Accouplements 69

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Tu accompagnes ton fils aîné à un match de football chez les bleuets. Tu prends une photo à partir de ta chambre. Tu la mets sur Twitter.

Presque trois ans plus tard, tu vois passer ceci, encore sur Twitter.

Alors, il n’y avait pas d’autobus et les travaux n’étaient pas finis.

Le niveau baisse ! (2008)

«Il n’y avait pas de nom précis pour cette impression de se trouver à la fois dans la stagnation et la mutation. Dans cette incapacité à saisir ce qui arrivait, un mot commençait à passer de bouche en bouche, les “valeurs” — sans que soient précisées lesquelles —, comme une réprobation générale des jeunes, de l’éducation, de la pornographie, du projet de Pacs, du cannabis et de la perte de l’orthographe. D’autres bouches se gaussaient de ce “nouvel ordre mondial”, ce “politiquement correct”, “prêt-à-penser”, prônaient la transgression et applaudissaient le cynisme de Houellebecq. Sur les plateaux de télé, les langages s’entrechoquaient sans fracas.»

Source : Annie Ernaux, les Années, Paris, Gallimard, coll. «Folio», 5000, 2015 (2008), 253 p., p. 205.

Pour en savoir plus sur cette question :

Melançon, Benoît, Le niveau baisse ! (et autres idées reçues sur la langue), Montréal, Del Busso éditeur, 2015, 118 p. Ill.

Benoît Melançon, Le niveau baisse !, 2015, couverture

État des lieux

Instrument de sélection littéraire

 

Pour le dire médiévalement, l’Oreille tendue se prépare à envoyer à son éditeur un bréviaire tiré de ce blogue. Elle a passé la Zamboni sur son manuscrit pour la deuxième fois aujourd’hui.

De quoi ce manuscrit a-t-il l’air ? Pour l’instant, il compte 83 000 mots, pour 305 entrées. Le blogue en comptant 2789, c’est dire que la sélection a été sanglante; il a fallu utiliser de solides outils pour y arriver.

Maintenant ? Ce devrait être chez l’éditeur au plus tard le 31 août, une fois reçus et intégrés commentaires et suggestions de lecteurs triés sur le volet.

Ça s’appellera, sans surprise, l’Oreille tendue.

P.-S. — L’Oreille ne s’en cache pas : publicitairement, elle souhaite mettre à profit quelques leçons tirées d’un article récent de René Audet, «Des sous-produits éditoriaux au secours de la littérature. Stratégies de construction d’image chez les éditeurs québécois contemporains» (Études françaises, 52, 2, 2016, p. 65-86. URL : <http://www.erudit.org/revue/etudfr/2016/v52/n2/index.html>).