Scène de la vie conjugale numérique

L’Oreille tendue monte dans un taxi, l’oreille pas spécialement tendue. Une sonnerie de téléphone se fait entendre. Une voix féminine sort du système audio de la voiture : «Bonjour, chéri, ça va ?» Lui (le chauffeur, pas l’Oreille tendue) : «J’ai quelqu’un dans la voiture.» Elle : «Ça va ?» Lui : «J’ai quelqu’un dans la voiture. Je vais te rappeler.»

Double explication du chauffeur. C’est parce que son téléphone est en connexion automatique, par Bluetooth, avec son système audio. C’était sa femme. (Qu’il a dit.)

Tranche de vie religieuse

Plus tôt aujourd’hui, l’Oreille tendue donnait une conférence intitulée «Diderot : de l’Encyclopédie à Wikipédia». Elle y glissait un mot des positions religieuses de Diderot, de Voltaire, du baron d’Holbach, de l’abbé de Prades, du père Berthier.

La conférence avait lieu dans un séminaire. Au mur, on lisait ceci :

«Car avec Dieu, tout est possible», Séminaire de Saint-Hyacinthe, 14 mars 2016

Il y avait là comme une contradiction.

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Cette semaine, l’Oreille tendue va beaucoup parler.

Cet après-midi, elle sera à Saint-Hyacinthe pour une conférence intitulée «Diderot : de l’Encyclopédie à Wikipédia».

Vendredi, aussi en après-midi, mais à Montréal, elle causera livre scientifique dans le cadre de la Journée internationale de la Francophonie.

Samedi, toujours en après-midi, à Québec cette fois-là, elle interviendra lors de la journée sur la nordicité qui se tiendra au Musée de la civilisation. Sujet ? «Notre sport national ? Parler de hockey !»

 

[Complément]

Vous voulez savoir de quoi causera l’Oreille vendredi ? Lisez ceci :

Letarte, Martine, «Écrire en français à l’ère du numérique», le Devoir, 12-13 mars 2015, p. H3.

Mort au jargon

Compte Twitter du fantôme de Zoe BarnesDurant le onzième épisode de la quatrième saison de la série télévisée House of CardsChapter 50»), le président des États-Unis, le fort vilain Frank Underwood (Kevin Spacey), a une discussion avec un crack des moteurs de recherche sur Internet. Il ne comprend rien au jargon («Façon de s’exprimer propre à une profession, une activité, difficilement compréhensible pour le profane», le Petit Robert, édition numérique de 2014) de son interlocuteur, d’où cet ordre : «Give me English.» L’Oreille tendue compte bien utiliser cette injonction un de ces jours.

P.-S. — Vendredi dernier, l’Oreille a twitté cette phrase, accompagnée du mot-clic #HouseOfCards. Quelques minutes plus tard, son tweet a été aimé par le compte du fantôme de Zoe Barnes. L’Oreille a alors twitté que son tweet avait été aimé. Le fantôme a de nouveau aimé. Joies de la récursivité !