Crise financière chez Actes Sud ?

Jean-Pierre Jackson, Ella Fitzgerald, 2026, couverture

Dites, Actes Sud, ça va chez vous ? Le travail éditorial ne vous intéresse plus ? Ça coûte trop cher ?

La révision du récent Ella Fitzgerald, de Jean-Pierre Jackson, en tous cas, a été bâclée.

Il manque des italiques (p. 76), des italiques sont mis à la place des guillemets (p. 69), des passages sont répétés mot pour mot (p. 99 et p. 157), des traductions de l’anglais au français sont quasi incompréhensibles (p. 97), ça manque parfois de virgules (p. 90, p. 124).

Il y a surtout plusieurs appositions somptueusement mal foutues.

«Bien que “timide de façon innée, personnellement très réservée et presque énigmatique même pour ses amis les plus proches”, la présence du public et des musiciens à ses côtés la métamorphosait» (p. 14 — la «présence du public» était «timide de façon innée» ?).

«Depuis son admission dans l’orchestre de Chick Webb deux ans auparavant, tout change à partir de 1937» (p. 46 — quelle est la temporalité de ceci ?).

«Ayant pu apprécier son comportement personnel et professionnel au sein du JATP [Jazz at the Philharmonic] depuis 1948, [Norman] Granz devient son imprésario pour ses disques et ses concerts, au fur et à mesure de leur réalisation» (p. 90 — Granz a apprécié son propre «comportement» ?).

«Grand producteur [il s’agit encore de Granz], son label Commodore avait enregistré de grands noms du jazz, dont le “Strange Fruit” de Bille Holiday» (p. 158 — qui enregistre quoi ?).

Vous n’avez pas honte de vendre cela 39,95 $ au Canada (pour un texte qui, de plus, hors appareil critique, fait 150 petites pages) ?

P.-S.—Le livre lui-même ? C’est une brève mais correcte introduction à l’œuvre de Fitzgerald, fondée sur une solide recherche documentaire (archives administratives, ouvrages en français et en anglais, articles de journaux rares, enregistrements radio, etc.). Sa carrière musicale y passe avant les évènements de sa biographie, même s’ils s’ont présents, surtout au début. Des albums sont justement recommandés : Pure Ella (avec Ellis Larkins), Ella Fitzgerald Sings the Cole Porter Song Book, Porgy and Bess (avec Louis Armstrong), Ella in Rome : The Birthday Concert, Ella Fitzgerald Sings the George and Ira Gershwin Song Book, etc. Les dernières années de la carrière de la chanteuse sont traversées au pas de course (c’est un euphémisme), mais cela peut se défendre en fonction des choix esthétiques des uns et des autres. Cela étant, on pourra prendre avec un grain de sel les commentaires de l’Oreille tendue, car elle n’aime pas le genre biographique. Pourquoi ? Elle se demande, par exemple, comment l’auteur peut savoir qu’Ella Fitzgerald se dandinait «gracieusement» dans la cour de son école (p. 18) ou qu’elle ne se laissait «point […] affecter» par une «situation difficile» (p. 24). Quand ils ne savent pas, pourquoi les biographes ne peuvent-ils pas se taire ? Une dernière citation : en 1938, Ella Fitzgerald «a pris vingt kilos qui non seulement ne sont pas de trop, mais lui confèrent une silhouette plus épanouie» (p. 53). Cela se passe de commentaire.

 

Référence

Jackson, Jean-Pierre, Ella Fitzgerald, Arles, Actes Sud, coll. «Actes Sud Musiques», 2026, 187 p.

La manière Cormier

Sylvain Cormier, Des oreilles au bout des doigts, 2026, couverture

(Transparence, totale comme on dit à la Presse+ : l’Oreille tendue et Sylvain Cormier se connaissent depuis plus de quarante ans. En outre, l’Oreille, de son vivant directorial, avait porté la candidature de Sylvain Cormier au titre de diplômé d’honneur du Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal.)

 

«C’est là qu’on se rejoint, les humains,
quand on chante ensemble.
Seuls avec d’autres.»

