La clinique des phrases (vv)

Polyclinique de l’Oreille, publicité, Laval, Québec, juin 2019

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Pas plus tard que la semaine dernière, un quotidien montréalais publiait cette sibylline parenthèse : «ex-femme décédée de Bouchard». Faudrait-il imaginer deux cas de figure : la «femme décédée» et l’«ex-femme décédée» ? Cela trouble.

Proposons ceci, à défaut de mieux : «ex-femme de Bouchard, décédée aujourd’hui».

À votre service.

P.-S.—Ce «Bouchard» est Lucien Bouchard, ci-devant premier ministre du Québec.

La clinique des phrases (uu)

Polyclinique de l’Oreille, publicité, Laval, Québec, juin 2019

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Soit le tweet suivant :

La biologiste, Alice Lebreton, ouvre la porte de son laboratoire. Selon elle, «une grande partie de la société a une vision utilitariste de la science. Alors que le versant de la science, qui est de comprendre, n’est pas forcément directement d’innover.»

Commençons par la première phrase. On peut croire qu’il reste plus d’un biologiste sur la planète. Donc :

La biologiste Alice Lebreton ouvre la porte de son laboratoire. Selon elle, «une grande partie de la société a une vision utilitariste de la science. Alors que le versant de la science, qui est de comprendre, n’est pas forcément directement d’innover.»

La troisième phrase pose un problème qui n’est pas, lui, de ponctuation (encore que). La biologiste a-t-elle bien dit ce qu’on rapporte entre guillemets ? Si oui, souffrons en silence. Sinon, essayons, dans une «vision utilitariste», de clarifier un peu les choses :

La biologiste Alice Lebreton ouvre la porte de son laboratoire. Selon elle, «une grande partie de la société a une vision utilitariste de la science. La science doit comprendre, ce qui ne veut pas forcément dire innover.»

À votre service.

La clinique des phrases (tt)

Polyclinique de l’Oreille, publicité, Laval, Québec, juin 2019

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Soit la brève suivante, tirée d’un quotidien montréalais :

Pour appuyer la croissance d’Exprolink dans le secteur de l’électrification des transports, le Fonds de solidarité FTQ investit 3 millions de dollars dans Exprolink, une entreprise de Longueuil active dans le secteur de l’électrification des transports.

On pourrait juger cette phrase un brin répétitive.

Allégeons :

Le Fonds de solidarité FTQ investit 3 millions de dollars dans Exprolink, une entreprise de Longueuil active dans le secteur de l’électrification des transports, pour appuyer sa croissance.

À votre service.

La clinique des phrases (ss)

Polyclinique de l’Oreille, publicité, Laval, Québec, juin 2019

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Soit le tweet suivant :

Crise des opioïdes aux États-Unis : près de 100.000 décès non recensés. Les overdoses par opiacés sont désormais la première cause de mortalité chez les jeunes, après les décès par armes à feu et les accidents de voitures.

Calculatrice à la main, l’Oreille tendue en arrive à ceci :

Crise des opioïdes aux États-Unis : près de 100 000 décès non recensés. Les overdoses par opiacés sont désormais la troisième cause de mortalité chez les jeunes, après les décès par armes à feu et les accidents de voitures.

À votre service.

La clinique des phrases (rr)

Polyclinique de l’Oreille, publicité, Laval, Québec, juin 2019

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Soit les deux phrase suivantes, tirées d’un quotidien montréalais :

Même si tout a été fait dans les règles, préciser que Charles Sirois est un ami personnel de M. Legault et le cofondateur de la CAQ pouvait sans doute faire croire à certains qu’Investissement Québec lui avait accordé un traitement de faveur en injectant 5 millions dans une entreprise dont il est le principal actionnaire, mais on aurait crié à la complaisance si cette information avait été omise.

À l’époque où elle était dans l’opposition, la CAQ aurait déchiré sa chemise si l’entreprise avait appartenu à un ami personnel de Jean Charest ou de Philippe Couillard.

L’Oreille a beau se tâter, en tout bien tout honneur, elle ne voit pas comment un ami pourrait ne pas être personnel.

Suggestions :

Même si tout a été fait dans les règles, préciser que Charles Sirois est [au choix : un ami, un proche, un intime, un ami proche, un ami intime] de M. Legault et le cofondateur de la CAQ pouvait sans doute faire croire à certains qu’Investissement Québec lui avait accordé un traitement de faveur en injectant 5 millions dans une entreprise dont il est le principal actionnaire, mais on aurait crié à la complaisance si cette information avait été omise.

À l’époque où elle était dans l’opposition, la CAQ aurait déchiré sa chemise si l’entreprise avait appartenu à [au choix : un ami, un proche, un intime, un ami proche, un ami intime] de Jean Charest ou de Philippe Couillard.

À votre service.

P.-S.—En effet, ce n’est pas la première fois que l’Oreille tape sur ce clou.

P.-P.-S.—L’article s’ouvre sur une citation de Voltaire.