Le zeugme du dimanche matin et de Tonino Benacquista

Tonino Benacquista, Quelqu’un d’autre, éd. de 2003, couverture

«Obtempérer aux sermons de l’Autre, rentrer sagement au bureau, se noyer dans le travail plutôt que dans la vodka, retrouver Loraine ce soir et passer la nuit à ses côtés ?»

Tonino Benacquista, Quelqu’un d’autre. Roman, Paris, Gallimard, 2002. Édition numérique.

Les zeugmes du dimanche matin et de Tristan Saule

Tristan Saule, Mathilde ne dit rien, 2021, couverture

«le calme de grands jardins qui tiennent les routes et les indésirables à distance» (p. 20).

Les aiguillages «existent toujours, sous la végétation et l’indifférence» (p. 46).

«Elle a l’agréable sensation que l’air purifie son intérieur, qu’il aspire les poussières, les odeurs, les regrets, et qu’il les emporte dehors avec lui» (p. 138).

Tristan Saule [pseudonyme de Grégoire Courtois], Mathilde ne dit rien. Roman. Chroniques de la place carrée. I, Montréal, Le Quartanier, coll. «Parallèle», 02, 2021, 280 p.

L’oreille tendue de… Antoine Brea

Antoine Brea, l’Instruction, 2021, couverture

«S’ils savaient, non pas les provocateurs qui répandent à dessein ces bruits stupides, mais ceux qui tendent l’oreille, qui au tribunal s’en régalent, vers quel état recroquevillé a évolué ma libido depuis des mois, même des années, sans parler des effets maintenant des médicaments.»

Antoine Brea, l’Instruction. Roman, Montréal, Le Quartanier, série «QR», 154, 2021, 310 p., p. 116.

Les zeugmes du dimanche matin et de Laurent Mauvignier

Laurent Mauvignier, Histoires de la nuit, 2020, couverture

«Il s’assied tous les soirs, à l’heure du repas, dans la cuisine de son enfance, et, même entièrement refaite, on n’y peut rien, rien ne change dans le secret du temps, il ne suffit pas de rénover, retaper, cacher sous la peinture et la modernité, il y a toujours, qui affleurent, des relents d’une époque qu’on voudrait oublier» (p. 83).

«[…] oui, il arrive qu’on soit soulagé de la fermeture d’une usine, comme celle-ci où on a fabriqué pendant plus de quarante ans des plaques ondulées en fibrociment pour les bâtiments agricoles et des raccords de tuyauteries, mais surtout des cancers, et, pour ceux qui n’en sont pas morts, des dépressions liées à la peur de l’amiante, de vivre avec cette saloperie en soi» (p. 186).

«Et tout ça pour faire quoi de mieux, quoi de plus que venir s’enterrer dans un bled pourri du centre de la France, au milieu de rien, de champs suintant le pesticide et le cancer, l’ennui, la désertification et le ressentiment ?» (p. 577)

Laurent Mauvignier, Histoires de la nuit, Paris, Éditions de Minuit, 2020, 634 p.