Autopromotion 264

Benoît Melançon, l’Oreille tendue, 2016, couverture

Le plus récent livre de l’Oreille tendue, chez Del Busso éditeur, arrive en librairie cette semaine :

Melançon, Benoît, l’Oreille tendue, Montréal, Del Busso éditeur, 2016, 411 p. ISBN : 978-2-923792-99-6. (27,95 $ CAN)

Sa bande-annonce

Sa quatrième de couverture

Essayiste, professeur et éditeur, Benoît Melançon est l’auteur de plusieurs livres remarqués : Les yeux de Maurice Richard (2006); Écrire au pape et au Père Noël (2011); Langue de puck (2014); Le niveau baisse ! (2015). En 2012, il recevait du gouvernement du Québec sa plus haute distinction en matière de qualité et de rayonnement de la langue française, le prix Georges-Émile-Lapalme.

L’Oreille tendue reprend 300 textes publiés sur son blogue.

Avoir l’oreille tendue…

…c’est se souvenir que son grand-père disait slices pour sandwichs.

…c’est regarder, sourire en coin, le plombier qui déplore la problématique de son tuyau.

…c’est réentendre une chanson où il était question des djos de Ginette.

…c’est retrouver intact, au détour d’un discours, un mot oublié depuis quarante ans.

…c’est lire ou regarder la télévision, crayon à la main, à la recherche du mot rare, de l’expression incongrue, de l’invention spectaculaire, du tic à la mode.

…c’est s’interroger en entendant des tournures comme passer un tapis, faire du pouce sur mon voisin, prédécéder, avoir une poignée dans le dos, être swag, se garder une petite gêne, gosser les poils de grenouille.

…c’est prendre la langue au sérieux, sans montée de lait, mais en pestant à l’occasion.

Illustration de la couverture : Samuel Cantin

Son avant-propos

L’Oreille tendue est née le 14 juin 2009. Ma vie numérique était intense depuis plusieurs années, mais, jusque-là, je n’avais pas trouvé l’approche qui me permettrait de créer un blogue.

J’ai pourtant utilisé, au fil des âges numériques, au moins quatre formats de disquettes. J’ai eu des adresses de courriel, dès la fin des années 1980, sur aol.com et sur compuserve.com, puis sur un serveur universitaire à partir de 1991. L’année suivante, de Paris, j’ai lancé une bibliographie numérique sur le XVIIIe siècle à partir d’un Minitel branché à Internet (si, si). J’ai monté mes premières pages Web, dans un éditeur de texte, presque au moment même de l’apparition d’Internet pour le grand public. J’ai publié un livre sur le courrier électronique, Sevigne@Internet, en 1996, fruit d’une conférence de l’année précédente. Le 18 mars 1997, je donnais pour la première fois une séance de cours, à l’Université de Montréal, sur «Informatique et littérature» (j’ai été reçu assez fraîchement). J’ai géré — les plus vieux se souviendront peut-être de la chose — un site gopher pendant quelques années. Bref, mes expériences numériques étaient nombreuses et anciennes, mais il m’en manquait une.

C’est en dirigeant un mémoire de maîtrise à l’Université de Montréal que j’ai découvert les deux principes qui allaient me permettre de bloguer. Ce mémoire, «Du blogue au livre. Réflexions sur la nature générique du blogue», ne portait pas stricto sensu sur le blogue, mais sur la transformation en livres du contenu de trois blogues québécois. Son auteur, Éric Vignola, y formulait deux hypothèses : que les blogues qui durent proposent très régulièrement de nouveaux textes; que ces blogues ont une thématique forte.

Pour moi, cette thématique serait la langue, et la périodicité, pendant plusieurs années, quotidienne. Je pouvais devenir blogueur. À ces deux principes fondateurs, un troisième s’est rapidement ajouté : un personnage y parlerait, l’Oreille tendue; ce serait moi sans être moi, l’enseigne à laquelle je logerais.

Pourquoi m’obliger à écrire tous les jours ? Au moment de lancer mon blogue, j’occupais des postes de direction dans mon université. Pour écrire autre chose que de la prose administrative, rien de tel qu’une obligation comme celle-là. (Cela va sans dire : écrire rend heureux.)

