le crime, Saint-Jérôme, Québec, juin 2017

On y demande de signaler une infraction, tout en laissant entendre qu’il suffit de signaler un numéro. C’est bien vu.

P.-S.—Exemple romanesque, chez Corinne Larochelle : «À partir de ce jour, elle me demandera de nombreuses fois de signaler le numéro des urgences. J’obéissais. Il fallait agir, c’est tout» (p. 66).

Référence

Larochelle, Corinne, le Parfum de Janis, Montréal, Le Cheval d’août, 2015, 139 p.