La clinique des phrases (yyy)

La clinique des phrases, logo, 2020, Charles Malo Melançon

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Soit la phrase suivante :

Le premier ministre François Legault annonce des mesures ciblées pour Québec, Lévis et Gatineau, dont le retour du couvre-feu à 20 heures et la fermeture des écoles et autres commerces non essentiels.

Il est vrai que l’on parle souvent de la marchandisation de l’éducation au Québec, mais il est peut-être prématuré de mettre sur le même pied les «écoles» et les «autres commerces non essentiels».

Donc :

Le premier ministre François Legault annonce des mesures ciblées pour Québec, Lévis et Gatineau, dont le retour du couvre-feu à 20 heures et la fermeture des écoles et des commerces non essentiels.

À votre service.

Nouveau trouble de l’Oreille

Une université offre une formation : «Depuis le début de la pandémie, les défis sont de taille pour les personnes professeures, professeurs et maîtres de langue. Les changements reliés à vos tâches, tels qu’enseigner en mode virtuel et soutenir vos étudiants à distance, sont nombreux et constituent une source de stress pour plusieurs.»

L’Oreille tendue a un peu de mal à s’y retrouver.

Les «professeures, professeurs et maîtres de langue», ce sont bien des êtres humains ? Pourquoi alors leur adjoindre «personnes» ? Ça va de soi, non ?

S’il y a des «maîtres de langue», pourquoi n’y a-t-il pas des «maîtresses» ?

S’il y a des «étudiants», pourquoi n’y a-t-il pas des «étudiantes», voire des «personnes étudiantes, étudiants» ?

Tant de questions, si peu d’heures.

La clinique des phrases (www)

La clinique des phrases, logo, 2020, Charles Malo Melançon

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Soit la phrase suivante :

Aux États-Unis, le professeur de l’Université du Texas, Michael Lind (The New Class War), évoque un véritable «clash» […].

L’Oreille tendue ne connaît pas ce collègue, mais elle est convaincue qu’il n’est pas le seul professeur de son établissement. Corrigeons, en enlevant les virgules inutiles :

Aux États-Unis, le professeur de l’Université du Texas Michael Lind (The New Class War) évoque un véritable «clash» […].

À votre service.

La clinique des phrases (rrr)

La clinique des phrases, logo, 2020, Charles Malo Melançon

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Soit la phrase suivante :

Enfin, la conjoncture dépressive de l’époque ne prédisposait pas aux ruptures audacieuses, comme le disait Garneau.

Qui est ce «Garneau» dont le texte d’où est tiré cet extrait ne parle pas du tout ? Le coureur cycliste et homme d’affaires Louis Garneau ? Le commentateur sportif Richard Garneau ? Le poète Hector de Saint-Denys Garneau ?

Pour qui connaît l’auteur du texte, il y a de fortes chances qu’il s’agisse de l’historien François-Xavier Garneau. D’où, selon toute vraisemblance :

Enfin, la conjoncture dépressive de l’époque ne prédisposait pas aux ruptures audacieuses, comme le disait François-Xavier Garneau.

Voire :

Enfin, la conjoncture dépressive de l’époque ne prédisposait pas aux ruptures audacieuses, comme le disait l’historien François-Xavier Garneau.

Voire encore :

Enfin, la conjoncture dépressive de l’époque ne prédisposait pas aux ruptures audacieuses, comme le disait, au XIXe siècle, l’historien François-Xavier Garneau.

À votre service.

P.-S.—Ce travers — présupposer que tous vos lecteurs savent par avance de quoi vous parlez — est constant chez les collègues de l’Oreille tendue.

Autopromotion 550

Benoît Melançon, «Les victimes de Zoom», la Presse+, 2 février 2021, titre

En avril 2020, l’Oreille tendue publiait, dans la Presse+, un texte sur les difficultés nées de l’enseignement universitaire à distance. En octobre, elle y déplorait la pleutrerie de l’administration de l’Université d’Ottawa dans ce qui est devenu l’affaire Lieutenant-Duval.

Aujourd’hui, elle se propose de rapprocher ces deux phénomènes : l’enseignement de la littérature à l’université et les conditions matérielles de cet enseignement. Ça s’appelle «Les victimes de Zoom» et c’est ici.