Avoir une thématique forte, en l’occurrence les questions de langue, surtout au Québec, mais pas uniquement, n’interdit pas d’aborder d’autres sujets. L’Oreille tendue parle donc aussi de sport et de culture, de politique, d’actualité, de livres.

Les pages qui suivent reprennent quelques-uns des 2797 textes publiés à ce jour sur mon blogue. Des ensembles de textes ont été complètement laissés de côté : les citations, les portraits choisis, les annonces autopromotionnelles, les entrées collées sur l’actualité, les néologismes et leurs définitions, les bibliographies, les entrées de mon dictionnaire personnel de rhétorique. Il en va de même pour ceux déjà repris sous forme de livre, dans Langue de puck. Abécédaire du hockey (2014), puis dans Le niveau baisse ! (et autres idées reçues sur la langue) (2015). Le blogue est illustré; pas ce livre. En ligne, il y a des commentaires des lecteurs; point ici. L’Oreille tendue s’appuie souvent sur le Dictionnaire québécois instantané que j’ai cosigné avec Pierre Popovic (2004); quand c’est le cas, je n’ai généralement pas retenu ces textes.

Les textes conservés ont été regroupés thématiquement et, très souvent, réécrits, découpés, réorganisés, augmentés, sans que soit retenue leur date de parution initiale. Ils devraient donner une idée du contenu de L’Oreille tendue, mais sans s’y substituer. Un blogue, ce n’est pas un livre. Ce livre n’est pas mon blogue.

Benoît Melançon
31 août 2016

Sa table des matières

Autoportraits

Avoir l’oreille tendue

Brèves 01

Lubies

Scènes de la vie de famille

Jeunesse de la langue

Listes

Sacrons

Accouplements

Travaux pratiques

Images

Brèves 02

Québécismes

Figures

Tu

Langue parlée

Langues en contact

Brèves 03

Politique

Langues de bois

L’amatrice de sport

Bibliothèque linguistique

Ma cabane au Canada

Lectures d’ailleurs

Lectures d’ici

Péripéties d’une tchén’ssâ

Remerciements

Bibliographie

Dans les médias

«Le livre que M. Melançon lance ces jours-ci reprend les textes de son blogue qu’il a remaniés et regroupés par thèmes. Ce n’est pas un livre qu’on lit d’un trait, on le déguste plutôt à petites doses» (Nathalie Collard, la Presse+, 6 novembre 2016).

 

Références

Melançon, Benoît, en collaboration avec Pierre Popovic, Dictionnaire québécois instantané, Montréal, Fides, 2004 (deuxième édition, revue, corrigée et full upgradée), 234 p. Illustrations de Philippe Beha.

Melançon, Benoît, Épistol@rités, Saint-Cyr sur Loire, publie.net, coll. «Washing Machine», 2013. Livre numérique. Recueil de trois textes : Sevigne@Internet. Remarques sur le courrier électronique et la lettre (1996), «Postface inédite : Quinze ans plus tard» (2011) et «Épistol@rités, d’aujourd’hui à hier» (2011). URL : <http://www.publie.net/fr/ebook/9782814506602/epistol@rites>.

Melançon, Benoît, Langue de puck. Abécédaire du hockey, Montréal, Del Busso éditeur, 2014, 128 p. Préface de Jean Dion. Illustrations de Julien Del Busso.

Melançon, Benoît, Le niveau baisse ! (et autres idées reçues sur la langue), Montréal, Del Busso éditeur, 2015, 118 p. Ill.

Melançon, Benoît, l’Oreille tendue, Montréal, Del Busso éditeur, 2016, 411 p.

Vignola, Éric, «Du blogue au livre. Réflexions sur la nature générique du blogue», Montréal, Université de Montréal, mémoire de maîtrise, juillet 2009, x/114 p. URL : <http://hdl.handle.net/1866/3754>.

Des nouvelles de l’imprimerie

Benoît Melançon, l’Oreille tendue, 2016, couverture

Si tout va comme prévu, l’Oreille tendue : le livre arrivera aujourd’hui de l’imprimerie et sera en librairie au début de la semaine prochaine.

