Divergences transatlantiques 064

Confiture, vin, bois

Steven Jezo-Vannier a publié récemment Ella Fitzgerald. Il était une voix en Amérique. En bonne fan de la chanteuse, l’Oreille tendue est en train de lire ce livre.

Étonnement, page 161 : «En plus de lui dédier un set au cœur du spectacle, Norman [Granz] l’intègre aux jams survoltées qui concluent chaque programme.» Il est question de la participation de Fitzgerald aux concerts rassemblés sous le nom de Jazz at the Philharmonic.

Le Petit Robert (édition numérique de 2018) confirme : jam (de jam-session) est un mot féminin. Au Québec, l’Oreille ne l’a jamais entendu qu’au masculin.

Une recherche rapide dans la base de données médiatiques Eureka («jams» + 2 ans + corpus canadien en français) semble lui donner raison.

Pourtant, le mot n’a rien à voir avec l’univers de la locomotion

 

Référence

Jezo-Vannier, Steven, Ella Fitzgerald. Il était une voix en Amérique, Marseille, Le mot et le reste, 2021, 367 p. Ill.

Nostalgie du jour

L’Oreille tendue, dit-on, ne rajeunit pas. Elle en a vécu un nouvel exemple aujourd’hui.

Les Canadiens — c’est du hockey — jouent un match ce soir. La Société de transport de Montréal suggère aux spectateurs — 3500 dans le Centre Bell lui-même, plusieurs centaines à l’extérieur — de s’y rendre en métro.

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On doit entendre doublement «gagner la série» : le verbe désigne à la fois se rendre à et triompher.

Il y a sept (!) lustres, dans un cours de français destiné à des étudiants états-uniens, l’Oreille présentait le double sens de ce verbe avec une publicité pour du thon en boîte : «Gagnez le Sénégal.» (Vous achetiez du thon. Il y avait un concours. La récompense était un voyage.)

À la manière de Racine, l’Oreille sent parfois, et de plus en plus, «des ans l’irréparable outrage» (Athalie, acte II, sc. V).

Autopromotion 577

«Caractères et alphabets de langues mortes et vivantes», gravure de Goussier, deuxième volume des planches de l’Encyclopédie, Paris, 1763, planche V

La 474e livraison de XVIIIe siècle, la bibliographie de l’Oreille tendue, est servie.

La bibliographie existe depuis le 16 mai 1992. Elle compte 55 471 titres.

Illustration : «Caractères et alphabets de langues mortes et vivantes», gravure de Goussier, deuxième volume des planches de l’Encyclopédie, Paris, 1763, planche V