Les Lumières dans l’ordre alphabétique

Dickinson, deuxième saison, cinquième épisode, détail (vue d’une bibliothèque)

La télévision est une chose étonnante. Elle a les moyens de parler de tout, y compris d’une poétesse dont on ne cesse de dire qu’elle est recluse, Emily Dickinson.

La série Dickinson a été lancée en 2019. Dans le cinquième épisode de la deuxième saison, «La saveur du fruit défendu» (2021), un écrivain cher à l’Oreille tendue est évoqué.

Devant une bibliothèque, livres de Dickens et de Diderot à la main, le journaliste Samuel Bowles explique à la jeune Emily quelle sera sa place dans l’histoire de la littérature : «C’est là que vous serez, vous, juste là, Emily Dickinson, vos livres, entre le maître de la modernité, et les Lumières. Qu’est-ce que vous en dites ?»

L’Oreille, qui devrait se réjouir, souffre néanmoins un peu : Dickinson ne paraît pas savoir qui est Diderot («Pas grave», dit Sam), alors qu’elle connaît Dickens.

Il fait chaud, vous ne trouvez pas ?

Simone de Beauvoir, Faut-il brûler Sade ?, éd. de 2011, couverture

Moratoire en vue…

1955 : Faut-il brûler Sade ?

1959 : Faut-il brûler Teilhard de Chardin ?

1978 : Faut-il brûler les nouveaux philosophes ?

1978 : Faut-il brûler Sardou ?

1980 : Faut-il brûler la science ?

1981 : Faut-il brûler Piaget ?

1984 : Faut-il brûler la Suisse ?

1985 : Faut-il brûler le structuralisme ?

1986 : Faut-il brûler les homosexuels ?

1986 : Faut-il brûler la République ?

1991 : Faut-il brûler Marx ?

1991 : Faut-il brûler Descartes ?

1992 : Faut-il brûler Dumézil ?

1994 : Faut-il brûler les journalistes ?

1995 : Faut-il brûler les Arabes de France ?

1995 : Faut-il brûler Darwin ?

1997 : Faut-il brûler les mangas ?

1998 : Faut-il brûler Taylor ?

1999 : Faut-il brûler Régis Debray ?

2000 : Faut-il brûler les Rose-Croix ?

2001 : Faut-il brûler la science ? (bis)

2001 : Faut-il brûler Lénine ?

2002 : Faut-il brûler la dentelle mécanique ?

2004 : Faut-il brûler les technocrates ?

2004 : Faut-il brûler l’ONU ?

2006 : Faut-il brûler la Galigaï ?

2006 : Faut-il brûler le Code du travail ?

2006 : Faut-il brûler la gestion des compétences ?

2006 : Faut-il brûler le modèle social français ?

2007 : Faut-il brûler les rites ?

2008 : Faut-il brûler les HLM ?

2008 : Faut-il brûler Calvin ?

2009 : Faut-il brûler les banquiers ?

2010 : Faut-il brûler Freud ?

2010 : Faut-il brûler la contre-insurrection ?

2010 : Faut-il brûler ce livre ?

2012 : Faut-il brûler l’art contemporain ?

2013 : Faut-il brûler les humanités et les sciences humaines et sociales ?

2014 : Faut-il brûler Babylone ?

2014 : Faut-il brûler les institutions ?

2021 : Faut-il brûler les postmodernes ?

P.-S.—Cette liste est constituée uniquement de titres de livres présents dans le catalogue de la Bibliothèque nationale de France, sauf pour le plus récent.

Autopromotion 548

«Écritures», gravure d’Aubin, deuxième volume des planches de l’Encyclopédie, Paris, 1763, planche IV

La 456e livraison de XVIIIe siècle, la bibliographie de l’Oreille tendue, est servie.

La bibliographie existe depuis le 16 mai 1992. Elle compte 53 528 titres.

Illustration : «Écritures», gravure d’Aubin, deuxième volume des planches de l’Encyclopédie, Paris, 1763, planche IV

In memoriam. Larry Bongie (1929-2020)

Photo de Laurence (Larry) Bongie

Un vieil ami de l’Oreille tendue est mort le 26 décembre. Laurence (Larry) Bongie était un spécialiste de la littérature du XVIIIe siècle.

En 2003, la Société canadienne d’étude du dix-huitième siècle avait fait de Larry son premier membre d’honneur.

Selon l’article 2 de ses Statuts et règlements, la Société canadienne d’étude du dix-huitième siècle peut désigner un maximum de dix membres d’honneur. Les membres d’honneur sont des personnes à la retraite, dont la contribution aux études sur le XVIIIe siècle et à la vie de la Société a été jugée exceptionnelle. À sa réunion du 25 octobre 2003, le Bureau de la Société a nommé à ce titre Laurence L. Bongie.

Larry Bongie est professeur émérite de l’Université de la Colombie britannique, où il a fait toute sa carrière, de 1953 à 1992. Docteur de l’Université de Paris, il est officier dans l’Ordre des palmes académiques et membre de la Société royale du Canada.

Il est associé à la Société canadienne d’étude du dix-huitième siècle depuis sa création officielle en 1971. Il a participé activement à plusieurs de ses congrès, il a collaboré à l’organisation des congrès de 1979 et de 1987 à Vancouver, et il a été Western Vice-President de la Société.

Il travaille aussi bien en littérature française qu’en littérature anglaise. Pour s’en tenir au seul XVIIIe siècle, il a écrit sur Diderot, Condillac, Hume (son David Hume, Prophet of Counter Revolution en est à sa troisième édition), Charles-Edward Stuart, Sade et, plus récemment, Charles de Julie. Les qualités de ses recherches sont toujours les mêmes : travail documentaire de première main, respect des faits, refus des lieux communs.

Indeed the defining characteristic of Larry Bongie’s scholarship is a scrupulous respect for the facts: his conclusions are grounded on thoroughgoing research in archives and libraries. Larry has been known to say, “I call them as I see them,” and in this case one can be confident that he has seen the evidence. He is no captive to “idées reçues,” as his reading of the dispute between David Hume and Jean-Jacques Rousseau, and his biography of Sade (which Robert Darnton has called a “negative biography”) amply testify.

Thus, it is with great pride and pleasure that the Executive of CSECS introduces its first “honorary member,” Larry Bongie.

Il va nous manquer.

Nécrologie : <https://vancouversunandprovince.remembering.ca/obituary/laurence-bongie-1081321941>.

Wikipédia : <https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurence_L._Bongie>.

Plus récent livre paru : Sade. Un essai biographique (2017).