Autopromotion (indirecte) 593

Michel Porret, Objectif Hergé, 2021, couverture

À ses heures perdues — façon de parler —, l’Oreille tendue offre ses services d’éditrice conseil. Il y a quelques années, cela a mené à la publication de Nouvelles obscurités, d’Alex Gagnon, chez Del Busso éditeur. Ces jours-ci, paraît un ouvrage de Michel Porret, Objectif Hergé. «Tintin, voilà des années que je lis tes aventures», aux Presses de l’Université de Montréal.

Qui est Michel Porret ?

«Michel Porret est professeur honoraire d’histoire moderne à l’Université de Genève et président des Rencontres internationales de Genève. Il travaille sur les Lumières, l’utopie, la justice pénale, la médecine légale et la bande dessinée» (quatrième de couverture).

C’est aussi un vieil ami de l’Oreille, qui a publié un de ses livres précédents. Ensemble, ils ont édité ceci.

De quoi le livre parle-t-il ?

«Tout commence en 1930 dans la violence de la révolution bolchevique au pays des Soviets. Tout se boucle en 1986 dans l’univers huppé de l’art contemporain. Entre la lutte des classes et la polémique esthétique, la saga de Tintin est une quête du bien dans la violence de l’histoire du XXe siècle. De la Terre à la Lune, entre mer, désert et cimes, flanqué du socratique Milou puis de l’ivrogne au grand cœur Haddock, le petit Don Quichotte qui aime les livres affronte tous les bandits du monde. Environ 12 000 vignettes en noir et blanc puis en couleurs : culminant dans le silence de la ligne claire, la saga de Tintin est une aventure esthétique et humaine. Cet essai ludique y revient au prisme de son imaginaire social qui en fait une œuvre universelle jusque dans la relation parodique» (quatrième de couverture).

Il est organisé comment ?

Abréviation des titres des albums de Tintin

Prélude

Chapitre I. L’ennemi de tous les bandits du monde

Elle n’a pas existé la fusée lunaire !
Au musée
Tintin est mort
Haddock, le grand seigneur
Tuer Topolino ?
La baraka
La figuration narrative
La ligne claire
L’aventure inconnue
La tintinologie
La relation parodique

Chapitre II. Le petit Don Quichotte

Bolchevisme, colonialisme et crime organisé
Les peuples se connaissent mal
Mais c’est la guerre cela, Monsieur !
Les faussaires
L’Anschluss
Narcotrafiquants et pirates
Les négriers
Vive la paix !

Chapitre III. Les bandits ! Qu’ont-ils fait de mes livres ?

La presse
Les faits divers
L’ocularisation
Le tempo de l’aventure
Les bibliothèques
La bibliothèque de Tintin
La lecture enchâssée en vignettes

Chapitre IV. Le silence de la ligne claire

Voir le bruit
L’arrière-pays sonore
La vignette aphasique
Écoutez-le, ce silence !
L’assonance du timbre fêlé
Silence !…Lancez le son
C’est fini, mille sabords !

Objectif vie : à Arsène

Annexe. Hergé : Les aventures de Tintin

Sources, reconnaissance

Il serait difficile à l’Oreille de ne pas en recommander la lecture.

 

Référence

Porret, Michel, Objectif Hergé. «Tintin, voilà des années que je lis tes aventures», Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Champ libre», 2021, 160 p. Ill.

Divergences transatlantiques 059

Définition du mot «nareux», Twitter, 8 janvier 2021

En 2021, le Petit Robert intègre le terme nareux : «Qui se montre difficile quant à la propreté de la nourriture et des couverts; qui éprouve facilement du dégoût.» Précision sur Twitter : «L’adjectif et nom nareux [est] employé dans le quart nord-est de la France ainsi que dans une bonne partie de la Belgique wallonne.» Il s’agit donc d’un régionalisme.

Sauf erreur de la part de l’Oreille tendue, le mot n’est pas employé au Québec.

On y utiliserait plutôt dédaigneux, que définit ainsi le dictionnaire numérique Usito : «Qui a tendance à éprouver du dégoût, de la répugnance.» Cette définition est accompagnée d’une remarque — «Cet emploi est sorti de l’usage en France» — et d’un exemple, tiré de l’œuvre de Gilbert LaRocque : «Jacqueline mange du bout des dents, son sourire artificiel accroché dans la face, elle porte des verres de contact depuis peu et ça la fait énormément cligner des yeux, on dirait qu’elle m’adresse des signaux en morse, et ça vient faire sa dédaigneuse chez nous !» (1972)

Synonyme : avoir le dédain de. Exemple : «Des sources conjugales proches de l’Oreille tendue ont le dédain des cretons

Accouplements 140

Kevin Lambert, Querelle de Roberval, 2018, couverture

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Petite, l’Oreille tendue a séjourné en Wallonie. Entre autres choses, elle en a rapporté une phrase fort utile pour elle (à l’époque) : «Wice qui l’brèsseû passe, li boldjî n’passe nin» (Où le brasseur passe, le boulanger ne passe pas).

Le narrateur de Querelle de Roberval (2018), de Kevin Lambert, ne pense pas autrement : «Judith, Bernard et une couple d’autres se sont aussi pris des bières; une 50, c’est aussi nourrissant qu’une tranche de pain» (p. 49).

 

[Complément du 7 janvier 2021]

Variation bruxelloise : «Une bière, ça vaut trois tartines

 

Référence

Lambert, Kevin, Querelle de Roberval. Fiction syndicale, Montréal, Héliotrope, 2018, 277 p.