À l’automne 1980, l’Oreille tendue était correctrice au Département d’études françaises de l’Université de Montréal, ainsi que s’appelait ce département à l’époque. Elle avait alors évalué une copie de Sylvain Cormier. L’analyse était intéressante, mais posait un problème : elle portait sur John Lennon, dans un cours consacré à Jean-Paul Sartre. C’est dire que Sylvain Cormier s’intéresse depuis longtemps à la musique et qu’il joue parfois avec les consignes qu’on essaie de lui imposer. (Des sources conjugales proches de l’Oreille tendue sont formelles : tous les devoirs finaux de Sylvain Cormier, cet automne-là, celui de l’assassinat de Lennon, ont porté sur l’ex-Beatles.)

Qui est Sylvain Cormier ? Il couvre l’actualité musicale depuis plusieurs décennies, surtout au quotidien montréalais le Devoir. Il lui aurait consacré 5000 articles, parmi lesquels il en a choisi 80, qui constituent la matière de son premier livre, Des oreilles au bout des doigts. 35 ans de journalisme musical. On y trouve des comptes rendus de spectacles, de disques et de livres, en plus d’entrevues. Quelques articles sont précédés d’encadrés les remettant en contexte; ces courtes introductions sont toutes bienvenues. C’est la musique québécoise qui est à l’honneur dans ce «livre anthologique» (p. 319).

Cormier ne se définit pas pour autant comme un journaliste, mais plutôt comme un «fan déguisé en journaliste» (p. 220) : «dans la vraie vie, juré, je n’ai jamais su comment mener une entrevue, au sens de questions et réponses […] je ne me suis jamais vraiment perçu en tant que journaliste» (p. 63). Il est proche des artistes qu’il présente, sans être leur intime, à l’exception peut-être de Renée Martel. Il essaie de saisir la nature de leur œuvre et de la mettre en valeur. Il n’hésite pas à les «soutenir» (p. 170). Il aime «complimenter», surtout s’il voit qu’il s’est trompé auparavant (p. 180). Il a le pardon facile, sauf devant le manque de générosité (p. 264). Il (se) met des limites : «On ne cherchera pas à connaître le détail de sa vie d’avant, c’est pas de nos affaires […]» (p. 212). Il ne boude jamais son plaisir : «Depuis quand un orgasme d’une heure dix est-il trop court ?» (p. 286) Manifestement, tout cela est fort apprécié, si l’on se fie aux relations qu’il entretient sur la longue durée. Cela ne l’empêche pas d’avoir des coups de gueule, comme le montrent les textes de la section «Au bûcher». Un exemple suffira : «si Céline Dion chante juste, elle interprète faux» (p. 256). Il n’abuse pas du procédé : «On ne peut pas décapiter par plaisir nos têtes de Turc. Ça fait des textes sanguinolents que les gens aiment trop pour ne pas être suspects» (p. 304).

Les portraits qu’il livre sont aussi des autoportraits. Il se met volontiers en scène; on sait toujours d’où il parle. On le découvre collectionneur maniaque (p. 94, p. 97, p. 109, p. 224). Quelques aspects de sa vie personnelle sont évoqués au passage : bégaiement (p. 138), dépression (p. 208), adoption (p. 215). D’abord et avant tout, il aime défendre la culture populaire dans laquelle il a grandi : «Mon Québec yéyé» est le titre de la troisième partie; «René Simard, mon p’tit frère» est le dernier texte retenu; à la télévision, il a déjà parlé, dans la même entrevue de David Bowie et de Patof, «Fier comme un fan» (p. 161).

Refermant Des oreilles au bout des doigts, l’Oreille a un regret. Sylvain Cormier aime beaucoup employer des expressions peu courantes au Québec, mais banales dans l’Hexagone («crac boum hue», «que dalle», «sangs et tripes», «fortiches», «pardi», «mazette», «à la gomme», «zig»). Parmi celles-ci, il y a «bath», qu’il est sûrement le seul à employer aussi souvent dans la presse québécoise. Or aucun des articles de cette anthologie ne contient ce mot. Pour un livre aussi bath, ce n’est pas bath.

