L’oreille tendue de… Gustave Flaubert

George Sand et Gustave Flaubert, Correspondance 1863-1876, éd. de 2011, couverture

«Voilà six semaines que nous attendons de jour en jour la visite des Prussiens. On tend l’oreille, croyant entendre au loin le bruit du canon. Ils entourent la Seine Inférieure dans un rayon de quatorze à vingt lieues. Ils sont même plus près, puisqu’ils occupent le Vexin, qu’ils ont complètement dévasté. Quelles horreurs ! C’est à rougir d’être homme !»

Lettre de Gustave Flaubert à George Sand, 30 octobre 1870, dans Correspondance 1863-1876, Clermont-Ferrand, Éditions Paleo, «La collection de sable», 2011, 439 p., p. 228.

L’oreille tendue de… Jean-François Vilar

Jean-François Vilar, les Exagérés, 1989, couverture

«Je lui parlai distraitement du musée Grévin, des cires, de mon attachement irraisonné à la figure de la princesse de Lamballe et à quelques autres départs d’itinéraires possibles. Il tendit l’oreille, toujours prêt à capter une idée récupérable.»

Jean-François Vilar, les Exagérés, Paris, Seuil, coll. «Fiction & cie», 1989, 351 p., p. 69.

P.-S.—En sa jeunesse, l’Oreille tendue a rendu compte de ce roman pour le magazine Spirale; c’est ici.

L’oreille tendue de… Yasunari Kawabata

Yasunari Kawabata, le Maître ou Le tournoi de Go, 1975, couverture

«Tandis qu’il jouait Blanc 130, le son d’une flûte dont jouait un habile musicien était parvenu jusqu’à nous, clamant dans une certaine mesure la tempête qui faisait rage sur le damier.

Le Maître avait tendu l’oreille; il sembla s’abandonner aux réminiscences.

Du sommet des collines, vois là-bas la vallée,

Les melons qui fleurissent tous en rangs alignés…»

Yasunari Kawabata, le Maître ou Le tournoi de Go, traduction de Sylvie Regnault-Gatier, Paris, Albin Michel, 1975, 213 p., p. 199.

L’oreille tendue de… Émile Zola

Émile Zola, la Conquête de Plassans, couverture

«Ça, murmurait-il, l’oreille tendue du côté de la sous-préfecture, ce sont les voix de M. de Condamin et du docteur Porquier. Ils doivent se moquer des Paloque. Avez-vous entendu le fausset de M. Delangre, qui a dit : “Mesdames, vous devriez rentrer; l’air devient frais.” Vous ne trouvez pas qu’il a toujours l’air d’avoir avalé un mirliton, le petit Delangre ?»

Émile Zola, la Conquête de Plassans, Paris, Fasquelle, coll. «Bibliothèque Charpentier», 1954, 392 p., p. 146.