Le guide alimentaire canadien

Gros travaux ces jours-ci, et pour plusieurs semaines, à la maison. Dans le jardin, ce cratère.

L’entrepreneur qui l’a creusé craint les retards de ses sous-traitants. S’ils étaient incapables de respecter leurs engagements, il risque de manger de l’argent, dit-il — autrement dit, de travailler à perte.

Pour équilibrer son alimentation, il y a mieux.

Café

Que boit n’importe quel quidam ? Un café / un expresso court.

Que boit un personnage de roman, par exemple dans la Salle de bain de Jean-Philippe Toussaint ? Un «café succinct» (p. 56).

Voilà pourquoi il nous faut des écrivains.

Référence

Toussaint, Jean-Philippe, la Salle de bain suivi de Le jour où j’ai rencontré Jérôme Lindon, Paris, Éditions de Minuit, coll. «Double», 32, 2005 (1985), 139 p.

Signes distinctifs recherchés

Le Pullman est un bar à vin montréalais. Quelle «faune» y trouve-t-on ? «[De] façon générale, on y croise surtout des professionnels et autres adultes urbains à la recherche d’une atmosphère intelligente et de vins et de nourriture de qualité» (la Presse, 26 décembre 2009, cahier Gourmand, p. 5).

Comment reconnaît-on une «atmosphère intelligente» ? Des «adultes urbains» ?

Pour le second cas, ce devrait être facile. L’Oreille tendue suppose que l’adulte urbain se nourrit de cuisine «dite urbaine d’inspiration internationale» et qu’il écoute de la musique «à saveur urbaine», voire «à saveur lounge et urbaine» (ça se pratique, entre autres endroits, à Québec).

Pour le premier, il lui faudrait des indices.

Autopromotion 002

Benoît Melançon, Bangkok, 2009, couverture

Vient de paraître : Benoît Melançon, Bangkok. Notes de voyage, Montréal, Del Busso éditeur, coll. «Passeport», 2009, 62 p. Quinze photographies en noir et blanc. ISBN : 978-2-923792-00-2. (14,95 $)

Site de l’éditeur : <http://delbussoediteur.ca/publications/bangkok/> (description, commandes).

Deux extraits :

«Tricycle motorisé, clinquant, pétaradant, omniprésent. Le tuk-tuk a beau être ouvert sur les côtés, il offre de la ville une vue bien singulière : que des jambes sur les trottoirs, que des roues dans la rue. Son toit bas aplatit l’espace, le regard» (p. 12).

«Dans un restaurant chinois, la nourriture, déposée sur un plateau, vient à notre rencontre. Dans un japonais, ce sont des rails qui charroient, en boucle, les sushis. Les Thaïlandais aiment manger, et la mécanique» (p. 48).

 

[Complément du 31 août 2011]

Le livre est désormais disponible en format numérique.

 

[Complément du 7 novembre 2016]

À tuk-tuk, l’Office québécois de la langue française préfère l’autopousse ou le rickshaw pour désigner une «Voiturette motorisée à trois roues, typique de plusieurs pays asiatiques, que l’on conduit comme une petite moto et qui sert au transport de passagers, assis sur une banquette protégée des intempéries». L’Oreille tendue ne sait pas si elle va pouvoir s’y faire. Heureusement qu’il y a cette note : «Selon le pays où on le trouve, ce véhicule peut avoir des appellations locales. Par exemple, en Thaïlande on l’appelle couramment touk-touk (ou tuk-tuk), une onomatopée formée d’après le bruit du moteur.»