
(Accouplements : une rubrique où l’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)
Ducharme, Réjean, les Enfantômes. Récit, dans Romans, Paris, Quarto Gallimard, 2022, 1951 p., p. 1213-1366. Édition originale : 1976. Édition établie et présentée par Élisabeth Nardout-Lafarge. Vie & œuvre par Monique Bertrand et Monique Jean.
Les deux principaux protagonistes du roman sont «contre tout sentimentalisme nationaliste en même temps que pour le gros bon sens de l’indépendance des Québécois» (p. 1302).
Belleau, André, «L’esthétique du “oui”», Liberté, 128 (22, 2), mars-avril 1980, p. 9-11; repris dans Y a-t-il un intellectuel dans la salle ? Essais, Montréal, Primeur, coll. «L’échiquier», 1984, p. 78-79; repris, sous le titre «Avant le référendum de 1980 : l’esthétique du “oui”», dans Surprendre les voix. Essais, Montréal, Boréal, coll. «Papiers collés», 1986, p. 99-102; repris, sous le titre «Avant le référendum de 1980 : l’esthétique du “OUI”», dans Surprendre les voix. Essais, Montréal, Boréal, coll. «Boréal compact», 286, 2016, p. 97-100. https://id.erudit.org/iderudit/29851ac
«je suis antinationaliste et fédéraliste. J’estime en effet que l’indépendance demeure la meilleure façon de nous sortir de l’ornière nationaliste et que le gouvernement d’un Québec souverain devrait partager diverses compétences avec les collectivités régionales. On ne dira pas que ma position n’est pas dialectique» (éd. de 1980, p. 10).
Larose, Jean, «La littérature à distance», dans l’Amour du pauvre, Montréal, Boréal, coll. «Papiers collés», 1991, 254 p., p. 27-48.
«Notre culture pédagogique doit enfin être analysée comme un effet du nationalisme. Nous ne sommes pas encore un pays, et je suis de ceux qui croient que l’idéologie nationaliste québécois fait partie des obstacles, et non des ressources de l’indépendantisme québécois» (p. 43).
Ils ne sont pas nombreux à penser ainsi les liens entre nationalisme et indépendantisme au Québec (encore aujourd’hui) — mais ils ne sont pas seuls.