Au cours des dernières semaines, vous avez pu découvrir sa couverture (signée Samuel Cantin), sa quatrième de couverture et sa bande-annonce.

Ci-dessous, son avant-propos.

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L’Oreille tendue est née le 14 juin 2009. Ma vie numérique était intense depuis plusieurs années, mais, jusque-là, je n’avais pas trouvé l’approche qui me permettrait de créer un blogue.

J’ai pourtant utilisé, au fil des âges numériques, au moins quatre formats de disquettes. J’ai eu des adresses de courriel, dès la fin des années 1980, sur aol.com et sur compuserve.com, puis sur un serveur universitaire à partir de 1991. L’année suivante, de Paris, j’ai lancé une bibliographie numérique sur le XVIIIe siècle à partir d’un Minitel branché à Internet (si, si). J’ai monté mes premières pages Web, dans un éditeur de texte, presque au moment même de l’apparition d’Internet pour le grand public. J’ai publié un livre sur le courrier électronique, Sevigne@Internet, en 1996, fruit d’une conférence de l’année précédente. Le 18 mars 1997, je donnais pour la première fois une séance de cours, à l’Université de Montréal, sur «Informatique et littérature» (j’ai été reçu assez fraîchement). J’ai géré — les plus vieux se souviendront peut-être de la chose — un site gopher pendant quelques années. Bref, mes expériences numériques étaient nombreuses et anciennes, mais il m’en manquait une.

C’est en dirigeant un mémoire de maîtrise à l’Université de Montréal que j’ai découvert les deux principes qui allaient me permettre de bloguer. Ce mémoire, «Du blogue au livre. Réflexions sur la nature générique du blogue», ne portait pas stricto sensu sur le blogue, mais sur la transformation en livres du contenu de trois blogues québécois. Son auteur, Éric Vignola, y formulait deux hypothèses : que les blogues qui durent proposent très régulièrement de nouveaux textes; que ces blogues ont une thématique forte.

Pour moi, cette thématique serait la langue, et la périodicité, pendant plusieurs années, quotidienne. Je pouvais devenir blogueur. À ces deux principes fondateurs, un troisième s’est rapidement ajouté : un personnage y parlerait, l’Oreille tendue; ce serait moi sans être moi, l’enseigne à laquelle je logerais.

Pourquoi m’obliger à écrire tous les jours ? Au moment de lancer mon blogue, j’occupais des postes de direction dans mon université. Pour écrire autre chose que de la prose administrative, rien de tel qu’une obligation comme celle-là. (Cela va sans dire : écrire rend heureux.)

Avoir une thématique forte, en l’occurrence les questions de langue, surtout au Québec, mais pas uniquement, n’interdit pas d’aborder d’autres sujets. L’Oreille tendue parle donc aussi de sport et de culture, de politique, d’actualité, de livres.

Les pages qui suivent reprennent quelques-uns des 2797 textes publiés à ce jour sur mon blogue. Des ensembles de textes ont été complètement laissés de côté : les citations, les portraits choisis, les annonces autopromotionnelles, les entrées collées sur l’actualité, les néologismes et leurs définitions, les bibliographies, les entrées de mon dictionnaire personnel de rhétorique. Il en va de même pour ceux déjà repris sous forme de livre, dans Langue de puck. Abécédaire du hockey (2014), puis dans Le niveau baisse ! (et autres idées reçues sur la langue) (2015). Le blogue est illustré; pas ce livre. En ligne, il y a des commentaires des lecteurs; point ici. L’Oreille tendue s’appuie souvent sur le Dictionnaire québécois instantané que j’ai cosigné avec Pierre Popovic (2004); quand c’est le cas, je n’ai généralement pas retenu ces textes.

Les textes conservés ont été regroupés thématiquement et, très souvent, réécrits, découpés, réorganisés, augmentés, sans que soit retenue leur date de parution initiale. Ils devraient donner une idée du contenu de L’Oreille tendue, mais sans s’y substituer. Un blogue, ce n’est pas un livre. Ce livre n’est pas mon blogue.

