L’oreille tendue de… Dani Sinclair

Dani Sinclair, Un bébé à protéger, 2009, couverture«Tout avait commencé la semaine dernière, lorsqu’elle avait surpris une conversation entre deux de ses frères. Elle n’avait pas l’intention de les espionner, mais quand Mike, le policier, avait appris à Edward, le juge, qu’un réseau organisant des adoptions illégales de nourrissons allait prochainement échanger un bébé contre de l’argent dans la petite bourgade de Bitterwater, elle avait tendu l’oreille. Et au moment où Mike avait ajouté avec regret qu’il n’avait pas assez d’hommes pour effectuer une surveillance constante des endroits susceptibles de servir de théâtre à l’opération, Jane s’était dit que c’était la chance de sa vie.»

Dani Sinclair, Un bébé à protéger suivi de Mallory Kane, Retour à Dusty Springs, Paris, Harlequin, coll. «Black rose», 2009, chapitre 1.

L’oreille tendue de… Christine Eddie

Christine Eddie, le Cœur de la crevette, 2012, couverture«Elle sent peut-être ton malaise parce que, comme pour te consoler, elle s’empresse d’ajouter qu’elle a toujours su, pourtant, que le couple et elle, ça n’irait pas. Sans te rendre compte que ça s’applique aussi à toi, tu reprends espoir et tu tends à nouveau l’oreille.»

Christine Eddie, le Cœur de la crevette, Québec, Alto, coll. «On a tous les jours 5 ans», 2012. Édition numérique.

L’oreille tendue de… Émile Zola

La Bête humaine, film de Jean Renoir, 1938, image de titre«Aussi, madame Lebleu avait-elle réveillé Lebleu, pour lui apprendre ce fait extraordinaire. La veille, ils ne s’étaient pas couchés avant l’arrivée de l’express de Paris, à onze heures cinq, brûlant de savoir ce qu’il advenait de l’histoire du sous-préfet. Mais ils n’avaient rien pu lire dans l’attitude des Roubaud, qui étaient revenus avec leur figure de tous les jours; et, vainement, jusqu’à minuit, ils avaient tendu l’oreille : aucun bruit ne sortait de chez leurs voisins, ceux-ci devaient s’être endormis tout de suite, d’un profond sommeil.»

Émile Zola, la Bête humaine, Paris, G. Charpentier et E. Fasquelle, éditeurs, 1893, 415 p., p. 72.

L’oreille tendue de… David Turgeon

David Turgeon, les Bases secrètes, 2012, couverture«La nuit tombe, Irénée continue de tendre l’oreille : mais Ignace ne l’appelle pas. Il a sûrement faim, se dit le gros homme avec reproche. Il a faim ! gémit-il alors, il faut le nourrir ! Et du fond des âges, une voix lui répond. Il croit qu’il hallucine, demande qui parle ? et pour un moment plus rien. Il se demande ce que disait la voix, c’était si soudain, et qui nous dit qu’elle parlait bien français ?»

David Turgeon, les Bases secrètes, Montréal, Le Quartanier, «série QR», 59, 2012, 189 p., p. 126.

L’oreille tendue de… Dany Laferrière

Dany Laferrière, l’Odeur du café, éd. de 2010, couverture«Le frère Simon vient de la Bretagne. Il enseigne le français. Le frère Simon a la mauvaise habitude de nous faire prier en silence dès qu’il entre dans la classe. On se met à genoux sur nos sièges respectifs. La tête baissée. En silence. Soudain un cri d’oiseau. Tout le monde se tourne spontanément vers la fenêtre. Un autre cri. Le frère Simon tend l’oreille. Le cri est au milieu de nous. Le frère marche dans les allées en regardant chacun de nous droit dans les yeux.»

Dany Laferrière, l’Odeur du café, Montréal, Typo, 2010 (1991), 227 p., p. 192.