Accouplements 278

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

La rage sévit chez les ratons laveurs du Québec.

Dans la Presse+ du 10 juin 2026, Serge Chapleau, son caricaturiste, trace un parallèle entre cette maladie et l’actuel président des États-Unis.

Caricature de Serge Chapleau, la Presse+, 10 juin 2026

Malcolm Gladwell, dans la·e balado Revisionist History l’avait devancé («Rat vs. Raccoon», treizième saison, neuvième épisode, 15 mai 2025). Ça s’écoute ici, vers la 28e minute.

Non, non, non

Les bélugas «décédés» du journal Métro

Non, non, non : ces bélugas sont morts.

Décéder : «Mourir* (personnes). Il est décédé depuis dix ans. […] Employé surtout dans l’Administration ou par euphémisme, au passé composé et au participe passé» (le Petit Robert, édition numérique de 2014).

Répétons-le une fois encore (ce ne sera pas la dernière) : laissez-les mourir.

 

[Complément du 7 juin 2017]

Tout à l’heure, à la radio de Radio-Canada : «19 des 21 caribous sont décédés.» Les caribous sont des bélugas : ils ne décèdent pas; ils meurent.

 

[Complément du 19 juin 2017]

Les buses sont des bélugas : elles ne décèdent pas; elles meurent.

Une «buse décédée», Journal de Montréal, 12 juin 2017

 

[Complément du 4 avril 2018]

Sur les ondes de la radio de Radio-Canada, le 6 août 2012 : le cheval d’Éric Lamaze est «décédé». Non : ce cheval est une buse.

Dans un cabinet de vétérinaire :

«Elle décédera en deux ou trois jours.»
Était-il question d’une chatte ? D’une chienne ? D’une femelle iguane ?
Non. L’experte parlait d’une mite.

La mite est un cheval.

 

[Complément du 2 février 2023]

Les marmottes sont des bélugas.

Une marmotte décédée ?!?!?, Twitter, 2 février 2023

 

[Complément du 13 avril 2023]

Entendu à la radio le 6 avril : «Mon lilas est décédé.» Si les animaux ne peuvent pas décéder, les arbres encore moins !

Le chien parlant

Jean Echenoz, Un an, 1997, couverture

«Gore-Tex possédait également un chien sans nom retenu par une corde, et par ce chien se faisait appeler papa : viens voir papa, va voir papa là-bas, demande à boire à papa, mange bien la bonne boîte à papa. Attention, papa va se fâcher» (p. 75).

Echenoz, Jean, Un an. Roman, Paris, Éditions de Minuit, 1997, 110 p.