P.-S.—Ce n’est pas pour se vanter, mais l’Oreille a souvenir d’avoir vu en spectacle le trio White Style & Friends, dont faisait partie Sylvain Cormier. Était-ce au Fifties, rue Saint-Denis (p. 145) ? Tu t’en souviens, Sylvain ?

P.-P.-S.—Page 193, ce ne serait pas plutôt «pulsent» ?

 

Référence

Cormier, Sylvain, Des oreilles au bout des doigts. 35 ans de journalisme musical, Montréal, Somme toute / Le Devoir, 2026, 322 p. Ill. Préface d’Émile Proulx-Cloutier.

Lire la Révolution

Olivier Ritz, Une histoire littéraire de la Révolution française, 2026, couverture

Pardonnez que l’Oreille tendue cite un de ses comptes rendus de jeunesse :

Dès l’époque de la Révolution française, on s’est interrogé sur la place qu’y pouvaient tenir les pratiques artistiques. Un consensus s’est très vite dessiné, qui faisait de cette Révolution le «tombeau des arts», une «parenthèse extravagante» dans leur évolution. Pourtant, en pleine Terreur, Marie-Joseph Chénier avait pu déclarer : «C’est aux livres que nous devons la Révolution française.» Comment expliquer alors que, nourrie par la littérature, la pensée révolutionnaire en soit venue à la marginaliser, comme elle l’aurait fait des autres arts ? C’est à ces questions qu’a voulu répondre une équipe pluridisciplinaire rassemblée autour de Jean-Claude Bonnet. Composée de critiques et d’historiens de la littérature, de l’art et de la musique, cette équipe en est à sa deuxième publication, la première ayant porté sur la Mort de Marat (Flammarion, 1986). Les vingt-quatre études de la Carmagnole des Muses dessinent le portrait complexe d’une période déterminante dans la mise en place de ce qu’est devenue pour nous la culture.

Après avoir lu le récent ouvrage d’Olivier Ritz, Une histoire littéraire de la Révolution française, l’Oreille ne pourrait plus écrire ce qui précède. (Peut-elle n’aurait-elle pas dû l’écrire à l’époque, mais ce serait un autre débat.)

La méthode choisie par Ritz pour comprendre la littérature de la Révolution est simple, mais elle est efficace, en ce qu’elle force à remettre en cause nombre de lieux communs.

Cette méthode ? Suivre l’actualité littéraire au jour le jour, de façon strictement chronologique, en onze chapitres. Que publie-t-on de juillet 1788 (la convocation des États généraux) à juillet 1801 (la signature du Concordat) ? Que commente-t-on ? Qu’est-ce qui fait réagir les contemporains ? Cette actualité, la meilleure source documentaire pour la saisir est la presse, qui explose à la Révolution. Cette «première révolution médiatique» (p. 25, p. 40) permet de repenser les relations entre «hiérarchies héritées» — la tradition, les classiques — et «hiérarchies médiatiques» (p. 22). Ce faisant, Ritz nous oblige, et fort heureusement, à sortir des sentiers battus.

Les auteurs les plus débattus à la fin du XVIIIe siècle ne sont pas nécessairement ceux que nous consommons et admirons aujourd’hui. Les frères Chénier ? «Pour les contemporains de la Révolution, le nom Chénier, sans mention du prénom, renvoie presque toujours à Marie-Joseph» (p. 55-56), pas à André. Jean-Baptiste Louvet, que l’histoire de la littérature a retenu comme le romancier de Faublas, traverse les années révolutionnaires en se métamorphosant au gré des événements. Condorcet est maintenant célébré pour son Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, mais il est loin d’occuper continûment le devant de la scène; les journaux mettront huit mois à annoncer sa mort (p. 241).

Cette réévaluation des réputations littéraires est particulièrement intéressante s’agissant des autrices, bien trop souvent laissées de côté dans les récits d’histoire de la littérature (oui, ce qui précède est un pléonasme : toute histoire est un récit). Si Ritz s’intéresse à plusieurs d’elles — Louise de Keralio, Isabelle de Charrière, Manon Roland, Germaine de Staël, Constance Pipelet (Constance de Salm), Adélaïde de Souza, Sophie Cottin, Jeanne Gacon-Dufour, Ann Radcliffe —, Olympe de Gouges — celle des Olympiques — tient le premier rang chez lui. Quand l’autrice de la «Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne» (septembre 1791) est guillotinée, on sent que Ritz doit l’«abandonner» à regret (p. 198). La leçon est entendue : «une activité d’écriture féminine contribue de manière invisible à l’histoire de la Révolution française» (p. 156).

