Tucker Coe et l’État policier en 1972

Tucker Coe, le Poster menteur, éd. de 1986, couverture

«Ils ne le touchèrent pas, eux non plus. Plantés de part et d’autre du cadavre, ils le contemplèrent un moment; on aurait dit l’illustration de quelque rêve paranoïaque d’un état policier : deux flics brutaux dominant leur victime prostrée.»

Tucker Coe, le Poster menteur, traduction de R. Fitzgerald, Paris, Gallimard, coll. «Carré noir», 573, 1986 (1972), 246 p., p. 24.

On n’arrête pas le progrès

Tucker Coe, le Poster menteur, éd. de 1986, couverture

«— Et du duplicateur du bureau du rez-de-chaussée.

Je me souvenais de cet appareil; Phil Crane l’avait utilisé l’autre soir. C’était un truc assez encombrant, de la taille d’un grand téléviseur, posé sur une table de travail, près de sa porte. On plaçait le document à copier côté face sur une lame de verre et on le recouvrait d’une plaque de caoutchouc. On pressait un bouton, la machine cliquetait un moment, puis une copie sortait d’une ouverture située au bas de l’appareil. Ma première nuit au musée, j’avais été intrigué par cet engin et j’avais tiré une copie d’un morceau de journal que j’avais trouvé dans la corbeille à papiers. La copie obtenue était tirée sur un papier beaucoup plus fort et avec des blancs et des noirs beaucoup plus contrastés que le journal.

— Les copies exécutées avec cet appareil ne tromperaient personne, observai-je.»

Tucker Coe, le Poster menteur, traduction de R. Fitzgerald, Paris, Gallimard, coll. «Carré noir», 573, 1986 (1972), 246 p., p. 79.

L’oreille tendue de… Tucker Coe

Tucker Coe, Chauffé à blanc, 1968, couverture

«L’appareil n’est pas enfermé dans une cabine mais simplement fixé au mur. Je lui tends une pièce de dix cents, elle forme le numéro, me passe le récepteur, puis se retire derrière la caisse enregistreuse, d’où elle peut entendre la part de conversation, sans tendre l’oreille trop ostensiblement.»

Tucker Coe, Chauffé à blanc, traduction de M. Elfvik, Paris, Gallimard, coll. «Série noire», 1176, 1968, 250 p., p. 164-165.

Alternative professionnelle de l’Oreille tendue

Tucker Coe, le Poster menteur, éd. de 1986, couverture

«Ramsey et Crane formaient un contraste comique dont ils semblaient l’un et l’autre inconscients; l’un était le professeur d’université traditionnel, pédant, irritable et impatient vis-à-vis des étrangers à sa spécialité, l’autre appartenait à la nouvelle race des universitaires engagés, s’efforçant par tous les moyens de rester en contact avec ses étudiants» (p. 50).

«Le responsable était un jeune homme dont l’aspect rappelait assez curieusement à la fois Crane et Ramsey. Il était vêtu dans le style de Crane et utilisait les mêmes tournures argotiques, mais il avait quelque chose de pédant, de tatillon et d’impatient dans son comportement, tout à fait dans la manière de Ramsey» (p. 99).

«La position de Tynebourne était à la fois triste et drôle. Ses instincts naturels le portaient à adopter l’attitude de Ramsey : le public pouvait aller se faire voir. Cependant, ses convictions acquises le poussaient en faveur de l’égalitarisme de Crane» (p. 149).

Tucker Coe, le Poster menteur, Paris, Gallimard, coll. «Carré noir», 573, 1986 (1972), 246 p. Traduction de R. Fitzgerald.

Question toujours d’actualité

Tucker Coe, le Sang des innocents, 1968, couverture

«Je me demandai comment il gagnait sa vie. Bien qu’il ait déclaré à plusieurs reprises qu’il était “dans les communications”, il n’avait pas réussi à me communiquer l’essence de son travail ni même dans quel domaine il s’exerçait. Était-il dans la publicité ? La Télévision ? L’édition ? Les public relations ? La compagnie Bell du Téléphone ? Ou bien est-ce qu’aujourd’hui toutes ces activités finissaient par se mélanger au bout d’un certain temps, si bien que tous les jeunes gens brillants que l’on rencontrait étaient simplement “dans les communications” ?»

Tucker Coe, le Sang des innocents, traduction de J. Hérisson, Paris, Gallimard, coll. «Série noire», 1235, 1968, 250 p., p. 146.

P.-S.—Les majuscules sont certifiées d’origine.