Autopromotion 480

Gravure de Charles Étienne Gaucher, d’après Charles Nicolas Cochin, 1788 ou 1789

La 408e livraison de XVIIIe siècle, la bibliographie de l’Oreille tendue, est servie.

La bibliographie existe depuis le 16 mai 1992. Elle compte 47 418 titres.

Illustration : «et le trait va percer son Cœur en glissant de l’Ouvrage», gravure de Charles Étienne Gaucher, d’après Charles Nicolas Cochin, 1788 ou 1789, Rijksmuseum, Amsterdam

Le zeugme du dimanche matin et de Robert Belleret

Robert Belleret, Paul Bocuse, 2019, couverture

«“Tu es monté jusqu’ici à vélo ? Tu n’es pas un feignant, je t’embauche !” lui glisse en substance la monumentale patronne (qui, à trente ans, pesait près de cent kilos), auréolée de gloire et de fins cheveux poivre et sel.»

Robert Belleret, Paul Bocuse. L’épopée d’un chef, Paris, Éditions de l’Archipel, coll. «Biographie», 2019, 259 p., p. 38.

L’oreille tendue de… Simenon

Georges Simenon, Maigret et le tueur, 1969, couverture

«Lucas et Lapointe tendirent l’oreille, bien entendu, dès que commença l’enregistrement pris au Café des Amis

Georges Simenon, Maigret et le tueur (1969), dans Tout Maigret. 9, préfaces de Jean-Luc Bannalec, notes de Michel Carly, Paris, Omnibus, 2019, p. 319-476, p. 361.

Pauvre lui

Éric Chevillard, Démolir Nisard, 2006, couverture

Ce matin, l’Oreille tendue donnera la deuxième séance de son cours Questions d’histoire de la littérature à l’Université de Montréal.

Elle citera Désiré Nisard.

Et elle citera Éric Chevillard :

Mais comment sais-tu tout cela ? me demande Métilde. Il suffit pourtant de lire quelques lignes de ce sinistre cagot pour ne plus rien ignorer de lui et deviner d’où il vient, de quel œuf pourri, de quelle enfance contrariée il est issu. Mais, certainement, Métilde a mieux à faire que d’envoyer un bibliothécaire extraire dans les arrière-fonds poussiéreux de la réserve les quatre tomes, scellés par l’humidité et l’indifférence séculaire du lectorat, de l’Histoire de la littérature française de Nisard et laisser se faner dans ces pages quelques heures de sa jeunesse, de sa beauté fascinante. Comme je souffrirais de savoir Métilde enlisée jusqu’à mi-corps dans ce marécage ! Métilde prisonnière de la boue grise de ces volumes et Nisard tout au fond rampant comme un visqueux reptile, s’enroulant autour de ses chevilles, Nisard tapi au creux de son œuvre idéalement vide, triste construction de pâte à papier, et guettant la proie juvénile, après des décennies de solitude amère à peine troublées par la visite oblique de quelque universitaire pressé en quête d’une référence pour une note en bas de page, Nisard vautré dans sa fange avisant soudain le pied rose de Métilde, y ventousant ses lèvres flasques, Nisard dont j’ai toujours soupçonné la secrète abjection, incapable cette fois de cacher son jeu et de se dominer après une si longue abstinence, et se jetant sur elle en crachotant, l’œil fou, l’air hagard (p. 11).

 

Référence

Chevillard, Éric, Démolir Nisard, Paris, Éditions de Minuit, 2006, 172 p.