On aurait toutefois tort de croire que l’histoire proposée ne s’intéresse qu’aux individualités fortes. Les journaux et le théâtre y occupant une place de choix, on voit combien, sous la Révolution, «la littérature est une activité collective qui engage et met en relation beaucoup de monde, du côté de la production et plus encore du côté de la réception» (p. 15). Les auteurs révolutionnaires ne sont jamais seuls au monde.

La réussite réelle de l’ouvrage tient autant à ses choix méthodologiques qu’à ses qualités d’écriture et de recherche.

Le style de Ritz est clair, vif, synthétique — pédagogique au meilleur sens du terme. L’auteur ne s’appesantit jamais. Ses exemples sont bien choisis, suffisamment documentés sans tomber dans des détails inutiles. Il multiplie les études de cas : sur la prise de la Bastille (p. 42-45), sur les traductions de l’anglais au français (p. 143-147), sur «La Marseillaise» (p. 150-153), sur le sort du vaisseau le Vengeur (p. 214-217), sur la mode du roman noir / gothique (p. 288-295). Il est sensible aux sens changeants des mots, notamment «Terreur» (p. 164, p. 183, p. 222 et suiv.), de même qu’aux contradictions à chaque moment de la Révolution et d’un moment à l’autre. Il ne cesse de mettre en lumière l’efficacité de la littérature, que l’on peut mesurer par les censures dont elle est l’objet : «À tous les moments de la Révolution, les imprimés ont suscité une inquiétude» (p. 345). Son histoire est concrète, matérielle. Pour la scène finale de la pièce le Jugement dernier des rois (18 octobre 1793), de Sylvain Maréchal, il faut du salpêtre; c’est le Comité de salut public qui intervient pour le rendre disponible, alors que c’est une «ressource précieuse par temps de guerre» (p. 196).

Y a-t-il lieu de pinailler ? Évidemment : il y a toujours moyen de pinailler.

La bibliographie est massive et à jour. Les seuls travaux de Robert Darnton cités sont assez anciens, alors que cet historien publie depuis des décennies sur les pratiques littéraires de la Révolution; cette faible présence étonne. De même, sur Louis Sébastien Mercier, et particulièrement sur son Nouveau Paris (p. 309-313), il aurait été possible de citer Écrire le temps (2014), de Geneviève Boucher. (L’Oreille ne cachera pas sa totale mauvaise foi : elle a dirigé la thèse dont est tiré ce livre.)

La nouveauté méthodologique d’Olivier Ritz est plus évidente dans les premiers chapitres que dans les tout derniers. Le neuvième («Les romans à la mode») et le dixième («Tourner la page») sont organisés selon des thèmes plus convenus qu’au début de l’étude (les genres romanesques, les modes de publication, la place des femmes, etc.). Cela est-il dû à une transformation dans les modes d’activité littéraire ou à un changement de lentille ? S’il s’agit de se pencher sur le roman sous la Révolution, pourquoi ne pas s’intéresser à un genre comme celui du roman par lettres et à son évolution ? (Totale mauvaise foi bis : avec Flora Amann, l’Oreille a édité un roman épistolaire publié pendant la Révolution, la Femme jalouse.)

Formulons un dernier, et mauvais, reproche. Cette histoire littéraire est bel et bien une histoire littéraire de la Révolution française; ce n’est pas une histoire de la littérature durant la Révolution française. Une telle histoire — mais ce n’est pas le but d’Olivier Ritz; c’est pourquoi le reproche est mauvais — prendrait en compte non seulement ce qui se publie de nouveau et se commente entre 1788 et 1801, mais aussi ce qui continue à se lire, durant la Révolution, mais qui a été publié auparavant, voire bien auparavant. La tâche serait évidemment titanesque, mais passionnante.

