Les bonnes manières se perdent

Simenon, Maigret chez le coroner, éd. originale de 1949, couverture

Dans Maigret chez le coroner (1949), Simenon envoie son personnage fétiche se balader aux États-Unis, histoire de le frotter à une société et à des procédures qu’il ne comprend pas.

Assis dans l’avion qui l’emmène de l’Arizona à la Californie, à la toute fin du roman, le commissaire écrit une lettre à sa femme, restée rue Richard-Lenoir, à Paris.

Comment s’adresse-t-il à elle ? «Ma chère Madame Maigret» (éd. de 2001, p. 189).

Ça, c’est du respect.

P.-S.—Cela étant, il la tutoie; ça fait désordre.

 

Référence

Simenon, Maigret chez le coroner, Paris, Presses de la cité, coll. «Le livre de poche», 14236, 188 p. Ill. Édition originale : 1949.

L’oreille tendue de… Simenon

Georges Simenon, les Gens d’en face, éd. de 1971, couverture

«Toute la matinée avait été ainsi marquée du signe de la gaucherie et de la gêne. Pendant qu’il écoutait ses visiteurs, il tendait l’oreille aux bruits de la chambre, trouvait des prétextes pour s’y rendre.»

Georges Simenon, les Gens d’en face, Paris, Fayard, coll. «Le livre de poche», 1971, 217 p., p. 67. Édition originale : 1933.

Fume, c’est du français

Bogdan, «Cannabis 02 bgiu»

Soit le tweet suivant, de l’ami François Bon :

Tweet de François Bon, 2015

Le fils aîné de l’Oreille tendue n’est pas d’accord : weed (herbe, pot, mari, marijuana) est masculin.

C’est corroboré, sur Twitter, par @revi_redac :

Sondage sur le genre du mot weed, Twitter, 2015

Le premier est français; les autres, québécois. S’agirait-il d’une divergence transatlantique ?

Ne reculant devant aucune prouesse technique, l’Oreille a lancé un sondage sur Twitter. Résultat (sur 19 répondants, après 15 heures) : 26 % pour le féminin; 74 % pour le masculin.

C’est là où nous en sommes.

 

[Complément du 21 avril 2026]

Le commissaire Maigret voyage aux États-Unis. En Arizona, il découvre quelque chose en matière de criminalité : «Il avait appris que le marijuana, une plante du Mexique, remplace peu à peu, pour les intoxiqués, l’opium et la cocaïne» (Maigret chez le coroner, p. 8). Le mot marijuana, pour Simenon, est donc masculin. C’est noté.

 

Illustration ci-dessus : Bogdan, «Cannabis 02 bgiu», 2005, photo déposée sur Wikimedia Commons

 

Référence

Simenon, Maigret chez le coroner, Paris, Presses de la cité, coll. «Le livre de poche», 14236, 188 p. Ill. Édition originale : 1949.

 

«Weed», graffiti, Montréal, 17 mai 2016

Fin de la promenade

«Les Québécois ont fait le tour du Bloc», titrait joliment le Devoir du 18 mars 2015 (p. A7).

Ce Bloc, c’est un parti politique, le Bloc québécois. Comment peut-on en «faire le tour» ?

Le bloc au Québec désigne le pâté de maisons. Qui en fait le tour est en promenade (généralement brève).

Celle des Québécois autour du Bloc québécois serait donc terminée.

Dont acte.

 

[Complément du 23 avril 2026]

Chez Georges Simenon, en 1949, dans Maigret chez le coroner : «Pour deux blocks, comme ils disaient, c’est-à-dire pour deux pâtés de maisons, ils sautaient dans leur voiture» (éd. de 2001, p. 72).

 

Référence

Simenon, Maigret chez le coroner, Paris, Presses de la cité, coll. «Le livre de poche», 14236, 188 p. Ill. Édition originale : 1949.

Simenon, Maigret chez le coroner, éd. originale de 1949, couverture