Le niveau baisse ! (1873)

Le Canada est un «pays où disparaît de jour en jour la langue de la France».

Source : Arthur Buies, Chroniques canadiennes, humeurs et caprices, Montréal, Eusèbe Sénécal & Fils, 1884, réédition augmentée de Chroniques, humeurs et caprices, Québec, Typographie de C. Darveau, 1873, cité dans Laurent Mailhot, Anthologie d’Arthur Buies, Montréal, Hurtubise HMH, coll. «Cahiers du Québec. Textes et documents littéraires», 37, 1978, p. 55.

P.-S. — L’Oreille tendue avoue avoir un faible pour Arthur Buies.

Pour en savoir plus sur cette question :

Melançon, Benoît, Le niveau baisse ! (et autres idées reçues sur la langue), Montréal, Del Busso éditeur, 2015, 118 p. Illustré.

Benoît Melançon, Le niveau baisse !, 2015, couverture

Pierre Pachet

En 1995, l’Oreille tendue pilotait un numéro de la revue Littérales (Université de Paris X-Nanterre) intitulé «L’invention de l’intimité au Siècle des lumières».

Elle avait lu et fort apprécié, quelques années plus tôt, le livre les Baromètres de l’âme (1990) de Pierre Pachet. Elle a lui donc demandé un article, que celui-ci a accepté de lui donner, même s’ils ne se connaissaient pas. Cela s’est appelé «Vers une sténographie de l’intime. Entre Fénelon et Constant : Karl Philipp Moritz».

Pierre Pachet, né en 1937, est mort aujourd’hui.

Références

Pachet, Pierre, les Baromètres de l’âme. Naissance du journal intime, Paris, Hatier, coll. «Brèves Littérature», 1990, liv/140 p. Ill. Éditions revues et augmentées : Paris, Hachette, coll. «Pluriel», 1015, 2001, 187 p.; Paris, le Bruit du temps, 2015, 164 p.

Pachet, Pierre, «Vers une sténographie de l’intime. Entre Fénelon et Constant : Karl Philipp Moritz», Littérales, 17, 1995, p. 41-56. Revue publiée par l’Université Paris X-Nanterre.

Du théâtre à la fiscalité

L’Oreille tendue connaissait déjà la théâtrale : au XVIIIe siècle, Palissot disait du Fils naturel, le drame bourgeois de Diderot, que c’était une «sodomie théâtrale» (le Neveu de Rameau, éd. Fabre 1977, p. LXXI).

Sous la plume d’Yves Boisvert, dans la Presse+, elle (re)découvre, s’agissant de course automobile, la fiscale : «Et allez hop ! on est partis pour une autre ronde de sodomie fiscale dans la joie et l’allégresse» (10 juin 2016).

De 2003 à aujourd’hui, le journaliste en distingue deux types.

Celle qui est imposée : «Alors on se prépare pour une autre séance de sodomie fiscale non consentante, mesdames et messieurs» (17 juin 2016); «Je suis contre la sodomie fiscale forcée que nous propose en souriant un vieillard qui s’en met plein les poches» (13 octobre 2003).

Celle qui est acceptée : «C’est néanmoins, j’en conviens tout à fait, une forme de sodomie fiscale consentante assez répugnante que pratique Bernie Ecclestone» (15 septembre 2010).

De quelle catégorie relève celle de Diderot / Palissot ? On ne le sait pas.

P.-S. — Ce n’est pas la première fois que l’Oreille parle de F1.

Référence

Diderot, Denis, le Neveu de Rameau, Genève, Droz, coll. «Textes littéraires français», 37, 1977 (1re édition : 1950), xcv/329 p. Édition critique avec notes et lexique par Jean Fabre.

Leçon de langue journalistique du jour

«— D’ailleurs, je ne manque pas d’occupation, j’ai mille choses à faire, reprit Rudolf, comme pour se justifier. Je suis free-lance. Pour le Journal des marins, enfin, ce genre de truc. J’ai entendu dire qu’ils voulaient me demander de revenir à la rédaction, ce n’est qu’une question de temps…

— Free-lance ? interrogea Erlendur.

— Oui, free-lance.

— Ce qui veut dire… ?

— Vous ne savez pas ce que veut dire free-lance, mon vieux ? s’agaça Rudolf, un peu plus réveillé.

— Vous voulez dire que vous êtes pigiste ? demanda Erlendur.»

Arnaldur Indridason, le Lagon noir, traduction d’Éric Boury, Paris, Métailié, coll. «Métailié noir. Bibliothèque nordique», 2016 (2014), 317 p., p. 117-118.