Délacement

Bottines et chaussures

Marc-Antoine K. Phaneuf publie ces jours-ci Carrousel encyclopédique des grandes vérités de la vie moderne. En entrevue au quotidien le Devoir, il présente son projet : «Après, c’est devenu une sorte de jeu avec le lecteur. L’idée était de lui offrir une matière cinglante, qui pouvait à la fois être drôle et politique. Mais toujours une matière qui pouvait porter à réflexion, dans un esprit de bottine et d’idiotie contrôlée.»

Esprit de bottine ? Humour potache, «farces plates» (Dictionnaire de la langue québécoise, p. 89), «humour de bas niveau» (Petit lexique de mots québécois […], p. 55).

Proverbe connu : «L’esprit de bottine, ça délasse.»

 

Références

Bergeron, Léandre, Dictionnaire de la langue québécoise, Montréal, VLB éditeur, 1980, 574 p.

Desjardins, Ephrem, Petit lexique de mots québécois à l’usage des Français (et autres francophones d’Europe) en vacances au Québec, Montréal, Éditions Vox Populi internationales, 2002, 155 p.

Phaneuf, Marc-Antoine K., Carrousel encyclopédique des grandes vérités de la vie moderne, Saguenay, La Peuplade, 2020, 368 p.

Découverte lexicale du jour

Mécanisme d’irrigation, Montréal, juin 2020

Chez vous, je ne sais pas comment ça se passe, mais, chez l’Oreille tendue, pour couper l’alimentation en eau, cela se fait de l’extérieur de la maison.

L’Oreille, pour désigner le mécanisme nécessaire à cette coupure, aurait parlé de valve ou de robinet. Que nenni.

On vient de remplacer ce mécanisme devant chez elle. Comment les ouvriers le désignent-ils ? Le bonhomme.

Joli.

P.-S.—On ne confondra pas le vocabulaire de l’irrigation avec celui de l’imbibition.

Autopromotion 511

«Anatomie», gravure de Prevost, premier volume des planches de l’Encyclopédie, Paris, 1762

L’Oreille tendue est née il y a pile-poil onze ans. Elle célèbre donc aujourd’hui ses noces de corail.

En chiffres, cela donne 4254 articles (plus 6 à paraître), pour 2 528 032 vues.

«Depuis la Création» (majuscule de WordPress certifiée d’origine), sa meilleure journée reste le 29 avril 2012, avec 6 094 vues. Ce jour-là, l’Oreille débordait de swag.

Merci.

 

Illustration : «Anatomie», gravure de Prevost, premier volume des planches de l’Encyclopédie, Paris, 1762

Citation raisonnable du jour

Alain Vaillant, l’Histoire littéraire, éd. de 2017, couverture

«Il faut aussi se garder de ce qu’on pourrait appeler le littératurocentrisme. Même les historiens de la littérature convaincus qu’il faut sortir les textes de leur splendide isolement et les mettre en relation avec l’ensemble des savoirs et des pratiques culturelles risquent souvent de commettre une erreur de perspective. Spontanément et à leur insu, ils tendent à placer la littérature au centre de leur système puis ils font tourner autour d’elle les sciences, les arts et les autres pratiques culturelles — comme si l’écrivain jouissait d’une prééminence effective et avait le privilège de synthétiser le travail des philosophes, des peintres, des savants, des historiens, des psychologues… Or le monde ne tourne pas plus autour de la littérature que le soleil autour de la terre. La littérature n’est au centre de rien. Au sein de l’espace social, elle n’est elle-même qu’une institution, d’une importance très variable selon les époques, entretenant avec d’autres des relations complexes, mais ténues et plus ou moins périphériques : la première des illusions d’optique consiste à lui accorder a priori plus d’influence sociale et culturelle qu’elle n’en a effectivement et à fausser ainsi par avance la vision de la réalité.»

Alain Vaillant, l’Histoire littéraire, Paris, Armand Colin, coll. «U», 2017 (2e édition revue et augmentée), 408 p., p. 260.