L’oreille tendue de… Michel Tremblay, bis

Michel Tremblay, la Diaspora des Desrosiers, 2017, couverture

«Elle va écouter, comme elle le fait derrière la porte de sa chambre, à Montréal, quand elle sent que la conversation risque de devenir intéressante pendant les parties de cartes. Elle éteint la lampe à huile pour ne pas révéler sa présence et tend l’oreille.»

Michel Tremblay, la Traversée des sentiments (2009), dans la Diaspora des Desrosiers, préface de Pierre Filion, Montréal et Arles, Leméac et Actes sud, coll. «Thesaurus», 2017, 1393 p., p. 463.

Autopromotion (brève et indirecte) 321

Il y a quelques années, l’Oreille tendue a eu le plaisir de publier un court livre de Marc Zaffran / Martin Winckler, Profession médecin de famille. Sur ce blogue, elle a abordé le statut du français populaire du Québec dans un de ses romans policiers, les Invisibles. Depuis quelques années, elle et lui se croisent à l’occasion à Montréal.

Quand le romancier lui a demandé de lire quelques passages d’un roman (alors) à paraître, histoire de voir ce qu’il en était du français québécois d’un des personnages, l’Oreille n’allait évidemment pas refuser.

C’est de cela qu’il est brièvement question à la quinzième minute de cette vidéo présentant les Histoires de Franz.

P.S.—Il arrive aussi à MZ / MF de pratiquer le zeugme.

Références

Winckler, Martin, les Invisibles, Paris, Fleuve noir, 2011, 277 p.

Winckler, Martin, les Histoires de Franz, Paris, P.O.L, 2017, 528 p.

Zaffran, Marc, Profession médecin de famille, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Profession», 2011, 72 p.

L’oreille tendue de… Mauricio Segura, bis

Mauricio Segura, Oscar, 2016, couverture

«Lorsqu’un air de piano résonna, Oscar s’immobilisa, les mains dans les poches de son imper, coiffé de son feutre tout neuf, l’oreille tendue, à l’affût.»

Mauricio Segura, Oscar, Montréal, Boréal, 2016, 231 p., p. 102.

Chronique automobilo-gastronomique

Archives Montréal, vendeur ambulant, Montréal, 1947

Soit la phrase suivante, tirée du Devoir du jour :

Ce nouveau magazine culinaire [Sel et diesel] nous emmène dans les villes canadiennes où se multiplient les camions-restaurants, à la rencontre de ceux qui les chauffent, dans tous les sens du terme, et de leur cuisine (p. B7).

Pourquoi ce «dans tous les sens du terme» pour qualifier «chauffent» ? C’est que les camionneurs-restaurateurs chauffent des aliments dans leur véhicule et qu’ils le conduisent, chauffer étant un synonyme de ce verbe dans le français populaire du Québec.

Chauffer s’emploie avec un complément d’objet direct — chez Michael Delisle, on «chauffe» une auto (le Sort de Fille, p. 37) — ou seul — «Viens chauffer pendant que je lève le tronc», peut-on lire chez William S. Messier (Dixie, p. 129).

Illustration : Archives Montréal, vendeur ambulant, Montréal, 1947, rue de Bordeaux, angle Ontario, photographie disponible sur Wikimedia Commons.

Références

Delisle, Michael, le Sort de Fille. Nouvelles, Montréal, Leméac, 2005, 120 p.

Messier, William S., Dixie, Montréal, Marchand de feuilles, 2013, 157 p. Ill.