Curiosité voltairienne (et européenne)

Drapeau européen

Rester ou pas, pour la France, dans la communauté européenne ? Suivre l’exemple britannique ? Appuyer Marine Le Pen ou Emmanuel Macron ?

«The majority of the French agree with her (Le Pen). In an interview with the BBC in 2018, Macron admitted that if given the choice his people would probably follow Britain out of the EU. This is one reason why he has been so determined to make life difficult for post-Brexit Britain : pour encourager les autres» (Gavin Mortimer, «France is turning against the EU», The Spectator, 29 juillet 2025).

 

Dans le vingt-troisième chapitre de Candide (1759), le conte de Voltaire, on trouve ceci : «mais dans ce pays-ci [la Grande-Bretagne] il est bon de tuer de temps en temps un amiral pour encourager les autres.»

 

Voltaire est toujours bien vivant.

 

P.-S.—Traduction, à la DeepL : «La majorité des Français sont d’accord avec elle (Le Pen). Dans une interview accordée à la BBC en 2018, Macron a admis que, s’ils avaient le choix, ses concitoyens suivraient probablement la Grande-Bretagne hors de l’UE. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est si déterminé à rendre la vie difficile à la Grande-Bretagne post-Brexit : pour encourager les autres

Curiosité voltairienne (et québécoise)

Mario Polèse, le Miracle québécois, 2021, couverture

«Tous les lecteurs connaissent sans doute les “quelques arpents de neige” de Voltaire» (Mario Polèse, le Miracle québécois. Récit d’un voyageur d’ici et d’ailleurs, Montréal, Boréal, 2021, 332 p., p. 220 n. 6). Tous les lecteurs québécois, sans aucun doute.

 

Au début du vingt-troisième chapitre de Candide (1759), le conte de Voltaire, «Candide et Martin vont sur les côtes d’Angleterre; ce qu’ils y voient», Candide discute avec Martin sur le pont d’un navire hollandais : «Vous connaissez l’Angleterre; y est-on aussi fou qu’en France ? — C’est une autre espèce de folie, dit Martin. Vous savez que ces deux nations sont en guerre pour quelques arpents de neige vers le Canada, et qu’elles dépensent pour cette belle guerre beaucoup plus que tout le Canada ne vaut.»

 

Voltaire est toujours bien vivant.

Curiosité voltairienne (et jardinière)

Catherine Mavrikakis, les Derniers Jours de Smokey Nelson, 2011, couverture

«Le dieu de Pearl n’était pas le même que celui de ces gens et il ne demandait pas grand-chose aux humains. Il suffisait de cultiver son propre jardin pour l’apaiser.»

Catherine Mavrikakis, les Derniers Jours de Smokey Nelson. Roman, Montréal, Héliotrope, 2011, 303 p., p. 141.

 

Les derniers mots de Candide (1759), le conte de Voltaire, sont : «Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin.»

 

Voltaire est toujours bien vivant.

Curiosité voltairienne (et édénique)

Éric Plamondon, Pomme S, 2013, couverture

«Dieu n’est vraiment qu’un salaud. Pensez-y deux minutes. Il crée l’homme et la femme à son image. Il les installe au milieu d’un jardin merveilleux où tout est beau, doux et agréable. C’est le paradis. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes et ça pourrait durer éternellement. Mais voilà qu’il plante au beau milieu du jardin un arbre sur lequel est écrit : défense de toucher. C’est vraiment dégueulasse. Il aurait quand même pu le mettre ailleurs, son arbre de la connaissance. Il aurait pu l’entourer d’une barrière, genre grillage et fils de fer barbelés hérissés de lames de rasoir, comme à Guantánamo. Au lieu de ça, il met son arbre bien en vue. Il y fait pousser le plus beau fruit de la création. Il va voir Adam et Ève en leur disant qu’ils ont tous les droits, sauf celui de manger le fruit de l’arbre du bien et du mal.

On connaît la suite.»

Éric Plamondon, Pomme S. Roman. 1984 — Volume III, Montréal, Le Quartanier, «série QR», 63, 2013, 232 p., p. 45.

 

Au cinquième chapitre de Candide (1759), le conte de Voltaire, on lit : «Je demande très humblement pardon à Votre Excellence, répondit Pangloss encore plus poliment, car la chute de l’homme et la malédiction entraient nécessairement dans le meilleur des mondes possibles.»

 

Voltaire est toujours bien vivant.

 

P.-S.—L’Oreille tendue a présenté ce texte le 3 octobre 2013.

Curiosité voltairienne (et viticole)

Akos Verboczy, la Maison de mon père, 2023, couverture

«Je ne lui ai jamais demandé à qui la maison avait été vendue ni pour combien. Je ne lui ai pas dit non plus que j’aurais bien aimé en être l’acheteur à défaut d’en être l’héritier. Que, longtemps, j’ai fantasmé à l’idée de m’y installer pour mes vieux jours, d’y cultiver mon jardin, d’apprendre à faire du vin et de baptiser le fruit de mon labeur d’un nom à la fois comique et lourd de sens.»

Akos Verboczy, la Maison de mon père. Roman, Montréal, Boréal, 2023, 327 p., p. 75.

 

Les derniers mots de Candide (1759), le conte de Voltaire, sont : «Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin.»

 

Voltaire est toujours bien vivant.