L’oreille tendue de… Chantal Thomas

Chantal Thomas, Cafés de la mémoire, éd. de 2017, couverture

«Les reines du Luxembourg n’avaient pas un regard pour moi. Elles restaient sourdes à mes demandes. Sous l’entrelacs de leurs tresses piquées de bijoux de pierre, elles semblaient tendre leur petites oreilles, à peine verdies à l’arrière du pavillon; en réalité, elles n’écoutaient rien.»

Chantal Thomas, Cafés de la mémoire. Récit, Paris, Seuil, coll. «Points», P4657, 2017 (2008), 344 p., p. 281.

L’oreille tendue de… Jacques Roubaud

Jacques Roubaud, Je suis un crabe ponctuel, 2016, couverture

«Toutes les choses sont infirmes
comment pourrait l’ombre l’écrire
comment l’œil sans se voiler de noir
l’oreille sans se tendre ?»

Jacques Roubaud, «Ombres», dans Octogone. Livre de poésie, quelquefois prose, Paris, Gallimard, 2014, repris dans Je suis un crabe ponctuel. Anthologie personnelle. 1967-2014, Paris, Gallimard, coll. «Poésie/Gallimard», 516, 2016, 192 p., p. 162.

L’oreille tendue de… Tristan Saule

Tristan Saule, Mathilde ne dit rien, 2021, couverture

«Elle interrompt son mouvement. Elle a cru entendre un bruit. C’est un bruit qu’elle connaît bien. Le grincement du tiroir du bureau de Jean-Philippe. Toutefois, avec le frottement des habits qu’elle manipulait, elle n’en est pas certaine. Elle attend, ne fait plus un geste, tend l’oreille.»

Tristan Saule [pseudonyme de Grégoire Courtois], Mathilde ne dit rien. Roman. Chroniques de la place carrée. I, Montréal, Le Quartanier, coll. «Parallèle», 02, 2021, 280 p., p. 22.

L’oreille tendue de… Négar Djavadi

Négar Djavadi, Désorientale, 2016, couverture

«Tendons l’oreille vers une discussion entre Darius et Oncle Numéro 3. Nous sommes le vendredi soir et les retrouvailles hebdomadaires des Sadr ont lieu chez Oncle Numéro 5.»

Négar Djavadi, Désorientale, Paris, Liana Levi, 2016. Édition numérique.

L’oreille tendue de… Leïla Slimani

Leïla Slimani, le Parfum des fleurs la nuit, 2021, couverture

«J’entre dans la salle contiguë où sont exposés de grands panneaux. Api e petrolio fanno luce a été réalisée à partir de la cire des cierges que les fidèles font brûler dans les églises de Rome. L’artiste, Alessandro Piangiamore, a fait fondre la cire qu’il a ensuite colorée et travaillée. La toile évoque un ciel d’orage en été, le défilement inquiet des nuages, la tempête prête à gronder. Elle est un entremêlement de blancs et de bleus, elle a des reliefs plus sombres, des creux emplis de lumière. De loin, on croirait que c’est de la peinture, et dès qu’on s’en approche, on perçoit la matière granuleuse et souple des bougies fondues. Si je tends l’oreille, peut-être entendrai-je les prières murmurées ? “Faites qu’il guérisse”, “Faites qu’il m’aime à nouveau”, “Seigneur, protégez mes enfants.”»

Leïla Slimani, le Parfum des fleurs la nuit, Paris, Stock, coll. «Ma nuit au musée», 2021. Édition numérique.