Benoît Melançon
31 août 2016

Références

Melançon, Benoît, en collaboration avec Pierre Popovic, Dictionnaire québécois instantané, Montréal, Fides, 2004 (deuxième édition, revue, corrigée et full upgradée), 234 p. Illustrations de Philippe Beha.

Melançon, Benoît, Épistol@rités, Saint-Cyr sur Loire, publie.net, coll. «Washing Machine», 2013. Livre numérique. Recueil de trois textes : Sevigne@Internet. Remarques sur le courrier électronique et la lettre (1996), «Postface inédite : Quinze ans plus tard» (2011) et «Épistol@rités, d’aujourd’hui à hier» (2011). URL : <http://www.publie.net/fr/ebook/9782814506602/epistol@rites>.

Melançon, Benoît, Langue de puck. Abécédaire du hockey, Montréal, Del Busso éditeur, 2014, 128 p. Préface de Jean Dion. Illustrations de Julien Del Busso.

Melançon, Benoît, Le niveau baisse ! (et autres idées reçues sur la langue), Montréal, Del Busso éditeur, 2015, 118 p. Ill.

Melançon, Benoît, l’Oreille tendue, Montréal, Del Busso éditeur, 2016, 411 p.

Vignola, Éric, «Du blogue au livre. Réflexions sur la nature générique du blogue», Montréal, Université de Montréal, mémoire de maîtrise, juillet 2009, x/114 p. URL : <http://hdl.handle.net/1866/3754>.

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Comparer pour comprendre

En 2008, Andrea A. Lunsford et Karen J. Lunsford publient une étude sur les pratiques d’écriture des étudiants états-uniens. Cette étude est comparative : leur travail sur un corpus de l’année 2006 s’appuie sur des études semblables pour 1917, 1930 et 1984. Autrement dit, on compare des pommes avec des pommes

Le 19 octobre dernier, sur JStorDaily, Anne Trubek revient sur les conclusions de l’étude sur 2008 et sur les réponses qu’on lui a faites.

Quelles sont ces conclusions ? Retenons-en deux

The study found no evidence for claims that kids are increasingly using «text speak» or emojis in their papers. Lunsford and Lunsford did not find a single such instance of this digital-era error. Ironically, they did find such text speak and emoticons in teachers’ comments to students.

The digital revolution has been largely text-based. Over the course of an average day, Americans in 2006 wrote more than they did in 1986 (and in 2015 they wrote more than in 2006). New forms of written communication — texting, social media, and email — are often used instead of spoken ones — phone calls, meetings, and face-to-face discussions. With each text and Facebook update, students become more familiar with and adept at written expression. Today’s students have more experience with writing, and they practice it more than any group of college students in history.

Le texto et les réseaux sociaux auraient une influence négative sur les pratiques d’écriture des étudiants ? Non. Ces étudiants écriraient moins qu’avant et plus difficilement ? Point pantoute et bien au contraire.

Les gens qui ne cessent de répéter que «Le niveau baisse» auraient intérêt à lire ce genre d’études. Elles ne sont pas fondées sur des impressions.

P.-S. — Merci à @IanikMarcil d’avoir attiré l’attention de l’Oreille sur ce texte.

Références

Lunsford, Andrea A. et Karen J. Lunsford, «“Mistakes Are a Fact of Life” : A National Comparative Study», College Composition and Communication, 59, 4, juin 2008, p. 781-806.

Trubek, Anne, «Student Writing in the Digital Age», JStorDaily, 19 octobre 2016.

Le niveau baisse en anglais aussi

«The reasons for the decline of English are many : poorer education, the use of the Internet and its devices, the disappearance of the family and meaningful conversation, etc.

Result : part of the problem is that many people do not seem to have a good grasp of grammar.

When one looks about,capacities such as logical thinking, proper spelling, careful handwriting, politeness, seem to have gone by the board, (not “bored.”), in the last twenty-five years

Source : Michael D. Langan, «Commentary : Crimes against grammar», site de NBC2, 3 octobre 2015.

Pour en savoir plus sur cette question :

Melançon, Benoît, Le niveau baisse ! (et autres idées reçues sur la langue), Montréal, Del Busso éditeur, 2015, 118 p. Ill.

Benoît Melançon, Le niveau baisse !, 2015, couverture