Citation gastronomique de Noël ?

Marcel Schwob, Vies imaginaires, 2011, couverture

«Les repas étaient composés de choses délicates et inattendues, et les cuisiniers variaient sans cesse l’architecture des victuailles. Il ne fallait point s’étonner, en ouvrant un œuf, d’y trouver un bec-figue, ni craindre de trancher une statuette imitée de Praxitèle et sculptée dans du foie gras. Le gypse qui scellait les amphores était diligemment doré. Des petites boîtes d’ivoire indien renfermaient des parfums ardents destinés aux convives. Les aiguières étaient percées de diverses façons et remplies d’eaux colorées qui surprenaient jaillissant. Toutes les verreries figuraient des monstruosités irisées. En saisissant certaines urnes, les anses se rompaient sous les doigts et les flancs s’épanouissaient pour laisser tomber des fleurs artificiellement peintes. Des oiseaux d’Afrique aux joues écarlates caquetaient dans des cages d’or. Derrière des grillages incrustés, aux riches parois des murailles, hurlaient beaucoup de singes d’Égypte, qui avaient des faces de chien. Dans des réceptacles précieux rampaient des bêtes minces qui avaient de souples écailles rutilantes et des yeux rayonnés d’azur.»

Marcel Schwob, «Pétrone, romancier», dans Vies imaginaires, édition numérique, Saint-Cyr sur Loire, publie.net, coll. «Classiques», 2011.

Perplexité culinaire, bis

Soit la mention «Saveur simulée» sur les deux sacs ci-dessous.

Emballages de croustilles Lays, 2011

Le consommateur doit-il penser qu’il existe une telle chose qu’une saveur naturelle de chips au ketchup ou de chips aux cornichons à l’aneth ?

On serait étonné à moins.

P.-S. — La première «perplexité culinaire» de l’Oreille tendue date du 5 novembre 2009. Elle n’est pas moins troublante que celle-ci.