Prenons l’exemple du théâtre. Sur les scènes de la Révolution, on joue nombre de créations, mais il y a également plusieurs reprises. À côté de Marie-Joseph Chénier, d’Olympe de Gouges et de Sylvain Maréchal, on continue de monter du Voltaire et du Marivaux. Quel Voltaire ? Quel Marivaux ? Avec quelles adaptations ? Pour quelles réceptions ? Quelles «applications» en faisait-on ? (Sur cette question des «applications», voir les travaux de Martin Nadeau.)

Chercher des prolongements au livre d’Olivier Ritz sur «ce temps éminemment littéraire» (p. 16), ce n’est pas en pointer les faiblesses, mais insister sur la fécondité de son approche. Voilà de la bien belle ouvrage.

 

Références

Bonnet, Jean-Claude (édit.), la Mort de Marat, Paris, Flammarion, 1986, 512 p. Ill.

Bonnet, Jean-Claude (édit.), la Carmagnole des Muses. L’homme de lettres et l’artiste dans la Révolution, Paris, Armand Colin, 1988, 425 p. Ill.

Boucher, Geneviève, Écrire le temps. Les tableaux urbains de Louis Sébastien Mercier, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Espace littéraire», 2014, 268 p.

Nadeau, Martin, «Le théâtre de Marivaux et la Terreur», Lumen. Travaux choisis de la Société canadienne d’étude du dix-huitième siècle. Selected Proceedings from the Canadian Society for Eighteenth-Century Studies, XXII, 2003, p. 15-26. https://doi.org/10.7202/1012256ar

Nadeau, Martin, «Des héroïnes vertueuses : autour des représentations de la pièce Paméla (1793-1797)», Annales historiques de la Révolution française, 344, avril-juin 2006, p. 93-105. https://doi.org/10.4000/ahrf.6073

Ritz, Olivier, Une histoire littéraire de la Révolution française, Paris, Gallimard, coll. «Folio histoire inédit», 359, 2026, 406 p.

Ségur, la Femme jalouse, Montréal, Del Busso éditeur, 2015, 245 p. Édition originale : 1790. Édition présentée et commentée par Flora Amann et Benoît Melançon.

Joli dimanche après-midi à la Cinquième salle

Spectacle Ella & Ellington, 2026, logo

La chose est de notoriété publique : l’Oreille tendue aime Ella Fitzgerald. Elle se devait donc d’assister au spectacle Ella & Ellington donné aujourd’hui, à Montréal, à la Cinquième salle de la Place des arts. Sur scène, un quatuor à cordes (trois violonistes, une contrebassiste), un pianiste, un saxophoniste, deux danseurs (pour la première pièce, «Summertime»), une chanteuse / présentatrice, dans des configurations variées.

C’était Ellington avec / sans Ella, avec / sans paroles.

Deux pièces étaient instrumentales : «African Flower» (sous le titre «Fleurette africaine») et «Sophisticated Lady», dans une version particulièrement lyrique.

Les pièces chantées allaient de «Summertime» à «It Don’t Mean a Thing (If It Ain’t Got That Swing)» et son scat. Entre les deux, «Lullaby of Birdland», «I Got It Bad (and That Ain’t Good)», «In a Sentimental Mood». «Cry Me a River» a soulevé la foule à juste titre.

L’Oreille doit faire un double aveu : malgré sa pléthorique liste de lecture fitzgeraldienne, elle ne connaissait ni «I Won’t Dance» ni «A Flower is a Lovesome Thing». Il y a là un mystère à éclaircir.

Un fort joli après-midi.

P.-S.—Oui, c’était l’anniversaire de la naissance d’Ella Fitzgerald pas plus tard qu’hier.

P.-P.-S.—Il manque peut-être des pièces dans la liste ci-dessus. C’est comme ça.

P.-P.-P.-S.—Oui, c’est encore arrivé.

 

Voix : Anne-Sophie Gagnon-Métellus

Piano : Matt Herskowitz

Quatuor : Les Chambristes du Grand Montréal

Saxophone : Louis Plouffe

Direction artistique : Marie-Anne Rozankovic

Arrangements : Matt Herskowitz, Karl A. Rozankovic