L’oreille tendue de… Simenon

Simenon, le Train, 1961, couverture

«Nous avons mangé en silence, dans la cuisine, comme toujours, tendant l’oreille, sans trop en avoir l’air, à cause de Sophie, aux bruits du dehors. On aurait dit que notre fille elle-même hésitait à poser des questions et elle nous observait l’un après l’autre en silence.»

Simenon, le Train (1961), dans Romans. II, édition établie par Jacques Dubois, avec Benoît Denis, Paris Gallimard, coll. «Bibliothèque de la Pléiade», 496, 2003, p. 807-916 et 1604-1620, p. 818.

L’oreille tendue de… Sébastien La Rocque

Sébastien La Rocque, Un parc pour les vivants, 2017, couverture

«La ville bruit en sourdine et le store est tiré, comme d’habitude. Michel étire le bras et trouve ses lunettes du premier coup. Il tend l’oreille. Quelle heure peut-il être ?»

Sébastien La Rocque, Un parc pour les vivants, Montréal, Le Cheval d’août, 2017, 167 p., p. 41.

L’oreille tendue de… Gabrielle Roy

Gabrielle Roy, Bonheur d’occasion, édition de 1976, couverture

«Azarius fut surpris du ton de sa propre voix. Il avait parlé haut s’en sans douter. Et pendant quelque temps, il écouta la plainte du vent, l’oreille tendue, et se demandant s’il ne venait pas de s’assoupir.»

Gabrielle Roy, Bonheur d’occasion, Montréal, Librairie Beauchemin, 1976 (1945), nouvelle édition, 345 p., p. 141.

L’oreille tendue de… Jean-Simon DesRochers

Jean-Simon DesRochers, les Inquiétudes, 2017, couverture«Malgré les nettoyages intensifs, le cumul de désinfectants ainsi que deux couches de peinture aux murs et au plafond, l’ancienne chambre de Pénélope garde un relent d’odeur médicamenteuse. L’oreille tendue en direction du plafond, Pauline déduit que le bois du plancher a probablement absorbé sa part d’effluves.»

Jean-Simon DesRochers, les Inquiétudes. L’année noire – 1, Montréal, Les Herbes rouges, 2017, 591 p., p. 517.

P.-S. — L’auteur ne cache pas d’où vient son intention.

 

 

L’oreille tendue de… Akos Verboczy

Akos Verboczy, Rhapsodie québécoise, 2016, couverture«Je suis certain qu’il y a des chefs-d’œuvre littéraires à pondre sur l’éprouvante inspiration [que la Philippine] va prendre, là, tendez bien l’oreille, comme chaque matin avant d’aller s’occuper du ménage chez les Johnson de la rue Victoria, nourrir leur chien, sortir leurs enfants. Je suis convaincu que cette inspiration est celle de milliers d’autres femmes de toutes origines, chaque matin, chacune dans son parc, sur son banc. J’aimerais qu’elles puissent un jour se rencontrer, être ensemble, pour qu’on les entende toutes. Je suis sûr que pour y arriver, il faut d’abord en revenir. En revenir de la différence qui semble en obséder tant et qui cache l’humanité.»

Akos Verboczy, Rhapsodie québécoise. Itinéraire d’un enfant de la loi 101, Montréal, Boréal, 2016, 240 p. Édition numérique.