L’oreille tendue de… Jean-Christophe Réhel

Jean-Christophe Réhel, Ce qu’on respire sur Tatouine, 2018, couverture«Allongé sur le divan, j’entends craquer dans le plafond. Je me demande si c’est Monsieur Jingles. Je tends l’oreille, je n’entends plus de bruit, je suis déçu.»

Jean-Christophe Réhel, Ce qu’on respire sur Tatouine. Roman, Montréal, Del Busso éditeur, 2018, 283 p., p. 263.

La clinique des phrases (ee)

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Soit un «Rectificatif» :

Le père du maestro Yannick Nézet-Séguin n’est pas comptable de profession, comme nous l’avons écrit le 29 décembre dernier dans la chronique de Lysiane Gagnon «Toujours plus haut».

Rendons à César ce qui est à César :

Le père du maestro Yannick Nézet-Séguin n’est pas comptable de profession, comme Lysiane Gagnon l’a écrit le 29 décembre dernier dans sa chronique «Toujours plus haut».

À votre service.

P.-S.—Ça paraît compliqué les rectificatifs dans la presse québécoise.

Autopromotion 399

Portrait de Jackie Robinson par Charles Malo Melançon

L’Oreille tendue aime beaucoup écrire sur Jackie Robinson (voyez ici, par exemple).

Ce soir, elle parlera de lui à la radio de Radio-Canada, au micro de Jacques Beauchamp, à l’émission Aujourd’hui l’histoire. C’est à 20 h.

Illustration : Charles Malo Melançon

 

[Complément]

On peut (ré)entendre l’entretien ici.

De bon ou de mauvais fil

S’agissant des états (d’âme) des êtres animés, le français de référence connaît l’expression filer un mauvais coton : «être dans une situation dangereuse (au physique : santé; ou au moral : situation, réputation)» (le Petit Robert, édition numérique de 2014).

Le français du Québec, influencé par l’anglais, utilise beaucoup le verbe filer, avec un adverbe ou un attribut — «Et quand ça ne filera pas, je serai là, tout près» (Revers, p. 112); «Si j’avais pas filé aussi mal après avoir dit ça, j’aurais été pas mal fière d’avoir atteint mon but» (Et au pire, on se mariera, p. 70); «je filais tellement seul» (Chercher Sam, p. 14) — ou avec un complément introduit par comme — «Ils filent comme un condamné qui aurait vomi son dernier repas» (Chercher Sam, p. 95).

La proximité avec l’anglais to feel est évidente dans la nouvelle «Panem et circenses» de Françoise Major : «Il devait feeler content d’être là […]» (le Nombril de la lune, p. 152).

Références

Bienvenu, Sophie, Et au pire, on se mariera, Montréal, La mèche, 2011, 151 p.

Bienvenu, Sophie, Chercher Sam, Montréal, Le Cheval d’août, 2014, 169 p.

Huglo, Marie-Pascale, Revers, Québec, L’instant même, 1998, 142 p.

Major, Françoise, le Nombril de la lune. Nouvelles, Montréal, Le Cheval d’août, 2018, 276 p.