«Si j’écris un meilleur allemand que la plupart des écrivains de ma génération, je le dois en grande partie à une seule petite règle que j’observe depuis vingt ans. C’est la suivante : ne jamais utiliser le mot “je”, sauf dans les lettres» (Walter Benjamin, Écrits autobiographiques, 1990).
[Complément du 25 novembre 2025]
Hélène Carrère d’Encausse, raconte son fils dans Kolkhoze (2025), ne semblait pas penser autrement :
Ma mère a toujours trouvé le «je» haïssable — et l’usage que j’en ai fait par la suite n’a, c’est le moins qu’on puisse dire, rien arrangé. Elle en tenait pour la troisième personne, objective et académique, qui était le dogme absolu des Sciences Po — la marge de choix possible se situant entre le «on» et le «nous». «On pourrait dire…» «Nous n’en disconviendrons pas…» (p. 229-230).
Références
Benjamin, Walter, Écrits autobiographiques, Paris, Christian Bourgois éditeur, coll. «Titres», 137, 2011, 434 p. Édition originale : 1990. Traduction de Christophe Jouanlanne et Jean-François Poirier. Édition allemande établie et annotée par le professeur Schweppenhäuser et le docteur Rolf Tiedemann.
Carrère, Emmanuel, Kolkhoze, Paris, P.O.L, 2025, 558 p.
