Néologismes numériques du vendredi matin

Il y a la baladodiffusion; il y a le balado, au masculin, dixit l’Office québécois de la langue française.

Il y a le bricoleur; il y le bricodeur — le hacker —, dixit le glossaire de labfab.fr.

Il y a l’agriculteur; il y a l’ageekculteur, dixit l’Usine digitale (sic, sic et sic).

Il y a l’ennui; il y a le borecore — le partage du rien sur Internet —, dixit le New York Times, relayé par les Inrocks.

On n’arrête pas le progrès.

Divergences transatlantiques 043

On vous file un formulaire. Vous en faites quoi ?

Au Québec, on entend encore beaucoup la forme fautive compléter : je complète le formulaire. Explication du Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française : «En français, le verbe compléter signifie : “rendre complet, ajouter quelque chose, parachever, parfaire” et non pas “ajouter les informations demandées”.» Bref, quand on vous remet un formulaire, habituellement, il est déjà complet; ce n’est pas à vous de le compléter.

Il vaut mieux, dès lors, le remplir.

En France, on voit aussi, de plus en plus souvent, renseigner, ainsi que l’atteste le Petit Robert (édition numérique de 2014) : «Remplir avec l’information attendue. Renseigner une fiche. Renseigner une rubrique (questionnaire), un champ (informatique). Formulaire à renseigner et à signer.» Cet emploi n’est pas usuel au Québec.

L’Oreille tendue le déplore, qui a un faible pour ce sens du verbe renseigner.

.ppt, bis

The Matrix et PowerPoint

Toutes les occasions de dire du mal de PowerPoint sont bonnes (bis). L’Oreille tendue a trouvé aujourd’hui même deux nouvelles occasions de râler.

Ce médecin qui fait poireauter ses patientes : «Il prépare les diapos de sa prochaine présentation», avoue candidement une infirmière qui travaille avec lui.

Cette présentatrice qui lit intégralement la quinzaine de lignes de texte de sa diapo — dans un congrès de communicateurs scientifiquesa. Ô ironie !

François Bon à Montréal

La chaire de recherche du Canada sur les écritures numériques de Marcello Vitali-Rosati tient ces jours-ci son premier colloque, «Écrivains, personnages et profils : l’éditorialisation de l’auteur». Le 25, à 15 h 45, François Bon y interviendra, sous le titre «Qu’est-ce que le web change à l’auteur de littérature ?». (L’Oreille tendue le présentera.)

Le 26, à 13 h 30, autre intervention, à l’Université du Québec à Montréal (chaire de recherche du Canada sur les arts et les littératures numériques de Bertrand Gervais) : «Le web est une histoire : sous le flux, les questions.»

François Bon a aussi filmé la ville.